Mélosa : conte de la petite autruche courageuse qui voulait être aimée.

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

Conte d’une petite autruche courageuse

qui s’appelait Mélosa.

 

 

Il était une fois une petite autruche qui était née...

oh, bien loin d’ici,

presque au bout de la terre.

 Comment s’appelait-elle ?

Je ne m’en souviens plus…

Ah si ....elle s’appelait Mélosa…

Allez savoir pourquoi !

 

Mélosa a tout de suite posé des problèmes à sa maman.

Normalement, les bébés autruches sont vite très voraces :

ils mangent, pourrait-on dire, tout ce qui passe à leur portée!

Pas seulement les herbes et les graines de millet ou d’autres plantes, ainsi que les petits fruits sauvages  qu’ils trouvent dans les buissons épineux. Ils gobent aussi les insectes, et même les petits rongeurs, les petits lézards, voire les gentils scorpions qu’ils débusquent jusque sous les pierres!

Mélosa n’était pas ainsi : elle n’était pas normale !

 

Elle ne voulait rien manger du tout !

 

Alors au lieu de grossir elle maigrissait.

Elle maigrissait à faire peur.

N'allait-elle pas en mourir ?

Au lieu d’avoir de jolies petites fesses rebondies

comme toutes les petites autruches

(et les mères autruches sont tellement fières des fesses de leur petite fille, autant que les rugbymen du bouclier de Vénus, heu, pardon de Brennus.)

Mélosa n’avait que la peau sur les os, lesquels pointaient dangereusement 

On lui voyait le croupion !

C’était une honte pour sa mère !

Aussi  maman autruche se lamentait toute la journée.

Elle allait voir ses voisines pour se plaindre!

 

Ma fille n’a jamais faim, c’est bizarre.

Ah vous pouvez dire qu’elle m’en fait voir !

Qu’ai-je fait au bon dieu pour avoir une fille pareille ?

C’est bien ma veine…

Elle va finir par en mourir !

Et pour commencer, moi, elle me rend malade !

 

Il faut faire quelque chose, suggéraient les voisines,

la forcer à manger, la gaver, comme on fait pour les oies.

 

Maman autruche eut une autre idée :

Elle mit sa fille dans une clinique très chic et très chère

Une clinique à la mode

installée dans une termitière toute neuve,

tenue bien sûr par des sœurs termites très dévouées. 

Chambre luxueuse, avec vue imprenable sur la savane.

Mélosa y fut nourrie au jus de cactus.

Beurk ! C’était pire que du jus de chaussettes !

Au début elle refusait et poussait des cris affreux !

On aurait cru un dragon de Komodo !

Mais elle avait si peur des sœurs Termites,

qu’elle en a avalé des tonnes, de jus de cactus 

Et le traitement a fini par vaincre sa résistance 

 

Ah oui, car il faut vous dire qu’en fait Mélosa avait une faim normale,

et que, même, elle crevait de faim : une vraie torture médiévale !

Si elle ne mangeait pas, ce n’était pas par manque d’appétit. 

Elles les auraient volontiers avalés, les petits asticots qu’elle trouvait parfois sur les figues de barbarie. 

Mais voilà, il n’y avait pas de place dans son estomac.

 

Comment ça, me direz-vous :

il y avait de la place puisqu’elle ne mangeait rien !

Et bien si, son estomac était plein.

Pleins des cris incessants de sa mère

qui lui hurlait de manger d’un air de suppliciée,  

plein des raisons qu’elle lui donnait,

plein de ses plaintes incessantes

à propos de la méchanceté de sa fille

qui ne voulait pas lui faire  plaisir en mangeant

comme le font toutes les autres petites ratites,

si gentilles et obéissantes.

 

Aussi son estomac était bourré de mots, 

quelle mâchait et remâchait avec une rage terrible,

qu’elle ruminait sans arrêt,

qu’elle avalait et ravalait sans fin,

espérant les digérer à la longue.

Mais rien à faire : ils étaient là, dans son estomac,

comme un horrible paquet de ficelle,

de fils de fer barbelés même.

Aussi avait-elle des brûlures d’estomac.

 

Voici donc Mélosa sortant  de la termitière-clinique.

Et puisqu’on avait brisé sa première ligne de défense,

elle en élabora une autre. Toute opposée.

Elle se mit à manger sans arrêt !

