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Tout est pour le mieux : conte hindou trouvé chez Trèflerèle.

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

Voici seulement quelques jours, j'ai découvert le blog de Trèflerèle (grâce à eMma.
Merci eMmA !)

 

Et j'y ai trouvé ce conte :

je vous le livre tout chaud.

 

 

 

                                                        Tout est pour le mieux.

 

 

 

Un monarque hindou avait un ministre

qui était célèbre pour sa sagesse

et qu'on venait consulter de loin.

 

 A tous ceux qui, dans le désespoir et le malheur,

lui demandait conseil, il disait invariablement :

 

- Dieu fait tout pour le mieux.

 

Un jour, le roi emmena son ministre à la chasse, dans la jungle.

En traquant un fauve, le souverain et le sage furent séparés de la suite royale, et finirent par s'égarer au cœur de l'immense forêt.

 

Vers midi, la chaleur devint accablante.

Harassé, affamé, le roi s'écroula de découragement à l'ombre d'un arbre.

- Ministre, gémit-il,

je suis à bout de force et j'ai affreusement faim !

Essaye de me trouver quelque chose à manger.

 

Le ministre alla cueillir des fruits qu'il offrit à son maître

mais celui-ci, dans un accès de fébrilité gloutonne,

fit un faux mouvement avec son couteau

et se trancha un doigt.

 

- O ministre, que j'ai mal ! cria-t-il,

en serrant son membre mutilé qui saignait abondamment.

 

Le ministre se contenta de dire paisiblement :

 

- Dieu fait tout pour le mieux.

 

Ces paroles eurent le don d'exaspérer le roi,

déjà furieux de sa mésaventure.

Fou de rage, il bondit sur le ministre

et le roua de coups en hurlant :

 

- Misérable crétin !

J'en ai assez de ta philosophie !

Je suis en proie aux pires souffrances,

et ce que tu trouves à dire pour me soulager, c'est :

 

Dieu fait tout pour le mieux !

 

Va t-en au diable !

Je ne veux plus jamais te voir ni entendre parler de toi !

 

Le ministre se retira aussitôt, en répétant tranquillement :

 

Dieu fait tout pour le mieux !

 

Resté seul, le monarque se confectionna un bandage avec un lambeau de sa tunique, en roulant d'amères pensées.

 

Soudain, deux robustes gaillards,

surgissant des fourrés,

se précipitèrent sur lui et le ligotèrent promptement.

 

Le roi n'était guère en état de se battre,

et ces hommes étaient des colosses.

 

 - Quelles sont vos intentions ?

Que voulez-vous de moi ?

demanda le souverain effrayé.

 

- Nous allons t'offrir en sacrifice à notre grande déesse Kâli.

Chaque année à cette même date,

nous avons coutume de lui rendre ainsi hommage.

Et nous cherchions justement une victime convenable

quand un hasard propice nous a guidés vers toi.

 

 

                        kali-PB24-l

 

 

- C'est impossible ! protesta le captif horrifié.

Vous ne savez pas à qui vous avez affaire !

Je suis le roi de ce pays !

Vous devez me relâcher !

 

- Ah ! Fort bien ! S’esclaffèrent les deux géants.

Notre vénérable Kâli sera particulièrement contente,

lorsqu'elle verra quel personnage important nous lui offrons cette année ! Allons suis moi ! Toute résistance est inutile.

 

Le monarque atterré,

fut traîné jusqu'au temple de la déesse et placé sur l'autel.

Le prêtre s'apprêtait à lever son poignard,

lorsqu'il remarqua le bandage encore tout maculé que portait la victime.

 

Ayant constaté qu'un morceau de doigt manquait au prince,

il le fit sur-le-champ libérer, en disant :

 

- Cet individu n'est pas digne de notre grande déesse !

Nous devons offrir à Kalî un homme entier,

parfaitement constitué.

Celui-ci ne convient guère.

Qu'il s'en aille !

 

Le roi se hâta de déguerpir,

ravi d'avoir échappé de justesse à un sort si funeste.

 

Et il se mit à songer aux paroles de son ministre :

 

Dieu fait tout pour le mieux.

 

Ne serait-il pas maintenant dépecé sur l'autel de Kalî,

s'il ne s'était coupé un doigt par une heureuse inadvertance ?

 

Se reprochant vivement la manière dont il l'avait insulté et brutalisé son conseiller, il sillonna la forêt en appelant le ministre, afin de réparer au plus vite son injustice.

 

Il finit par découvrir le sage

qui méditait dans une clairière.

 

Le roi l'embrassa en le suppliant de lui pardonner son erreur.

Puis il lui raconta son aventure,

et comment les adorateurs de Kâli l'avaient relâché,

grâce à sa mutilation.

 

- Sire, je n'ai rien à vous pardonner, dit le ministre,

et vous ne m'avez nullement offensé.

Bien au contraire, c'est moi qui vous dois la vie.

Si vous ne m'aviez pas chassé, j'aurais été capturé avec vous,

et les sectateurs de la déesse m'auraient forcément immolé à votre place, puisque mon corps est intact.

Ainsi vraiment,

 

Dieu fait tout pour le mieux !

 

Swami Ramdas.

 

 

Il semble que nous allons pouvoir  trouver dans le blog de Trèflerèle beaucoup d'autres récits savoureux.

Bonne exploration à tous.

Et merci à toi, Trèfleréle, de me permettre de publier ici ce conte.

Mais je suis navré : j'ai perdu le lien pour aller chez toi Trèflerèle !

Peux-tu me le redonner

pour que je puisse retourner chez toi, et le mettre aussi sur mon blog ...

Merci, bonne journée.

ça y est, j'ai trouvé le blog de Trèflerèle sur le blog d'eMmA 

le voici  :******

Publié dans conte

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Les aventures de Mélosa, l'autruchette * - Comment va-t-elle se libérer de sa mère Autruche ? -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

Tout est dit dans les quatre commentaires !

 

1- Mélosa doit se séparer de sa mère.

 

Dit comme ça, cela semble évident et facile.....

Voire !

 

Pendant 9 mois, Mélosa avait vécu dans le ventre de sa mère.

Ah oui, j'avais oublié de vous dire qu'il s'agissait d'une race particulière d'autruche qui se reproduisait comme les mammifères...Bin oui...!

 

 

Lors de l'accouchement, les corps s'étaient séparés, celui de la mère, et celui de la fille. Mais quid des psychismes ?

Il faut souvent des années et des années pour qu'une petite autruche pense par elle-même, désire par elle -même, juge par elle-même des situations. 

 

Ou plutôt  pour qu'elle ne se sente plus coupable de le faire.

 

Pour ce qui est de Mélosa, elle avait toujours eu l'impression d'appartenir à sa mère, de devoir lui rendre des comptes sur tout, et quand elle ne le faisait pas, elle avait l'impression d'être en faute, de voler quelque chose à sa mère !

 

Que lui volait-elle  au fait ?

 

Elle -même !

 

Car elle se sentait tellement  " la chose " de sa mère, qu'elle avait l'impression de lui dérober cette "chose" en devenant une personne par elle-même, en possédant ses propres gyroscopes.  

 

Elle n'arrivait pas à concevoir qu'elle pouvait devenir propriétaire d'elle même, de sa propre personne !

 

Or une personne n'est pas une chose, et  ne peut donc " appartenir " à une autre personne.  Ni une fille à sa mère, ni une épouse à son mari, ni un mari à sa femme.

Aimer l'autre, ce n'est pas le posséder. 

C'est antinomique !  

Dès que la possession étend son manteau d'ombre,

l'amour manque d'oxygène, étouffe.

 

Or dans la tête de cette autruchette là, l'idée flottait comme quoi sa mère s'était tant sacrifiée pour elle qu'elle se croyait tenue de rester à vie son esclave, que dis-je, sa prothèse !

  

Comment sortir de là ?

L'éloignement géographique est utile, mais ne suffit pas .

La mutation essentielle, c'est dans le psychisme qu'elle doit se produire.

