- La mort d’un enfant : passage d'un miroir -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La mort d’un enfant

22 mars 2012

 

 

Devant une actualité trop brûlante

j’ai tendance à me détourner.

 

Mais là, c’est trop fort.

Alors j’ose en parler.

Au risque de choquer.

 

 

 

 

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La vie s’exalte dans la mort.

Elle se révèle dans sa magnificence.

Dans sa beauté insoutenable.

 

La vie s’exalte dans toutes ses manifestations.

La vie est exaltation

 

Mais là elle s’exalte dans la douleur la plus atroce.

Elle se hausse à sa plus extrême expression,

dans la douleur infinie de sa disparition.

 

Elle atteint là son expression la plus vertigineuse.

 

La douleur est telle, devant la mort de son propre enfant,

que l’être lui-même est comme plongé dans le gouffre de la mort.

Plongé tout vif dans le néant.

 

Comme si d’un coup on lui arrachait son cœur.

 

C’est alors qu’éclate la vérité,

qu'on réalise le miracle,

la merveille incompréhensible, qu’était la présence de l’autre.

Merveille qui, par habitude, n’était que très partiellement perçue.

 

L’autre, l'existence de l'autre, est l’énigme la plus profonde,

tout autant que notre propre existence.

Mais l’habitude revêt cette inconcevable réalité

des oripeaux du banal,

du laborieux, de l’ordinaire.

 

La mort révèle la vie dans son exceptionnelle splendeur.

Pourquoi ne la voyons nous pas ?

Ne la percevant dans sa palpitante beauté que le jour où elle cesse ?

 

Peut-être ne le supporterions nous pas,

de nous percevoir posé sur le fil tendu de l’existence,

fil si improbable, si fragile.

 

Ô vie, comme tu es précieuse !

 

Le parent qui voit mourir son enfant,

qui perd son enfant,

est autre à jamais.

 

Il a déjà franchi la vitre des apparences.

Il est déjà dans l’éternel.

 

Mais cette expérience est trop absolue, trop incompréhensible.

Elle dépasse tous les mots.

Elle est sidérante.

Elle fait trembler de peur.

 

Elle est éblouissement devant la vie,

sur la berge de l’infini.

 

 

 

 

 

 

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Danielle 22/03/2012 19:53


L'enfer pour moi c'est le supplice d'une situation qui te plonge dans un abime d'intolérable souffrance, c'est une douleur immense que l'on subit, une torture qui te dévaste jour et nuit, c'est
un déchirement atroce : c'est la mort d'un enfant ! Même s'il est là, logé dans le fond de ton coeur, c'est l'absence qui te ronge, l'injustice ... Comment vivre en plénitude car ce mot ne
symbolise t-il pas l'épanouissement, la joie, le bonheur ? Un enfant ne nait pas pour mourir mais pour s'épanouir, être heureux, vivre !!! Bonne soirée Kas. Danielle

kasimir, dit pinson déplumé 22/03/2012 20:03



oh je sens de la colère en toi !


quand tu parles d'injustice...


Mais...


non, je sais, mais c'est inabordable ici.


Bonne soirée pour toi aussi.



annielamarmotte 22/03/2012 17:28


oui

kasimir, dit pinson déplumé 22/03/2012 19:48



quand tu bossais...


je parie que tu étais télégraphiste !



sounick 22/03/2012 13:20


Oui tu as raison d'en parler ! Ce texte est magnifique comme d'habitude  ! Tellement de sensibilité ! Je regarde en ce moment l'actualité et je me dis combien il doit être terrible de perdre
ses enfants dans de telles circonstances ! C'est un peu l'angoisse qui m'habite pour mes propres enfants ... on me dire "mère poule" ... On me dit "coupes le cordon !" mais je crois ne jamais
trouver le bon ciseau pour le couper ! Et au diable qui mal y pense ... Je me souviens une collègue de travail qui avait perdu sa petite fille en garde chez sa grand mère ... elle était en vélo
et a traversé la voie de chemin de fer à proximité ... au mauvais moment ! Certains diront c'est le destin! mais 20 ans après cette maman en parlait encore des sanglots dans la voix ! Merci
Kasimir pour ce texte et gros bisou à toi

kasimir, dit pinson déplumé 22/03/2012 19:34



Couper le cordon ...