A manger de tout, et à tout moment de la journée et de la nuit.

Debout, assise, couchée, peu importe !

Mais jamais avec plaisir.....

même quand elle dévorait une tablette de chocolat !

Mais au contraire avec colère, et avec dégoût,

comme si elle ingurgitait les choses les plus sales du monde.

Il lui avait parfois semblé qu’elle avalait le vomi de sa mère !

 

Et c’est pourquoi, chaque jour, elle allait souvent dans un coin discret

pour vomir tout ce qu’elle avait accumulé dans sa poche gastrique,

exactement comme si elle avait vidé une poubelle  dans une décharge.

En vomissant, elle était en rage,

et elle avait tellement mal !!

Comme si c’était son propre estomac qu’elle expulsait de son corps.  

  

Enfin, ouf,  son estomac était vide.

Bref instant de répit,

car elle reprenait aussitôt son travail épuisant.

 

Dans le fond, rien n’était changé  !

 

Au lieu de se bourrer des mots de sa mère,

elle se bourrait de camembert, de yaourt bio, de crèmes Mont-Blanc, de Kouign-Amann, de sardines à l’huile, de religieuses, de cacahuètes….

Cette manducation permanente l’épuisait !

C’était aussi fatiguant pour elle que pour cette  femme,

dont je ne rappelle plus le nom,

qui avait traversé l’Atlantique à la rame. 

C’était^pour autruchette une sorte d’exploit.

 

Son exploit à elle.

Elle voulait traverser la mer en l'avalant,

non, elle voulait changer sa mère,

qu'elle regarde enfin sa fille , et l'aime !

Quel courage elle avait Mélosa !

 

Résultat, elle était, en quelques mois....

devenue aussi grosse qu’un bibendum.

Et à propos d’hommes, il faut dire qu’elle commençait à y penser…

Les sœurs termites  s’en étaient bien aperçues, à des signes que l’on ne peut cacher à d’aussi saints insectes  priant sans cesse la Sainte Vierge de les garder de toute souillure !!

Et elles l’avaient mise sévèrement en garde contre ces voies de la dépravation ....

 

Grossir avait un avantage à ce sujet :

elle allait construire  une forteresse,

se cacher derrière des remparts de graisse.

Elle allait dégoûter les hommes !

 

Ah pardon, je parle d’hommes.

Mais vous avez compris, je parle des autruches mâles.

Car il est bien certain que ça ne se passe jamais comme ça chez les humains !

 

Oui, je sais ...

Vous vous demandez pourquoi  des situations aussi stupides surviennent  dans le peuple des autruches ....

C'est , voyez vous, que les autruches ont de toute petites têtes,

et ne sont donc pas, en général, très intelligentes.

Ce n'est pas de leur faute.

Et en plus, souvent, les couples d'autruches... c'est pas le top !

Souvent les mamans autruches ne reçoivent pas de leurs compagnons les marques d'attention qui les rendraient sereines.

Leur couple boîte.

Il ne "marche" pas très bien.

Alors elles se servent de leurs enfants comme de déambulateurs.

  

Souvent elles se sentent méprisées, inexistantes, délaissées.

Elles ont envie de crier leur colère, leur désespoir même.

Mais elles n'osent pas, et font semblant.

Font semblant que tout va bien.

Alors que tout va mal !

Mais il faut porter sa croix , comme dit l'autre.

Le problème, c'est que pour porter leur croix de cette façon là...

elles embauchent leurs autruchons et autruchettes.

Elles les clouent à la même croix qu'elles mêmes.

Solidarité familiale !!!!!!!!

 

Ne riez pas : ça n'est pas drôle une vie d'autruche !

Quelques fois, pour ne plus voir tout ça,

elles se fourrent la tête dans le sable :

c'est une façon de s'évader de la réalité !

 

Mais la plupart du temps, elles se défoulent en parlant, et elles en racontent, elles en racontent.

Pas leurs vrais malheurs bien entendu.

Car c'est défendu chez les autruches : il faut garder la tête haute !

Non, elles disent n'importe quoi  : elles parlent "pour ne rien dire"  !

C'est-à-dire, pour ne pas révéler

ce qui ne va pas dans leur vie de femme-autruche.

 

 

                            fillette-sus-sein.jpg

 

 

Mélosa, qui était très intelligente, avait très bien compris tout ça.

Elle savait que les paroles que disait sa mère étaient fausses.

