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- La Joie - 4 - L'importance du vocabulaire -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

J'ai été amené à préciser à Viviane (réponse à son comm)

ce que je désignais en parlant d' " objet du désir ".

 

C'est seulement "ce vers quoi se dirige le désir".

Sans préciser ce qu'est ce désir.

C'est la cible pour une flèche.

 

Cette cible, cet "objet", peut désigner

soit un objet matériel, une activité,

soit une personne.

 

Cela ne signifie pas que cette personne soit

(obligatoirement) ressentie comme un "objet"

au sens matériel.

Il se peut, mais cela reste à voir.

Cela dépend de la nature du désir.

 

Aussi quand je parlais de "dépendance aux objets"

j'évoquais aussi bien

la dépendance à des objets matériels

(comme l'alcool, le tabac, le jeu d'argent, le sexe dans certain cas...)

que la dépendance à des personnes aimées

(avec là aussi le sexe, éventuellement, mais pas lui seul).

 

 

Le vocabulaire est important.

 

Souvent nous nous opposons à  cause du sens des mots.

Nous ne leur donnons pas le même contenu.

 

Les mots sont comme des cailloux précieux

que nous trouvons dans le lit d'un torrent.

 

 

 

cailloux-riviere.jpg

 

 

 

 

Notre langue.

Il est donc important de préciser le sens de chacun. . 

 

 

Ainsi le mot "désir".

(cf le commentaire d'Erato)

 

Le désir repose toujours sur la perception d'un manque.

C'est donc une force qui nous pousse à combler ce manque.

 

Ce manque peut-être de l'ordre du corporel.

Et nous pourrions alors parler de "besoin".

 

Pour les instincts vitaux, c'est assez clair : faim, soif, etc...

Pour l'instinct sexuel, c'est bien plus complexe.

 

Ce peut ête une "tension" organique,

il s'agit alors d'un "besoin",  "besoin sexuel " ,

la nécessité d'une décharge.

(les hommes auraient-ils plus de "besoins" que les femmes ?

On le dit.

Je ne sais pas trop).  

 

Mais pour le désir sexuel, il y a autre chose :

la relation avec la personne de l'autre.

Ce qu'on pourrait appeler l'Amour (avec un grand A).

 

On entre là dans le domaine du psychique,

d'une très grande complexité.

 

La recherche d'Amour répond aussi à un besoin,

mais ce besoin n'est pas organique.

Il s'agit de la construction, puis du maintien

de notre être psychique.

Et ce "besoin" (de l"âme" !) peut évoluer selon les âges.

 

Les façons d'aimer d'un nourrisson,

ou d'un tout jeune adulte,

ou d'une personne plus âgée, sont bien différentes.

 

Différentes si le sujet a évolué.

Il est des adultes, et même des vieillards

qui n'ont jamais "grandi",

ils sont restés (psychiquement) des nourrissons :

terriblement possessifs.

 

Le "désir" est-il toujours possessif ?

 

Pour le tout jeune nourrisson, au départ, oui.

Toute l'évolution de l'enfant

(longue ! des années et des années)

va faire évoluer ce désir,

devrait le faire évoluer.

 

Pardon.

Ce matin je suis trop "compliqué" !

 

Je voulais seulement souligner un fait :

 

les mots sont nos outils de compréhension,

mais il nous faut en préciser l'usage, la signification,

et surtout nous mettre d'accord sur leur sens...

si nous voulons nous comprendre.

 

Ainsi ces mots, polysémiques, tels que

aimer, désirer, objet du désir, joie....

 

Demain, je voudrais examiner pourquoi, souvent,

nous sommes déçus dans notre tentative pour "aimer',

et être aimés.

 

Et donc pas... joyeux.

 

Là, je m'en vais jardiner.

 

Bonne journée.

 

.

 

 

 

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- La Joie - 3 - Sa dépendance aux objets - Le désir -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

La joie que nous ressentons du fait d'un évènement heureux,

une rencontre imprévue,

ou espérée et enfin réalisée,

une réussite dans ce que nous entreprenons,

un voyage,

une relation amoureuse,

cette joie est réelle.

Et nous pouvons la goûter.

