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Promenades philosophiques - 10 - L'importance de la féminité -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

Vous êtes toujours là ?

 

Ouf !

 

J'avais peur que vous foutassiez le camp !

 

O K .... nous allons essayer d'être plus rapides

 

et de relire, ce jour,  toute la seconde strophe !

 

 

 

 

 

 

 

Et elles menaient mon char,

 

et les Vierges m'indiquaient la route.

 

De chaque côté tournaient et m'entraînaient les roues,

 

et l'essieu dans les moyeux

 

chauffait

 

et criait comme crie une flûte ,

 

lorsque les Filles du Soleil  , pour me guider,

 

ont abandonné les demeures de la Nuit,

 

ont écarté de leurs mains leur voile sur leur tête,

 

et vers la lumière

 

m'ont conduit.

 

 

 

 

 

 

promenades-phi-15-.jpg

 

 

 

 

 

Et elles menaient mon char,

 

et les Vierges m'indiquaient la route.

 

 

 

Les vierges.

 

 

 

à nouveau des êtres féminins interviennent

 

pour aider à la progression de notre voyageur.

 

 

 

L'homme (masculin)  s'imagine volontiers que c'est lui le maître,

 

qui décide de tout,  et réalise tout par sa force virile.....

 

 

Pour un peu... c'est lui qui ferait tourner le monde.

 

En tout cas il se croit seul maître de son destin.

 

Quelle foutaise !

 

 

Ce n'est pas ce que nous laisse deviner Parménide.

 

 

 

 

 

L'escorte féminine qui intervient maintenant

 

établit comme une atmosphère de douceur,

 

de protection vigilante et tendre,

 

"d'attention bienveillante " (chère aux psychanalystes)

 

une attitude maternelle, en quelque sorte.

 

 

De plus ce sont des vierges,

 

ce qui est une façon de nous dire que la sexualité

 

ne joue pas de rôle dans l'affaire

 

et que cette réflexion s'établit bien au delà du sexe.

 

 

 

 

 

Arrive maintenant, étrangement,  une petite description mécanique.

 

Quel peut en être l'intérêt ?

 

Il est majeur.

 

 

 

Ce voyage que décrit Parménide (sur le dos des cavales)

 

n'est pas une spéculation purement "métaphysique"

 

qui se situerait dans le monde éthéré des idées abstraites.

 

 

 

Il  décrit l'aventure humaine la plus essentielle.

 

 

Or l'âme n'est pas séparée du corps.

 

Elle est le corps.

 

Elle et le corps ne font qu'un. 

 

 

Quand une personne s'engage dans cette aventure

qu'est la plongée en soi-même,

 

elle ne le fait pas avec son intellect seulement,

 

elle le fait avec son corps aussi.

 

Son "âme" va être bouleversée,

 

et bien son corps également !

 

 

 

Dans ce poème, le char, c'est le corps !

 

Et ça grince et ça crie !

 

 

 l'essieu dans les moyeux

 

chauffait

 

et criait comme crie une flûte. 

 

 

 

Les matérialistes nient le "spirituel.

 

Pour eux, tout n'est qu'échange d'électrons.

 

 

Les spiritualistes forcenés pensent que tout se passe dans "l'âme".

 

Le corps est sans intérêt.

 

 

Parménide, lui, sait que le corps est impliqué.

 

C'est avec son char qu'il va vers le "divin".

 

Je trouve la comparaison qu'il nous donne ici géniale !

 

Laissez-moi vous la répéter :

 

 

l'essieu dans les moyeux

 

chauffait

 

et criait comme crie une flûte !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 

 

 

Mais poursuivons.

 

 

 

 

 

 

lorsque les Filles du Soleil  , pour me guider,

 

ont abandonné les demeures de la Nuit,

 

ont écarté de leurs mains leur voile sur leur tête,

 

et vers la lumière

 

m'ont conduit.

 

 

Voici donc  qu'arrive un troisième élément féminin.

 

 

 

 

promenades-phi-16-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Après les Cavales et les Vierges,

 

voici les Filles du Soleil.  

 

 

 

On se rapproche cette fois du foyer essentiel,

 

on monte en quelque sorte l'échelle des êtres :

 

il y a eu les Cavales, êtres encore immergés dans l'animalité,

 

puis les Vierges,  

 

maintenant les filles du Soleil !

 

 

Les tenèbres de la nuit  vont se dissiper.

