- Texte mystère N° 15 : une région où la vie se fait rare -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

La vision d'un pays

que l'on offre aux touristes

cherche l'exceptionnel, le grandiose, 

le glorierux, le bruyant. 

 

Le texte qui suit n'ira pas dans ce sens. 

Il montre une vie qui se cache,

et qui a bien du mal à se maintenir.

 

La vie ne va pas de soi.

Bien fous sommes-nous de n'en pas percevoir l'extrême fragilité.

Nos conflits humains,

notre goût pour le luxe,

et pour nos orgueilleuses réalisations,

palais, temples,

tout cela est d'une totale stupidité.  

 

 

 

 

kri-le-pays-sauvage.jpg

 

 

 

 

La lumière, en cette partie du monde, 

a une qualité de pénétration et d'éclat qui n'aveugle pas.

 

Il y avait un parfum de sumac,

d'oranges et d'eucalyptus.

 

Il n'avait pas plu depuis de nombreux mois

et la terre était racornie, sèche, craquelée. 

 

On voyait à l'occasion des cerfs dans les collines,

et une fois on vit, errant sur la hauteur,

un ours couvert de poussière et dépenaillé. 

 

Sur le sentier passaient souvent des serpents à sonnettes

et l'on pouvait voir de temps en temps un crapaud à corne. 

 

Sur la piste

vous ne rencontriez presque personne.

 

C'était une piste poussiéreuse, rocheuse,

et son silence était total. 

 

Juste devant vous était une caille avec ses petits.

Ils devaient être plus d'une douzaine, immobiles,

qui faisaient semblant de ne pas exister. 

 

Plus vous grimpiez,

plus le site devenait sauvage

car il n'y avait pas d'eau,

donc pas d'habitations. 

 

Il n'y avait aucun oiseau non plus,

et presque aucun arbre. 

 

Le soleil était très ardent,

sa morsure vous pénétrait.

 

 

 

 


 

 

 

Publié dans texte remarquable

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le nez o vent 15/11/2012 20:14


un peu comme nos vies   parfois : le désert


bisous Pinson

kasimir, dit pinson déplumé 15/11/2012 20:35



Absolument.


Il nous reste à le traverser.


bizatoi



Anne6329 07/11/2012 13:25


Ah le désert !!! Beaucoup de sensibilité dans ce poème ! "J'aime" comme on dit chez FB !

kasimir, dit pinson déplumé 07/11/2012 14:55



salut !


c'est qui FB ???



Florentin 06/11/2012 21:00


En réponse à ton. Tu vois, je l'avais bien dit, je ne vois pas plus loin que le bout de mon nez ! J'aurais dû me dire que la création de l'Europe avait amené la paix entre les pays
ressortissants. Peut-être, sans doute même. Question : se serait-on obligatoirement battus avec les Allemands, ou les Anglais ou je ne sais qui, si l'Europe n'avait pas été fondée ? Je ne suis
pas totalement fermé et je veux bien admettre que la création de l'Europe a été bénéfique, mais je ne suis pas sûr que, par exemple, l'Euro ait apporté le bonheur à tous. Demande aux Grecs,
au Espagnols, aux Portugais. Je pèse le pour, le contre et je ne sais pas ou penche la balance. Je me demande seulement si nous n'étions pas plus heureux avant.

kasimir, dit pinson déplumé 07/11/2012 10:34



Oulala, nous voici engagé dans un débat bien complexe


où je me sens bien ignorant.


Toutes tes questions sont légitimes, mais comment et quoi y répondre ?


Je n'ai que des fragments d'idées.


Tu parles des Grecs, Espagnols, Portugais....


de quoi se plaignent-ils ?


De l'Euro ?


Ils en ont usé et abusé ,


et profité d'une façon déraisonnable pendant plusieurs années,


 il leur semblait être entré dans une ère de prospérité sans limite.


A un point tel qu'ils ont fait les pires conneries,


à commencer par vivre à crédit sur le dos de la communauté.


Les riches ne payaient plus d'impot :


la très riche église orthodoxe en Grèce n'en paye aucun;


 les armateurs (milliardaires) non plus,


et les fonctionnaires, grassement payés 15 mois par an


ont tous construit des piscines, pour occuper leur temps,


et toujours sans payer d'impôts ....


alors qui c'est qui paye ? C'est Florentin.


Il y a donc quelque chose qui ne va pas.


Mais on ne peut pas dire que c'est l'Euro qui rend les gens malheureux.


Je crois plutôt que c'est la connerie.


Alors au boulot pour mettre un peu plus d'intelligence et de justice dans le système.


Bonne journée, ami.



erato:0059: 06/11/2012 21:00


Cela ressemble à certains passages de notre vie où notre moral est désertique et sans espoir .Mais peut être qu'en redescendant le chemin de l'autre côté , l'herbe commence à pousser et les
oiseaux à chanter .