 

Je ne parle pas de l'excitation joyeuse

à laquelle nous pouvons parfois nous laisser aller

quand nous nous trouvons dans une ambiance festive...

L'hilarité générale peut nous influencer,

et nous pouvons même nous mettre à rire !

 

Effet de groupe, imitation.

Passivité, en fait.

Gaieté superficielle.

 

Rideau provisoire pour masquer notre vie personnelle.

Fuite loin de nous-même.

Hasardeuse technique de refoulement.

L'alcool, le tabac, ou d'autres drogues,

(même pharmaceutiques !)

peuvent y aider.

 

Rien à voir avec la joie.

 

Je parle de la joie très réelle et très précieuse

que nous ressentons parfois, sans l'avoir cherchée,

quand par exemple une personne nous dit quelque chose de gentil,

ou nous montre sa propre joie de ce que nous avons fait pour elle.

Nous sommes surpris, touchés au plus sensible de nous.

 

 

Une voiture arrive à un passage clouté.

Un piéton est sur le point de s'engager, mais ne le fait pas.

La voiture s'arrête cependant 

et son chauffeur fait un signe : passez, je vous en prie.

La personne passe et adresse un sourire à l'automobiliste

qui lui sourit de même, avec, lui aussi, un petit geste de la main.

 

Presque rien...

Beaucoup cependant !

 

Un échange de 3 à 4 secondes où est passé le meilleur !

Un bref instant durant lequel le temps s'est arrêté :

où une fenêtre s'est ouverte sur le paradis,

où une étincelle d'éternité a brillé ,

a réchauffé d'un seul coup deux  coeurs.

 

Mais voilà :

Ce genre de joie

(bien réelle, je le répète, extrêmement précieuse)

cette joie est fugace.

 

Elle est totalement dépendante de l'extérieur.

 

Si notre joie n'a pas une autre source, nous sommes en grand danger.

En grand danger de basculer dans la tristesse.

 

Quand nous serons en but à une manifestation de mépris.

Ou que, simplement, on nous aura ignoré.

Ou pire :  agressé, ridiculisé, exploité, trompé,

utilisé comme un objet, écarté, répudié, lésé, insulté.

 

 

Ou bien parce que la personne que nous désirons rencontrer

est absente, injoignable, indisponible,

ou même n'est plus "de ce monde"

ce qui peut être ressenti comme un suprême abandon,

une révoltante injustice. 

 

 

Or nous aspirons à connaître la joie.

Sinon pourquoi vivre ?

 

C'est ça le désir.

 

Quand on dit "désir", on pense au désir sexuel.

Ou disons : amoureux.

C'est bien entendu une réalité !

 

Mais le désir est multiforme.

 

Je puis désirer avoir de belles fleurs dans mon jardin.

Ou traverser l'Atlantique à la voile,

ou à la rame,

ou même à la nage !!!

Ou monter sur le Kilimandjaro,

ou aller sur Mars. 

 

 

 

                              mars.jpg

 

 

 

 

 

Rien ne limite mon désir.

Il en est quelques-uns que je puis réaliser.

 

Désirer nous pousse à chercher activement,

chercher à provoquer ces plaisirs dont nous venons de parler :

plaisirs bien réels, mais fugaces,

qu'il faut donc sans cesse renouveler.

 

 

Mais ces désirs son trompeurs.

 

Ils sont soumis au temps.

Temps d'attente.

Ce qui va avec une crainte que notre tentative échoue.

Et elle échoue souvent !

 

Le désir est-il un plaisir ?

Si nos échecs ont été trop nombreux, il peut devenir torture.

Nous pouvons être amenés à lutter contre le désir

pour nous épargner cette souffrance.

 

Mais que devient la vie sans désir ?

 

 

à suivre......

 

 

 

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- La Joie - 2 - Nous vient-elle de l'extérieur ? -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

La joie, ses causes sont-elles extérieures ?

 

Apparemment oui.

 

 

Ce matin, grand soleil...

Ha ! Je me sens le coeur en fête !

 

Impression inverse si le ciel est couvert, gris,

s'il fait humide et froid.

