Trois grains de grenade : un conte sur le choix amoureux.

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

                                                     

 

                                                       C'est un de mes contes préférés.

                           Je vous l'offre pour votre fin de semaine.

Il est un peu long, mais je suis sûr que vous allez l'aimer.

 

 

 

 

Trois grains de grenade

 

 

 

 

 

C’est l’histoire d’un jeune adolescent, qui s’appelait Ham’di.

 

 

Sa beauté séduisait tout le monde,

mais il ne s’en préoccupait pas car il n’aimait que son travail

dans le champ qu’il cultivait,

les mélopées qu’il inventait sur sa flûte,

et la présence d’Allah,

qu’il révérait par-dessus tout.

Et quand, cinq fois par jour,

il faisait sa prière, tourné vers le Mecque,

son être entier rayonnait d’une joie telle

qu’il ne sentait plus la chaleur, le froid, la faim.

Ses parents lui donnaient deux pains chaque jour,

pour sa nourriture.

Il n’en mangeait qu’un

et offrait l’autre à un saint homme

afin qu’il lise à sa place les pages divines du Coran.

 

C’est vers Dieu qu’il marchait.

 

 

 *****************************

 

Les jeunes filles rêvaient de lui,

mais lui ne se souciait pas d’elles

et rejetait toute proposition de mariage présentée par ses parents.

Ils étaient âgés, et il était leur dernier né.

Une bru aurait aidé au ménage, à la cuisine.

 

Ham’di,

en dépit du respect qu’il portait à son père et à sa mère,

répondait toujours qu’il n’était pas prêt,

pas encore au bout du chemin,

du chemin qu’il suivait à l’intérieur de lui-même,

qu’il lui était impossible pour l’instant

de se charger d’une épouse

et des enfants qui naîtraient de leur union.

 

 

Et pourtant…

elles étaient bien belles les jeunes filles du douar

où vivaient Ham’di et ses parents,

et plus belles encore ses cousines,

avec leurs robes rouges et violettes, tissées d’or.

 

 ***********************************

 

Vint un été torride,

si brûlant que toute herbe jaunit, devint chaume,

que les fruits séchèrent dans les arbres,

que la terre craqua comme une écorce

et que les sources tarirent.

 

Pas une pastèque, pas un melon pour désaltérer sa soif.

L’eau de la Medjerda se réduisait de jour en jour.

C’était la rivière qui bordait son champ.

Habituellement, elle était rapide, et claire comme du cristal.

On l’appelait aussi l’oued Zarga,

ce qui signifie la rivière bleue.

Mais elle ne traînait maintenant qu’un peu d’eau,

d'eau boueuse, sale, malodorante, imbuvable.

 

 

*********************************

 

Or un jour est survenu un curieux évènement.

Ham’di était en sueur, la gorge sèche.

Il poussait difficilement son araire

entre les pierres et la terre sèche.

 

Il s’est arrêté un moment au bord de la rivière,

pour se reposer.

 

Et soudain est apparu,

devant ses yeux,

flottant sur l’eau ....

une grenade.

 

Une belle grenade, d’une beauté succulente,

surtout au regard d’un homme assoiffé.

 

Ham’di s’est jeté dans l’eau,

a saisi la grenade,

est remonté sur la berge,

l’a ouvert avec délicatesse,

a découvert le velours de sa pulpe, tel un trésor.

 

Il a porté un grain à sa bouche, puis un second, puis un troisième.

Il en a savouré la ferme fraîcheur,

la saveur un peu acide,

qui déjà apaisait sa soif.  

 

Et tout à coup, il a eu honte.

 

Pour la première fois de sa vie...

Ham’di venait de voler.

 

Ce fruit,

que la Medjerda avait promené sous son regard,

porté devant lui pour le tenter,

Ham’di s’en était emparé comme d’un bien propre.

 

Il le savait pourtant, le Coran est sévère pour les voleurs.

Il est encore des pays où la main du voleur est tranchée à la hache, en public, afin que la leçon soit exemplaire.

 

Ham’di tomba alors la face contre terre,

se demandant s’il pourrait un jour racheter sa faute.

Sa décision fut vite prise.

Il déchira un pan de sa vieille djellaba,

entoura avec soin la grenade,

la déposa dans un petit couffin,

qu’il suspendit au bout d’un bâton.

 

Il revint chez ses parents, leur dit adieu et disparut.

 

Son cœur pleurait en lui,

car sa mère,

qui l’avait tant aimé,

l’avait supplié de ne pas la quitter avant sa mort,

qu’elle sentait proche.