 

 

La vérité va se dévoiler.

 

 

Et c'est précisément à ce  moment où la nuit

 

(c'est-à-dire où l'obscurité de l'inconscience 

va laisser place au savoir) 

 

ce moment où le voile de l'ignorance va se déchirer,

 

que se situe le passage le plus dramatique

 

durant lequel tout l'être va vibrer et  trembler dangereusement.

 

 

 

Comme a tremblé le bébé au moment de son passage

dans les voies génitales de sa mère,

 

comme tremble l'avion supersonique quand il passe le mur du son.

 

 

Le progrès d'un être n'est jamais linéaire.

 

Il ne suit pas une pente douce, progressive, régulière.

 

Il passe par des moments de crise, de rupture, de mutation.

 

Des moments où l'angoisse s'accroît d'une façon soudaine,

 

où des symptômes somatiques peuvent apparaître, menaçants,

 

des moments où les plus timorés feront marche arrière,

refusant de sauter l'obstacle.

 

 

 

Comme notre ami Parmenide décrit avec grâce ce moment périlleux !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Promenades philosophiques - 9 - Agir... ou Non -agir ? - Le psaume 126 -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

 

C'est par là que je fus mené,

 

c'est par là que les Cavales très habiles m'ont conduit.

 

 

 

 

 

 

Ici, à nouveau,

Parménide souligne sa passivité dans ce processus.

 

Il l’avait d’emblée décrite :

-         il était poussé par le désir de son âme…..

-         les Cavales l’ont emporté…..

 

Est-il alors totalement passif ?

 

Non pas : il nous a dit aussi ceci,

cette route ne peut s’ouvrir

que pour « l’homme qui réfléchit ».

 

 

De la même façon le vent ne peut faire avancer le voilier

Que si le marin hisse la voile.

 

La force vient du vent.

Mais la décision du marin est indispensable.

 

 

Ou, pour reprendre l’image des cavales,

pour qu’elles puissent l’emporter,

encore faut-il qu’il grimpe sur leur dos.

 

Là se situe la liberté de l’homme,

la liberté de son choix,

et, si l’on veut, sa responsabilité.

 

Une possibilité s’offre à nous    .

Nous pouvons dire oui, ou non.

 

Je ne sais si j’ai, cette fois ( !) été clair….

 

La vie nous pousse

= nous sommes passifs.

Mais nous avons des choix à faire,

des décisions à prendre

= nous sommes actifs.

 

Pour ce qui est de notre activité,

nous aurions plutôt tendance à la surestimer.

Nous imaginons que tout dépend de nous.

Alors que les évènements s'imposent à nous.

Nous nous imaginons choisir notre vie,

alors que toutes nos rencontres sont dues au hasard,

 absolument toutes.

 

Notre liberté

et notre part d’activité

réside dans notre possibilité de choix :

dans le fait de pouvoir dire oui ou non

dans telle ou telle circonstance.

 

C’est à la fois très important

et très limité.

 

Je n’ai pas choisi d’être homme ou femme,

de naître en Europe ou en Asie,

je n’ai pas choisi mes parents,

ni l’état de mes chromosomes…. etc.

 

Comment comprendre,

et  accepter,

cette part de passivité ?

 

 

 

 

 

 

promenades-phi-14-.jpg

 

 

 

 

 

 

Cette question,

d’autres hommes se la sont posées

à la même époque où Parmenide écrivait ce poème.

 

En Orient : Lao Tseu, qui a loué le « non-agir ».

 

Au Moyen-Orient, l’auteur des psaumes juifs.

 

Je vous note un passage du prodigieux psaume 126 :

 

 

 

 

Si le Seigneur ne bâtit la maison

En vain peinent les maçons.

Si le Seigneur ne garde la ville,

En vain la garde veille.

 

 

  

En vain tu avances ton lever,

En vain tu retardes ton coucher,

Mangeant le pain des douleurs,

Quand il comble son bien-aimé qui dort !

 

 

 

 

 

Est à rejeter l’idée que nous pourrions totalement contrôler notre vie.

L’idée que tout dépend de notre activité,

que nous devrions entreprendre la recherche du « divin »,

ou de toute autre chose,

par une sorte de suractivité,

par une volonté inflexible,

par un prodigieux effort de la pensée.

 

Oh non !

Il n'est pas question de cela. 

 

 

Ce n’est pas notre volonté qui construit le monde.

Notre pensée elle-même n’est pas toute puissante.

