Promenades philosophiques - 10 - L'importance de la féminité -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

Vous êtes toujours là ?

 

Ouf !

 

J'avais peur que vous foutassiez le camp !

 

O K .... nous allons essayer d'être plus rapides

 

et de relire, ce jour,  toute la seconde strophe !

 

 

 

 

 

 

 

Et elles menaient mon char,

 

et les Vierges m'indiquaient la route.

 

De chaque côté tournaient et m'entraînaient les roues,

 

et l'essieu dans les moyeux

 

chauffait

 

et criait comme crie une flûte ,

 

lorsque les Filles du Soleil  , pour me guider,

 

ont abandonné les demeures de la Nuit,

 

ont écarté de leurs mains leur voile sur leur tête,

 

et vers la lumière

 

m'ont conduit.

 

 

 

 

 

 

promenades-phi-15-.jpg

 

 

 

 

 

Et elles menaient mon char,

 

et les Vierges m'indiquaient la route.

 

 

 

Les vierges.

 

 

 

à nouveau des êtres féminins interviennent

 

pour aider à la progression de notre voyageur.

 

 

 

L'homme (masculin)  s'imagine volontiers que c'est lui le maître,

 

qui décide de tout,  et réalise tout par sa force virile.....

 

 

Pour un peu... c'est lui qui ferait tourner le monde.

 

En tout cas il se croit seul maître de son destin.

 

Quelle foutaise !

 

 

Ce n'est pas ce que nous laisse deviner Parménide.

 

 

 

 

 

L'escorte féminine qui intervient maintenant

 

établit comme une atmosphère de douceur,

 

de protection vigilante et tendre,

 

"d'attention bienveillante " (chère aux psychanalystes)

 

une attitude maternelle, en quelque sorte.

 

 

De plus ce sont des vierges,

 

ce qui est une façon de nous dire que la sexualité

 

ne joue pas de rôle dans l'affaire

 

et que cette réflexion s'établit bien au delà du sexe.

 

 

 

 

 

Arrive maintenant, étrangement,  une petite description mécanique.

 

Quel peut en être l'intérêt ?

 

Il est majeur.

 

 

 

Ce voyage que décrit Parménide (sur le dos des cavales)

 

n'est pas une spéculation purement "métaphysique"

 

qui se situerait dans le monde éthéré des idées abstraites.

 

 

 

Il  décrit l'aventure humaine la plus essentielle.

 

 

Or l'âme n'est pas séparée du corps.

 

Elle est le corps.

 

Elle et le corps ne font qu'un. 

 

 

Quand une personne s'engage dans cette aventure

qu'est la plongée en soi-même,

 

elle ne le fait pas avec son intellect seulement,

 

elle le fait avec son corps aussi.

 

Son "âme" va être bouleversée,

 

et bien son corps également !

 

 

 

Dans ce poème, le char, c'est le corps !

 

Et ça grince et ça crie !

 

 

 l'essieu dans les moyeux

 

chauffait

 

et criait comme crie une flûte. 

 

 

 

Les matérialistes nient le "spirituel.

 

Pour eux, tout n'est qu'échange d'électrons.

 

 

Les spiritualistes forcenés pensent que tout se passe dans "l'âme".

 

Le corps est sans intérêt.

 

 

Parménide, lui, sait que le corps est impliqué.

 

C'est avec son char qu'il va vers le "divin".

 

Je trouve la comparaison qu'il nous donne ici géniale !

 

Laissez-moi vous la répéter :

 

 

l'essieu dans les moyeux

 

chauffait

 

et criait comme crie une flûte !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 

 

 

Mais poursuivons.

 

 

 

 

 

 

lorsque les Filles du Soleil  , pour me guider,

 

ont abandonné les demeures de la Nuit,

 

ont écarté de leurs mains leur voile sur leur tête,

 

et vers la lumière

 

m'ont conduit.