Elle était au terme de sa vie.

 

Or le prophète n’a-t-il pas dit :

« Le Paradis se trouve sous les pieds de vos mères. »

 

Et pourtant une force en lui

le contraignait à quitter son village et sa famille.

Il devait restituer la grenade à son propriétaire. 

 

Alors il a remonté le cours de la Medjerda,

il a examiné tous les arbres et tous les vergers qui bordent ses rives, car le fruit devait être tombé d’un arbre.

 

Il ne pouvait croire que quelqu’un l’eut jeté par jeu dans l’oued.

En ces temps de misère,

qui aurait osé commettre ce sacrilège ?

 

Partout où il se présentait,

il demandait si quelqu’un n’avait pas perdu une grenade,

car on les comptait alors.

 

Mais certains se demandaient qui était cet adolescent,

ce rôdeur, ce fou,

à la recherche du propriétaire d’un grenadier.

Et parfois, on lui jetait des pierres.

 

Il mendiait sa pitance,

et devait souvent se contenter de pain aussi dur que du galet,

d’herbes sauvages,

ou des fruits des caroubiers et des jujubiers,

rencontrés le long des chemins.

 

S’il glanait quelques épis, les vieilles le chassaient en l’injuriant.

 

Parfois il trouvait des ma’roufs déposés dans des troncs d’arbres,

comme au Sahara, pour les pauvres voyageurs.

 

Une fois des bandits l’ont secouru :

ils lui ont donné un burnous et des figues sèches.

 

 

*************************************

 

Il a remonté ainsi le cours de la Medjerda

 

pendant sept années.

 

 

 

                           paysage-atlas.jpg

 

 

 

Il a souffert du chaud, du froid, de la faim, de la soif.

Mais le fruit, qu’il présentait partout....

restait aussi frais et aussi doré qu’au premier jour.

 

Lui par contre, était voûté, usé,

sa peau était crevassée par le froid et la chaleur,

et il n’était plus vêtu que de loques.

Il ne ressemblait plus du tout au bel adolescent qui avait goûté aux trois grains d’une grenade d’or.

 

 

******************************************

 

Un matin...

 il est parvenu dans un village qui semblait abandonné.

La Medjerda, en ces lieux sauvages, était réduite à un filet d’eau.

On était bien loin ici de la rivière bleue, de l’oued Zarga.

 

Il est passé devant une petite maison dont la porte était ouverte.

 

Ham’di s’est avancé.

 

Une femme d’un certain âge est apparue.

 

De son fichu elle essuyait ses yeux pleins de larmes.

 

Ham’di a hésité à présenter sa requête.

 

C’est elle qui a parlé :

« Que veux-tu, mendiant ? »

 

Alors Ham’di a raconté son histoire, dit son repentir.

 

« Oui »

 

a soupiré la femme,

 

« Cette grenade est tombée d’un de mes grenadiers.

L’eau était vive, car c’était à la fin de l’hiver,

et je n’ai pas réussi à la rattraper.

 

Ainsi le hasard l’a conduite vers toi un jour de chaleur,

et tu as perdu tout ce temps pour me la rapporter !

 

Alors sois mon hôte,

bois à ta soif,

mange à ta faim,

 

mais ne me parle plus,

car à l’instant où tu arrives,

 

ma fille entre en agonie.

 

Elle est tombée malade il y a sept ans,

le jour même où cette grenade est tombée à l’eau.

Mais je n’ai que faire de ton repentir. »

 

 

**************************************

 

Ham’di a suivi la femme

et il est entré dans la maison.

 

La pièce était obscure.

 

Dans un coin était une forme voilée par un drap.

 

Un visage est apparu...

si boursouflé...

qu’on ne pouvait imaginer ce qui se cachait derrière ce masque.

L’enflure des paupières cachait à moitié les yeux.

 

Mais ils se sont ouverts quand Ham’di s’est avancé.

Ils le guettaient, suivaient ses mouvements.

 

Ham’di a déposé sur la table le couffin où était cachée la grenade,

il l’a sortie.

Elle était toujours aussi fraîche,

aussi belle qu’au premier jour.

Elle rayonnait dans la pénombre comme un petit soleil.

 

La jeune fille a fait un geste,

Ham’di lui a offert la grenade,

l’a aidée à sortir les grains,

les a déposés dans sa bouche.

 

Elle les a sucés, puis elle les a croqués.

 

Alors son regard s’est éclairé.