 

 

2- C'est là où doit (ou devrait) intervenir le père.

 

Qu'est-ce qu'un père  ?

 

                                        pere-et-fille.jpg

 

Dans nos civilisations, on le confond avec le géniteur, et de fait c'est souvent lui aussi , et c'est bien commode, et c'est très bien ainsi.

 

Mais cette confusion fait que l'on oublie l'essentiel : qu' être père, ce n'est pas d'abord et essentiellement un fait biologique, c'est une fonction psychologique, un rôle à jouer, une responsabilité dans la maturation psychique de l'enfant.

Et pour l'instant on ne s'occupe que de la fille. 

 

Le père, c'est l'homme de la mère.

Celui avec lequel elle couche.

Ce qu'elle fait au juste avec lui ne regarde qu'elle.

Mais c'est celui qui est censé lui donner tout ce dont elle a besoin en fait de tendresse, de plaisirs, de présence.

Il la comble, il fait d'elle une femme heureuse, complète.

 

Elle va pouvoir aimer ses enfants, et supporter de les voir se détacher d'elle sans crier qu'on lui arrache le coeur, et le ventre.

 

Le père (l'homme de la mère) va jouer un autre rôle , essentiel, vis à vis de sa fille, mais j'en parlerai bien plus tard.

 

Je me contente aujourd'hui de souligner que c'est celui qui, par sa seule présence, en tant qu'amant de la mère, va permettre à celle-ci de laisser s'éloigner l'enfant sans angoisse majeure  pour cette mère.

 

C'est alors la fin du sevrage, qui est à deux faces : le sevrage de l'enfant, qui va se mettre à téter d'autres laits, mais aussi le sevrage de la mère, qui va utiliser ses mamelles pour d'autres usages que celui de nourrir ses enfants.  

 

3- On pourrait essayer de décrire cette évolution comme une modification des images :

l'image que la mère a de sa fille, et qu'elle va lui transmettre;

l'image que la fille se fait de sa mère, et se fait d'elle  même. 

  

Je trouve vraiment excellentes  ces phrases d'Ama :

 

Je pense que j'ai enfin quitté le jugement que j'avais sur elle qui l'enfermait, comme le sien m'avait rendue captive.

 

Je commence à penser réellement que la cousine de l'autruchette que je suis, a eu la chance de comprendre qu'elle était enfermée par le regard de sa mère. Et ça aussi, à l'intérieur de moi, je lui ai rendu.

 

Et depuis,je suis impressionnée par le regard de moi-même sur moi qui s'est transformé.

 

Alors, courage à nous toutes, petites autruchettes ou cousines d'autruchettes, séparons-nous de la vie de nos mamans autruches en accueillant le fait qu'elles sont/ont été elles-mêmes enfermées, et vivons nos vies.

 

 

 

C'est bien en effet une histoire d'images :

image que l'on se fait de l'autre,

image que l'on a de soi même.

Et elles sont liées !

On ne peut les changer que toutes ensemble.

 

L'image que ma mère se faisait de moi m'enfermait (me rendait captive, dit Ama ) et j'avais de moi même la même image : partage des mêmes dossiers informatiques entre deux ordi qui seraient reliés l'un à l'autre.  Et cela me fait penser à ces mères qui se donnent le droit d'ouvrir le courrier de leur fille, et parfois jusqu'à 20 ans, oui oui !

 

Mais en retour, l'image que je me fais de ma mère l'enfermait à son tour.

Posait sur sa vie des interdits.

Avait-elle encore le droit (dans mon coeur) de trouver le meilleur, et la source de sa joie, dans les bras de son homme ? N'étais-je pas son seul amour ?

Et là je pense à ces enfants, filles ou garçons, qui s'opposent à ce que leur mère, veuve, se remarie !

 

 

4- Mais que ce passe-t-il si la mère, coincée dans ses impasses affectives, ses drames personnels, ne veut pas laisser sa fille (ou son garçon ) s'éloigner ?

L'enfant est-il condamné à rester la jambe de bois de la mère  ?

Doit-il attendre que sa mère meurt pour avoir le droit de vivre enfin sa vie ?

 

 

Et puis, j'ai remarqué que la maman de la cousine de petite autruchette que je suis, elle se met la tête dans le sable depuis longtemps ; elle ne peut pas se dire qu'elle est autruche ou cousine d'autruche ; mais là, rien ne sert de vouloir la convaincre ! peine perdue ! ça ne peut que faire tourner tout le monde en rond et d'une manière mauvaise pour les deux parties.

Gardons notre énergie pour vivre !

 

Si la mère autruche se met la tête dans le sable, si elle ne veut pas voir sa fille changer, c'est bien dommage pour elle, mais c'est sa liberté, d'évoluer ou de refuser d'évoluer.

 

La fille , de toutes façons, que le mère évolue ou pas, doit se séparer de sa mère et choisir librement son propre destin.

 

Le sevrage , c'est la séparation des destins.

 

C'est là où intervient (devrait intervenir) le père : c'est lui l'agent et le garant de cette séparation. On pourrait parfois dire de la castration de la mère... 

 

Le père, ou un substitut du père : un autre homme, de la famille, ou pas, un homme ou une femme, peu importe (c'est un rôle, pas un problème de sexe, même si l'image de l'homme est, disons, plus traditionnelle). Ce peut être un PSY, ou une PSY : toutes ces personnes vont jouer le rôle (indispensable) du père.

Pourquoi indispensable ?

 

C'est comme pour un levier : il lui faut un point fixe sur lequel il va s'appuyer pour soulever le monde.

La fille a besoin d'un appui extérieur pour soulever sa mère, et lui donner une autre place par rapport à elle même.

Sans cet appui, elle n'y arrivera pas, et restera sa vie durant  prisonnière de la matrice, et nourrie d'un lait qui a de beaucoup dépassé sa date de péremption et est devenu toxique.

 

 

5- Je viens de découvrir un excellent article qu'a publié Littorine : merveilleuse coïncidence.

Littorine nous donne un texte de Thomas Wolfe : je vous convie tous à aller chez Littorine, ce qu'elle écrit est parfait !

 

http://bigorneau.over-blog.fr/article-une-quete-52398953-comments.html#anchorComment

 

Excellent aussi le commentaire que lui a laissé Aude !

Aude souligne que ces modèles qui vont servir à la fille pour prendre le large et  mettre le cap sur son destin perso, que ces modèles ont eux aussi à disparaître un jour :

 

il faudra aussi quitter le père.

 

Son rôle n'est que celui d'un passeur, pas d'un compagnon pour la vie !

Alors la fille devient une femme, libre, debout.

 

Le "père" est devenu alors un père intérieur, garant de l'indépendance sans retour possible de la fille en arrière.

 

C'est ça la liberté, dit très bien Aude.

 

Ce jour là le bigorneau cessera définitivement d'être ventousé à son rocher : il deviendra poisson de haute mer, et peut-être ....une autre mère.

 

Mais ceci est une autre histoire.

 

 

6- Bon,j'ai peut-être dit quelques bêtises, et pas le quart de ce qu'il fallait,

 

Par exemple je n'ai pas parlé de ce que devient l'amour Mère >><< Fille une fois que cette transformation-mutation de leur relation a eu lieu ( et c'est l'une des relations les plus heureuses et des plus gratifiantes qui soient !).

 

 

Mais tant pis , j'arrête là, car... F est arrivé !!!!!

Salut les amies !

 

 

 

Publié dans conte

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Conte de la petite boîte vide.

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

elle  me vient de PAA 

 

 

 

 

C'était une famille dans une situation difficile.

 

Ce jour là le père avait puni sa fillette de 3 ans

pour avoir inutilement dépensé un rouleau de papier doré.


L'argent se faisait rare et il n'avait pu supporter

que la fillette utilise le papier pour décorer une boite-cadeau

à mettre sous l'arbre de Noël.


Le lendemain matin,

la fillette apporta le cadeau à son père

en lui disant :

"C'est pour toi Papa !"