Elle aurait voulu que sa mère ne se cache pas sans arrêt dans un torent de mots, n'étouffe pas sans arrêt ses vrais sentiments.

Que, lorsqu'elle était malheureuse, elle dise : je suis malheureuse.

Et qu'elle ne se laisse pas écraser par Monsieur Autruche.

 

Or Madame Autruche avait choisi de parler sans arrêt avec des mots creux, pour occuper son esprit avec des idées vides de sens, mais qui formaient comme un écran de fumée entre elle et les autres.

 

Entre elle et sa propre conscience.

Elle faisait comme sa fille , dans le fond :

elle remplissait sa tête de vent, de mots sans valeur, d'aliments frelatés.

 

Et à elle seule, elle faisait plus de bruit que douze cigognes sur un toit de Colmar !

 

Sa fille Mélosa, elle, n'avait  rien fait d'autre que de lui renvoyer son image, mais avec une autre clé....

 

Le pire, c'était que la mère Autruche utilisait Mélosa pour édifier sa barrière de protection contre ses angoisses.

Je l'ai dit, Mélosa, qui était très intelligente, avait tout de suite compris que sa mère l'utilisait comme un sac de sable dans un système défensif....

 

Et çà, elle ne pouvait le supporter !

Elle aurait voulu être aimée pour elle même.

Que sa mère la regarde enfin, et lui dise "je t'aime",

et non pas : "tu m'es indispensable".

Que sa mère lui dise : va, vis ta vie d'autruche !

Et non pas : reste près de moi comme ma béquille.

Si tu pars, je vais m'effondrer.

 

Croyez-vous possible que les choses changent ?

 

Croyez-vous que la mère autruche cessera un jour de se cacher derrière ses plumes ?

Croyez-vous qu'elle cessera de s'épuiser

à faire croire que tout va bien,

et quelle n'a pas envie de pleurer

en reconnaissant que sa vie n'a pas été aussi belle qu'elle le dit.

 

Pourquoi les autruches n'auraient-elles pas le droit de pleurer ?

Les crocodiles le font bien.

 

Croyez-vous que Mélosa pourra sortir de ce piège affectif,

et vivre enfin sa vie d'autruche, à son propre compte ?

 


Oui.....

Je me rends compte que le compte n'y est pas, et que ceci n'est pas un conte : il faudrait une suite, et qu'une fée, ou un prince charmant, ou les deux  (!!!) viennent changer la donne,détruisent ces équilibres ancestraux...

 

Mais après tout, c'est une affaire d'autruche.

Ouf, chez les humains, on n'a pas tous ces problèmes !

 

 

 

Publié dans conte

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cagou 16/06/2010 09:02



pison de tous les matins


 


a toute



kasimir, dit pinson déplumé 17/06/2010 07:29



bonne journée



makadame06 11/06/2010 00:53



drôle d'oiseaux...tu sais qu'on trouve des beefsteaks d'autruche...ça ne me tente guère de manger ces gros poulets!!!


bonne nuit sous une couette en plumes d'autruche  bisous



kasimir, dit pinson déplumé 11/06/2010 10:20



il parait, mais je n'y ai jamais goûté


enfin, on ne doit pas manger une cuisse entière !



lenez o vent 10/06/2010 21:37



un conte humain au pays des autruches


( sauvons la façade)


bisous pinson



kasimir, dit pinson déplumé 11/06/2010 09:29



Peut-être que l'humain a un peu de sang d'autruche dans ses veines.


ça ne m'étonnerait pas


Ici , j'ai déjà quatre ruches, alors tu vois...



ALN 10/06/2010 20:16



OK avec une grande partie de ta réponse à Mima en ce qui concerne nos parents et leur vie autrefois.bisous



kasimir, dit pinson déplumé 11/06/2010 09:14



Merci ALN


Nous marchons d'un même pas



mima 10/06/2010 20:06



je ne suis pas d'accord avec toi



kasimir, dit pinson déplumé 11/06/2010 08:25



SUPER !!!!!