 

L’enflure du visage s’est rétractée, a disparu,

et celle de ses membres également.

 

Lentement elle a savouré les grains de la grenade,

lentement elle s’est redressée sur son lit.

 

Tendrement elle a dévisagé ce bienfaiteur

qui nourrissait sa jeune vie renaissante,

grain par grain.

 

Puis elle lui a demandé :

 

« Comment t’appelles-tu ?

 

- Ham’di

 

- Oh Ham’di, mon amour,

   je t’ai attendu si longtemps !

 

- Oh Ham’za, mon amour,

   je t’ai cherchée si longtemps ! »

 

Alors la mère d’Ham’za, au comble de l’étonnement, s’exclama : 

 

« Quel prodige !

Comment connais-tu le prénom de ma fille ?

- Mon cœur a prévenu mes lèvres. »

Répondit doucement Ham’di. 

 

La mère d’Ham’za souriait maintenant en le regardant,

car le mendiant loqueteux,

hirsute, sale, brûlé par le soleil,

était redevenu le véritable Ham’di.

 

« Ah mon fils !

En te rendant si laid, Dieu t’a couvert de son manteau.

Songe aux dangers que tu aurais rencontrés

si l’on t’avait découvert aussi beau,

aussi jeune, que tu te présentes maintenant à mes yeux. »

 

 

********************************************

 

Dans sa bonté,

Allah accorda un sursis de vie aux parents d’Hamdi,

car, quand il revint chez eux,

son père et sa mère rajeunirent de bonheur.

 

Avec la mère d’Ham’za, qui était veuve,

et avec toute leur famille,

ils célébrèrent le mariage de leurs enfants.

 

Un an plus tard naissait le fils d’Ham’di et d’Ham’za.

 

Alors Allah rappela à lui les vieux parents,

car de toute éternité,

il fait sortir la vie de la mort,

comme de la nuit il fait jaillir le soleil.

 

 

*********************************************

 

 

 

 

Publié dans conte

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Amandine 30/08/2010 14:23



bonjour,


D'où vient ce joli conte ? En es tu l'auteur ou est ce un conte traditionnel ?


Merci de ta réponse,



kasimir, dit pinson déplumé 30/08/2010 15:05



Je n'en suis pas l'auteur


Il est je crois, à l'origine, un conte traditionnel maghrébin.


Mais comme je le traîne dans mes notes depuis plus de 20  ans, et que , chaque fois que je le recopie, je le modifie un chouia, je ne
garantis pas de son authenticité !


Bonne journée Amandine.



TELOS 17/06/2010 08:40



merci de prendre le temps de me répondre...


j'ai lu Epictète..Epicure...cela m'a aidé ..Montaigne d'autres .aussi..je ne cherche pas..je n'attends pas..je ne rêve pas..je me suis trouvée..je suis en paix avec moi même..mais c'est un chemin
que je parcours sans cesse...il y a des ornières parfois..juste occasionnelles...


ma vie de solitaire n'est pas un choix..mon ami est décédé à 56 ans..il s'est étouffé en mangeant...l'ornière de trop...il aimait la vie..je dis toujours de lui..il est mort alors qu'il était
encore en vie...je ne devrais pas te dire cela...je flotte juste un peu ce matin...excuse-moi..ne réponds pas à cela sur mon blog..je reçois mal la compassion...je rebondis facile..l'habitude..


te parler me fait du bien..désolée de te prendre du temps.. juste une symp@thie..sourire..



kasimir, dit pinson déplumé 17/06/2010 13:40



Merci TELOS de tout ce que tu me dis là.


Je vais te répondre dans un mail.



TELOS 17/06/2010 07:33



la nuit...le soleil...la nuit...le soleil..avancer..tomber..rebondir..avancer ...tomber..rebondir...


la vie


un jour...j'ai décidé de ne plus aimer..je n'ai depuis pas trouvé de grenade dans la rivière..je n'en ai pas cherché d'ailleurs...je vis donc en solitaire



kasimir, dit pinson déplumé 17/06/2010 08:26



j'ai décidé de ne plus aimer...


des philosophes grecs ont décidé cela avant toi, et sans doute pour les mêmes raisons, à savoir les souffrances des blessures que l'on reçoit dans
cette recherche de l'amour, quand on se donne, et qu'en réponse, on se prend une baffe dans la figure, ou un crachat, ou qu'on se fait abandonner sur le bord de la route, comme un chien que
l'on laisse sur une aire d'autoroute , parce qu'on part en vacances et qu'on en a plus rien à foutre de lui.


alors on décide de ne plus aimer, de refermer son coeur,


comme on ferme un livre que l'on ne veut plus lire.


et puis un jour....