Embarrassé, son père regretta sa trop vive réaction.

 

Toutefois, sa colère se raviva et ne fit qu'empirer

quand il découvrit que la boite était vide.

 


Il lui cria alors :

"Ne sais-tu pas qu'en offrant un paquet-cadeau,

il doit toujours y avoir quelque chose dans la boite ?


La fillette regarda son père ...

les yeux pleins de larmes, et lui dit :

 

"Mais Papa, la boite n'est pas vide,

je l'ai remplie de baisers,

juste pour toi...

 Papa !"  

 

 

                fillette-paquet.jpg

 

 

 

 

P S : 

je puis vous avoir des prix

sur les mouchoirs en papier.

Publié dans conte

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Tout ce que vous auriez voulu savoir sur la vie sentimentale des autruches sans avoir jamais osé le demander !

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

La lecture quotidienne  des commentaires est la chose la plus importante dans la vie de mon blog.

Une image s'impose à moi ( Sans doute ai-je eu un ancêtre israëlien !) et c'est  la récolte de la manne que les compagnons de Moïse effectuaient à leur lever.

 

Je vais en retenir  quatre.

 

 

 

 

Mima 1

en·                                 hé ben kasimir, tu y vas fort !...et je ne sais trop comment et par où commencer à te répondre...alors juste quelques réflexions en vrac...

 

Toi, tu pardonnes tout, et à tout le monde...moi j'en suis incapable ! et je me demande si on vit dans le même monde ?

Toi tu vis dans un monde où il n'y a que des victimes, et pas de coupables...alors finalement qu'attends-tu pour faire une pétition afin de supprimer tous les tribunaux (et là tu me fais penser à quelqu'un de bien précis ), et tant qu'à faire supprimer la profession d'avocat, de juge....inutile tout cela ! 

 

D'accord avec toi quant à la restauration de l'image de la mère en soi, mais si la mère réelle persiste et signe dans son comportement vis à vis de l'autruchette , tu conseilles quoi ? quoique tu en penses, pour moi la solution, tant que la petite autruchette ne s'est pas reconstruite sur des bases solides, est la mise à distance.

 

Je ne dis pas  qu'elle doit irrémédiablement condamner ses parents, cela ne peut durer qu'un temps...et plus tard elle leur trouvera des circonstances atténuantes.

 

Est-ce que l'on doit laisser les autruches dévorer les autruchettes, et fermer sa gueule ? Pas d'accord  

 

Par ailleurs, l'histoire de ta mère est très proche de celle de la mienne !...Elle a perdu sa mère à 4 ans, son père buvait, trop, et elle a été mise en pension chez les religieuses avec sa soeur aînée.

En dehors de l'école, elle vivait chez sa grand-mère (qu'elle craignait ) 

 

Je m'arrête aussi pour l'instant.

 

Mima 2

 

·                                 Je trouve la remarque de Canelle très intéressante ! Il est où le père autruche ???

 

Il fait quoi pour aider l'autruchette ? Peut-elle seulement compter sur son soutien ? Et si le père autruche a pesé lui aussi, mais d'une autre façon...s'il a été un père mal-aimant,ou absent, ou que sais-je d'autre... ?

 

Et ben la pauvre petite autruchette...elle n'en est pas encore sortie de la m...e !!! 

Et dans l'éventualité de ce cas, je comprends assez bien sa réaction  : comment peut-elle digérer toute cette amertume ?

 

La vie est un cadeau, mais quand la cadeau est empoisonné, il ne faut pas s'étonner du mal être des autruchettes !

 

Alors pour l'autruchette, ce que je peux lui souhaiter de mieux, c'est peut-être une rencontre, des rencontres, d'autres modèles plus attrayants, pour lui redonner l'envie, le goût !

 

Et l'autruche, je lui arracherais bien quelques plumes du croupion...c'est joli les plumes d'autruche !   

 

 

 

                                    autruche.jpg

 

 

 

Andrée

 

·                                 Je comprends ton article , mais pour Autruchette qui est dans la souffrance , peut être dans la révolte du comportement de sa mère ,  comment peut elle comprendre la souffrance de celle-ci ?

O On ne parle pas du Père, des frères et soeurs qui peuvent être des secours ou des gouffres .

 

Si Si Autruchette arrive à se libérer de l'emprise de sa mère , pourra-t-elle penser que son attitude va sauver sa mère et lui donner son amour qu'elle espère tant .

Je pense qu'en plus de " l'hérédité " il y a aussi le caractère propre de la personne qui accentue ou non le problème .  

 L'image de soi est très importante , il faut arriver à se poser la question , pourquoi je n'aime pas ce reflet de moi dans le miroir? et ce reflet que je vois dans le regard des autres?

 

Ce besoin d' Amour et de reconnaissance est très important et Autruchette peut le satisfaire en s'éloignant , en rencontrant des " amis " et peut- être ainsi  , s'apprécier , aimer son soi , et entendre la souffrance de sa mère .

 

Mais je pense que les cas de souffrance sont nombreux mais peu connus car les gens n'osent pas se dévoiler , et peut-être accepter de se faire aider .

Je crois que le but n'est pas de rechercher un coupable mais de poser les bonnes questions . Pourquoi?

 

 

 

Ama

 

·                                 A tout hasard, je viens de pousser la porte de ce blog !

 

Et là, je tombe sur ce débat ; mais c'est absolument passionnant tous ces échanges ; ça sent le vécu tout ça ! On dirait une bande d'amis en effervescence !

Mais pour y ajouter qqc, difficile de savoir par où commencer !

 

Simplement peut-être de témoigner de ce long chemin parcouru qu'est le mien qui commence à porter ses fruits.

 

Ma maman n'est pas tout à fait la maman de l'autruchette de ton conte, mais depuis peu, j'ai compris et accueilli le fait qu'elle ait vécu de très nombreuses frustrations, à une époque où la parole était moins libre qu'aujourd'hui ; et puis je lui ai rendu ce qui lui appartenait en le lui disant. et depuis, le monde, enfin ! mon monde (intérieur) change.

 

Je pense que j'ai enfin quitté le jugement que j'avais sur elle qui l'enfermait, comme le sien m'avait rendue captive.

 

Et là, je pense que ça revient à la séparation que quelqu'un a évoqué dans le débat.

 

Je m'étonne moi-même et je commence à penser réellement que la cousine de l'autruchette que je suis, a eu la chance de comprendre qu'elle était enfermée par le regard de sa mère. Et ça aussi, à l'intérieur de moi, je lui ai rendu.

 

Et depuis,je suis impressionnée par le regard de moi-même sur moi qui s'est transformé.

 

Alors, courage à nous toutes, petites autruchettes ou cousines d'autruchettes, séparons-nous de la vie de nos mamans autruches en accueillant le fait qu'elles sont/ont été elles-mêmes enfermées, et vivons nos vies.

 

Et puis, j'ai remarqué que la maman de la cousine de petite autruchette que je suis, elle se met la tête dans le sable depuis longtemps ; elle ne peut pas se dire qu'elle est autruche ou cousine d'autruche ; mais là, rien ne sert de vouloir la convaincre ! peine perdue ! ça ne peut que faire tourner tout le monde en rond et d'une manière mauvaise pour les deux parties gardons notre énergie pour vivre !

 

J'ai l'impression que ma pensée fuse un peu ds tous les sens et que j'ai du mal à la canaliser.

Nul doute que petit pinson déplumé y retrouvera le fil ! et saura mettre tout ça en lien avec le reste des commentaires.

 

Avant de finir, juste une petite question : est-ce que les autruchets, ça existe, parce que là, il n'est question que d'autruchettes.

 

Merci Kasimir et merci à tou/te/s pour ce feu d'artifice !

Bonne journée à vous ; je me sens des ailes après  cette petite visite sur ce blog !

Ama

 

Mon intention initiale était de commenter de suite  ces commentaires, mais avec 4, ce serait trop long, over Blog over bloquerait.