Danielle 10/06/2010 17:33



J'aime beaucoup ce conte très émouvant, très sensible et il est vrai qu'il faut lui trouver une fin. Quand tu décris le mal-être de Mélosa, son estomac bourré de mots et de maux, de fils de fer
barbelés même, l'image est dure mais comment veux-tu qu'elle arrive à digérer  tant de souffrances ? Par contre, je plains aussi les mamans autruches qui manquent de bonheur, qui se sentent
inexistantes. Elles doivent souffrir aussi : non, pas drôle la vie d'autruche. Mais dis moi Pinson, peut être que les autruches pleurent sans bruit et qu'on ne le voit pas ? C'est possible, non ?
Souhaitons que Mélosa s'échappe de cette carapace pour vivre enfin sa vie ... bientôt la suite ? Merci pour ce joli conte, gros bisous et bonne soirée. Danielle



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 19:26



Difficile de lui faire une fin


mais on peut essayer


Oh que oui, les autruches pleurent


mais quand on ne les voit pas.


Sinon  elles croient qu'elles perdraient la face.



A vos plumes 10/06/2010 16:55



Bonjour Kasimir,


Blog super pour les petits nenfants et aussi les grands.


J'ai rajouté un lien sur mon blog http://oiseaux-avosplumes.over-blog.com/#


Bisous.


 


 



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 19:19



Mais qui me fait des bisous ? 


La fée de Léotoing, CC ????


je vais garder précieusement ce lien


car ce chateau rescucite !


 



lanourse 10/06/2010 16:36



Que  dire  , bien vu , bien dit  , que ces autruches  me font penser à quelqu'un d'autre  !!!! oui , tout cela nous ressemble fort  !


bonne journée  , puisse chacun trouver la bonne solution !



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 19:13



Oh tu crois ?


Moi je pensais
que c'était seulement chez les autruches  .....



Jackie 10/06/2010 16:26



A l'inverse de Mima je ne pense pas qu'il y ait une victime et une coupable, mais deux victimes. Cette mère n'a sans doute pas reçu assez d'amour et dans ce cas là comment donner ce que l'on n'a
pas. Je suis persuadée qu'elle n'a aucune conscience du mal qu'elle fait à sa fille. J'ai l'exemple bien concret de parents qui ont détruit deux de leurs enfants en étant persuadés qu'ils
faisaient tout ce qu'ils pouvaient et ils étaient sincères...Ils sont morts dans une grande détresse...


Le cas d'Hitler n'est-il pas un cas particulier ? n'existe-t-il pas des êtres pervers ? C'est une question que je me pose souvent à propos de certains êtres qui semblent jouir du mal qu'ils font
. Une maladie psychique ???


Jackie


 


 


 



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 18:58



Oui Jackie : deux victimes.


Laissons de côté les grands pervers,


et les graves maladies psychiques .


Cela nous entrainerait trop loin.



mima 10/06/2010 15:26



De toute façon, je défends d'abord l'autruchette, parce que pour l'instant c'est sa vie à elle qui est le plus en danger ! et j'ai tendance à penser qu'il y a une victime, et un coupable...même
si ultérieurement, et après un long temps on peut trouver et reconnaître des circonstances atténuantes à l'autruche !!! mais d'abord un procès équitable, pour remettre les choses à l'endroit !!!



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 18:51



Non Mima, pas de procès, même équitable (comme le commerce !).


Pas de victime, pas de coupable.


Seulement des malheureux.


Donc pas de circonstances atténuantes.


Une thérapie n'est pas un procès.


C'est une exploration pour comprendre.


Pour éclairer l'intelligence


en un lieu où aucune accusation n'est portée.


Contre personne.


Une exploration pour comprendre


Pour comprendre l'immensité  des souffrances qui furent celles de nos parents.


Les pauvres ! 


Ils n'ont pas eu grand chose comme aide vraiment.


Combien de fois ont-ils désespéré de la vie...


Ils n'avaient même pas de psy pour les écouter.


Des curés peut-être, qui leur disaient : aimez !


Offrez vos souffrances pour le salut du monde.


Regardez Jésus sur la croix ! Souffrez avec lui !


Demandez pardon à Dieu pour votre égoïsme.


Priez la Sainte Vierge


Et autres conneries.


Ouvre les yeux, Mima, sur la misère affective qui fut (peut-être) celle de tes parents.


Alors les reproches que tu leur fais encore dans le fond de ton coeur vont se transmuer en une immense tendresse, en une immense pitié ! En un
torrent d'amour qui va te submerger toi même.


Laisse tomber la rancune !


 



mima 10/06/2010 15:08



Je n'ai pas dit que l'autruche est un monstre !...mais elle n'est pas un ange non plus malgré ses ailes et ses belles plumes !