Car la grenade, on ne la cherche pas : elle arrive le jour où on ne l'attend pas, où on ne l'attend plus. Mais elle un jour elle
arrive;


Et la saveur de ses grains, de son jus à la fois sucré et acide, et si divinement parfumé, la saveur de son jus efface toutes les interminables
attentes, et c'est comme un soleil qui inonde la plaine immense de sa chaude lumière. L'interminable temps de l'attente est effacé par une sorte de baguette magique, un monde nouveau est né, dans
sa splendeur.


 On ne cherche pas l'amour : il vient quand il veut.


Quand il vient, c'est le plus beau jour de la vie !



Krys 08/06/2010 06:49



Juste une petite rectification sur le « ce que tu dis » : presque tous les textes qui sont sur mon blog ne sont pas de moi. Je me contente de les rechercher et publier. Il m’arrive d’écrire un peu à mes heures perdues mais, comme j’ai très peu d’heures à perdre en ce moment,
je n’écris plus.


Pour ce qui est de laisser un commentaire sur mon blog, c’est possible en cliquant sur l’enveloppe qui est sur la première page et en suivant les instructions.
Oui j’avoue, c’est un peu compliqué.


Merci de ton inscription à ma NL, tu risques juste d’être déçu car je publie de moins en moins (à mon grand désespoir). Néanmoins, il y a 559 billets à lire sur
mon blog… alors… bonne lecture et à bientôt.



R.C.D. 07/06/2010 19:51



ton conte m'a fait pleuré : il est merveilleux - j'adore quand tu racontes ce genre de conte je me retrouve comme une enfant à qui l'on raconte des histoires et qui s'écrie encore, encore une
allez la dernière...


Merci et gros bisous à toi


régine 



kasimir, dit pinson déplumé 07/06/2010 23:48



Ah Régine ...


tu me fais craquer !



Maya 07/06/2010 17:47



C'est bien que Viviane de vous ait guidé jusqu'à moi.
Je vous remercie pour ce passage sur mon blog durant mon séjour chez ma mère.
En toute amitié
Maya



mima 07/06/2010 15:14



bonjour kasimir,


Pour l'instant je vais surtout essayer de retenir les deux dernières lignes de l'article :


"il fait sortir la vie de la mort


 comme de la nuit il fait jaillir le soleil." 


bonne journée pinson, bises 



kasimir, dit pinson déplumé 07/06/2010 15:44



Ces paroles sont en effet très fortes


B nous est bien présent, n'est-ce pas...


B comme bise, mais pas seulement.



canelle56 07/06/2010 08:40



humm, encore un beau conte , la morale coule de source non?


Bses Kasimir



kasimir, dit pinson déplumé 07/06/2010 10:41



de  la source de l'oued Zarga !


bonne journée Canelle, je t'embrasse.



andrée 06/06/2010 19:12



n'est il pas beau ce conte ? et bon !!


aussi savoir que l'amour se cherche et se vit chaque jour


bonne soirée



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 19:26



le chercher chaque jour


....excellent conseil !


car en effet il n'est jamais acquis, stable.



ramon 06/06/2010 17:57



Ce conte est très beau.


La grenade est l'un des fruits qui a le plus excité l'imagination des conteurs arabes.


Au X° siècle, Almanzor, le grand-maître de Cordoue, avait fait venir des graines d'une espèce inconnue, exquise... qui existe toujours en Andalousie.


Amitiés, Kasimir, dans l'attente d'admirer tes illustrations de la sorcière... 



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 18:36



Merci ami Ramon


Je te dois toujours une explcation pour Clovis : je n'ai pas oublié !


à beintôt !



ALN 06/06/2010 16:02



Ce conte est magnifique! Bisous à toi et à Lu



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 17:21



Tous nos bisous pour toi aussi,


princesse de Limagne



mima 06/06/2010 14:35



Le premier fruit savoureux qui rassasie, la première grenade, kasimir, serait-ce le sein maternel ?



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 14:59



Tu as absolument raison


Le premier plaisir, oral, nous fut donné par notre mère, don de son sein.


Ceci est gravé au plus profond de nous.


Et par le baiser amoureux, bouche sur bouche, ce plaisir là est retrouvé, dans une autre variation (au sens des variations
musicales).


Et chacun  le donne à l'autre : le symbole est très fort, et la notion des sexes est ici transcendée.