 

Alors je retranscris ces quatre interventions, et vais ensuite les reprendre.

 

Mais en vérité, les réponses sont souvent suggérées en même temps que les questions. Ce sont des commentaires riches.

 

Quel feu d'artifice en effet !

Quelle chance j'ai !

 

Bises à tous.

 

Publié dans conte

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Il faut sauver la mère d' Autruchette !

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 Nous sommes tous d'accord : il faut sauver Autruchette.

 

Mais qu'allons-nous faire de sa mère Autruche ?

 

 

Écoutons Mima :

 

·         Tout d'abord, kasimir, je prends le parti de l'autruchette, et si on ne le fait pas clairement au départ, on ne peut pas l'aider vraiment. On ne peut pas ménager et la chèvre et le chou...   même 

m si l'autruche a de bonnes raisons d'être ce qu'elle est !

Les paroles fausses de la mère, l'enfant les perçoit, les ressent...Et si la mère "nourricière" est amère, comment apprécier ce qu'elle propose ? cela ne passe pas !

 

·          Mima  me précise :

 

 nOn ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs, kasimir !

Pour y voir plus clair dans ce magma des relations intra-familiales, il faut d'abord effectuer un travail de séparation. Dans l'idéal le mieux serait que l'autruche et l'autruchette se fassent aider, mais pas avec la même personne.

On ne peut blanchir tout le monde.

  

 

Cette critique de Mima est des plus sérieuses.

Comment te répondre Mima ?

Si thérapie il y a, il est évident que ce ne peut-être par le même thérapeute, car celui qui va aider Autruchette ne sera au service que d'elle , et de personne d'autre,

C'est une aventure à deux, strictement, et totalement secrète.

 

 Libre à Autruchette d'en parler : elle, elle est totalement libre de le faire, et même d'en faire un livre si elle veut, mais elle est la seule à avoir ce droit.

Ceci est absolu.

Et en ce sens le thérapeute "prend le parti exclusif" d' Autruchette. 

 

Faut-il que l'Autruche se fasse soigner ? 

C'est un autre problème.

C'est son affaire.

Elle le fait ou ne le fait pas, c'est son choix, donc sans aucune importance pour Autruchette !

 

Ce qui est important pour le sujet, ce n'est pas tant de "guérir" sa mère, que

     de transformer l'image de sa mère

    qu'elle porte en elle.

 

C'est si vrai que nous pouvons imaginer la situation où le mère  est déjà morte.

Autruchette va-t-elle être délivrée pour autant ?

Absolument pas !

Elle sera toujours aussi coincée par ce personnage de la mère qu'elle porte en elle. Et elle aura le même travail de "guérison" de sa mère à effectuer, ou en d'autres termes le même travail de restauration de l'image de sa mère.

Le langage religieux est intéressant  là : cela correspond au moment où le défunt, qui purgeait ses "fautes" au purgatoire, en sort pour "monter  au ciel" !

 

Le purgatoire il est en nous .

Quand nous "guérissons " l'image  de nos parents en nous,

nous les faisons monter au ciel .

Et alors le ciel est nous.

Si j'accable mes parents, les considérant comme irrémédiablement coupables, je les condamne à l'enfer éternel, et je vais toute ma vie porter cet enfer en moi, pour y faire rôtir mes parents !!!

Crois-tu que je puisse jamais accéder au bonheur de cette façon ?

 

 

Si je parle un instant de moi, je te dirai que ma mère ( à qui j'ai reproché bien des choses !) est morte depuis de nombreuses années.

Mais aujourd'hui même, à l'instant où je te parle, j'ai absolument besoin que ma mère m'aime, ou dit autrement, de sentir en mon coeur la présence de ma mère qui m'aime.

Je ne puis m'aimer sans cela !

Je m'aime quand ma mère, que je porte en moi, m'aime.

 

Si le but est de restaurer l'image de la mère,

il ne servirait à rien de l'accabler,

en espérant que cela va soulager la fille. 

Ce déplacement des culpabilités est vain,

et il est même satanique,

 car le but n'est pas de trouver le ou les coupables,

mais de sortir totalement et  définitivement

de ce monde de la culpabilité.

Là où règne l'amour , il n'y a plus aucune culpabilité. 

 

La seule chose nécessaire est de comprendre. 

Et que va t'on comprendre ?  

         

                                 

Là Jackie est venue à mon secours !

Voici ce qu'elle écrit :

 

 

Ce conte est tellement beau, tellement dur, tellement vrai !

 

La maman  a tellement soif d'Amour qu'elle dévore son enfant..

L'enfant a tellement soif d'Amour qu'il est prêt à tout

y compris se détruire pour être aimé...

 

 

                           fille-mere.jpg

 

 

Vois, Mima, cette tête d'enfant.

Ce n'est pas Autruchette, c'est sa mère petite !

Elle a été une petite fille elle aussi.

Elle a ressenti le manque d'amour.

On n'a pas fait attention à elle.

Elle n'avait personne à qui parler, à qui se confier.

Personne... Personne !!!! 

Elle s'est sentie abandonnée.

Dans un monde vide d'amour.

Elle a hurlé de terreur.

Et elle a cru en mourir.

 

Ce pourrait-être aussi ma mère.

Quand elle avait 3 ans, sa mére est morte.

Son père, qui buvait trop, l'a pratiquement abandonnée.

Elle et sa soeur.

Sa soeur a été recueillie par une tante.

Ma mére par ses grands parents maternels, gens  très sévères.

Ma mère a tout perdu ce jour là !

 

 

Alors Mima, ces filles, profondément mal aimées, elles ont grandi.

Un jour leur corps s'est transformé.

Le désir de l'homme est arrivé.

Comme le Beaujolais nouveau, il les a énivrées.

Et une espoir fou a rempli leur coeur.

Elles allaient enfin s'échapper de  cette famille décevante

et s'enfuir avec le Prince Charmant.

Elles allaient se donner à lui sans réserve,

et lui allait les inonder d'amour.

 

Hélas, l'illusion a duré à peine le temps qu'une rose met à se faner.

Elles se sont retrouvées (souvent, pas toutes heureusement)

avec un homme grossier, égoïste, jouisseur,

et jaloux en plus

avec un instinct de propriétaire, soupçonneux....

et là elle se sont senties prise définitivement prise au piège.

Evanouie la tendresse ! 

En se mariant, elles avaient joué leur Joker.

Il restait quoi après ?

 

 

 

Et bien...

de nouveaux jokers sont arrivés...

entre leur jambes !

leurs enfants !

Alors leur avidité  d'amour s'est réveillée,

a décuplé,

une pulsion irrésistible est montée en elles,

 que désigne si bien Jackie :

 

La maman  a tellement soif d'Amour qu'elle dévore son enfant..

 

 

Revenons à Autruchette.

Pas question pour elle de se laisser dévorer !

Elle doit être là dessus inflexible ....

Sa vie, c'est elle qui la gère. Pour elle, pas pour sa mère.  

 

Mais pas question non plus d'accabler sa mère.

Bien plutôt de comprendre combien elle a souffert.

 

Peut elle expliquer à sa mère tout ça ?

Qu'elle doit se libérer du passé, et patati et patata....

Bien sûr que non.

 

La seule chose qu'elle puisse faire pour sa mère,

c'est de lui donner un exemple vivant,

l'exemple d'une femme se libérant des entraves du passé.

Pas un discours, mais un exemple.

 

Vois, maman, on peut le faire : je le fais.
Mais  je sais combien tu as a souffert, ma petite maman,

et je t'aime !

mais ne me demande pas d'être un pansement sur tes plaies.

Cela est impossible !

 

Ce que tu n'as peut-être pas réussi moi je vais le réussir :

être une femme libre.

Et tu pourras t'en réjouir, et ta plaie sera guérie.

 

 

 

Pardon Mima, j'ai été un peu long.

Je m'arrête.

 

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Mélosa : conte de la petite autruche courageuse qui voulait être aimée.