 

J'adore cette idée : 

 

 

 

il comble son bien-aimé qui dort !

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Promenades philosophiques - 8 - La pensée grecque est notre lumière -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

 Poursuivons notre lecture. 

 

 

 

Sur la route qui mène à travers l'univers l'homme qui réfléchit.

 

 

 

 

 

 

Je vois ce que vous allez dire,

 

en vous mettant à ma place...

 

 

 

 

 

promenades-phi-13-.jpg

 

 

Mais ne savez-vous pas que

 

" qui va piano va sano " ?

 

Et n'avons-nous pas tout notre temps ?

 

 

 

 

¨Moi,  je m'émerveille :

 

cette route, que nous allons prendre, elle mène

 

à travers l'univers

 

 c'est-à-dire qu'elle mène partout !

 

Elle ne mène pas seulement partout dans notre univers matériel,

 

de l'atome à la galaxie,

 

elle mène aussi à travers l'univers psychique

 

et jusqu'au plus profond du mystère divin,

 

c'est-à-dire jusqu'en ce lieu primordial où notre âme désire aller.

 

 

 

Tagore lui aussi avait ce désir

 

mais il se lamentait, désespèrait , et s'épuisait :

 

 

" Mon âme s'épuise

 

en son désir d'atteindre les sphères inconnues "

 

 

Pauvre Tagore. 

 

 

 

 

Écoutons plutôt Parménide

 

(et apprécions le progrès très important 

que la philosophie grecque nous offre 

par rapport à l'antique vision orientale, 

qu'elle soit hindouiste ou bouddhiste).

 

 

 

Sur la route qui mène à travers l'univers

 

l'homme qui réfléchit.

 

 

 

 

 Pour Parménide , si vous voulez avancer sur cette route,

 

il faut tout de même faire quelque chose.



Il faut réfléchir.

 

 



Ré - fléchir.







Si vous ne le faites pas, les Cavales  ne vous emmèneront pas.







 Et de ce fait, sur cette route, l'homme inattentif ne pourra pas s'engager.



Ni celui qui se laisse entièrement absorber par un intérêt matériel,

 

ou  qui consacre toute son énergie à son "travail",

 

ou même à son art,

 

ou même à sa "religion" ! 

 

 

 

 



Pas plus celui qui cherche, et trouve, des "distractions", des "passe-temps".

 

Ou des consolations dans les "plaisirs".

 

 

 

Non que toutes ces "occupations" soient sans valeur.

 

Mais aucune de ces voies ne s'ouvrira sur la "route du divin"

 

si ne s'y ajoute pas une réflexion,

 

si le sujet, en ne prenant pas de recul par rapport à son action,

 

ne parvient pas à se re-tourner, à se voir en train d'agir.

 

 

 

Je pourrais vous parler d'Arjuna,

 

lorsqu'il part en guerre contre les Pandavas.

 

Quel merveilleux récit !

 

 

 

Mais prenons un exemple plus simple : un alpiniste.



S'il se soucie uniquement de ses prouesses techniques,



dont il tire gloire,



et s'il ne cesse de s'en féliciter que pour prévoir les suivantes,



il n'est sûrement pas un homme " qui réfléchit ".

 

Il est perdu dans son action.

 

 

 



Mais bivouaquer à 7000 mètres d'altitude



peut être une excellent occasion de faire un re-tour sur soi.

 

 

 

C'est cela, réfléchir.



 

 



La route du divin commence donc par une observation de soi même.



"Connais-toi toi-même"

 

est justement le précepte qui était gravé sur le fronton du temple de Delphes.  

 

 

 

La pensée grecque est notre lumière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 .

 

 

 

 

 

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Promenades philosophiques - 7 - La route vers le divin -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

  Reprenons la première strophe :

 

 

 

 

 

Les Cavales qui m'emportent

 

m'ont mené où mon âme me poussait.    

 

Sur la route, entre toutes connues, du divin,

 

elles se sont élancées.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la route, entre toutes connues, du divin,

 

elles se sont élancées.

 

 

 

 

 

 

Parmenide est un homme heureux.

 

Son optimisme rayonne comme un soleil.

 

 

Il est  plus joyeux et lumineux que Tagore,

 

le grand Râbindranâth  Tagore,

 

qui abritait en son sein bien des terreurs, des déceptions amères.

 

N'écrit-il pas  (Tagore)  ceci :

 

 

" Mon âme s'épuise

 

en son désir d'atteindre les sphères inconnues

 

......