Que la grenade soit à son tour une de ces "variations", pourquoi pas ?



josy 06/06/2010 13:42



Merci pour ton ptit coucou


bon dimanche!


bises



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 14:00



Tu l'as déjà reçu  !!!!!


J'ai cru qu'il n'était pas passé !


c'est merveilleux


Le soleil est pour toi aussi, Josy !



sandrasbz 06/06/2010 12:57



Bonjour ,


 


Ce conte est magnifique et j'ai particulièrement apprécié cette réplique : "Mon coeur a prévenu mes lèvres".... comme c'est joliment dit ! Merci pour ce partage !


Bisous,


 


Sandra



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 14:50



Ce Ham'di est un cas


Il te plairait bien, avoue !



harmonie37 06/06/2010 11:23



Il et sublime ce conte.


Dans nos quêtes, on fini souvent par oublier la vie et le plaisir trop accroché au désir.


Ham Di ne vivait il pas que de son désir de D'Allah et Ham Za mourrait de désir ?


 


Gros bisou Kasimir



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 14:30



Le plasir accroché au désir


voilà une idée qui me plaît et qui mériterait d'être creusée :


non pas lié à la possession, ,mais au désir


c'est pas pareil du tout !!!!


Ham'za mourant de désir ?


Ô tu me poses de terribles problèmes... peut-on mourir de désir ?


à préciser, et à rechercher la bonne formulation.



Andrée 06/06/2010 11:16



Aujourd'hui dimanche , j'ai mis mon cerveau " analyse " en sommeil pour ne garder que mon cerveau " rêve" ! Très beau conte oriental avec son charme , sa féérie , son atmosphère.....C'est bon une
grenade , et avec tous les grains , on peut partager ...! Bon dimanche , je t'embrasse Kasimir






kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 14:24



Merci Andrée pour cette image de grenade.


J'en trouve tout l'hiver chez un épicier turc dans une cité ouvrière voisine


  nous nous en régalons.


Et alors il m'arrive parfois de repenser à ce conte !!!!


Bon dimanche amie.



Pascale 06/06/2010 09:45



 


Je comprends que ce conte soit l'un de tes préférés. Je le trouve très émouvant. J'aime particulièrement la phrase "mon coeur a prévenu mes lèvres".
Bisous



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 14:19



Nous sommes sur la même logueur d'onde, Pascale,


sur le même LA !


Bon dimanche



Jackie 06/06/2010 09:10



Au début , Ham'di ne se pose aucune question... Mais la sécheresse ( de son coeur ) lui fait peur...Il rentre en lui-même et  c'est alors qu'il mesure combien le chemin de l'Amour est long
et difficile. On est loin de l'obéissance aveugle , du respect des lois... Hamdi parvient à trouver l'Amour  après une longue et rude descente aux enfers. 


Le véritable Amour serait-il à ce prix ???


Merci Pinson pour ce magnifique conte que je relirai souvent .


Ton aquarelle est très belle


Bisous


Jackie



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 14:17



Peux-tu savoir , ma Jackie, combien tes paroles me sont précieuses ?


Oui certes nous ne sommes pas ici dans le monde de la loi, où  un dieu inflexible et omnipotent distribuerait des ordres et des
interdits.


Nous sommes ici dans le règne de l'amour.


Aimer n'est pas une obligation. Pas plus que respirer.


Mais tous les êtres respirent, de la coccinelle à la baleine.


Si on ne respire pas ,on est mort.


Pour l'amour, c'est pareil.


Sans amour, l'âme meurt, de même que la flamme d'une bougie s'éteint si elle est privée d'oxygène.


Faut-il descendre aux enfers pour trouver l'amour ?


Je serais tenté de le croire.


Il faut descendre au fond de soi, traverser le fleuve de l'angoisse , de la solitude, du désespoir, pour naître à la
vraie vie...


oui, d'une façon ou d'une autre, oui.


C'est pourquoi, lorsqu'on est au fond de la détresse, rien n'est perdu :


le soleil peut se lever, et le jour resplendir bientôt.


Je t'embrasse.



helene 06/06/2010 08:48



Ce conte me parle une fois encore, on peut rencontrer l'amour après tant d'années, on peut rencontrer l'amour à tout âge, il faut simplement laissé la porte ouverte de son coeur, on ne sait
jamais quand l'amour s'y invite!


Merci Kasimir pour tous ces contes merveilleux dont tu nous fait cadeau!