 

 

Voici donc  qu'arrive un troisième élément féminin.

 

 

 

 

promenades-phi-16-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Après les Cavales et les Vierges,

 

voici les Filles du Soleil.  

 

 

 

On se rapproche cette fois du foyer essentiel,

 

on monte en quelque sorte l'échelle des êtres :

 

il y a eu les Cavales, êtres encore immergés dans l'animalité,

 

puis les Vierges,  

 

maintenant les filles du Soleil !

 

 

Les tenèbres de la nuit  vont se dissiper.

 

 

La vérité va se dévoiler.

 

 

Et c'est précisément à ce  moment où la nuit

 

(c'est-à-dire où l'obscurité de l'inconscience 

va laisser place au savoir) 

 

ce moment où le voile de l'ignorance va se déchirer,

 

que se situe le passage le plus dramatique

 

durant lequel tout l'être va vibrer et  trembler dangereusement.

 

 

 

Comme a tremblé le bébé au moment de son passage

dans les voies génitales de sa mère,

 

comme tremble l'avion supersonique quand il passe le mur du son.

 

 

Le progrès d'un être n'est jamais linéaire.

 

Il ne suit pas une pente douce, progressive, régulière.

 

Il passe par des moments de crise, de rupture, de mutation.

 

Des moments où l'angoisse s'accroît d'une façon soudaine,

 

où des symptômes somatiques peuvent apparaître, menaçants,

 

des moments où les plus timorés feront marche arrière,

refusant de sauter l'obstacle.

 

 

 

Comme notre ami Parmenide décrit avec grâce ce moment périlleux !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Philo

Commenter cet article

rejane 27/11/2012 19:31


ha!!! comme tu as raison de dire que l'âme n'est pas uniquement dans notre ceveau.... comme certains voudraient nous le faire croire... j'en suis la preuve vivante et c'est ainsi que je travaille
à ma guérison... merci kas....

kasimir, dit pinson déplumé 27/11/2012 20:39



nous sommes un


on distingue corps et esprit pour la commodité de la description


mais ce sont les deux aspects d'un "chose" ( ???? ) unique


notre être


comme les côtés pile et face d'une unique pièce de monnaie.



hélène 21/11/2012 16:03


Tu te trompes, analyste méticuleux, quand je vibre, c'est surtout pour la musique, surtout pour BACH, et je ne risque pas d'avoir une bosse sur la tête!


S


 


Pour le rugby, je regarde avec plaisir, c'est tout....alut!


LN

kasimir, dit pinson déplumé 21/11/2012 16:56



c'est vrai ???


je pensais que tu te défoulais un peu.


Mais O K :


ce n'est que pour le plaisir.


Chalut !



Telle 21/11/2012 07:22


ah ah ..moi si je croisais une " masculinité " sur mon chemin ma féminité le culbuterait sur le talus.; ah ah pas philosophique mais si bon!!!

kasimir, dit pinson déplumé 21/11/2012 16:09



oh !


Telle es-tu ?


Pas de doute : t'es un cas !



anti 20/11/2012 22:55


Quand je m'octroie une - rare - pause en ce moment, je me délecte en te lisant Kasi. Tes mots viennent en écho à ceux que je lisais hier soir dans un petit opuscule acheté en visitant la maison
de Nostradamus, située non loin de chez nous, à Salon de provence : "Pélerin de la lumière, le passant qui t'interpelle vient des rives du futur..."


Baisers et mail dès que cela aura fini de charger ;-)

kasimir, dit pinson déplumé 21/11/2012 16:06



oui, je sais, tu es surchargée en ce moment


mea culpa !


mais vient la lumière


et mes bisous pleins de gratitude pour ta vélocité....



erato:0059: 20/11/2012 21:00


J'aime ton analyse.Comme nous , quand nous passons d'une période obscure et difficile  à la lumière après un chemin rude et difficile. Le corps et l'âme souffrent ensemble de même qu'ils se
réjouissent ensemble et TOUT va mieux.