 

J'oublie, j'oublie toujours

 

que je n'ai pas d'ailes pour voler

 

......

 

J'oublie, j'oublie toujours

 

 

que j'ignore le chemin

 

que je n'ai pas de coursier ailé;

 

......

 

J'oublie, j'oublie toujours

 

que j'habite une maison

 

où je dois vivre seul " 

 

 

 

Pas plus que Tagore, Parménide ne connaît le chemin,  

 

et il n'a pas non plus d'ailes

 

(pas comme les pinsons !)

 

mais il a des coursiers ailés : les Cavales,

 

et elles l'emportent !

 

Elles s'élancent !

 

Elles s'élancent    ......    sur le chemin.

 

 

 

 

 

promenades-phi-11-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elles s'élancent .....

 

sur la route du divin !

 

 

 

  

Nous appelons divin ce qui dépasse l'homme,

 

ce qui dépasse son intelligence, ses raisonnements, ses théories,

 

ses savoirs, ses capacités.

 

Nous appelons divin ce qui est fondamental, ce qui demeure,

 

par opposition à ce qui se dévalorise jour après jour.  

 

Nous appelons divin quelque chose qui est absolu, indestructible,

 

sacré.

 

 

 

 

Cette route "vers le divin" nous est ouverte.

 

Mais il faut la trouver.

 

Un appel profond nous convie à la chercher.

 

C'est un désir qui est inscrit dans nos âmes.

 

Des cavales sont prêtes à nous y emporter.

 

Ceci est fondamental pour tout être humain.

 

 

Or voici qui est étrange.

 

Le christianisme

 

dans lequel j'ai été formaté, comme beaucoup d'entre nous,

 

et qui prétend connaître (et détenir) ce chemin vers le divin,

 

le christianisme aurait dû nous aider à le trouver, ce chemin.

 

 

Or la chape de plomb, faite d'orgueil et de sottise,

 

qu'il a déposé sur nous (sur moi en tout cas)

 

nous a donné envie de nous libérer de ce carcan soi-disant spirituel,

 

et, pire, nous a fait finalement douter que ce chemin puisse exister.

 

 

 

 

Or il existe.

 

Le sacré, l'absolu, existe. 

 

 

 

C'est pourquoi il est bon de rencontrer des êtres  qui,

 

comme Parménide, nous le rappelle, 

 

avec des mots non pollués par la volonté de puissance.

 

 

 

Sur la route, entre toutes connues, du divin,

 

 

Parménide nous dit qu'il y a beaucoup de routes.

 

Mais toutes ne mènent pas au divin.

 

Celle qui y mène, les cavales ont l'air de la connaître.

 

Laissons les nous emmener !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

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Promenades philosophiques - 6 - Les pissenlits du cap Comorin -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

Si Parménide était un peintre

 

il serait pour moi Cézanne devant la Sainte Victoire

 

il a pourtant la fantaisie d'un Salvador Dali

 

et la puissance d'un Léonard de Vinci.

 

S'il était un poète

 

il serait Valéry

 

mais aussi Brassens, cet autre sétois,

 

ou Verlaine.

 

S'il était un "croyant"

 

il serait  St Jean de la Croix, ou St Jean l'évangéliste,

 

ou Teilhard de Chardin,

 

 

S'il était un scientifique,

 

il serait Pascal, ou Einstein.

 

 

 

mais j'arrête, sinon...

 

vous allez croire que j'ai fumé certaines herbes qui poussent dans  mon jardin !

 

 

Je prends donc une première pomme de terre

 

pour l'éplucher, et préparer un savoureux pot au feu.

 

 

Voici la première strophe :

 

 

 

 

Les Cavales qui m'emportent

 

m'ont mené où mon âme me poussait.

 

 

 

Sur la route, entre toutes connues, du divin,

 

elles se sont élancées.

 

 

 

Sur la route qui mène à travers l'Univers l'homme qui réfléchit.

 

 

 

C'est par là que je fus mené,

 

c'est par là que les Cavales très habiles m'ont conduit.

 

 

 

 

 

 

promenades-phi-10-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Cavales qui m'emportent

 

m'ont mené où mon âme me poussait.

 

 

 

 

Les cavales.

 

 

Ce sont des juments ailées.

 

Donc des êtres féminins,

 

mais qui vivent dans un monde inconnu de nous, mortels ordinaires.