Bisous, helene


 


 



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 13:57



Oui Hélène, on peut le rencontrer.


Puissent Josy et Marie voir elles aussi le soleil se lever sur leur vie.


Nous serions dans la joie.



:0010: Krys 06/06/2010 07:36



Littorine m'a invitée à pousser la porte de cet univers que je ne connaissais pas et, comme j'adore les belles histoires, j'ai aimé y faire une petite
pause.


Au plaisir de revenir.



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 12:42



J'avais déjà entendu parler du monde enchanté de Krys,


et il se pourrait bien que ce soit Littorine qui m'ait dit un jour : tu ne connais pas Krys ?


Et bien voilà Krys !


J'ai été sur ton blog, et de suite me suis trouvé sous le charme,


ce qui est bien redoutable, à mon âge !!!!!!!!!


Tes paroles sont profondes, ce que tu dis de la maman est fort, et comme je ne suis pas maman, j'ai le sentiment d'être là devant une relation (à
l'enfant) qui m'échappe vraiment (c'est troublant).


 


Je n'ai trouvé aucun moyen de te laisser un comm, mais me suis inscrit à ta NL.


Bises


à bientôt



Dany58 06/06/2010 01:15



Merci pour ce joli conte si bien raconté.


Bon dimanche.


Bisous



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 01:26



Bon dimanche Dany


Comment ? Pas encore au lit ?



mima 06/06/2010 00:58



oh la la, kasimir, tu fais trop dans la théorie ! je ne connais pas...les écrits de Mélanie ? non plus, et je n'ai pas
l'intention de m'y pencher...le stade oedipien et pré-oedipien ?! à peine survolé, je reconnais mon ignorance, et je
serais bien en peine de développer ! d'ailleurs cela ne m'intéresse pas d'y consacrer du temps...j'ai mieux à faire !


Hé, dis donc pinson, t'es un vrai puits de sciences ! je vais continuer à suivre tes écrits, cela éclairera ma lanterne  


bisous pinson



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 01:19



La théorie est sans importance


Mai parfois des faits de vie, très concrets, surviennent, et imposent une vision.


La théorie alors tente de l' expliciter.


La vie est première.


D'accord avec toi : consacrons notre temps à la vie.



marie pierre 05/06/2010 23:14



merci pour ce beau conte aux saveurs orientales Kahz'Imir


Mon coeur a prévenu mes lèvres ... merveilleux ...


je t'embrasse bien fort,



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 01:06



ça y est alors : on est rabiboché ?


gros bisous !



eMmA 05/06/2010 21:57



Eh bien PAA en conseiller(ère) expert(e) en explication de conte, GENIAL !


Chapeau, tout y est.


Respect,


eMmA



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 00:19



T'as vu .... Elle est super PAA !


Avec toi, je dis Chapeau !



lenez o vent 05/06/2010 21:28



triste et beauu!


et le dessin hum


bisous pinson



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 00:08



Trouver le grand amour, tu ne crois pas que ça vaut 7 années de recherche ?


Et même s'il le faut 70 ans ?


Quand on aime, on ne compte pas.



PAA 05/06/2010 20:56



 


Suivre le cheminement intérieur.....une histoire de coeur


Ham'di, un ados en quête de vérité intérieur, il cherche...mais que cherche t-il ?


Première approche, celle de l'amour de Dieu, fervent pratiquant rien ne peut le rendre plus heureux, mis à part son travail dans le champs et son approche spirituel
fait avec sincérité et amour. Mais devais t-il en rester ainsi toute sa vie ? Cela pouvait-il lui suffire ?


Deuxième approche, le 1ér signe, le champs complètement asséché....


Ham'di aurait du prendre conscience que l'amour ne se porte pas uniquement auprès de son travail, mais plus tôt, de son amour propre et de l'amour qu'il porte au
autre.


Toujours pas de réaction de sa part, malgré cette dure épreuve, il s'accroche fermement, a quoi ? Il ne le sait pas lui même, mais au fond de lui, il sait, il
sens.


2emé signe, par sa persévérance, sa patience, et son écoute intérieur, Dieu lui accorde une miséricorde (le hasard n'existe pas en islam) ou une issue qui n'est
d'autre que ce petit fruit : la grenade.


3éme approche, la culpabilité vis à vis de Dieu.....dit avoir commis un péché qui va le pousser sans même réfléchir à se séparé de tout ce qu'il aime , le coeur
blessé......