Nous marquons l'environnement de notre empreinte, autant qu'elle soit paisible et heureuse .


Belle soirée, bisous Pinson

kasimir, dit pinson déplumé 07/11/2012 10:16



La comparaison que tu fais est tout à fait juste, et justifiée.


De même que LaFontaine mettait en scène des  animaux pour parler de nous.


Mais plus généralement la nature est notre miroir et nous nous projetons dedans.


Le problème est de ne pas faire de la nature un simple miroir de nos psychismes,


soit heureux, soit en détresse, mais de recevoir d'elle un message positif.


Elle a peut-être quelque chose à nous dire,


peut-être qu'une sorte de dialogue peut s'instaurer entre elle et nous.


Après tout, nous en faisons partie,


alors nos"problèmes" ont peut-être quelque chose de commun :


ce ne serait pas illogique.


Bonne semaine Andrée, bizous de pinson.  


 



rosinda59 06/11/2012 19:26


Kasi, tu m'as littéralement transportée avec ton histoire. Je m'y voyais et je ressentais cette cuisante chaleur, en même temps que la plénitude que cette vision apportée à mon coeur.


Un territoire vierge du passage humain. Libre comme chacun voudrait l'être. Simple et pourtant majestueux dans cette simplicité....


Une vie, comme on pourrait croire semblable à l'origine....


Merci pour ces moments de bonheur.


Et quel merveilleux conteur, tu restes et resteras toujours.


Tu es non seulement un puit de science mais aussi un talentueux écrivain et tes dessins sont de plus en plus expressifs


bisous à toi


porte toi bien


régine

kasimir, dit pinson déplumé 06/11/2012 20:20



ho lala Régine !


je te sens prète pour vivre une expérience d'anachorète !


il faudra quand même que nous dises où  tu es à peu près


pour qu'on te porte régulièrement un peu d'eau potable


et quelques rations de survie.


Remarque j'ai souvent imaginé vivre quelque chose de ce genre.


Mon fantasme serait d'entreprendre, à pied bien entendu,


le tour d'un atoll des Tuamotous,


et tant qu'à faire en choisissant le plus grand, celui de Rangiroa.


Mais le cordon  de corail  fait pas loin de 200 km de long


et évidemment il n'y a rien à manger


(si ce n'est les poissons que j'espèrerais pêcher)


et rien à boire


(l'eau potable ne venant que du ciel,


mais il peut ne pas pleuvoir pendant des mois entiers). 


Bon, si je le fais (je n'ai pas encore dit non),


promis : j'emmène papier et crayons pour faire de petits dessins.


J'ai même pensé plus loin...


si ma vie devait se terminer là bas


(car l'aventure ne serait pas sns risques)


il me semble que ce serait une super façon d'en écrire ainsi la dernière page.


Dis moi chiche ! 


bisous, la Chti



hélène 06/11/2012 17:28


Suis venue trop tôt  ce matin, pas de dessin. Donc, je reviens..Tout à fait comme je l'imaginais..mais j'ai cherché vainement un oasis , tu l'as oublié???et pourtant, il se cache dans un
repli de la dune....Mystère,j'aime.


 


Bonne soirée Ami


L.N.

kasimir, dit pinson déplumé 06/11/2012 17:56



Pardon pour ce matin : du retard dans la programmation.


Et pardon pour cette douche écossaise. 


Demain nous retrouverons la vie,


la vie joyeuse,


la vie exubérante, 


la vie débordante.


l'expression du bonheur.


Bonne soirée LN. 



Jackie 06/11/2012 17:14


Un lieu très angoissant où la vie est difficile voir impossible... et pourtant des bêtes y vivent... Forte ressemblance avec les traversées du désert qu'il nous arrive de vivre...


Ton dessin est remarquable, les animaux se fondent dans  le paysage, on sent l'hostilité du lieu et la chaleur accablante.


Bises

kasimir, dit pinson déplumé 06/11/2012 17:50



Ta remarque est très juste


car si la forêt semble bien symboliser la complexité et la richesse de notre inconscient, 


il est tout aussi juste de dire que ces paysages arides,


royaumes de la soif,


symbolisent eux parfaitement nos périodes d'isolement,


où ils nous semble que nous n'avons plus aucun interlocuteur pour dire notre peur, 


pour étancher notre soif de relation. 


 


Il nous est arrivé de traverser des déserts


et autour de nous,


ne voyons-nous pas des êtres qui sont comme perdus dans un désert


où se cachent des serpents à sonnettes ?


Sauront-elles retrouver les voies du dialogue ? 


Le lait de la parole ? 


 



Aln 06/11/2012 16:06


Ton dessin est très joli!J'aurais un peu ( voir très) peur de me promener seule dans ce pays, loin des habitations.J'aurais vraiment besoin d'un guide, connaissant bien le coin.