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

Conte d’une petite autruche courageuse

qui s’appelait Mélosa.

 

 

Il était une fois une petite autruche qui était née...

oh, bien loin d’ici,

presque au bout de la terre.

 Comment s’appelait-elle ?

Je ne m’en souviens plus…

Ah si ....elle s’appelait Mélosa…

Allez savoir pourquoi !

 

Mélosa a tout de suite posé des problèmes à sa maman.

Normalement, les bébés autruches sont vite très voraces :

ils mangent, pourrait-on dire, tout ce qui passe à leur portée!

Pas seulement les herbes et les graines de millet ou d’autres plantes, ainsi que les petits fruits sauvages  qu’ils trouvent dans les buissons épineux. Ils gobent aussi les insectes, et même les petits rongeurs, les petits lézards, voire les gentils scorpions qu’ils débusquent jusque sous les pierres!

Mélosa n’était pas ainsi : elle n’était pas normale !

 

Elle ne voulait rien manger du tout !

 

Alors au lieu de grossir elle maigrissait.

Elle maigrissait à faire peur.

N'allait-elle pas en mourir ?

Au lieu d’avoir de jolies petites fesses rebondies

comme toutes les petites autruches

(et les mères autruches sont tellement fières des fesses de leur petite fille, autant que les rugbymen du bouclier de Vénus, heu, pardon de Brennus.)

Mélosa n’avait que la peau sur les os, lesquels pointaient dangereusement 

On lui voyait le croupion !

C’était une honte pour sa mère !

Aussi  maman autruche se lamentait toute la journée.

Elle allait voir ses voisines pour se plaindre!

 

Ma fille n’a jamais faim, c’est bizarre.

Ah vous pouvez dire qu’elle m’en fait voir !

Qu’ai-je fait au bon dieu pour avoir une fille pareille ?

C’est bien ma veine…

Elle va finir par en mourir !

Et pour commencer, moi, elle me rend malade !

 

Il faut faire quelque chose, suggéraient les voisines,

la forcer à manger, la gaver, comme on fait pour les oies.

 

Maman autruche eut une autre idée :

Elle mit sa fille dans une clinique très chic et très chère

Une clinique à la mode

installée dans une termitière toute neuve,

tenue bien sûr par des sœurs termites très dévouées. 

Chambre luxueuse, avec vue imprenable sur la savane.

Mélosa y fut nourrie au jus de cactus.

Beurk ! C’était pire que du jus de chaussettes !

Au début elle refusait et poussait des cris affreux !

On aurait cru un dragon de Komodo !

Mais elle avait si peur des sœurs Termites,

qu’elle en a avalé des tonnes, de jus de cactus 

Et le traitement a fini par vaincre sa résistance 

 

Ah oui, car il faut vous dire qu’en fait Mélosa avait une faim normale,

et que, même, elle crevait de faim : une vraie torture médiévale !

Si elle ne mangeait pas, ce n’était pas par manque d’appétit. 

Elles les auraient volontiers avalés, les petits asticots qu’elle trouvait parfois sur les figues de barbarie. 

Mais voilà, il n’y avait pas de place dans son estomac.

 

Comment ça, me direz-vous :

il y avait de la place puisqu’elle ne mangeait rien !

Et bien si, son estomac était plein.

Pleins des cris incessants de sa mère

qui lui hurlait de manger d’un air de suppliciée,  

plein des raisons qu’elle lui donnait,

plein de ses plaintes incessantes

à propos de la méchanceté de sa fille

qui ne voulait pas lui faire  plaisir en mangeant

comme le font toutes les autres petites ratites,

si gentilles et obéissantes.

 

Aussi son estomac était bourré de mots, 

quelle mâchait et remâchait avec une rage terrible,

qu’elle ruminait sans arrêt,

qu’elle avalait et ravalait sans fin,

espérant les digérer à la longue.

Mais rien à faire : ils étaient là, dans son estomac,

comme un horrible paquet de ficelle,

de fils de fer barbelés même.

Aussi avait-elle des brûlures d’estomac.

 

Voici donc Mélosa sortant  de la termitière-clinique.

Et puisqu’on avait brisé sa première ligne de défense,

elle en élabora une autre. Toute opposée.

Elle se mit à manger sans arrêt !

A manger de tout, et à tout moment de la journée et de la nuit.

Debout, assise, couchée, peu importe !

Mais jamais avec plaisir.....

même quand elle dévorait une tablette de chocolat !

Mais au contraire avec colère, et avec dégoût,

comme si elle ingurgitait les choses les plus sales du monde.

Il lui avait parfois semblé qu’elle avalait le vomi de sa mère !

 

Et c’est pourquoi, chaque jour, elle allait souvent dans un coin discret

pour vomir tout ce qu’elle avait accumulé dans sa poche gastrique,

exactement comme si elle avait vidé une poubelle  dans une décharge.

En vomissant, elle était en rage,

et elle avait tellement mal !!

Comme si c’était son propre estomac qu’elle expulsait de son corps.  

  

Enfin, ouf,  son estomac était vide.

Bref instant de répit,

car elle reprenait aussitôt son travail épuisant.

 

Dans le fond, rien n’était changé  !

 

Au lieu de se bourrer des mots de sa mère,

elle se bourrait de camembert, de yaourt bio, de crèmes Mont-Blanc, de Kouign-Amann, de sardines à l’huile, de religieuses, de cacahuètes….

Cette manducation permanente l’épuisait !

C’était aussi fatiguant pour elle que pour cette  femme,

dont je ne rappelle plus le nom,

qui avait traversé l’Atlantique à la rame. 

C’était^pour autruchette une sorte d’exploit.

 

Son exploit à elle.

Elle voulait traverser la mer en l'avalant,

non, elle voulait changer sa mère,

qu'elle regarde enfin sa fille , et l'aime !

Quel courage elle avait Mélosa !

 

Résultat, elle était, en quelques mois....

devenue aussi grosse qu’un bibendum.

Et à propos d’hommes, il faut dire qu’elle commençait à y penser…

Les sœurs termites  s’en étaient bien aperçues, à des signes que l’on ne peut cacher à d’aussi saints insectes  priant sans cesse la Sainte Vierge de les garder de toute souillure !!

Et elles l’avaient mise sévèrement en garde contre ces voies de la dépravation ....

 

Grossir avait un avantage à ce sujet :

elle allait construire  une forteresse,

se cacher derrière des remparts de graisse.

Elle allait dégoûter les hommes !

 

Ah pardon, je parle d’hommes.

Mais vous avez compris, je parle des autruches mâles.

Car il est bien certain que ça ne se passe jamais comme ça chez les humains !

 

Oui, je sais ...

Vous vous demandez pourquoi  des situations aussi stupides surviennent  dans le peuple des autruches ....

C'est , voyez vous, que les autruches ont de toute petites têtes,

et ne sont donc pas, en général, très intelligentes.

Ce n'est pas de leur faute.

Et en plus, souvent, les couples d'autruches... c'est pas le top !

Souvent les mamans autruches ne reçoivent pas de leurs compagnons les marques d'attention qui les rendraient sereines.

Leur couple boîte.

Il ne "marche" pas très bien.

Alors elles se servent de leurs enfants comme de déambulateurs.

  

Souvent elles se sentent méprisées, inexistantes, délaissées.

Elles ont envie de crier leur colère, leur désespoir même.

Mais elles n'osent pas, et font semblant.

Font semblant que tout va bien.

Alors que tout va mal !

Mais il faut porter sa croix , comme dit l'autre.

Le problème, c'est que pour porter leur croix de cette façon là...

elles embauchent leurs autruchons et autruchettes.

Elles les clouent à la même croix qu'elles mêmes.

Solidarité familiale !!!!!!!!

 

Ne riez pas : ça n'est pas drôle une vie d'autruche !

Quelques fois, pour ne plus voir tout ça,

elles se fourrent la tête dans le sable :

c'est une façon de s'évader de la réalité !

