Conte des Fades et du petit
Pierre
Il y a bien longtemps de ça, les Fées volaient librement dans le ciel de l' Auvergne, du Velay, du Livradois, du Pays
Brayaud et des Combrailles.
On les appelaient aussi les Fades, ce qui semble signifier qu"elles étaient souvent un peu folles....
On les rencontrait souvent près des fontaines, près des grottes, qu'elles habitaient en compagnie des chauves-souris. Mais
il n'était pas rare de les voir planer autour des volcans, des éboulis de rochers, et dans les vallées profondes et ombreuses.
Bref rencontrer des Fades était tout à fait habituel.
Étaient-elles gentilles ?
Pas toujours !
Les Fades d'Auvergne et du Velay étaient souvent de méchantes créatures : elles jouaient des tours aux bergers :
égarant leurs brebis, et aux paysans : renversant leurs andains de foin, culbutant les gerbes de blé qu'ils mettaient en tas.
Dans le Livradois, elles enlevaient les petits "saladous", les enfants qui venaient d'être "salés", c'est-à-dire
baptisés.
Aussi on évitait les endroits où l'on voyait, au matin, des traces dans la rosée : les ronds qu'elles
avaient faits la nuit en dansant
A ces endroits là, l'herbe devenait plus sombre et bientôt apparaissaient des champignons : les marasmes d'oréade, que l'on
appelle communément des mousserons.
Et si vous vous promenez encore aujourd'hui dans les prés et les clairières, vous trouverez encore souvent ces "ronds de
sorcières", ce qui est bien la preuve qu'il y a toujours des Fades.
On raconte encore dans le Cantal l'histoire du petit Pierre.
Le petit Pierre était un musicien : il jouait de la musette, et avec sa musette, il faisait danser les gens
dans les villages, pour les fêtes, pour les mariages.
Un jour il fit le pari d'aller faire danser les Fades au suc des Dames.
Alors un soir d'été, il est parti avec sa musette.
Il a tout de suite vu les Fades !
Elles étaient là, vêtues de robes blanches qui semblaient si légères qu'on les aurait cru faites de toiles
d'araignées, ou même de brouillard.
Il lui a semblé qu'elles sortaient de l'eau...
Elles dansaient toutes ensemble.
Mais étaient-elles vraiment des personnes ?
Leur teint était si pâle qu'elles semblaient faites de lait de lune.
Elles étaient toute fluettes.
Des feux follets couraient à leur pieds.
Quand elles tapaient dans leurs mains, cela sonnait le creux, comme si leurs mains étaient faites d'os sans
viande.
Si le petit Pierre avait été dans son état normal, il aurait dû s'en rendre compte. Ces Fades n'étaient
pas de notre monde !
Mais la tête du petit Pierre était toute échauffée, car cette danse l'enchantait. La lune éclairait les
danseuses.
Il s' avança vers elles et, n'y tenant plus, il se saisit de sa musette et se mit à en
sonner.
Jusqu'à cet instant la fantasmagorie de cette danse s'était jouée dans un complet silence.
C'était comme la fête étrange d'un autre monde, une fête folle qui n'aurait pas été pour
les humains.
Dès qu'éclata cette musique de la musette, ce fut comme si la nuit elle même éclatait en morceaux.
Les Fades furent effrayées : elles tourbillonnèrent et se sauvèrent de tout côtés !
Il n'en demeura là que deux.
Elles se rapprochèrent du petit Pierre.
Soudain elles étaient là, près de lui !
L'une d'elles lui enleva son chapeau.
L'autre - c'était la plus belle - lui enleva les trois roses qu'il avait au revers de sa veste.
Il voulut les reprendre.
Et il voulut et la prendre elle-même : elle était si belle !
Elle s'esquiva.
Il se jeta à sa poursuite.
Il lui semblait toujours qu'il allait la tenir
mais il n'arrivait pas à la joindre.
Chaque fois qu'il croyait se saisir d'elle, l'enfermer entre ses bras, elle s'échapait de ses mains comme
une vapeur de l'aube entre deux branches.
Elle riait et se moquait de lui, lui échappant toujours.
Elle le mena ainsi jusqu'au dessus de Belliac...
Là, le pays s'escarpe et la montagne tombe à pic.
Le petit Pierre pensa un instant revenir en arrière.
Mais savait-il encore ce qu'il voulait ?
La folie s'était emparé de lui.
Il voulait se saisir de cette demoiselle.
Petit Pierre n'était plus petit Pierre !
Il n'était plus que cette folie, cette passion, ce désir !
Il ne pensait qu'à une chose : la saisir !
Il suffisait que la Fade se penche à peine, comme un bouleau dans un souffle d'air ....
il suffisait que la Fade le rappelle d'une seule parole ...
aussitôt il la suivait à corps perdu...
Ce fut sa perte.
Il sentit soudain une main le précipiter dans le vide.
On le trouva là au matin, le corps tout rompu, baignant dans son sang.