Il s'oublie et oublie tout ce qui tourne autour de lui, c'est comme une sorte de quête spirituelle qui pendant 7 longue année va aboutir sans qu'il ne s'en rendre
compte, que son coeur qui à écouté , la tout simplement dirigé vers sa destiné.....que Dieu seul avait entre les mains.


C'est un long travail intérieur, il a cherché et fini par trouver bonheur.


La vie est un long fleuve tranquille.....mais parsemé d'embûche.


Voila, c'est juste un avis personnels....peut-être que je me trompe.


Sinon, franchement bien le conte!!!!


merci Kasimir



kasimir, dit pinson déplumé 06/06/2010 00:03



Oh non tu ne te trompes pas !


Et j'aime beaucoup la lecture attentive que tu fais de ce conte.


En particulier j'aime bien quand tu remarques que le coeur de ce jeune homme est d'abord centré sur Dieu, et que ce but, tout intérieur à son âme,
lui convient un cetain temps, suffit à le combler.


Vient ensuite le temps de la sécheresse... sécheresse  du coeur ????


Au terme de sa quête, il trouve l'amour d'une femme.


 Incarnation de l'amour ?


("incarnation " au sens fort du mot !!!!!!)


Mais il y aurait une autre lecture possible, que je te soumets.


Elle aurait une portée philosophique (ou on pourrait dire spirituelle). 


Tu vas me dire si je me trompe.


Hamza est une bien curieuse consonne, qui n'existe que dans l'alphabet arabe.


C'est en somme une consonne qui n'existe pas, piusqu'elle est une coupure du son, une cessation de toute émission vocale.


C'est bien une consonne puisqu'elle coupe le son.


 


Qu'au terme de sa quête spirituelle, ce garçon (mais peu importe le sxe à ce niveau là)...


ce garçon rencontre le "Nada" que tous les grands mystiques ont rencontré


Nada étant la formulation de Sainte Thérèse d'Avilla.


Peut-être trouves-tu que je vais trop loin...


Oui, d'accord : laissons ce jeune couple goûter au joies de l'amour humain.  


Bisou PAA. 



Danielle 05/06/2010 20:54



Sept ans de solitude  et de souffrances pour retrouver le propriétaire de la grenade ! Ce fruit Hamdi, il ne l'avait pas volé, il l'avait trouvé. Mais quelle récompense à la fin : la
rencontre du grand amour, l'indispensable oxygène de l'âme, comme tu le dis si bien. Ce conte est adorable, émouvant, j'aime beaucoup. Merci pinson de ce partage. Gros bisous. Danielle



kasimir, dit pinson déplumé 05/06/2010 23:38



Sept ans :le chiffre magique, un des chiffres parfaits, pour dire que notre temps de recherche  va être cetainement long.


C'est peut-être même l'oeuvre de toute une vie.


Heureux qui, à la fin, trouve Ham'za.



mima 05/06/2010 17:52



Un homme assoiffé, qui s'empare de la grenade comme un voleur, y goûte, et en éprouve ensuite de la honte ? ça me parle un peu cette histoire...cette
grenade a comme le parfum du fruit défendu ! qu'en dis-tu kasimir ?


 



kasimir, dit pinson déplumé 05/06/2010 20:59



Heu... non, je ne le sens pas comme ça.


Le fruit défendu... pousse à une transgression, une désobéissance, laquelle engendre une culpabilité,et une crainte du châtiment;


La séquence est bien rodée, si l'on peut dire;


Là, malgré l'évocation des menaces (qui ne sont pas divines mais humaines), je crois que le mouvement, dans le coeur du garçon,traduit une autre
motivation.


Il y a le sentiment d'avoir lésé quelqu'un, et le souci de réparer la personne blessée. Cela correspond à la naissance même de l'amour chez
le bébé (mais là, pardon, il faudrait parler de la position "dépressive" du bébé, telle que la décrit Mélanie Klein, et qui correspond à la découverte de la mère en tant que personne, alors
qu'avant elle n'était qu'un sein).


Le "fruit défendu" se situe dans l'oedipe.


Là , nous sommes à un stade libidinal beaucoup plus primitif, et donc beaucoup plus fondamental,
que l'on pourrait qualifier de pré-oedipien.


D'ailleurs tu remarqueras que les pères sont remarquablement absents dans cette histoire, soit mort, pour le père de la fille, soit à peine cité,
pour celui du garçon.



PAA 05/06/2010 17:32



 


Ah, oui!! effectivement, la je préfère, vous avez bien rattraper le coup, bon a la limite....L'appareil, je le garde avec moi...Mdr


Je reviens plus tard pour le conte...