 

Mais la plupart du temps, elles se défoulent en parlant, et elles en racontent, elles en racontent.

Pas leurs vrais malheurs bien entendu.

Car c'est défendu chez les autruches : il faut garder la tête haute !

Non, elles disent n'importe quoi  : elles parlent "pour ne rien dire"  !

C'est-à-dire, pour ne pas révéler

ce qui ne va pas dans leur vie de femme-autruche.

 

 

                            fillette-sus-sein.jpg

 

 

Mélosa, qui était très intelligente, avait très bien compris tout ça.

Elle savait que les paroles que disait sa mère étaient fausses.

Elle aurait voulu que sa mère ne se cache pas sans arrêt dans un torent de mots, n'étouffe pas sans arrêt ses vrais sentiments.

Que, lorsqu'elle était malheureuse, elle dise : je suis malheureuse.

Et qu'elle ne se laisse pas écraser par Monsieur Autruche.

 

Or Madame Autruche avait choisi de parler sans arrêt avec des mots creux, pour occuper son esprit avec des idées vides de sens, mais qui formaient comme un écran de fumée entre elle et les autres.

 

Entre elle et sa propre conscience.

Elle faisait comme sa fille , dans le fond :

elle remplissait sa tête de vent, de mots sans valeur, d'aliments frelatés.

 

Et à elle seule, elle faisait plus de bruit que douze cigognes sur un toit de Colmar !

 

Sa fille Mélosa, elle, n'avait  rien fait d'autre que de lui renvoyer son image, mais avec une autre clé....

 

Le pire, c'était que la mère Autruche utilisait Mélosa pour édifier sa barrière de protection contre ses angoisses.

Je l'ai dit, Mélosa, qui était très intelligente, avait tout de suite compris que sa mère l'utilisait comme un sac de sable dans un système défensif....

 

Et çà, elle ne pouvait le supporter !

Elle aurait voulu être aimée pour elle même.

Que sa mère la regarde enfin, et lui dise "je t'aime",

et non pas : "tu m'es indispensable".

Que sa mère lui dise : va, vis ta vie d'autruche !

Et non pas : reste près de moi comme ma béquille.

Si tu pars, je vais m'effondrer.

 

Croyez-vous possible que les choses changent ?

 

Croyez-vous que la mère autruche cessera un jour de se cacher derrière ses plumes ?

Croyez-vous qu'elle cessera de s'épuiser

à faire croire que tout va bien,

et quelle n'a pas envie de pleurer

en reconnaissant que sa vie n'a pas été aussi belle qu'elle le dit.

 

Pourquoi les autruches n'auraient-elles pas le droit de pleurer ?

Les crocodiles le font bien.

 

Croyez-vous que Mélosa pourra sortir de ce piège affectif,

et vivre enfin sa vie d'autruche, à son propre compte ?

 


Oui.....

Je me rends compte que le compte n'y est pas, et que ceci n'est pas un conte : il faudrait une suite, et qu'une fée, ou un prince charmant, ou les deux  (!!!) viennent changer la donne,détruisent ces équilibres ancestraux...

 

Mais après tout, c'est une affaire d'autruche.

Ouf, chez les humains, on n'a pas tous ces problèmes !

 

 

 

Publié dans conte

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Trois grains de grenade : un conte sur le choix amoureux.

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

                                                     

 

                                                       C'est un de mes contes préférés.

                           Je vous l'offre pour votre fin de semaine.

Il est un peu long, mais je suis sûr que vous allez l'aimer.

 

 

 

 

Trois grains de grenade

 

 

 

 

 

C’est l’histoire d’un jeune adolescent, qui s’appelait Ham’di.

 

 

Sa beauté séduisait tout le monde,

mais il ne s’en préoccupait pas car il n’aimait que son travail

dans le champ qu’il cultivait,

les mélopées qu’il inventait sur sa flûte,

et la présence d’Allah,

qu’il révérait par-dessus tout.

Et quand, cinq fois par jour,

il faisait sa prière, tourné vers le Mecque,

son être entier rayonnait d’une joie telle

qu’il ne sentait plus la chaleur, le froid, la faim.

Ses parents lui donnaient deux pains chaque jour,

pour sa nourriture.

Il n’en mangeait qu’un

et offrait l’autre à un saint homme

afin qu’il lise à sa place les pages divines du Coran.

 

C’est vers Dieu qu’il marchait.

 

 

 *****************************

 

Les jeunes filles rêvaient de lui,

mais lui ne se souciait pas d’elles

et rejetait toute proposition de mariage présentée par ses parents.

Ils étaient âgés, et il était leur dernier né.

Une bru aurait aidé au ménage, à la cuisine.

 

Ham’di,

en dépit du respect qu’il portait à son père et à sa mère,

répondait toujours qu’il n’était pas prêt,

pas encore au bout du chemin,

du chemin qu’il suivait à l’intérieur de lui-même,

qu’il lui était impossible pour l’instant

de se charger d’une épouse

et des enfants qui naîtraient de leur union.

 

 

Et pourtant…

elles étaient bien belles les jeunes filles du douar

où vivaient Ham’di et ses parents,

et plus belles encore ses cousines,

avec leurs robes rouges et violettes, tissées d’or.

 

 ***********************************

 

Vint un été torride,

si brûlant que toute herbe jaunit, devint chaume,

que les fruits séchèrent dans les arbres,

que la terre craqua comme une écorce

et que les sources tarirent.

 

Pas une pastèque, pas un melon pour désaltérer sa soif.

L’eau de la Medjerda se réduisait de jour en jour.

C’était la rivière qui bordait son champ.

Habituellement, elle était rapide, et claire comme du cristal.

On l’appelait aussi l’oued Zarga,

ce qui signifie la rivière bleue.

Mais elle ne traînait maintenant qu’un peu d’eau,

d'eau boueuse, sale, malodorante, imbuvable.

 

 

*********************************

 

Or un jour est survenu un curieux évènement.

Ham’di était en sueur, la gorge sèche.

Il poussait difficilement son araire

entre les pierres et la terre sèche.

 

Il s’est arrêté un moment au bord de la rivière,

pour se reposer.

 

Et soudain est apparu,

devant ses yeux,

flottant sur l’eau ....

une grenade.

 

Une belle grenade, d’une beauté succulente,

surtout au regard d’un homme assoiffé.

 

Ham’di s’est jeté dans l’eau,

a saisi la grenade,

est remonté sur la berge,

l’a ouvert avec délicatesse,

a découvert le velours de sa pulpe, tel un trésor.

 

Il a porté un grain à sa bouche, puis un second, puis un troisième.

Il en a savouré la ferme fraîcheur,

la saveur un peu acide,

qui déjà apaisait sa soif.  

 

Et tout à coup, il a eu honte.

 

Pour la première fois de sa vie...

Ham’di venait de voler.

 

Ce fruit,

que la Medjerda avait promené sous son regard,

porté devant lui pour le tenter,

Ham’di s’en était emparé comme d’un bien propre.

 

Il le savait pourtant, le Coran est sévère pour les voleurs.

Il est encore des pays où la main du voleur est tranchée à la hache, en public, afin que la leçon soit exemplaire.

 

Ham’di tomba alors la face contre terre,

se demandant s’il pourrait un jour racheter sa faute.

Sa décision fut vite prise.

Il déchira un pan de sa vieille djellaba,

entoura avec soin la grenade,

la déposa dans un petit couffin,

qu’il suspendit au bout d’un bâton.

 

Il revint chez ses parents, leur dit adieu et disparut.

 

Son cœur pleurait en lui,

car sa mère,

qui l’avait tant aimé,

l’avait supplié de ne pas la quitter avant sa mort,

qu’elle sentait proche.

Elle était au terme de sa vie.

 

Or le prophète n’a-t-il pas dit :

« Le Paradis se trouve sous les pieds de vos mères. »

 

Et pourtant une force en lui

le contraignait à quitter son village et sa famille.

Il devait restituer la grenade à son propriétaire. 