 

Même le bulletin météo cherche à nous rendre tristes :

il nous dit que le temps se "détériore"

et si il annonce que le soleil va revenir,

il affirme que ce sera le retour du "beau temps",

même si la nature crève de sécheresse.

 

 

J'ai joué au loto et j'ai gagné cent millions d'euros.

Ha, quelle joie !

 

Ou bien j'ai un bon job, je suis riche.

 

Je viens de passer un examen, et je suis reçu !

 

J'ai ouvert un commerce, et les gens font la queue pour y entrer !

 

J'ai été à la pêche, et je reviens avec une énorme brochet.

   

J'ai une jolie femme, follement amoureuse (de moi !!!!)

 

J'ai de beaux enfants, intelligents, pleins d'affection.

 

Des amis qui me font en permanence des compliments.

 

J'ai une grande télé, aussi large que le mur,

et j'y regarde, allongé dans un fauteuil profond et moelleux,

un programme super divertissant,

des pitres qui rigolent comme des fous,

ou des femmes habillées de deux brins de dentelle...

 

Bref, je nage dans le bonheur !

 

 

Bon....

 

tous ces bonheurs là sont réels,

provoquent en nous de la joie (enfin... peuvent)

 

Pourquoi ne nous laisserions -nous pas aller à ces petits bonheurs ?

 

 

 

 

 

                                 joie-danse.jpg   

 

 

Oui mais voilà....

 

Comme tout cela est fragile !

 

 

La joie causée par des causes extérieures est bien réelle.

 

Mais elle est d'une extrême fragilité.

 

Elle est dépendante.

 

Totalement dépendante.

 

Plus fragile qu'une bulle de savon, miroitant au soleil.

 

Relisez l'histoire de Job, si vous avez le temps.

je l'ai résumée ici :

                                 

 http://lachenaie.over-blog.fr/article-le-pauvre-job-pour-la-belle-mima-47677542.html

 

 

Laissez tomber le débat avec dieu,

bien trop long, trop filandreux.

 

Mais ce qui est drôle, dans le récit biblique de Job

c'est le tableau caricatural d'une joie débordante,

liée à des causes extérieures,

à des réussites incroyables,

et la survenue soudaine, non moins caricaturale,

d'une avalanche de malheurs.

 

 

Dans nos vies, plus ordinaires,

nous connaissons aussi de grands bonheurs,

soudain brisés par un évènement... terrible.

 

Aussi soudain que la foudre.

 

Tout va bien.

On se prépare à aller à un réveillon.

On a la main sur la poignée de la porte.

On va fermer cette porte et partir.

 

Déjà, dans notre coeur léger,

porté par l'anticipation, 

ravi de tant de bonheur,

les bulles du champagne éclatent  !

 

Nous avons envie de chanter.

 

Ah.... le téléphone sonne.

 

On rentre un instant.

 

Il n'y en a que pour 5 secondes,

et on y va, à la fête

où nous sommes attendus.

 

Comme on va bien s'amuser ce soir !

 

Allo ?

 

Vous êtes M... ?

 

Oui.

 

.....

 

!!!!  

 

On vous a annoncé que

votre frère

vient de se tuer dans un accident de voiture.

 

C'est tout : quelques mots.

 

En une demie seconde, le monde s'est écroulé.

 

Où est donc passée la joie ?

 

 

à suivre....

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- La Joie - 1 - Approche négative -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

Depuis quelques jours, plusieurs de vos articles,

et aussi plusieurs de vos commentaires,

ont évoqué la joie.

 

Et comme vous avez pu penser, non sans raisons,

que j'étais gagné par une certaine tristesse,

j'ai été amené à me poser quelques questions

du genre de  :

 

 

C'est quoi la joie ?

Qu'est-ce qui provoque en nous la joie?

 

Et les mêmes questions valent pour la tristesse.

 

 

 

Ce qui me vient d'abord à l'esprit, c'est plutôt ce que n'est pas la joie.

 

 

 

 

 

 

                                         joie.jpg

 

 

 

 

 

La   joie n'est pas le plaisir

 

ni la conséquence du plaisir.

 

Ce plaisir que l'on attend si longtemps,

et qui passe si vite, comme le dit la chanson, 

nous laissant Gros-Jean comme devant, 

la réitération du plaisir n'y changeant évidemment rien !  