 


 



kasimir, dit pinson déplumé 05/06/2010 20:32



Ouf !


Je l'ai échappé belle...



mima 05/06/2010 17:03



Moi j'en connais un qui veut se rattraper   pas vrai kasimir ???



kasimir, dit pinson déplumé 05/06/2010 18:21



Ya p'tète de ça ....


va savoir  !



Littorine 05/06/2010 16:31



la beauté du coeur, a transformé ces deux "mal-heureux". Autour d'eux c'était d'une telle évidence que les parents n'ont eu qu'à accepter le choix de leurs enfants, même si çà n'était leur choix.
En paix de voir leurs enfants heureux et la descendance assuré, ils partirent de l'autre côté du miroir. le cycle de la vie, c'est ce que tu as voulu nous transmettre Kasimir. Où suis encore
à côté de mes pompes. Et si on ne trouve pas pendant 7 fois 7 ans voir plus l'être aimé qu'advient-il ?  Je
t'embrasse  



kasimir, dit pinson déplumé 05/06/2010 18:14



Oh non Littorine, je ne veux rien en particulier,


sinon vous transmettre tous les contes que j'aime.


Et je les trouve un peu au hasard.


 


Pas tout à fait, car quand j'en cherche un, j'en écarte souvent plusieurs, en me disant : celui là, plus tard, trop
dur. Ainsi "le huard", un conte esquimeau que je mettrai peut-être un jour, mais j'ai peur qu'il fasse peur.


 


Tu n'es pas du tout à côté de tes pompes, chère Litto.


Même si tes pompes ne sont pas toujours très confortables.


Si on ne trouve pas l'être aimé... c'est bien triste....


Seulement, je vais te dire quelque chose.


C'est vrai que le modèle du bonheur, pour une femme (simplifions le sujet) c'est de se marier avec un homme aimé, et
bien évidemment parfait (facile : nous le sommes presque tous), et d'avoir des enfants.


 


Mais qu'en est-il des femmes ( mariées) qui n'arrivent pas à avoir d'enfant ?


Qu'en est-il des femmes qui ne sont pas "heureuses" avec leur mari ?


Qu'en est-il des jeunes veuves, inconsolables ?


Qu'en est-il des femmes non mariées, car n'ayant pas trouvé le grand et pur amour dont elle rêvaient. (c'est le cas
que tu envisages).


Le bonheur leur est-il a tout jamais fermé, comme les portières d'un train (pour Cythère) qui quitterait
 la  gare sans qu'elles aient pu monter dedans ?


Je ne crois pas.


Chacun, marié, pas matié, a un besoin vital de rencontrer l'être aimé. C'est vital, et ce n'est pas forcément
le conjoint !


D'ailleurs le terme même de con-joint devrait faire réfléchir....


Tant pis pour les moralistes désuets qui élaborent des codes de bonne conduite comme les gens de la SNCF établissent
leur horaires.


 Le coeur  n'a rien à faire de ce que pondent ces fonctionnaires de la sainteté arrosée d'eau bénite.
L'amour n'obéit à aucune loi : qu'on se le dise !


Toi, comme n'importe qui, a à trouver l'être aimé, qui lui ouvrira les portes de l'infini, de la liberté, de la
confiance illimitée, du bien être. Cela passe par le sexe , ou n'y passe pas : peu importe. Mais la rencontre de l'être aimé est pour chacun, non un "droit", mais une nécessité absolue : c'est
l'oxygène de l'âme.


Bisou, petite Litto.



gazou 05/06/2010 15:51



Ce conte me parle bien..Sur la tombe de mon fils, j'ai fait inscrire: "que ta mort soit source de vie"...Merci Kasimir



kasimir, dit pinson déplumé 05/06/2010 17:40



Oh , Gazou !


Cette fois c'est toi qui me fais pleurer !


Même si, dans ces larmes, c'est la vie  qui triomphe, rejaillit en nous, d'une façon qui nous dépasse totalement.


La foi, au fond, c'est peut-être cela : croire que la vie triomphe alors que notre coeur est transpercé... et que nous ne comprenons
pas.


Laisse-moi t'embrasser, Gazou.



eMmA 05/06/2010 15:38



Oh Kasi, maintenant, tu veux carrément me faire pleurer ? Un jour de grand soleil ?


Tu savais que je suis née tout près de Oued Zarga ?



kasimir, dit pinson déplumé 05/06/2010 17:05



Non ... c'est vrai ?


Je t'embrasse Ham'za