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J'ai reçu récemment, le 28 janvier à 13 h 26,
de Marie-Pierre, dont voici le blog
http://chezmarie57.over-blog.com/article-un-peu-de-serieux-91094013-comments.html#anchorComment
un commentaire qui m'a laissé dans un certain doute,
car il se terminait par ces mots :
heureusement qu'on n'a pas besoin de la rejoindre pour te faire des bisous Pinson!
alors ...
ich küsse dich chätzele,
je lui ai répondu ces lignes :
gracieuse Marie Pierre !
ich küsse dich, ça va
mais chätzele.... j'ai cherché dans mon dictionnaire d'allemand : rien.
et sur la toile, et j'ai trouvé : écervelé, anarchiste....
hummmmm.............
c'est quoi, de l'alsacien ?
Rassure-moi.
Marie Pierre m'a répondu ceci, le 29 janvier à 19 h 15 :
oh Pinson, je n'oserais te qualifier d'écervelé
ou alors ce serait compréhensible par tous, hé hé !
"mein chatz" signifie "mon trésor"
et "chätzelé" est un gentil diminutif genre "mon petit chéri" ou "mon petit bijou"
c'est-y pas mignon tout cela, c'est notre patois du coin
"chätzelé" doit je pense être compréhensible par toute l'Alsace-Moselle et les Germains
... et bientôt dans la France entière grâce à toi !!!
alors ... au plaisir de te lire chätzelé,
Ces paroles , chargées de native tendresse, ont provoqué...
quelques remous.
Elles ont même été jugées scandaleuses
et il me fut conseillé de faire sauter ce commentaire.
Je n'en ferai rien !
Et tout au contraire, je vais en profiter pour faire la pleine lumière
sur ce que je pense de ce problème de langage :
que peut-on dire, que peut-on ne pas dire ?
Pour cela je vais commencer par ceci :
une histoire très personnelle.
Chez mes parents, on n'exprimait pas ses sentiments.
Surtout les tendres !
Interdiction absolue !
Ma mère, je l'ai compris bien plus tard, et bien trop tard,
avait un coeur aussi tendre que de la pâte d'amande.
Mais son éducation stricte, corsetée d'interdits religieux,
empoisonnée par une culpabilité aussi sotte que cruelle,
ne lui aurait jamais permis de le montrer !
Ni en acte (baisers, caresses, gestes affectueux)
ni en paroles.
Elle aurait pu aller en enfer, et nous avec elle !
Or quand je me suis marié, ma belle-mère (!!!!!)
m'a prodigieusement surpris.
Elle disait "ma chérie", ou "mon chéri",
à chacun de ses cinq enfants.
Mais pas seulement.
Elle s'adressait à moi de la même façon :
elle me disait : "mon chéri" !
J'en étais presque pétrifié !
Car j'étais bien le fils de ma mère :
elle m'avait transmis son carcan soit disant " moral", d'inhibition.
Il m'a fallu des années, et même des dizaines d'années (!!!)
pour que se dénoue enfin en moi quelque chose.
Et pour que je puisse dire à mon tour ces mots magiques.
Je veux dire : que ces mots puissent sortir ... de mon coeur.
C'est seulement alors que j'ai pu dire à ma femme "ma chérie".
C'est fou, oui, je sais.
Puis je l'ai dit à mes filles, puis à mes fils.
J'étais enfin sorti d'une prison.
D'une prison où les mots de l'amour, et les gestes aussi,
étaient enfermés, condamnés à mort.
Que s'éloignent à jamais de moi ces fossoyeurs de l'amour
ces malades qui, sous des discours moralisateurs et mensongers,
ont tissés autour de nous cette camisole de force.
"Ma chérie", je l'ai dit, bien plus récemment, et tout naturellement,
à quelques unes des femmes du blog.
Cela ne signifiait nullement une proximité sexuelle.
Mais une aisance, un bonheur de se connaître, de se parler.
Mais cela m'a valu...un jour... une sévère réprimande ...
et depuis je suis beaucoup plus prudent.
Certaines femmes (deux marseillaises en particulier !)
s'adressent à moi avec des mots du même type.
Vais-je les ... gronder ?
Leur dire que ça n'est pas permis ?
Oh que non !
J'apprécie maintenant sans la moindre gêne ces manifestations de tendresse.
Honni soit qui mal y pense !
Me revient en mémoire une photographie qui m'avait beaucoup plu.
Celle-ci :
Faut-il dire, comme Tartuffe :
cachez ces... melons... que je ne saurais voir !
Et bien moi je dis que ces beaux fruits,
et ce à quoi ils peuvent me faire penser,
représentent ce qu'il y a de meilleur au monde.
Que ceux qui prétendent penser autrement pensent ce qu'ils veulent.
Ils sont libres
et moi aussi.
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