Belle soirée, bises Pinson

kasimir, dit pinson déplumé 21/11/2012 16:04



Le corps et l'âme souffrent ensemble


de même qu'ils se réjouissent ensemble


La formule est parfaite


Si j'assiste au lever du soleil


cela fait du bien et à mon âme et à mon corps,


de même si j'écoute du Bach


ou si je mange un bon pot au feu avec des amis


BZ, bonne journée Andrée.



Capucine 20/11/2012 19:44


Bonsoir kasimir, comme c'est intéressant ce texte. L'apparition des filles du soleil va apporter la lumière sur cette route qui mène où ? Parménide fonce sur ce char qui est donc son corps dont
l'essieu chauffe dans les moyeux, pourvu qu'il arrive à bon port, tu dis que c'est le passage le plus dramatique, donc danger. Pas de marche arrière surtout, il faut sauter l'obstacle et il va
connaitre la vérité, mais quels sont ces symptomes menaçants ? Bonne nuit kasimir, tu vas nous éclairer ? Bise, amicalement. Capucine

ation dans cette liste 21/11/2012 15:53



Ces symptômes... tu veux dire dans la vie concrète des gens ?


Mais toute la pathologie. de la plus bénigne à la plus grave


ça peut être un coeur qui bat plus vite, une perte de connaissance,


ça peut être une chute des cheveux, une jaunisse,


ça peut être une baisse soudaine de nos défenses immunitaires


et le déclenchement d'une maladie infectieuse: grippe, poussée d'aphtes, et tout le reste,


ça peut être le déclenchement d'une maladie grave, auto immune,


ou même d'un cancer, particulièrement du pancréas....


aucune limite dans cette liste


car notre santé (physique) repose sur une multitude d'équilibres :


dès qu'un déséquilibre se produit, tout devient possible


et en plus, souvent, le symptôme somatique semble être une sorte de langage du corp.


Si j'ai mal au dos, cela peut signifier que j'en ai plein le dos.


Bon j'arrête, sinon je n'aurai même pas fini ce soir !


Bises de pinson.



Esclarmonde 20/11/2012 17:13


Un petit pied de nez à la "théorie du genre", hommes et femmes sont complémentaires et non ennemis, les vieilles croyances avaient un sacré bon sens ! Bises, belle soirée


Esclarmonde

kasimir, dit pinson déplumé 21/11/2012 15:45



la guerre des sexes... a peut-être toujours existé


ça serait bien qu'on fasse la paix


bises, amie.



Danielle 20/11/2012 13:57


Mais bien sûr que l'homme ne serait rien sans la femme ! Ils croient tout diriger, tout régenter parce qu'ils ont plus de force (et encore que ...). Les femmes ont un rôle essentiel, plus
important car celles sont attentives, elle donnent la vie, elles ont en elles la douceur, la générosité, elles sont à la fois la mère, la soeur, la maitresse (encore que là ce sont des vierges,
donc on peut supprimer ce terme ...), bref elles sont indispensables, elles sont l'avenir (comme disait notre cher Jean Ferrat). Bon là, je me suis fait plaisir mais je le pense sincèrement. Le
comportement féminin est particulier et nécessaire. Si Parménide n'impliquait pas le corps dans son voyage, comment pourrait-il percevoir le bruit de l'essieu qui chauffait ? Ces filles du soleil
qui écartent leurs voiles, c'est pour laisser passer la lumière, pour écarter l'obscurité et laisser voir la clarté que Parménide recherche, celle de la sagesse, du savoir, on peut penser à des
yeux qui s'ouvriraient après un long sommeil, à un voile d'ombre qui disparaitrait pour laisser place à la découverte ! Plus je veux expliquer, plus je m'enfonce ... en résumé, je voulais dire
que le corps et l'âme ne font qu'un, mais quelle maladresse ! Tu vas finir par m'en vouloir de te perturber ainsi (!). Gros bisous pinson, bonne après-midi. Danielle

kasimir, dit pinson déplumé 21/11/2012 15:43



Pourquoi (souvent) les hommes dominent-ils les femmes ?


ont tendance à les tenir dans une sorte d'esclavage ?