 

Pourtant elles vivent aussi dans le monde où j'évolue, puisqu'elles m'emportent.

 

(oui, excusez moi, mais je vais me glisser dans la peau de Parménide !)

 

 

Elles me portent comme le bateau porte le marin.

 

Mais un bateau dont je ne serais pas le capitaine.

 

 

Elles m'entraînent au loin avec une grande force,

 

une force à laquelle il m'est impossible de m'opposer.

 

 

Ainsi les graines ailées d'un pissenlit

 

qui a épanoui ses fleurs sur les pentes du cap Comorin

 

(qu'eMmA doit bien connaître)

 

peuvent être emportées par les vents puissants de la mousson

 

et franchir

 

sans aucun effort

 

la barrière

 

en apparence insurmontable

 

de l'Himalaya

 

pour se retrouver en Mongolie

 

où grandiront de nouveaux pieds de "dent de lion"

 

que brouteront des chevaux sauvages.

 

 

 

Mais les cavales font mieux que m'emporter.

 

Elle me mène là où mon âme me poussait,

 

là où je désirais aller....

 

alors que ce "lieu" m'est  tout à fait  inconnu.

 

 

Mystère de ce désir !

 

 

Ces forces,

 

qui se nomment ici des cavales,

 

et dont l'intelligence et la puissance

 

sont sans commune mesure

 

avec ma faiblesse et mon ignorance,

 

ces forces....

 

sont en moi !

 

 

Elles font partie de moi !

 

Mais pas de mon conscient.

 

 

N'est-ce pas une merveille que de découvrir cela en chacun de nous ?

 

 

Arrêtons nous là aujourd'hui.

 

Demain nous poursuivrons par :  

 

 

Sur la route, entre toutes connues, du divin,

 

elles se sont élancées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mmmm

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Promenades philosophiques - 5 - Le poème de Parménide "De la Nature" -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

Ne tenant pas à me faire écharper

 

je vous livre sans plus tarder le texte du poème.

 

Une soixantaine de vers.

 

 

Mais j'ai une autre inquiétude.

 

Le texte que voici, et sur lequel je vais réfléchir avec vous,

 

est une traduction du texte grec.

 

Or ce n'est pas moi le traducteur.

 

Je l'ai dans mes documents écrits depuis une bonne quinzaine d'années,

 

époque où je n' imaginais pas publier un jour quelque chose à ce sujet.

 

Or  je n'ai aucune indication relative à l'identité du traducteur,

 

et pas plus à celle de l'éditeur de cette traduction.

 

Par avance je présente mes excuses à l'un et à l'autre

 

si ils estiment que je lèse leurs droits.

 

Je suis prêt à me mettre en relation avec eux

 

et, s'ils le désirent, à retirer mon article.

 

Mais je dois dire que de toutes les traductions que j'ai pu lire

 

celle-ci emporte toute mon admiration

 

et que ce serait avec un immense regret que je m'en séparerais.

 

Je la connais presque par coeur ! 

 

 

 

 

 

promenades-phi-7-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

De la Nature.

 

 

 

 

 

 

Les Cavales qui m'emportent

 

m'ont mené où mon âme me poussait.

 

Sur la route, entre toutes connues, du divin,

 

elles se sont élancées.

 

Sur la route qui mène à travers l'Univers l'homme qui réfléchit.

 

C'est par là que je fus mené,

 

c'est par là que les Cavales très habiles m'ont conduit.

 

 

 

 

 

 

 

Et elles menaient mon char,

 

et les Vierges m'indiquaient la route.

 

De chaque côté tournaient et m'entraînaient les roues,

 

et l'essieu dans les moyeux

 

chauffait

 

et criait comme crie une flûte ,

 

lorsque les Filles du Soleil  , pour me guider,

 

ont abandonné les demeures de la Nuit,

 

ont écarté de leurs mains leur voile sur leur tête,

 

et vers la lumière

 

m'ont conduit.

 

 

 

 

 

 

 

C'est là que se trouvent les portes qui,

 

sur les chemins de la Nuit et du Jour, sont fermées,

 

avec en haut une poutre transversale,

 

et en bas un seuil dans la pierre façonné,

 

et les portes, dressées dans l'air,

 

sont fermées par de puissants battants.

 

Et la Justice, irréductible,

 

garde les verrous au double mouvement.