Ce travail de séparation sera long, et douloureux. Et ton exemple des siamois ne tient pas...ces deux personnes ne se sont pas constituées en même temps, même s'il est bien certain que l'autruche
à bien (ou plutôt mal, ou de son mal ) imprégné le psychisme de l'autruchette ...par contre je ne pense pas que l'inverse est vrai !



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 15:13



tu marques un point


mon exemple n'est pas valable !



ALN 10/06/2010 14:09



Dans les milliers de personnes qui admirent le bouclier de Brennus, il y a peut-être des autruches !!!!!


Ton conte est très, très sérieux et j'arrête de dire des sottises.....


L'anorexie -boulimie des autruches est un vaste sujet.....


Bisous



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 14:52



Vaste, oui


j'aurais peut-être jamais dû me lancer là dedans !!!!



mima 10/06/2010 12:40



on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs, kasimir !


Pour y voir plus clair dans dans ce magma des relations intra-familiales, il faut d'abord effectuer un travail de séparation. Dans l'idéal le mieux serait que l'autruche et l'autruchette se
fassent aider, mais pas avec la même personne.


On ne peut blanchir tout le monde.Quels arguments avancerais-tu aux familles des victimes de l'holocauste pour excuser la folie meurtrière de Hitler, et de ses sbires ? ah oui, mais vous
comprenez...eux aussi dans le passé ont vécu telle ou telle situation qui a fait que....! Non je ne suis pas d'accord ...bon je prends un exemple extrême, mais il aide peut-être à comprendre ma position !? 



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 14:50



en effet, tu prends un exemple extrême !


le problème est que, habituellement, la mère s'est trouvée en  contact intime avec sa fille,
et que de ce fait il y a une sorte d'osmose psychique  qui se réalise, aussi on ne peut l'écarter d'un coup et la méconnaître, comme on ferait d' un SS  dans un camp.


Comparons : des bébés siamois que l'on veut séparer, ça demande de la déliatesse pour n'en pas tuer un.


De même ici.


 Et il n'est pas dans l'intérêt de la fille de décréter que sa mère est un monstre.


Je vais essayer de reprndre ça dans l'article....


Quelle affaire !



sandrasbz 10/06/2010 10:48



Bonjour,


Je te lis et je m'aperçois que je connais des autruches... des dizaines d'autruches qui vivent ainsi, tantôt lâchant des mots creux à tous vents, tantôt se fourrant la tête dans le sable. Il y a
de ces pièges (surtout affectifs) dans nos vies... pardon, dans la vie des autruches ! 


Gros bisous et bonne journée,


 


Sandra



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 12:35



Toi aussi tu en connais ?


je n'aurais pas cru qu'il y en avait autant en Europe !


bonne journée pour toi aussi, Sandra, je t'embrasse.



Arlette 10/06/2010 09:42



Un conte avec une réalité époustouflante... J'en connais des maman-autruche qui croit bien faire pour leurs petits... vous avez essayé de leurs ouvrir les oreilles qu'elles préfèrent mettre la
tête dans le sable... A force de bouts d'arguments, j'abdique !!!


merci pour ce beau conte Kasimir



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 12:23



Mais non, Arlette, il ne faut pas abdiquer !!!!


Si les arguments ne marchent pas, c'est que ce n'est pas le bon moyen !


Essayons de trouver ensemble le bon moyen : il existe.


Je t'embrasse.



helene 10/06/2010 08:54



Conte plus réel que ceux de mon enfance, quand on a une maman autruche très vite on se réfugie dans son monde fait de fées et de princesses, elles ont le mérite de leurs baguettes magiques de
nous donner des ailes pour affronter la suite sans trop de bleus à l'âme, Je l'ai trouvée ma baguette magique sur mon chemin de destinée, elle est faite tout simplement de ( je
t'aime)!


Bisous, helene


 



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 12:15



C'est super : tu as trouvé !


Il serait bien que toutes les petites autruches trouvent aussi


aidons les  si elles sont prises dans les ronciers



canelle56 10/06/2010 08:51



Quelle belle manière de raconter les choses , je vois de ces  petites "autruches " très souvent et elles me font beaucoup de peine , mais le mal est si profond qu'elles ont beaucoup de mal à
passer la tête , elles sont souvent très intelligentes et surtout très tendres.... pffff .....je garde ton conte sous le coude à l'occasion je te le demanderais


Tu sais bien dire les choses....


bises Kasimir



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 11:56



Mais si tu vois beaucoup de ces petites autruches


alors nous allons écrire ensemble une nouvelle version de ce conte !