J'ai mon idée là dessus.


Quant à la phrase : "la femme est l'avenir de l'homme",


elle ronfle bien, mais c'est une ânerie.


La femme et l'homme ne font qu'un


en ce sens que le "masculin" ne se définit que par le "féminin", et inversement


l'un n'est pas l'avenir de l'autre


les deux avancent sur la route de la vie comme la jambe droite et la jambe gauche.


Le dévoilement des filles du soleil


évoque


et la levée du jour


et notre réveil le matin


et le dévoilement de la vérité (thème artistique fréquent).


Plus on veut s'expliquer, plus on s'enfonce : c'est normal


car on découvre que la "vérié" nous échappe


et que le sujet que l'on croyait épuiser... s'éjargit, s'approfondit


l'horizon s'éloigne sans cesse devant le marcheur


et c'est ça qui est merveilleux !


Gros bisous, Danielle.



hélène 20/11/2012 10:19


Elles n'ont pas "foutu le camp" tes fidèles lectrices, malgré la lenteur de tortue de l'être qui cherche son chemin avec les Cavales..Parménide a enfin reconnu que le corps vibrait avec l'âme
devant certaines merveilles de la nature et aussi en écoutant une musique qui vous fait tremb;ler intensement...Par exemple, pour moi quand j'entends Sydnet Bechet ou une chanteuse de blues.
D'autres frémissent avec l'opéra,comme la femme de ta photo que j'imagine chantant CARMEN....Stop, je franchis les limites de ta promenade philosophique, mais j'aime dire ce que je pense
vraiment....


 


Merci pour ce périple des temps anciens....Je reviens en Estramadure pour vibrer.


 


Kis du matin calme.


 


L.N.

kasimir, dit pinson déplumé 21/11/2012 15:30



oui... mais attention, c'est dangereux


ainsi quand tu vibres trop en regardant un match de rugby à la télé


tu en ressors avec une bosse sur la tête !



Aln 20/11/2012 09:38


L'essieu chauffe,Ok!La vérité va se dévoiler et mon esprit chauffe pour arriver à absorber une strophe entiére!


Tes explications sont intéréssantes et grâce à toi, je deviendrai peut-être  LN-ISTE.


Donc , pas timorée , je ne fais pas marche arriére!Je continuerai de te lire avec attention.


Bisous Amikas

kasimir, dit pinson déplumé 21/11/2012 15:27



Yala !


alors on  continue



gazou 20/11/2012 08:11


"Les femmes savaient qu'elles étaient les préférées de la divinité" écrit Erri de Luca dans "Il dit"


Ceci dit , il est des hommes  dont les qualités féminines sont suffisamment développés pour qu'ils n'aient rien à envier aux femmes


J'aime bien  tes commentaires sur ce poème de Parménide

kasimir, dit pinson déplumé 21/11/2012 15:26



et oui


Zeus lui même aimait bien descendre sur terre pour séduire de jeunes beautés


et... non sans quelques succès


coquin, ce Zeus !



annielamarmotte 20/11/2012 00:14


et tu appelles ça une... promenade?

kasimir, dit pinson déplumé 21/11/2012 15:20



mais oui, cool,


on se balade et on bavarde



annielamarmotte 20/11/2012 00:14


arrête ton char ohhhhhh Pinson tu vas crever un bandage de roue...... ça s'emballe toute une strophe d'un coup!!!!!!!!!!!!!!

kasimir, dit pinson déplumé 21/11/2012 15:19



oui, tu as raison :


je vais freiner des deux pattes !