Bizatoi


Nicole


 


 

kasimir, dit pinson déplumé 06/11/2012 17:26



Durant mon service militaire, je me suis trouvé quelques semaines à Colom Béchar


je disposais d'un dodge (pour mes "visites")


et il m'est parfois arrivé de me "promener" seul....


là j'ai perçu les limites  (incertaines) au delà desquelles cette peur naissait.


Tant que le moteur tournait rond, ça allait...


mais ce n'était pas garanti d'une façon certaine,


et il n'y avait pas, à l'époque, de téléphone portable. .


L'espace peut nous enfermer plus sûrement que les murs d'une prison. 


Remarque que le forêt amazonienne....


Bon, je crois que mieux vaut se contenter de la France,


avec ses forèts et ses ruisseaux ! 


Pinson's biz



Danielle 06/11/2012 11:35


Bonjour pinson, je ne peux m'empêcher d'établir une comparaison entre l'article d'aujourd'hui et le précédent. En effet pour moi la forêt c'est la vie, la beauté, le bien-être, ce ruisseau qui
murmurait, la nature dans toute sa splendeur. Aujourd'hui nous passons dans un contraste brutal où la vie se fait rare et menace de s'éteindre. Quelle tristesse ces sites poussiéreux, secs, sans
végétation, sans eau ... la vie y est impossible pour l'humain, pour les animaux, les oiseaux, ce soleil implacable qui déssèche la terre ... le peu de vie qui se maintient va décroître puis
disparaitre ! Et j'aime le parallèle que tu fais avec le développement frénétique du tourisme et les somptueuses réalisations de l'homme, le goût du luxe extrême, quelle bêtise ce gôut de la
grandeur, de l'orgueil ... la vie est si fragile, il faut la préserver, elle est si vulnérable, il serait temps que l'homme en prenne conscience pleinement. Merci pour ces deux articles
consécutifs et tellement contradictoires, gros bisous pinson, passe une très bonne journée. Danielle

kasimir, dit pinson déplumé 06/11/2012 16:49



la forêt c'est la vie, la beauté, le bien-être,


tu rejoins Mari-JO


le ruisseau y transporte la sève.


Je ne l'ai pas fait exprès mais en effet le contraste est saisissant. 


L'humidité, c'est la vie. 


Demain, je vais remettre un petit passage  qui est en fait la suite du précédent texte sur
la forêt.


Je l'avais programmé pour le 8, mais je vais l'avancer à demain, 0 h 01 ! 


Gros bisous, Danielle.


A bientôt. 



Esclarmonde 06/11/2012 09:41


Ton texte me fait penser au grand sage du désert Théodore Monot qui l'avait compris comme personne. Moi, je suis angoissée face aux régions très sèches vu que j'aime la verdure et les grandes
forêts mais tu as raison sinon, la vie ne tiens qu'à un fil... Passe une belle journée

kasimir, dit pinson déplumé 06/11/2012 16:29



Comme toi la grande sécheresse m'angoisse.


La vision de l'eau, dans les grandes régions arides,


c'est comme la vision d'un sourire : tout notre être peut se détendre,


c'est le sourire d'une femme, 


d'une mère aux seins généreux pour un nourrisson assoiffé.


Bonne semaine, amie. 



hélène 06/11/2012 09:25


Bonjour Kas,


Je partage ta vision du monde où nous vivons, où la futilité, le clinquant nous éclaboussent, heureusement nous avons la vie intérieure qui nous en éloigne.... C'est pourquoi ma vie de solitaire
me convient, et le paysage du futur, peut-être  proche, deta poésie  nous apporte une vérité bien réelle. Merci.


Pensée du nmatin


L.N.


 

kasimir, dit pinson déplumé 06/11/2012 16:28



encore une fois j'ai dû me mélanger les pinceaux


et tu as hérité de la réponse que je faisais à Esclarmonde


du coup la réponse que je t'avais faite à disparu corps et bien. 





Notre vie antérieure....


elle nous a appris pas mal de choses


elle nous a fait connaître des joies


mais aussi des larmes, des échecs,


et des drames cruels. 


Qu'est-ce qui va pouvoir être maintenant pour nous source de joie ? 


Non pas l'avoir,


ou les "succès"


( nous savons que ces buts sont vains )


 


il nous reste l'être. 


Donc une conscience plus éclairée de ce que nous sommes vraiment. 


Ce que nous cherchons, en explorant le monde


(même si nous restons dans notre chambre)


c'est une réponse à cette question :


qui sommes-nous vraiment ? 


ça vaut toutes les expéditions trans-continentales.


Bonne continuation dans ta recherche


et continue joyeusement à manipuler tes pinceaux !