Près de lui gisait sa musette.
C'est sur les indications d'ALN que j'ai lu cette légende qui a été
racontée par Henri Pourrat, dans "Légendes";
J'en ai un peu modifié le texte.
Par kasimir, dit pinson déplumé
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Comme j'aimerais une robe arachnéenne et laver ma chevelure avec du lait de lune !
Ton dessin est comme à chaque fois, adorable.
J'aime y reconnaître ton style, ton trait.
Bonne nuit, Kasimir.
Je t'embrasse,
eMmA
Bonne nuit eMmA : oui, là, je crois que....
je vais aller rejoindre mes savonnettes !
Terrible Kasimir! Je t'envoie ces légendes hier soir à 21h peut-être , pensant que tu les lmirais un jour et te voilà écrivant et dessinant à minuit ou une heure du matin....
Tes dessins sont super comme la légende....Le blogueur qui t'a comparé à un feu d'artifices te connaît bien.....
Si tu as passé ta nuit à écrire, tu n'as pas eu besoin du savon pour les crampes
.Bravo .je les lirai aux louveteaux.
Bises Et bon dimanche.
Rien que pour tes louveteaux, je suis prêt à en écrire plein !
Si : j'ai bien dormi de 1,30 à 7,30
6 h, c'est une bonne dose pour un Yéti !
juste un peu nébuleux : c'est super pour rêver tout debout !
Il ne faut pas aller ennuyer les filles,
surtout quand elles sont plus douées que les gars !!!
Tu as tiré une sage morale de cette triste histoire.
Les filles, voilà le danger !
Henri Pourrat serait fier de toi .
Tu crois ?
Je me sens toujurs un peu... coupable, quand je fais ça.
J'ai une copine, conteuse, qui rouspétait toujours dès que j'osais changer un nom.
C'est une querelle que l'on retrouve dans d'autres domaines, par exemple en architecture...
Je ne sais pas si c'est de la communion de pensée, mais j'ai choisi la même image que toi pour mon article que je viens de publier sur la musique folklorique auvergnate ! Je l'ai publié il y a moins d'une demie-heure, avant de venir te lire. Pauvre petit Pierre, gentil mais inconscient.
Bon dimanche,
Bisous,
Pascale
C'est bien de ne pas lui en vouloir, à ce pauvre petit Pierre.
Et à tous les hommes en général !
Car nous se sommes que les innocentes victimes des charmes féminins !
et oui Sittelle !
reproche-t-on à une mouche de s'être faite attraper dans une toile d'araignée ?
On a créé la SPA et la LPO
Il faudrait inventer la SPH , ou la LPH !
SOS hommes battus !
Ouf :
tu me rassures
enfin quelqu'un qui nous comprend !
Bon faisons un Grenelle, ah non c'est déjà pris;
alors, le nom d'un autre pont de Paris ?
J'ai trouvé : le " SMM ": un Saint-Michel des Mecs, avec l'Archange en emblème !
OK :
on met ça à l'ordre du jour de notre réunion
au printemps prochain
Ton idée est bonne Sttelle...J'habillerai bien l'archange en orange....Tu sais comme un sympathique personnage de l'île aux enfants qui mangeait du Boubi boulga (Ecriture???)
Couleur orange ... couleur vraiment problématique
Permis ... ou défendu ? le choix est pathétique
Quant au portail orange, s'il est de bonne humeur
il ouvre devant nos pas la porte du bonheur
Mais quand il fait la tête on s'arrache les cheveux
Sans aucun résultat : il fait bien ce qu'il veut.
Pardon Kasimir, tu es un ange et les fadas t'adorent !
Peut-être pas seulement les fées auvergnates.
Je pense à Mélusine, la fée du Poitou... pas très rassurante
si on creuse cette image ambivalente de la femme, ça remonte haut dans le passé, jusqu'à Eve,et même à Lilith, qui aurait été la première compagne d'Adam, et plus haut encore au démon femelle sumérien, puis babylonien, démon dévorateur, déesse mère, déesse serpent, puisque la bible a trouvé là toute son inspiration.
Un jour, je vous mettrai sur le blog l'histoire de Gilgamesh.
Cette histoire, plus ancienne que la bible même, est vraiment passionnante.
ah je l'avais oubliée, et beaucoup d'autres sans doute
la Vouivre : ce seul nom fait peur !
Il y a pourtant le mot vivre dedans.
Je lis ça plutôt comme une mise en garde...
à moins d'avoir le pied aussi habile qu'un chamois
ou une mar motte.
Oh je sais !!!!
Et ça me rassure : nous sommes du même côté.
Je ris aussi avec toi !
Il y a donc des cas où....
affaire de bon sens.
Alors je l'ai vu il n'y a pas longtemps,
le viaduc des b'rdins (et des b'rdines)
Alors ça change tout !
Diable diable !
Je n'arrive pas à me représenter où passe la frontière....
Et si ces douaniers étaient peintres
alors nous aurions de jolis tableaux !