 

 

 

La joie n'est pas non plus la privation du plaisir, sa répudiation.

 

Ce que nous recommandent, voire tentent de nous imposer

quelques esprits chagrins et grincheux,

engoncés qu'ils sont dans leurs lois dites morales,

aussi austères que stupides.

 

 

 

La joie n'est pas davantage le désir.

 

Désir qui établit en nous une tension temporelle,

une attente inquiète,

que l'on cherche à enjoliver en l'appelant espoir,

mais qui nous torture par le manque,

et qui, s'il est satisfait, nous laisse vides, floués,

nous renvoyant à la case départ d'un jeu de l'oie qui n'en finit jamais.

 

 

 

La joie n'est ni la gaieté chronique et béate,

ni le rire provoqué par une bonne blague ou une pitrerie.

 

Cette façon d'être n'est qu'un vernis superficiel,

une apparence trompeuse,

 un vêtement fragile destiné à masquer notre nudité profonde,

aux autres et à nous mêmes.

 

 

 

La joie n'est pas le résultat du succès d'une entreprise,

d'une victoire, que ce soit pour dominer la nature,

ou pour dominer un adversaire. 

 

Atteindre ce but, difficile,

n'engendre qu'une excitation sotte, et passagère,

et une illusion de toute puissance.

On se retrouve cependant aussi ridiculement démuni

qu'un poisson qui aurait réussi à sauter hors de la rivière

et se retrouverait tout seul au milieu d'un pré.  

 

 

 

 

 

Quel est donc le secret de la joie ?

 

 

 

 

 

 

                                        

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- Munch -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

  

 

Quand je suis parti vers Paris cette visite n'était pas prévue. .

 

J'avais l'intention d'aller au cinéma,

ce que je n'ai pas fait depuis plus de 10 années.

 

Mais sortant du métro près du centre Pompidou,

pour me trouver un cinéma,

j'ai vu que se tenait là une expo sur Munch.

"Edward Munch, l'oeil moderne".  

Mon choix était fait  :  l'expo.

 

 

Je ne connaissais de lui que "Le Cri".

Il n'était pas présenté.

 

Mais pas mal d'autres tableaux dans le même ton.

 

Trois mots sur sa vie, que j'ignorais.

 

Sa mère meurt de tuberculose alors qu'il a 5 ans.

C'est l'époque où la terrible "phtisie" fauche des familles entières

sans qu'on sache comment la combattre.

 

Ensuite c'est le tour de sa soeur aînée, Sophie.

 

Il a une autre soeur.

Elle développe une mélancolie.

 

Et un frère, qui lui va tout de même réussir à se marier.

Las... il meurt très peu de temps après.

 

Pas rigolo tout ça.

 

Son oeuvre picturale va traduire ce malheur

qui ne semble pas s'ouvrir  sur la moindre perspective de bonheur.

 

 

La maladie, la tristesse, la mort...

 

Un tableau particulièrement poignant ("l'enfant malade")

va représenter sa soeur,

comme hébétée de désespoir, d'incompréhension,

de révolte muette et impuissante,

tournée vers une femme (qui pourrait représenter une mère) assise,

qui baisse la tête, vaincue par le sort monstrueux.

 

Le tableau de "la puberté" n'est pas moins tragique.

Sa soeur sans doute encore,

les mains souillées du sang de ses premières règles,

évènement sans doute vécu comme une incompréhensible détérioration du corps,

une absurdité de plus.

                                           

 

 

 

                                    

 

                                                  la-puberte.jpg

 

 

 

Tous ces tableaux, Munch va les répéter de nombreuses fois,

et j'ai l'impression que les nouvelles versions sont de moindre qualité,

plus ... enfin je ne suis pas expert en la matière !

 

 

Que fait Munch ?

Il peint sa propre vie.

Il exprime sa désespérance.

 

Il se lie à quelques femmes.

Cela se termine par des drames, parfois violents.

Il va peindre des "vampires dans la forêt" (nombreux exemplaires) :

un homme courbé dont on ne voit pas le visage,

une femme penchée sur lui....

comme si elle lui donnait un baiser dans le cou.

