** Un conte japonais : le portrait - reprise** -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

               

 

 

Ce matin, je lève le pied

et je pars sur la trace des grands oiseaux,

que j'espère revoir sur le lac d'Orient.

Je serai donc absent 48 h sur l'ordi.

Alors je reprends un conte déjà publié...

Peut-être quelques uns d'entre vous ne l'avez pas lu.

 

Bon week end à tous.

 

**************************

 

 

C'était il y a bien longtemps, au pays du soleil levant.

                Un jeune paysan vivait avec sa femme.

                Depuis qu'ils étaient mariés, il restait là, assis, toute la journée, à la contempler.

                Elle était si douce, si belle, qu'il ne pouvait la quitter des yeux.

                Pourtant il y avait beaucoup à faire dans les champs de riz, et dans la ferme.

                Les champs surtout auraient dû être labourés après la récolte.

 

                Mais le paysan restait là, à regarder sa femme, et il ne faisait rien d'autre.


 




          























                                 Un jour elle lui dit : « Cela ne peut pas durer !

 

                    Si tu ne travailles pas, nous allons bientôt être tout à fait pauvres.

                    Fais donc faire un portrait de moi,

                    et installe-le à la lisière du champ de riz.

                    Ainsi, tu pourras toujours me contempler tout en travaillant.

 

 

                    Le jeune paysan trouva l'idée excellente.

                    Il fit faire un portrait de sa femme.

                   Il le fixa entre deux tiges de bambou et le plaça à la lisière du champ.

                    Chaque fois qu'il faisait demi-tour avec sa charrue,

                    Il se réjouissait à la pensée de regarder à nouveau le portrait de sa jolie femme.

                    Bien des jours passèrent ainsi.

                   Et le paysan, et sa femme, vivaient contents et heureux.



 

 
















                                           Mais un jour,
                       un vent violent et soudain se leva
                                   et s'empara du portrait.

 

 

                    Il l'emporta loin, toujours plus loin, et le laissa finalement tomber dans les jardins d'un château.
                    Maintenant, il gisait là, dans une plate-bande. 

                    Un jardinier qui passait par là a ramassé le portrait.
                    Il  l'a apporté à son maître, le prince qui vivait dans ce château. 
      
                    Longtemps le prince contempla le portrait de la belle jeune femme, sans pouvoir se rassasier de cette vue.

                    Puis il fit venir ses serviteurs et leur dit : 
                    « Allez, et chercher cette femme dans tout le pays ! Chercher là partout et amenez-la auprès de moi ! ».

                    Alors, dans chaque village, dans chaque maison, dans chaque coin du pays, on se mit à chercher cette jolie femme, jusqu'au jour où on la découvrit enfin.

                    Elle était assise à la cuisine, en compagnie de son mari, et faisait cuire des boulettes de riz.

 

                    « Tu dois nous suivre immédiatement !
                        Lui disent les serviteurs.
                        C'est un ordre du prince ! »

 

 

 

                     Rien n'a pu faire fléchir cet ordre.
                     Elle a dû les suivre.

                     Elle a pris congé de son mari et lui a chuchoté en secret :

 

         « Fais bien attention à ce que je vais te dire :
            prends ces trois pêches, 
            mets les en terre. 
            Il te faudra bien arroser et bien soigner les trois petits arbres qu'elles donneront. 
           Au bout de trois ans, ils fleuriront et porteront des fruits.
           Quand les pêches seront mûres, cueille-les
           et rends toi au château du prince.
            Là, promène-toi partout et tâche de les vendre ».

 

           Le jeune paysan fit exactement ce que sa femme lui avait ordonné.
           Il  mit les pêches en terre et les  arrosa.
           Quand plus tard les petits arbres se  mirent à pousser, il les  soigna de son mieux. 
           Bien que plein d'impatience, il  attendit  trois années .

           Les petits arbres ont eu des fleurs roses comme des joues de bébé,



             puis les branches se  chargèrent de fruits. 
             Quand enfin les pêches furent bien mûres, il les cueillit,
             les déposa avec précaution dans une corbeille de paille tressée, 
             et se mit en route pour le château du prince.

 

             Arrivé là, il se mit à  aller et venir dans la cour du château en vantant ses fruits :   
 
                               
                      
    « À vendre ! 
                          Belles pêches à vendre ! 
                          Belles pêches mûres à vendre ! ».

 

                Quand sa femme, à l'intérieur du château,  entendit la voix de son mari, elle se mit à rire de joie. 

                 Le prince s'en réjouit, car tout au long des trois années qu'elle avait passées auprès de lui, il ne l'avait jamais entendu rire. 

                 Il fit venir le jeune paysan et lui ordonna de se promener non seulement dans la cour, mais aussi dans les jardins du château, pour y vendre ses pêches.
                 Le jeune paysan se rendit donc dans les jardins et cria :



                   « À vendre ! 
                              Belles pêches à vendre ! 
                              Belles pêches mûres à vendre ! ».
 



                  Sa femme rit de plus belle, et fut de plus en plus gaie. 
                  Le prince finit par devenir jaloux de ce vendeur de pêches qui procurait une telle joie à sa belle.
                  Il aurait bien voulu la rendre aussi heureuse.
                  Longtemps il se demanda comment faire.
                  Finalement une idée lui vint.