Faut absolument les aider, car c'est quand même trop bête....



CatherineD 10/06/2010 01:43



entre mères et filles, c'est toujours la même histoire...tu as écrit celle-ci exprès pour moi, c'est ça? avoue...


je sors d'une grande panne d'internet, dur-dur !


bonne journée



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 11:50



J'avoue !


(mais alors suis-je extra lucide !)


Mais comme tu le dis, les éléments de ce drame sont universels,


même s'il trouve tout naturellement une issue heureuse dans la plupart des cas.


Le problème est de savoir pouquoi cette évolution heureuse ne se fait pas toujours, pourquoi dans certains cas la situation se
bloque.


Comme si se produisait un bug affectif,


et on n'avance plus, on est paralysé.


" Dur dur ! "


Mais quand on sort de cette grande panne (!!!!) quel soulagement !


Je pense même qu'il n'y pas de joie supérieure à celle-ci:


 assister à la libération d'un être, à la remise en route de la vie.


et quelle joie si on a pu y participer, ne serait ce qu'un peu.


Lazarre sortant du tombeau !



cagou 10/06/2010 00:23



pinson ton conte est joli que je part ;avec l'autruche sous les draps.bonne nuit avec plei de reves.


bisous



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 11:37



L'autruche ?


Ah moi j'aurais plutôt pris l'autruchette !!!!!!



nadia-vraie 09/06/2010 23:30



C,est un conte poignant  car il résume une partie seulement de tout ce qui arrive chez les humains.Il y a aussi plusieurs fins...


Bonne journée kasimir.



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 11:35



Plusieurs fins imaginables, oui.


Ah j'aime bien tes expressions québécoises


(s'énerver les poils des jambes)


Je t'embrasse, petite feuille d'érable.



mima 09/06/2010 22:39



Tout d'abord, kasimir, je prends le parti de l'autruchette, et si on ne le fait pas clairement au départ, on ne peut pas l'aider vraiment. On ne peut pas ménager et la chèvre et le choux...même
si l'autruche a de bonnes raisons d'être ce qu'elle est !


Les paroles fausses de la mère, l'enfant les perçoit, les ressent...Et si la mère "nourricière" est amère, comment apprécier ce qu'elle propose ? cela ne passe pas !


Je crois que le plus bel espoir pour l'autruchette réside dans une rencontre.


bises au pinson



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 11:26



Faut-il prendre parti ?


Ecraser l'un pour libérer l'autre ?


L'un serait coupable, l'autre victime....


Enorme problème....


si tu veux bien, je vais le reprendre dans une suite.


Oulala ! dans quel roncier me suis-je engagé !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!



Littorine 09/06/2010 22:35



Kasimir, quel conte poignant ! j'espère sincèrement que pour cette petite autruche les choses vont s'arranger, qu'elle va pouvoir trouver la voie de la liberté...çà ne sera sans doute pas sans
effort, ni culpabilité...ni souffrance, mais si elle est courageuse et bien entourée, la Vie l'emportera, et qui sait un prince charmant débarquera. Si moi j'y crois ! qui a dit elle se fait des
illusions la pôvre ...et bien qu'on me laisse mes illusions d'abord  Je t'embrasse cher Pinson. Bonne et douce nuit.



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 11:21



Oui elle y arrivera !


De fait, ça ne sera ni sans effort ni sans souffrance.


Pour la culpabilité, c'est autre chose.


Ce qui la maintient dans cet état, c'est précisément la culpabilité,


qui la paralyse comme les fils de l'araignée paralysent la mouche entortillée dans la toile.


Et plus la mouche se débat, plus elle s'entortille !


La "guérison" passe par la dissolution totale des fils de la culpabilité.


Ce sentiment de culpabilité est le plus perfide des poisons


c'est le SIDA de l'âme.


Être libre, c'est être totalement sorti de ce monde pharisaïque de la faute.


On est libre une fois que l'on a compris.



Jackie 09/06/2010 22:16



Ce conte est tellement beau, tellement dur, tellement vrai !


La maman  a tellement soif d'Amour qu'elle dévore son enfant..