 

Même la sexualité est une impasse, un gouffre !

 

Tous ces tableaux expriment un pessimisme profond,

avec des tons sombres, blafards,

 

Souvent on pressent une présence redoutable.

Ainsi dans "la puberté" :

l'ombre de la jeune fille semble être un démon sur le point de la dévorer,

un oiseau de proie à l'affût...

 

Trois exceptions :

des tableaux colorés, éclatants même :

"le soleil" 1910

"femmes au bain" 1912

"nuit étoilée" 1922

 

Le premier est de style New Age (avant l'heure !)

Le second : les corps des femmes sont comme habités de lumière,

Le troisième fait penser aux ciels de Van Gogh.

 

Munch pouvait donc peindre d'une autre façon.

Parfois il fait penser à Gauguin :

sa façon de dessiner en larges courbes, qui stylise les formes.

 

Tout ça pour dire que je ne suis pas sorti de là le coeur particulièrement léger !

 

"Munch, l'oeil moderne" ?????

Pourquoi ?

L'oeil moderne consisterait-il à ne voir dans le monde que l'horreur ?

 

 

Van Gogh n'a pas eu une vie plus douce, je crois.

Mais il a peint un monde de beauté...

la peinture avait pour lui une autre fonction,

non de crier sa douleur d'être,

mais sa joie,

sa joie d'être dans un monde si extraordinaire,

un monde d'harmonie, de liberté, de légèreté,

un monde où nous pourrions être heureux.

 

 

C'est quoi, l'ART ?

 

BIZATOUS.

 

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- La pluie - Troisième texte mystère - La pluie avait fait taire....-

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

  La Pluie.

 

 

                                                    pluie.jpg

 

 

 

Les étangs se remplissaient

et les grenouilles  faisaient, à pleine gorge,des bruits profonds.

 

 

Tout un groupe de perroquets arrivaient des champs pour s'abriter,

 

et les singes étaient en train de grimper sur les arbres,

 

et la terre rouge devint plus sombre.

 

 

 

 

 

Il y a un silence particulier lorsqu'il pleut,

et ce matin là,

dans la vallée,

tous les bruits semblaient avoir cessé :

les bruits de la ferme,

du tracteur et de la hache taillant le bois.

 

Il n'y avait que le bruit des gouttes tombant du toit,

et le gargouillement des gouttières.

 

 

 

 

 

C'est vraiment extraordinaire de sentir la pluie sur soi,

d'être mouillé jusqu'à la peau

et de sentir le terre et les arbres recevoir la pluie avec joie,

 

car il n'avait pas plu depuis quelque temps,

et maintenant les petites craquelures de la terre

étaient en train de se refermer.

 

 

 

 

 

La pluie avait fait taire le bruit des nombreux oiseaux,

 

les nuages arrivaient de l'Est,

sombres,

lourdement chargés,

et étaient attirés vers l'Ouest;

 

les collines se trouvaient portées par eux,

 

et l'odeur de la terre

se répandait en chaque coin.

 

 

 

 

 

Il plut toute la journée.

 

 

 

 

 

Et dans le silence de la nuit

les hibous huhulaient l'un à l'autre

à travers la vallée.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un fragment de texte d'un auteur mystère....2 : la vérité est là où l'on ne regarde jamais....

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

 

 

                                             krikri-2.jpg

 

 

 

 

C'était une matinée agréable et fraîche

 

une brise vivifiante soufflait du haut des collines

 

il y avait une bénédiction dans l'air

 

et la paix d'avant que les hommes ne s'éveillent.

 

 

 

L'homme qui est venu nous voir plus tard, ce jour là,

 

avec sa femme et ses deux enfants

 

avait l'air d'un homme très sérieux.

 

 

 

Il dit qu'il aimerait trouver Dieu.

 

 

 

Sa femme et ses enfants étaient assis respectueusement en silence,

 

et sur une branche, tout près de la fenêtre,

 

une tourterelle beige claire roucoulait doucement,

 

toute seule.

 

 

 

L'homme ne la regarda pas une seule fois

 

et les enfants, avec leur mère,

 

demeuraient assis, rigides, nerveux,

 

sans jamais sourire.