                  Il fit venir le jeune paysan et lui ordonna de se déshabiller.
                  Surpris, le jeune homme obéit.
                  « Et maintenant, mets mes vêtements ! »
                  lui dit le prince d'une voix bourrue. 
                  Le jeune paysan ne savait pas ce que tout cela voulait dire, mais il mit les superbes vêtements du prince, et celui-ci, de son côté, enfila la blouse du paysan.
                  « Attends-moi ici ! » ordonnale prince.

                   Puis il prit la corbeille de pêches et se rendit dans les jardins du château. 
                   Là il se  promèna en criant :


                         « À vendre !
                            Belles pêches à vendre !
                            Belles pêches mûres à vendre ! ».


                    Ainsi qu'il l'avait espéré, la jeune femme se mit à rire et le prince l'entendit rire à l'intérieur du château.
                    Mais cette fois elle riait parce qu'elle était heureuse de revoir son mari, de le revoir enfin après ces longues années de séparation.
                   Folle de joie elle s'était jetée dans ses bras.


                  Cependant le prince était persuadé que c'était lui qui la faisait rire  ainsi et il continua donc à se promener en criant  de plus belle : 
 

                          «  À vendre !
                              Belles pêches à vendre !
                              Belles pêches mûres à vendre ! ».

 

                  Sans s'en apercevoir, il quitta les jardins et arriva dans la cour.
                  De loin il entendait toujours rire la jeune femme.


                 Quand il passa devant le grand portail, le gardien l'aperçut et se dit :
                  « L'insolent !
                     Nul ne doit circuler ici et vendre ce qui lui plaît.
                     Quelle impudence ! »

                Il envoya dans la cour deux soldats pour qu'ils s'emparent du vendeur de pêche et le jettent dehors.
                 Lorsque les soldats empoignèrent le prince, celui-ci se débattit et s'exclama :
                   « Halte ! 
                      Ne me reconnaissez-vous pas ?
                      Je suis le Roi ! 
                      Personne n'a le droit de me toucher ! »

                    Mais les soldats ne le crurent pas car il portait la simple blouse des paysans.
                    Ils le chassèrent donc et refermèrent soigneusement le portail derrière lui.

 

               Le jeune paysan et sa femme, eux,
vécurent au château




et furent heureux jusqu'à la fin de leurs jours....
 jours
      jours
         jours
             jours
                         jours
  ......

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mima 08/03/2011 19:01



Kasimir, les grands oiseaux t'auraient-ils emporté avec eux ? mais où vont-elles d'ailleurs, ces grues cendrées ?


Et le conte, je le découvre...et juste une lecture, pour le plaisir ! pas trop le temps d'essayer de soulever le voile des apparences...plus tard peut-être.


Bisous pinson



kasimir, dit pinson déplumé 10/03/2011 17:51



tu as bien raison


faut pas tout le temps se prendre la tête !


De même que l'on peut se promener sur une plage


et seulement se laisser charmer par le vent du large.



Aziyadé 06/03/2011 22:06



Très joli conte cher Kasi, sont malignes quand même ces dames 


J'espère que ton séjour au lac d'Orient t'aura apporté bcp de plaisir à nous partager au retour.


A très vite petit pinson, ne suit pas les grands oiseaux de là-bas !


Gros bisous


Chantal



kasimir, dit pinson déplumé 10/03/2011 17:31



Pas de danger :


le grand Nord ne m'attire pas trop


encore que la Suède doit être bien jolie



lenez o vent 06/03/2011 21:38



c' est uyn conte


 un oiseau parmi les autres, bon séjour


bisous pinson



kasimir, dit pinson déplumé 10/03/2011 11:40



Mais le conte voit des aspects cachés des choses.


Il les révèle à sa façon.



Danielle 06/03/2011 21:12



Bonsoir Pinson, et bien non, je n'avais jamais lu ce joli conte, c'est une chance que tu l'aies publié à nouveau. J'espère que tu n'as pas pris ton envol avec les grands oiseaux du lac
d'Orient ou alors il te faut te percher sur le dos de l'un d'eux pour éviter la fatigue du voyage !!! Bonne promenade ! Danielle



kasimir, dit pinson déplumé 10/03/2011 11:28



Et non, ce fut purement contemplatif.


Contempler... rêver, c'est mon lot désormais


mais c'est très chouette !


Chouette, pinson, grues... je ne sors plus du monde des oiseaux !



nono 06/03/2011 19:42



Bonsoir Cher Pinson,


Très beau conte avec de jolis dessins !!!


Alors l'oiseau s'envole 


Bon voyage.


Nono



kasimir, dit pinson déplumé 10/03/2011 11:25



Envie de voler, oui.


Mais j'aime bien aussi revenir dans ma cage !



TELOS 05/03/2011 18:59



bon voyage....à bientôt



kasimir, dit pinson déplumé 10/03/2011 11:16



à bientôt TELOS



ALN 05/03/2011 10:31



Et oui, c'est un conte! joli conte et belles illustrations....Tu lèves le pied....Mais tu vas t'envoler....Peut-être vas-tu rencontrer Nono dans les airs....bon Week-end, Pinson Voyageur!Bisous



kasimir, dit pinson déplumé 10/03/2011 11:10



Ah non, car Nono, il s'envole vraiment.


Moi je me contente de lever la tête vers le ciel


et c'est en pensée que je m'envole.



ozymandias 05/03/2011 09:18



 trop beau pour être vrai c'est pour cela que cela s'appelle "conte"


fais de belles promenades et reviens nous en forme


 Kasimir et gros bisous


joelle



kasimir, dit pinson déplumé 10/03/2011 11:08



Et si la réalité était encore plus belle que le conte ?


Elle se cache sous le banal,


et pourtant....