C'est le même problème que celui du deuil impossible dont parle Danielle.


Il est plus qu'utile de couper le cordon, et pas seulement pour l'enfant (fille ou garçon, peu importe)


mais aussi pour la mère 


(et à l'occasion le père ! mais le cordon cependant ne concerne à  proprement parler que la mère)


Mais là encore l'enfant n'est pas perdu : il prend une autre place dans la psyché et dans le coeur. 


L'histoire de ta collègue est terrible.


Que nos vies, nos bonheurs, sont fragiles !!!!


Je t'embrasse Sounick.



fan 22/03/2012 13:12


Depuis 10 jours beaucoup de parents ont perdu leurs enfants! Ici à Sierres et là-bas à Toulouse, dans des circonstances atroces.


Mais je pense aussi à la mère de ce "monstre" (?) qui vient d'être tuer après avoir donner la mort à 3 enfants et 4 adultes. Comment peut-elle vivre avec ce poids?

kasimir, dit pinson déplumé 22/03/2012 19:25



oui, j'y ai pensé aussi


22 enfants, d'un seul coup...


c'est véritablement impensable, inimaginable.


Et pour ce qui est de sa mère....


là encore, le réel de ces faits dépasse l'imagination.


Commet va faire cette femme, comment vont faire ces mères...ces parents...


et nous mêmes ?


En fait nul ne le sait.


C'est comme si le soleil se mettait à tourner dans l'autre sens.


Nul ne sait.


 



Danielle 22/03/2012 12:35


Cette actualité est insoutenable et il ne faut pas craindre d'en parler. Quoi de plus injuste, de plus terrible que la mort d'un enfant innocent, un enfant c'est la vie, c'est l'avenir. On
partage la douleur des familles endeuillées, on comprend cette effroyable réalité, on se doute ... mais on ne SAIT pas. Il faut avoir vécu pareille souffrance pour prendre conscience à quel point
la vie des parents est détruite , pour réaliser que c'est une plaie qui ne se referme jamais. Cette vague de douleur qui déferle est abominable, insupportable. Le parent qui perd son enfant ne
vit plus, il survit dans la souffrance. Faire le deuil de son enfant, je ne pense pas que cela soit possible. Peut-être certains y arrivent-ils, pour d'autres ... ça doit être ça l'Enfer !!!
Pardon de réagir ainsi à la lecture de ton texte mais les mots sortent de mon coeur, impulsivement ... et tu sais pourquoi. Bisous pinson. Danielle

kasimir, dit pinson déplumé 22/03/2012 19:07



Une vague de douleur qui déferle


un tsunami de souffrance, irreprésentable.


oui, je sais.


le parent qui perd son enfant ne vit plus...


j'ai préféré dire qu'il est définitement autre.


Le deuil est-il impossible ?


ça dépend de ce qu'on appelle deuil.


S'il s'agit d'oublier, et de reprendre sa vie comme avant, alors oui c'est impossible.


Mais ce n'est pas ça le deuil.


C'est un processus qui fait que celui qui est parti va prendre une place toute particulière dans la vie de ce parent, mais une place qui ne va pas
l'empêcher de vivre.


Tout au contraire qui va lui donner encore plus d'énergie pour vivre en plénitude


dans l'amour fou de la vie


même si demeurera toujours l'immense souffrance.


Mais non Danielle : ce n'est pas f'enfer, mais tout juste le contraire.


L'enfer n'est pas la souffrance, l'enfer c'est de vivre sans amour.


Oui, je sais pourquoi tu me dis tout ça Danielle.....


 



saadou 22/03/2012 11:42


pas entièrement d'accord avec toi petit pinson

kasimir, dit pinson déplumé 22/03/2012 18:54



oh...


tu ne m'arraches pas les yeux, c'est déjà quelque chose !


voudras-tu me dire en quoi tu n'es pas d'accord  ?


ça m'intéresse au plus haut point



hélène 22/03/2012 11:28


Texte admirable, l'émotion est dans mon coeur, et comme nos petits maux journaliers nous paraissent dérisoires devant cette immense douleur.


Merci et je t'embrasse


hélène

kasimir, dit pinson déplumé 22/03/2012 18:51



merci de me remercier


j'étais un peu inquiet d'oser aborder un tel sujet !


t'embrasse aussi