 

 

.....

 

 

La tourterelle s'est envolée

 

et la beauté de la montagne de nuages recouvre les champs.

 

 

 

La vérité est là

 

où on ne la regarde jamais.

 

 

***

 

 

 

 

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Un fragment de texte d'un auteur mystère....1 : la route dorée du soleil....

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

 

 

 

 

krikri-1.jpg

 

 

 

 

La chambre surplombait le jardin,

 

et dix ou douze mètres plus bas était le fleuve

 

large, étendu, sacré pour certains,

 

mais pour d'autres simplement une belle surface d'eau,

 

ouverte aux cieux

 

et à la splendeur du matin.

 

 

 

On pouvait toujours apercevoir l'autre rive,

 

avec son village, ses arbres étalés

 

et le blé d'hiver récemment planté.

 

 

 

De cette chambre

 

on voyait l'étoile du matin,

 

et le soleil se lever doucement au dessus des arbres;

 

 

....

 

 

et le fleuve devenait

 

la route dorée du soleil.

 

 

 

*** 

 

 

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Une bien bonne à vous raconter, iodée et camphrée !

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

Trop drôle !

 

Voulant renouveler et compléter ma "trousse d'urgence"

que je veux garder dans ma twingo,
maintenant que je "voyage"  (!)

 

je voulais acheter de la teinture d'iode,

de l'alcool camphré et de l'huile camphrée.

 

Ma trousse d'urgence est plus que limitée, en fait.

Iode, camphre et chlorure de magnésium en sont les trois principaux remèdes.

 

Allant dans un magasin Leclerc (à la ville !)

je me suis dit que j'allais acheter ça dans la parapharmacie Leclerc.

 

J'ai cherché dans les rayons... en vain.

 

J'ai trouvé une véritable nuée de préparations aromathérapiques,

toutes plus excellentes les unes que les autres,

mais hors de prix.

 

Ce qui m'a bien amusé, c'est le baratin qui les accompagnaient.

A en croire ce qui est écrit sur de jolies boîtes multicolores,

à chaque maladie correspond une composition particulière d'essences.

 

En exagérant un peu (à peine !)

si vous avez mal a l'oreille droite, il faut prendre la prépa Machin Z 4.332,

mais si vous avez mal à la gauche, alors ce n'est pas du tout pareil !

Il vous faut la prépa Truc ZZXWB 63.775.....

 

En considérant toutes les petites et grandes misères qui peuvent vous arriver

il vous faudra au moins une cinquantaine de mélanges divers d'essences,

toutes hautement spécifiques de tel cas précis.

 

Et encore, seulement pour l'urgence.

Après je vous dis pas....

 

Foutaise !

Arnaque !

Baratin commercial éhonté !

 

Les essences végétales ont toutes les mêmes vertus.

A quelques rares exceptions près.

 

C'est plus une question de disponibilité qui entre en jeu,

et aussi une question de goût.

 

Et pour moi l'essence la plus disponible, 

et la moins chère,

aussi efficace que toutes les autres,

couvrant toutes les indications des essences,

c'est le camphre.

 

Pas assez cher sans aucun doute, alors presque oublié ....

 

J'ai demandé à la vendeuse de m'indiquer

où je pourrais trouver ce que je cherchais en vain.

 

Elle m'a dit : nous n'avons pas ça.

C'est seulement chez les pharmaciens.

 

Ah bon....

 

Je suis donc passé, sur ma route du retour,

dans la pharmacie d'une petite bourgade.

 

Quand j'ai dit que je voulais un petit flacon de teinture d'iode,

le gars m'a regardé avec des yeux de merlan frit,

l'air aussi ahuri que si je lui avais demandé des oeufs de dinosaure,

ou un aller et retour pour la planète Mars en fusée numérique.

 

 

 

                                                pharmacien.jpg

 

 

 

 

Manifestement il n'avait jamais entendu parler de ce produit !

 

J'ai répété ma demande... pas de réponse.

Il a appelé... sans doute le pharmacien en titre.

Un long conciliabule a suivi entre les deux hommes.