L'enfant a tellement soif d'Amour qu'il est prêt à tout y compris se détruire pour être aimé...


Tout va dépendre des rencontres qui vont avoir lieu... Le prince charmant , ou la fée peuvent apparaître . Si c'est un conte pas de problème. Mais la vie n'est pas un conte et il se peut que
le prince ou la fée n'apparaissent pas ou trrop tard...


Oui, ce conte est vraiment poignant...


Je t'embrasse pinson


Jackie



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 11:09



Oui je crois que, dans la réalité


les rencontres utiles arrivent souvent bien tard,


souvent trop tard, et comme c'est dommage !


Mais ce par quoi tu commences ton commentaire est excessivament important :


je vais le reprendre.


Bisou.



ALN 09/06/2010 22:14



Ce conte doit sûrement avoir une fin heureuse....En attendant je conseille à Mélosa d'arracher quelques plumes à sa mére .....


Grosse comme Bibendum...Elle devait être sympa car il est mignon notre Auvergnat blanc.


Bisous 



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 11:04



C'est une idée !


Je vais prendre une plume d'autruche


 pour écrire la deuxième partie.



sittelle 09/06/2010 21:47



La digestion des mots-maux d'une maman mal-heureuse est souvent longue et difficile... ton conte est très beau, Kasimir. Tu as soigné de nombreux oiseaux de ce genre; bisous



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 10:37



Les oiseaux connaissent souvent ces problèmes, il est vrai,


c'est le pain quotidien des vétérinaires !


Un problème fondamental, à vrai dire.


Bisou.



Andrée 09/06/2010 21:46



 Comment peut vivre et s'épanouir une relation quand il y a un tel   manque de sincérité  ,  d'échange , d'amour et de responsabilité .  La réaction de Melosa
s'explique aisément , elle veut attirer l'attention de sa mère , la voir s'inquiéter , lui faire des câlins. Mais sa mère ne l'entend pas car elle a ses soucis , son manque de reconnaissance ,
donc elle ne peut pas donner ce qu'elle ne possède pas : l'amour. Cette petite autruchette porte un lourd fardeau . Il faudrait aider la mère à se prendre en charge , l'autruchette à se liberer
de ce joug malsain et envoyer le père Autruche à Cayenne!


Je ne sais pas s'il y a une solution , mais les fées existent , elles se prénomment amies et peuvent apporter beaucoup de réconfort et d'espoir.


Quand tu dis " ces viels équilibres " , je trouve ce mots mal employé , il prend tout d'un coup une connotation négative. C' est une relation de domination du plus fort sur le plus faible .


Les princes charmants , je pense que ça existent , mais peut-être dans les contes!!


Un très beau conte Kasimir , tellement réaliste et fréquent qu'il en est poignant .Il met à jour notre impuissance devant certaines situations .


Belle soirée , je t'embrasse Andrée



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 10:26



La solution de ces problèmes psychologiques n'est pas simple à trouver.


La nécessité de la trouver se pose à nouveau à chaque individu.


Le fait de partager sur ce sujet devrait aider (un peu) chacun à comprendre ce qui est en jeu, et
pourquoi de telles incompréhensions apparaissent.


Nous sommes impuissants à les résoudre tant que nous ne les comprenons pas.


Comprendre les raisons de l'angoisse de la mère, ça fait partie du problème.


Pas simple, mais on va y arriver!


Gros bisous, Andrée.


?



eMmA 09/06/2010 21:41



C'est sûr que les humains sont parfois de drôles d'oiseaux...


Tu as dû souvent rencontrer (et entendre raconter) ce conte-là durant les très nombreuses années où tu as exercé ton métier !


Mélosa est bien attachante et si elle aussi intelligente, nul doute qu'elle trouvera le moyen de "digérer" les écarts de comportement de son papa et sa maman aux belles plumes ?..



kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2010 10:11



Oui, c'est même la fonction suprême de l'intelligence :


touver le moyens de résoudre les problèmes psychologiques,


( qui sont les plus complexes de tous )


et donc de tracer un chemin menant à la liberté , à l'amour, à la joie pour tous.


La joie n'est pas entière si elle n'est pas pour tous.



gazou 09/06/2010 18:28



ça, c'est un conte pur Kasimir


Moi aussi j'espère qu'une fée ou un prince charmant viendront changer la donne


Bisous Kasimir!