Dimanche 8 novembre 2009

                Jeudi 5 novembre, 
          eMmA  m'a écrit ceci :

  • Mais comment cette brute a-t-elle pu ignorer
  • que derrière son moulin ou derrière son pommier,
  • était sa fille ?
    Trop préoccupé par son travail ?
  • Trop avide d'argent facilement gagné ?
  • Trop peu aimant ?
                     
  •            et tu ajoutes, pour m'encourager :
  • Dessine-moi un mouton.

                eMmA, tu fais bien de m'encourager, et je vais t'expliquer pourquoi j'en ai besoin. Mais pour l'instant, je vais te dessiner un mouton, c'est le plus facile, et comme ça je gagne du temps !  

      
                 Tes trois hypothèses sont justes, je crois. 
                 C'est la relation Père-Fille qui est évoqué au début de ce conte.
                 Et c'est un énorme sujet. 
                 Allons-nous vraiment l'aborder ici ?
                 Non : il nous faudrait creuser beaucoup trop profond, et notre blog 3 sera plus approprié pour cette exploration.
                 D'autre part j'ai deux filles, et donc, en tant que père, peut-être quelques problèmes....

                 Les 3 questions d' eMmA sont en même temps des réponses.
                 Le meunier n'aime ni sa fille, ni son métier de meunier (et pourtant quel beau métier : transformer le grain en farine !), ni sa femme, car si elle était une "personne" importante pour lui, il lui aurait demandé son avis. 
                 Peut-on dire qu'il s'aime lui même ?
                 Même pas. 
                Comment comprendre ce non amour ?
                Comment un père pourrait-il ne pas craquer pour sa fille ?
                N'est-elle pas adorable ?
                Comment peut-il se priver de ce bonheur,
                et en priver sa fille par la même occasion ? 


                 La réponse  simpliste et moralisante serait de dire : parce qu'il est méchant et égoïste. 
                 Méchant n'est pas un terme psychologique : cela décrit un comportement, une façon d'être, et un jugement. 
                 Égoïste est par contre exact,
                 mais pourquoi ce meunier est-il  égoïste ?
                 Pourquoi se prive-t-il du seul bonheur qui vaille et qui est sans limite : aimer, être aimé ? 

                 La raison en est son extrême faiblesse.
                 Et donc son incapacité radicale à aimer. 
                 Cette faiblesse se comprend : sa personnalité est coupée en deux, il ne dispose pas de toute sa vitalité,  son être est à demi vidé de sa substance spirituelle,  sans valeur à ses propres yeux, aussi cherche-t-il à regagner cette valeur par l'argent, par la possession matérielle, et probablement par des moyens peu honnêtes. 

                  Sa richesse nouvelle n'est pas la récompense d'un métier passionnant accompli avec persévérance, joie et intelligence. Elle provient de louches magouilles.

                   Cet être amputé qu'est ce meunier n'a pas encore découvert le monde des autres, ni même sa fille ou sa femme : elles ne sont pas vraiment des personnes pour lui. Il n'en est pas lui même une. Son "égoïsme" n'est qu'un autre nom pour décrire l'état calamiteux où il se trouve lui même.
  •                  
  •                        Qu'en est-il de sa femme ?


               Le conte n'aborde pas ce sujet. 
               Sa femme, qui semble plus lucide que lui, ne fait qu'une brève apparition, puis disparaît. 

               Cet homme n'est donc pas réellement en relation avec sa femme, et pas plus avec sa fille. Il n'est en relation qu'avec lui-même, avec cette partie de lui-même que sa femme a nommé : "le diable".

                Pour entrer réellement en relation avec les autres, il faut d'abord être réuni en une unité à l'intérieur de soi, être un "monos". 

                          
                         Le diable

            Le mot vient du grec "DIABOLOS", formé lui-même de DIA , préfixe signifiant "à travers" et du verbe BALLEIN signifiant "jeter".
            "Dia ballein" signifie : jeter à travers, séparer, diviser, désunir, couper en deux comme le coin qui fend la bûche.

 
           De ce mot vient "diable" : celui qui provoque des séparations entre les humains, entre les Irlandais catho et protestants, entre les sémites arabes et les sémites juifs, entre les époux, entre les frères et soeurs, entre le père et la fille..... 

           C'est "le diable" aussi qui provoque des "clivages" dans la personne même. Mais là, le mot diable prend un autre sens dans les contes : il désigne aussi la partie rejetée quand elle revient. Elle revient comme une partie hostile.

C'est pourquoi la femme du meunier lui a dit, à juste titre :
c'était le diable !".
         

Par kasimir, dit pinson déplumé
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  • : kasimir, dit pinson déplumé
  • lachenaie
  • : Homme
  • : centre
  • : égoïste, buté, borné,envieux, gourmand, idiot et farfelu
  • : 24/11/1927

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