 

Et finalement il m'a dit qu'il allait m'en préparer un flacon.

Il a disparu.

 

J'ai attendu une bonne ditzaine de minutes,

et il est revenu avec le petit flacon...

Ô merveille.

 

Alors j'ai osé dire :

je voudrais aussi un flacon d'alcool camphré

et un autre d'huile camphrée.....

 

Oh la tête du type !!!!!!

 

Même topo

et il est reparti.

 

Nouvelle attente.

 

Il est revenu avec un flacon d'huile camphrée.

 

Je lui ai dit : et l'alcool camphré ?

 

Ah... on en a pas .

 

J'en ai eu pour 4 € 85.

Avec le temps passé, faut reconnaître, c'est pas rentable.

 

Mieux vaut, pour le pharmacien ,

nous vendre des produits Servier.

 

 

 

 

 

 

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Une trilogie : un conte, une rencontre, un rêve - 4/... : la femme-renarde.... -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

Ne nous y trompons pas :

ce conte n'est pas une banale histoire un peu loufoque.

(Loup-Phoque ?)

 

C'est une porte, possible, entrebâillée, vers la profondeur de nos vies.

 

Un gribouillis évoquant nos amours.

Et la difficulté de les épanouir.

 

Un seul signe pourrait suffire à le montrer :

il faut à l'étudiant, pour parvenir jusqu'à TSEU,... trois jours.

 

Trois jours, c'est la clé des contes.

Et de toute évolution mystique.

Mort-résurrection.

 

Trois jours, symbole universel ?

 

Cela signifie que la démarche que ce garçon entreprend

est l'essence même de sa vie.

 

Trois jours...

cela veut dire, en pratique, peut-être trois ans, ou trente ans.

 

La bible nous dit que dieu a fait le monde en 2 fois 3 jours.

Ou en 6 milliards d'années... va savoir ....

 

Autre signe.

C'est un étudiant pauvre.

 

Mais c'est le prototype même de l'être humain !

 

Débarquant dans la vie, nous avons tout à apprendre !

Nous sommes à l'extrême de la pauvreté : nous ne savons rien.

Mais rien, ce qui s'appelle rien.

Et nos moyens d'apprendre sont infimes.

Tellement fragiles.

 

L'étudiant arrive dans cette vallée de la vie

où coule le fleuve du temps.

Il s'approche des autres "chercheurs".

Ceux-ci discutent, se montrent leurs trouvailles.

 

N'est-ce ce que font tous les hommes ?

Ils cherchent des cailloux, ou autre chose, peu importe.

 

Et si ces "fleurs de pluie", c'étaient les femmes ?

 

Ils se "montreraient" leurs conquêtes, discuteraient de leurs nanas !

Qui donc a trouvé la plus belle ?

 

Les cailloux que l'étudiant a trouvé semblent quelconques, sans éclat.

Est-ce si sûr ?  

 

Mais tout le monde n'a pas le bonheur (?)

de rencontrer Marilyn Monroe.

Ou Diana (!). 

 

Et après, qu'est-ce que cela fait ?

 

Bref, voici l'étudiant (chacun de nous) à la recherche du grand sage :

il veut voir TSEU

qui, lui, est sensé tout savoir, détenir la vérité.

Lui doit savoir ce qu'est l'amour !

 

Et justement l'étudiant fait un rêve érotique.

 

Érotique ?????

Et oui : le sexe est le piment de nos vies.

Non ?

Qui oserait le nier ?

 

Le matin, sont lit est défait, en piteux état.

Là, bien des hypothèses sont possibles.

 

 

S'est-il agité seul ?

C'est  peut-être un sagittaire dont la devise est probablement :

(s') agiter avant de s'en servir !

 

Ou bien il n'était pas si seul que ça....

Le papier sous les cailloux tendrait à le prouver.

 

La confusion dans l'esprit de ce jeune homme est telle qu'il ne se souvient plus très bien.

Ce qui me fait penser à la délicieuse chanson de Jeanne Moreau :

" J'ai la mémoire qui flanche "

 

Bref, réalité d'une rencontre, ou auto érotisme agrémenté de fantasmes....

là n'est pas l'important.

 

Le voici parti à la recherche de ce pont.