 

 

 

 

 

 

 

Les Vierges l'ont abordée,

 

avec des mots pleins d'adresse et bien doux,

 

et elles ont obtenu d'elle

 

qu'elle retirât le verrou du pêne qui maintenait la porte,

 

et les battants s'ouvrirent tout grands

 

et firent glisser les ronds

 

dans les écrous garnis de cuivre

 

et munis de chevilles et d'agrafes.

 

Et tout droit à travers l'ouverture,

 

les Vierges menèrent vite le char attelé et leurs montures.

 

 

 

 

 

 

 

La Divinité me regarda

 

et me reçut avec bienveillance,

 

et elle me prit ma main droite dans sa main,

 

et elle dit les paroles suivantes :

 

 

 

 

 

 

 

" Ô garçon,

 

qu'accompagnent les immortelles meneuses de poulains,

 

Ô toi qu'ont emmené jusqu'à nous et conduit les chevaux,

 

je te salue bien !

 

Car ce n'est pas un sort funeste

 

qui t'a fait prendre la  route que tu as prise,

 

et qui est si éloignée des chemins frayés par les humaines entreprises,

 

mais c'est la Justice et le Droit,

 

et il faut que tout te soit révélé,

 

aussi bien le coeur impassible de la vérité

 

qui forme un cercle parfait,

 

que les opinions humaines,

 

auxquelles il ne faut ajouter aucune créance assurée.

 

 

 

 

 

 

 

Allons, je vais parler,

 

et toi, prête l'oreille à ce que tu vas entendre de moi :

 

 

 

 

 

Pour atteindre à la connaissance de l'Univers,

 

il n'y a que deux voies.

 

 

L'une affirme l'existence de l'Être,

 

et dit qu'il est impossible que l'Être ne soit pas.

 

Voilà la route de la Certitude.

 

C'est la méthode qui accompagne la Vérité du même pas.

 

 

L'autre affirme l'inexistence de l'Être,

 

l'existence du Non-Être.

 

Je dis que cela n'est qu'un mauvais sentier

 

où l'on ne peut rien connaître.

 

On ne peut pas saisir le Non-Être,

 

puisqu'il est hors de notre portée,

 

on ne peut pas le définir.

 

 

 

Tandis qu'il n'y a pas de différence

 

entre l'Être

 

et sa pensée. "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Promenades philosophiques - 4 - Peri Phuseos : un texte métaphysique -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

 

Quelques mots encore

 

avant de relire le texte même du poème ligne par ligne,

 

pour en goûter toute la beauté.

 

 

Ce poème se nomme en grec :  Peri Phuseos.

 

Peri = "autour"  (nos "péri... phériques" !)

 

ou encore "à propos de".

 

Phuseos  , vient de Phusis = Nature.

 

(la "physique" et la "physiologie" viennent de là)

 

Peri phuseos signifie donc : "de la nature".

 

 

En fait Parménide ne va pas nous parler de la nature, du monde physique,

 

mais va aller au delà.

 

Il inaugure ainsi la "Méta-physique".  (Méta = au delà... d'où métacarpe, métaphore, méta morphose...)

 

 

Disons que par ce texte, Parmenide lance une fusée spatiale.

 

Elle quitte sa base de lancement,

 

elle quitte la Terre (le monde des sens)

 

et s'élance avec hardiesse dans le ciel,

 

non pas le ciel physique,

 

mais le ciel de l'intelligence.

 

Et  vous allez voir, c'est super !

 

 

 

 

 

 

promenades-phi-8-.jpg

 

 

 

 

Je vous ai fait aussi un petit schéma temporel

 

pour vous situer dans le temps la durée de vie de quelques philosophes grecs

 

durant les sixième, cinquième et quatrième siècles avant JC.

 

 

 

 

 

promenades-phi-9-.jpg

 

 

 

 

 

On voit que Parmenide a pu rencontrer Socrate.

 

Mais la rencontre que décrit Platon, il l'a imaginée.

 

 

 

Bien sûr, si on connaît les idées de Parménide,

 

c'est par ce qu'en ont dit les autres philosophes de son temps.

 

 

Le texte que nous allons lire mis à part.

 

 

Demain, on commence la lecture.

 

Nous allons nous régaler.

 

 

 

 

 

 

 

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Promenades philosophiques - 3 - Parménide d'Elée, père de l'ontologie -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

 

 

 

Dans cette petite bourgade d'Elée

 

(c'est élée, mais je ne sais pas mettre l'accent sur la lettre majuscule)

 

nous allons trouver un philosophe grec :

 

 " Parmenides "

 

que nous appelons maintenant  " Parménide  d'Elée ".

