Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 00:01

 

  

je republie un article qui était déjà passé il y a trois ans.

  

  

  

  

  

Les jardins de mon  enfance  

 

    


                       Je me souviens de vous, jardins de mon enfance !

 

Pour vous j'éprouve encore une grande attirance.

 

J'aimerais vous revoir, respirer vos parfums,

 

Parcourir à nouveau vos tout petits chemins.

 

Vous étiez comme des îles, toujours à explorer,

 

Comme des labyrinthes, devenus familiers.

 

 

 

 

Le tout premier jardin fut celui de grand-mère.

 

Il jouxtait sa maison toute vêtue de lierre.

 

Son mari, le Clovis, charron et paysan,

 

Etait mort à la guerre. Pour elle restaient les champs.

 

Le plus proche fournissant légumes en suffisance,

 

Le jardin familial était pour sa plaisance.

 

Il était le repaire des fleurs les plus étranges,

 

Sans doute, du Paradis, apportées par des anges :

 

En chacune s'ouvrait une porte vers le rêve,

 

Comme si un grand mystère circulait dans leur sève.

 

 

 

 

 

Les mufliers joufflus étaient des gueules de loup,

 

Les hauts volubilis, qui s'accrochaient partout,

 

Ouvraient leurs grands yeux bleus en des lieux insolites,

 

D'un bleu profond étaient les fleurs de l'aconit,

 

Redoutable poison déjà connu d'Ovide.

 

Confirmant la présence de dangers homicides

 

Les adonis rouges se nommaient « gouttes de sang » :

 

Elles semblaient me donner un avertissement.

 

 

 

 

 

 

 

D'opulentes pivoines rendaient jalouses les roses.

 

Des anémones blanches semblaient prendre la pose

 

Sur l'autel de l'été. Les lys immaculés,

 

Qu'encerclait une troupe d'odorantes giroflées,

 

Me maculaient le nez de leur pollen jaune.

 

Les vélars tortelles soignaient les gens aphones,

 

Les saxifrages roses désespéraient les peintres :

 

Leurs fleurs étaient trop fines, trop subtiles leurs teintes.

 

Les phlox répandaient leur étrange parfum,

 

Les abeilles visitaient les petites fleurs du thym,

 

Sans dédaigner toutefois celles de la ciboulette,

 

Mais pas celles des œillets que l'on disait poètes.

 

Moi, je les observais toutes, dans leur diversité,

 

  Étonné

 

   Ébloui

 

   Et ravi.

 

 

 

 

 

Le second des jardins fut celui de mon père.

 

De grands arbres entouraient une immense clairière

 

Qu'il consacra toute aux cultures légumières.

 

En faire seulement la liste ferait un dictionnaire !

 

J'y fis la connaissance des plantes potagères

 

Mais la plus importante fut celle de la terre,

 

Cette substance brune, changeante, mais familière :

 

Dans le sec ou le froid, dure comme une pierre,

 

Toute collante d'argile quand coulaient les gouttières,

 

S'effritant sous la main comme une sablière

 

Dès que, sous le soleil, l'eau, reprise par l'air,

 

En libérait les grains, révélant le calcaire.

 

 

 

 

 

 

Une très ancienne mer nous avait fait ce don,

 

Déposant dans son lit d'énormes alluvions :

 

Sable, argile, mica, oxydes métalliques,

 

D'immenses quantités de matières organiques,

 

Pour former cette substance que nous appelons la « terre »,

 

Bien à tort méprisée, car elle est notre mère.

 

Une secrète vie fermente à l'intérieur,

 

La tuer par la chimie serait un grand malheur !

 

Nous devrions l'aimer, la choyer, la nourrir,

 

Ne pas la piétiner, mais plutôt la bénir,

 

Et remercier le ciel de nous l'avoir donnée,

 

En protéger les fruits, et nous les partager. 

 

 

 

             

 Kaz Imir

 

 

 

 

 

 

jardin-gm.jpg

 

 

 

 

 

     écrit à l'occasion de la fête de l'AMAPP de Lorris le 28 juin 2008.

 

 

 

 

 



Et oui, je m'étais inscrit à une AMAPP  pour y acheter nos légumes, et pour voir comment marchait cette sympathique initiative. C'est justement en me rendant à cette fête où l'on m'avait demandé de lire mon poème que j'ai rencontré le chevreuil qui fut fatal à mon ancienne et aimée voiture. En moins de deux secondes c'était réglé !

Depuis je me suis retiré de cette AMAPP car on m'y vendait les mêmes légumes que ceux qui peuplaient mon jardin. Nous avons beau aimer les légumes, il y en avait trop ! Mais je jour où je ne voudrai plus jardiner, j'y retournerai.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par kasimir, dit pinson déplumé - Publié dans : poèmes
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auvergne clermont 2

 

 

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Durant quarante-huit heures les écluses du ciel

Etaient restées ouvertes, remplissant les étangs,

Abreuvant le jardin, les prairies et les champs.

 

*****

 

mes premiers poèmes ont été publiés sous le titre de

 

Suzanne

Neuf poèmes pour un départ

 

 

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  • égoïste, buté, borné,envieux, gourmand, idiot et farfelu
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