Le pont du rendez-vous !!!!!

 

Le pont : un puissant symbole s'il en est.

Sur le pont, ou sous le pont ?

Dans les deux cas : lieu captivant.

Sous ce pont coule le fleuve de la vie.

 

L'origine du monde, dit fort justement Courbet.

Passons !

 

Ils se trouvent.

Un couple se forme.

La formation d'un couple est toujours l'oeuvre du hasard.

Viens !

Le temps presse !

Ils partent sur le chemin.  

 

Le chemin, facile d'abord, se rétrécit, devient même très étroit, dangereux.

Et la marche commune est malaisée.

Souvent l'un a du mal à suivre l'autre.

 

Et puis passent des chasseurs, avec chiens et chevaux.

Quel surabondance de symboles !

 

Un cheval renverse la femme.

Ah pourquoi l'homme n'a-t-il pas bien serré la femme contre lui ?

 

Quel est donc l'accident qui est ici symbolisé ? 

Un écart extra-conjugal ? (une tentation, et l'on "tombe" dans le "péché")

Une maladie grave ?

Un accident de la vie, en tout cas.

Un accident qui brise la marche commune.

 

Cette marche vers un but totalement ignoré.

Viens... mais où ?

Là encore c'est l'image de nos vies.

On marche ensemble, un temps, mais pour aller où ?

 

La seule chose certaine est cette marche commune.

Le chemin.

Il n'y a que le chemin.

 

Il est parfois facile, parsemé de jolies fleurs, offrant de beaux paysages.

Il est parfois bien sombre.

 

La femme a été jetée à terre.

Un cri déchirant s'est fait entendre.

Un cri qui lacère le coeur.

La femme est devenue renarde.

 

 

 

                              renarde.jpg

 

 

Qu'est-ce que cela veut dire ?

 

Quand quelque chose nous irrite, on peut devenir "chèvre".

 

Quand on attaque les enfants d'une femme

il arrive qu'elle devienne tigresse !

 

Ici elle devient renarde.

 

C'est une spécialité dans la littérature chinoise, semble-t-il.

Une femme blessée, méprisée, rejetée, malheureuse,

qui s'estime injustement traitée,

peut se transformer en cet animal roux.

 

Elle peut alors vouloir se venger,

et va le faire d'une façon très rusée, et dangereuse....

Même revenir dans la vie de l'homme fautif sous la forme d'une sorte de fantôme.

Un fantôme malfaisant  qui peut surgir à tout moment !

 

Je ne connais pas le vieux film (dont on vient de me parler)

où une telle femme, blessée, se transforme en une panthère noire, qui,

à partir de là, va se mettre à dévorer ses amants, pour se venger.

Un peu le symétrique du sort de Shéhérazade.

 

Une curieuse thérapie !

Pour n'être pas abandonné en amour, dévorons nos partenaires !

 

Une question à explorer : qu'est-ce que l'amour ?

Serait-ce du cannibalisme ?

 

Curieux : je ne ressens pas la panthère comme dangereuse.

Plutôt sympathique.

Puissante certes, une forte personnalité, plus que respectable !

Le symbole d'une femme pleinement consciente d'elle même.

Mais douce et aimante.

 

Ma femme était une lionne.

Oh... une toute petite lionne !

 

Nous avions une petite chienne, une scottish terrier.

Parfois la nuit...

Mais non, je dévie !

J'ai écrit une mini poésie sur elle, un jour je la mettrai.

 

Je reviens au conte.

 

Le couple, ébranlé par cet accident, se disloque.

 

Le jeune homme prendra conscience, enfin, du tragique de la situation,

quand il verra le visage infiniment triste de cette femme

en découvrant le troisième caillou de TSEU,

caillou qui, pour lui, se transforme.

( encore le chiffre trois !)

 

Oui, cette histoire est infiniment triste.

Poignante.

 

Pourquoi tant de couples échouent-ils ainsi ?

Se défont....

alors que la "rencontre" ne s'est pas encore pleinement réalisée ?

 

Heureux le couple où chacun a eu le temps, avant qu'il se défasse,

de dire à l'autre : je t'aime.

En toute vérité.

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