 

Alors il a remonté le cours de la Medjerda,

il a examiné tous les arbres et tous les vergers qui bordent ses rives, car le fruit devait être tombé d’un arbre.

 

Il ne pouvait croire que quelqu’un l’eut jeté par jeu dans l’oued.

En ces temps de misère,

qui aurait osé commettre ce sacrilège ?

 

Partout où il se présentait,

il demandait si quelqu’un n’avait pas perdu une grenade,

car on les comptait alors.

 

Mais certains se demandaient qui était cet adolescent,

ce rôdeur, ce fou,

à la recherche du propriétaire d’un grenadier.

Et parfois, on lui jetait des pierres.

 

Il mendiait sa pitance,

et devait souvent se contenter de pain aussi dur que du galet,

d’herbes sauvages,

ou des fruits des caroubiers et des jujubiers,

rencontrés le long des chemins.

 

S’il glanait quelques épis, les vieilles le chassaient en l’injuriant.

 

Parfois il trouvait des ma’roufs déposés dans des troncs d’arbres,

comme au Sahara, pour les pauvres voyageurs.

 

Une fois des bandits l’ont secouru :

ils lui ont donné un burnous et des figues sèches.

 

 

*************************************

 

Il a remonté ainsi le cours de la Medjerda

 

pendant sept années.

 

 

 

                           paysage-atlas.jpg

 

 

 

Il a souffert du chaud, du froid, de la faim, de la soif.

Mais le fruit, qu’il présentait partout....

restait aussi frais et aussi doré qu’au premier jour.

 

Lui par contre, était voûté, usé,

sa peau était crevassée par le froid et la chaleur,

et il n’était plus vêtu que de loques.

Il ne ressemblait plus du tout au bel adolescent qui avait goûté aux trois grains d’une grenade d’or.

 

 

******************************************

 

Un matin...

 il est parvenu dans un village qui semblait abandonné.

La Medjerda, en ces lieux sauvages, était réduite à un filet d’eau.

On était bien loin ici de la rivière bleue, de l’oued Zarga.

 

Il est passé devant une petite maison dont la porte était ouverte.

 

Ham’di s’est avancé.

 

Une femme d’un certain âge est apparue.

 

De son fichu elle essuyait ses yeux pleins de larmes.

 

Ham’di a hésité à présenter sa requête.

 

C’est elle qui a parlé :

« Que veux-tu, mendiant ? »

 

Alors Ham’di a raconté son histoire, dit son repentir.

 

« Oui »

 

a soupiré la femme,

 

« Cette grenade est tombée d’un de mes grenadiers.

L’eau était vive, car c’était à la fin de l’hiver,

et je n’ai pas réussi à la rattraper.

 

Ainsi le hasard l’a conduite vers toi un jour de chaleur,

et tu as perdu tout ce temps pour me la rapporter !

 

Alors sois mon hôte,

bois à ta soif,

mange à ta faim,

 

mais ne me parle plus,

car à l’instant où tu arrives,

 

ma fille entre en agonie.

 

Elle est tombée malade il y a sept ans,

le jour même où cette grenade est tombée à l’eau.

Mais je n’ai que faire de ton repentir. »

 

 

**************************************

 

Ham’di a suivi la femme

et il est entré dans la maison.

 

La pièce était obscure.

 

Dans un coin était une forme voilée par un drap.

 

Un visage est apparu...

si boursouflé...

qu’on ne pouvait imaginer ce qui se cachait derrière ce masque.

L’enflure des paupières cachait à moitié les yeux.

 

Mais ils se sont ouverts quand Ham’di s’est avancé.

Ils le guettaient, suivaient ses mouvements.

 

Ham’di a déposé sur la table le couffin où était cachée la grenade,

il l’a sortie.

Elle était toujours aussi fraîche,

aussi belle qu’au premier jour.

Elle rayonnait dans la pénombre comme un petit soleil.

 

La jeune fille a fait un geste,

Ham’di lui a offert la grenade,

l’a aidée à sortir les grains,

les a déposés dans sa bouche.

 

Elle les a sucés, puis elle les a croqués.

 

Alors son regard s’est éclairé.

 

L’enflure du visage s’est rétractée, a disparu,

et celle de ses membres également.

 

Lentement elle a savouré les grains de la grenade,

lentement elle s’est redressée sur son lit.

 

Tendrement elle a dévisagé ce bienfaiteur

qui nourrissait sa jeune vie renaissante,

grain par grain.

 

Puis elle lui a demandé :

 

« Comment t’appelles-tu ?

 

- Ham’di

 

- Oh Ham’di, mon amour,

   je t’ai attendu si longtemps !

 

- Oh Ham’za, mon amour,

   je t’ai cherchée si longtemps ! »

 

Alors la mère d’Ham’za, au comble de l’étonnement, s’exclama : 

 

« Quel prodige !

Comment connais-tu le prénom de ma fille ?

- Mon cœur a prévenu mes lèvres. »

Répondit doucement Ham’di. 

 

La mère d’Ham’za souriait maintenant en le regardant,

car le mendiant loqueteux,

hirsute, sale, brûlé par le soleil,

était redevenu le véritable Ham’di.

 

« Ah mon fils !

En te rendant si laid, Dieu t’a couvert de son manteau.

Songe aux dangers que tu aurais rencontrés

si l’on t’avait découvert aussi beau,

aussi jeune, que tu te présentes maintenant à mes yeux. »

 

 

********************************************

 

Dans sa bonté,

Allah accorda un sursis de vie aux parents d’Hamdi,

car, quand il revint chez eux,

son père et sa mère rajeunirent de bonheur.

 

Avec la mère d’Ham’za, qui était veuve,

et avec toute leur famille,

ils célébrèrent le mariage de leurs enfants.

 

Un an plus tard naissait le fils d’Ham’di et d’Ham’za.

 

Alors Allah rappela à lui les vieux parents,

car de toute éternité,

il fait sortir la vie de la mort,

comme de la nuit il fait jaillir le soleil.

 

 

*********************************************

 

 

 

 

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- Conte breton - Katula Le douanier -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

Katula Le douanier

(Conte breton)

 

Il y a longtemps, en Bretagne, vivait un douanier très redouté.

 

Les contrebandiers l’avaient en horreur

à cause de tous les mauvais tours qu’ils leurs avait joués.

 

Mais aussi tous les gens le craignaient car,

dès qu’il rencontrait quelqu'un la nuit, il lui sautait dessus en criant :

 

« Qu’as-tu là ? »,

 

et c’est pourquoi on l’appelait Katula.

 

 

Une nuit d’hiver,

alors que Katula faisait sa tournée,

 

il rencontra un homme d’allure sinistre. 

 

  

katula1.JPG

 

 

 

 

Avant qu’il ait eu le temps de lui demander « Qu’as-tu là ? »

 

 l’autre lui avait crié:

 

« Bonne nuit, Katula, où cours-tu si vite ? ».

 

Katula était vexé car surpris :

en général c’est lui qui surprenait les gens.

 

Cette fois c’est lui qui voudrait se sauver, aussi il répond : 

 

« Je suis pressé » et il s’éloigne.

 

Mais l’inconnu riposte : « Moi aussi ! » et il lui emboîte le pas.

 

Le douanier marche plus vite, espérant le semer.

 

Impossible, l’autre le suit de près.

 

Katula saute une haie

et s’arrête au détour d’un chemin creux,

l’autre est toujours là.

 

Et il avait une drôle de tête :

 

des yeux brillants,

un visage aussi maigre qu’une vieille épave,

une bouche grimaçante.

Comment faire pour s’en débarrasser ?

 

 

Katula veut s’allumer une pipe,

cherche dans ses poches,

 

et s’aperçoit qu’il a oublié son tabac.

 

« Vous n’avez pas de tabac, dit l’autre, qu’à cela ne tienne,

voici ma blague, elle est pleine de tabac de fraude ».

 

Le douanier croit devenir fou de colère,

mais bourre quand même sa pipe.

L’autre fait de même,

puis pose son doigt sur le tabac, aspire,

et tout de suite sa pipe est allumée.

 

Katula commence à être très effrayé,

mais comme il a aussi oublié ses allumettes,

il doit accepter que l’autre lui allume sa pipe en y posant le doigt.

 

C’est alors que Katula comprend :

cet inconnu, c’est le diable !

 

 

Katula se remet à marcher.

L’autre le suit.

 

Sur le chemin ils rencontrent un paysan qui se débat avec un énorme cochon.

Le paysan veut le faire aller d’un côté, le cochon veut aller de l’autre.

 

« Mauvais cochon, crie le paysan, tu me fais damner !

Que le diable t’emporte ! ».

 

Katula se dit que c’est une bonne occasion de se débarrasser du diable :

 

« Vous entendez ?

Il vous fait cadeau de son cochon, prenez-le donc !

 

– Non, je n’en veux pas,

ce n’est pas de bon cœur qu’il me le donne.

 

– Mais c’est bon, du lard avec des choux.

 

– Non, non, j’espère trouver mieux. »

 

Ils marchent encore et arrivent  dans un village.

 

Ils entendent les cris d’un enfant,

et de sa mère qui se fâche : 

 

« Petit monstre ! Que le diable t’emporte !

– Vous entendez, dit Katula, elle vous donne son enfant, prenez le donc !

– Non, répond le diable, cet enfant n’est pas donné de bon cœur,

 j’espère trouver mieux ».

 

Ils continuent à marcher et longent maintenant le bord de la mer.

Au détour d’un chemin, ils se trouvent face à face avec trois contrebandiers.

 

Les contebandiers aperçoivent Katula.

 

L’un crie : 

« C’est Katula ! Sauvons-nous ! »

– Les autres crient : 

« Encore lui ! Ah le gredin, que le diable l’emporte ! ».

 

Alors le diable saisit katula en lui disant : 

 

« Cette fois, le cadeau est fait de bon cœur ! Je l’accepte ! ».

 

Alors le diable a emporté le douanier sous son bras,

et on ne l’a plus jamais revu.

 

 

 

         katula2.JPG

       


 

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* Un conte soufi : les oiseaux blancs et les oiseaux noirs -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 


 Les oiseaux blancs et les oiseaux noirs

 

 

Un conte que m'a envoyé La Chèvre !

Accompagné de commentaires que je laisse en noir,

et qui ont donc pour auteur La Chèvre.

 Le texte du conte lui même sera en bleu foncé.

Ce texte est assez surprenant,

et comme vous le verrez,

fait partie de l'enseignement soufi.

   

****************************************************

  

« Béni soit qui me hait,

   béni soit qui m'aime...

   Moi je ne veux qu'aimer ! »,

   disait Victor Hugo.

  

Le conte "Les oiseaux blancs et les oiseaux noirs"

prouve la supériorité d'une telle vision,

qui contient en germe la connaissance

du monde des formes-pensées

et de leur vivante activité.

  

« Gardez le foyer de vos pensées PUR,

vous fondez ainsi la Paix et vous êtes heureux ! »

  

Ce conte soufi témoigne éloquemment de la sagesse

de ce si important conseil,

pilier du monde de demain.

  

  

************************************************

 

Les hommes sont, les uns par rapport aux autres,

comparables à des murs situés face à face.

Chaque mur est percé d'une multitude de petits trous,

où nichent des oiseaux blancs et des oiseaux noirs.

 

Les oiseaux noirs,

ce sont les mauvaises pensées

et les mauvaises paroles.

 

Les oiseaux blancs,

ce sont les bonnes pensées

et les bonnes paroles.

 

 

Les oiseaux blancs, en raison de leur forme,

ne peuvent entrer que dans des trous d'oiseaux blancs.

 

Et il en va de même pour les oiseaux noirs

qui ne peuvent nicher que dans des trous d'oiseaux noirs.

 

Maintenant, imaginons deux hommes

qui se croient ennemis l'un de l'autre.

 

Appelons-les Youssouf et Ali.

 

Un jour, Youssouf, persuadé que Ali lui veut du mal,

se sent empli de colère à son égard

et lui envoie une très mauvaise pensée.

 

Ce faisant, il lâche un oiseau noir

et, du même coup, libère un trou correspondant.

 

Son oiseau noir s'envole vers Ali

et cherche, pour y nicher, un trou vide adapté à sa forme.

 

Si, de son côté, Ali n'a pas envoyé d'oiseau noir vers Youssouf,

c'est-à-dire s'il n'a émis aucune mauvaise pensée,

aucun de ses trous noirs ne sera vide.

 

Ne trouvant pas où se loger, l'oiseau noir de Youssouf

sera obligé de revenir vers son trou d'origine,

ramenant avec lui le mal dont il était chargé,

mal qui finira par ronger et détruire Youssouf lui-même.

 

 

Mais, imaginons que Ali a, lui aussi, émis une mauvaise pensée.

Ce faisant, il a libéré un trou

où l'oiseau noir de Youssouf pourra entrer

afin d'y déposer une partie de son mal

et y accomplir sa mission de destruction.

 

Pendant ce temps, l'oiseau noir de Ali volera vers Youssouf

et viendra loger dans le trou

libéré par l'oiseau noir de ce dernier.

 

Ainsi les deux oiseaux noirs auront atteint leur but

et travailleront à détruire l'homme auquel ils étaient destinés.

 

 

Mais une fois leur tâche accomplie,

 ils reviendront chacun à leur nid d'origine,

car il est dit :

"Toute chose retourne à sa source."

 

Le mal dont ils étaient chargés n'étant pas épuisé,

ce mal se retournera contre leurs auteurs

et achèvera de les détruire.

 

L'auteur d'une mauvaise pensée,

d'un mauvais souhait ou d'une malédiction,

est donc atteint à la fois par l'oiseau noir de son ennemi

et par son propre oiseau noir, lorsque celui-ci revient vers lui.

 

 

La même chose se produit avec les oiseaux blancs:

si nous n'émettons que des bonnes pensées

envers notre ennemi

alors que celui-ci ne nous adresse que de mauvaises pensées,

ses oiseaux noirs ne trouveront pas de place où loger chez nous,

et retourneront à leur expéditeur.

 

Quant aux oiseaux blancs porteurs de bonnes pensées

que nous lui aurons envoyés,

s'ils ne trouvent aucune place chez notre ennemi,

ils nous reviendront

chargés de toute l'énergie bénéfique dont ils étaient porteurs.

Ainsi, si nous n'émettons que de bonnes pensées,

aucun mal, aucune malédiction

ne pourront jamais nous atteindre dans notre être.

 

C'est pourquoi il faut toujours bénir,

et ses amis, et ses ennemis.

Non seulement la bénédiction va vers son objectif

pour accomplir sa mission d'apaisement,

mais encore elle revient vers nous, un jour ou l'autre,

avec tout le bien dont elle était chargée.

 

 

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C'est ce que les Soufis appellent "l'égoïsme souhaitable".

[« Charité bien ordonnée commence par soi-même. »]

C'est l'Amour de Soi valable,

lié au respect de soi-même et de son prochain,

parce que tout homme, bon ou mauvais,

est le dépositaire d'une parcelle de Lumière

en tant qu'étincelle issue de l'Irradiation Divine.

 

C'est pourquoi les Soufis,

conformément à l'Enseignement du Prophète,

ne veulent souiller ni leur bouche ni leur être,

par de mauvaises paroles ou de mauvaises pensées,

même par des critiques apparemment bénignes.

 

 

*************************************************

 

 

                              chevre-sauvage-bbsade.jpg

 

 

 

J'aime beaucoup le petit commentaire

qu'a laissé La Chèvre à la fin du texte.
Le voici :

 

 


Bon, c'est plus facile à dire, qu'à faire,

y a du boulot.....

ne désespérons pas !!!!!!!!!

 

signé la chèvre

Publié dans conte

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