 

Il était né là,  dans cette province de la Grande Grèce, il y a 2.540 années.

 

Il est mort, pense-ton, vers 450 avant J C,

 

soit âgé de 90 ans,

 

ce qui, pour un philosophe , est honnête.

 

Platon  indique des dates un peu différentes

 

mais peu importe.

 

 

 

 

Parménide est donc l'un des tout premiers philosophes de la Grêce,

 

avant Socrate (- 470 >>> - 399)

 

on le dit donc "Pré-socratique".

 

C'est pourquoi j'ose dire que,  lire un de ses textes,

 

c'est vraiment s'approcher des sources de la pensée,

 

plus précisément de la pensée philosophique.

 

 

 

 

Car ce sont les grecs qui ont inventé la philosophie.

 

 

 

 

Une école philosophique existait déjà à Elée, avant Parménide.

 

Elle avait été fondée par Xénophane ( -570 >>> -475, il a donc vécu 100 ans).

 

Les Grecs pratiquaient déjà la décentralisation !

 

Ils étaient partout chez eux en Méditerranée !

 

 

 

 

On peut imaginer ce Parménide, jeune garçon,

 

écoutant  Xénophane, de 30 ans son aîné,

 

et devenant son disciple

 

puis poursuivant son oeuvre.

 

 

C'est lui, Parménide, qui sera le représentant le plus illustre de cette école

 

que l'on appellera plus tard l'école " éléatique",

 

les philosophes de cette école recevant le nom d'  " éléates ".

 

 

 

Et nous pouvons imaginer Parménide , se promenant avec ses élèves

 

dans cette belle province,  jouxtant la mer.

 

 

 

 

 

promenades-phi-4.jpg

 

 

 

 

 

 

On pense que Parménide a écrit de nombreux textes.

 

Quel en était le contenu ?

 

Nous ne le savons pas.

 

Tous ses écrits ont été perdus.

 

Il y  abordait sans doute le problème de l'être.

 

Ce qu'on appelle l' " ontologie "

 

(du grec "onto" , qui est le participe présent du verbe grec signifiant  être). 

 

 Parménide est considéré comme " le père de l'ontologie "  (science de l'être).

 

C'est quoi, être ?

 

 

 

Nous ne possédons aucun de ses écrits....

 

 

 

ce n'est pas tout à fait exact....

 

nous en possédons un seul  :

 

un poème d'une soixantaine de vers.

 

 

 

C'est ce poème,

 

ce bijou exceptionnel,

 

 que nous allons lire ensemble.

 

 

 

 

 

 

 

 

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- Promenades philosophiques - 2 - Voyage aux sources de la pensée - Cap vers le creux de la botte italienne -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

promenades-phi-2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Ah.... je vous préviens....

 

c'est un voyage un peu spécial.

 

Nous allons voyager avec Gazelle bondissante

 

car elle est dotée  d'un variateur temporel.

 

Grâce à lui, nous allons nous déplacer non seulement dans l'espace

 

mais aussi dans le temps.

 

Nous allons revenir en arrière de 2.500 années.

 

A cette époque, on ne parlait pas d'Italie.

 

Cette région était une des provinces de la Grande Grèce.

 

 

Mais pour l'instant, prenez place sans crainte dans l'habitacle de Gazelle.

 

De confortables fauteuils vous attendent.

 

Marmotte, la première inscrite, placera chacun d'entre vous.

 

Nous allons prendre notre envol.

 

Et oui, Gazelle est une voiture volante à motorisation gravitationnelle.

 

Ce n'est que durant notre vol que nous reculerons nos horloges de 2.500 ans.

 

 

 

Pour l'instant nous allons mettre le cap sur le Golfe de Tarente.

 

 

 

 

promenades-phi-3.jpg

 

.

 

 

Le but de notre voyage se trouve  dans une très belle région,

 

celle du Basilicate.

 

Elle se situe entre le Golfe de Tarente et la Campanie.

 

 

 

C'est une région montagneuse.

 

S'y dressent de nombreux sommets de 1000 et même 1300 mètres.

 

Le " Monte del Papa " s'élève, lui, fièrement, jusqu'à deux mille sept mètres.

 

Autour de ces sommets, dévalent des pentes caillouteuses.

 

Plus bas, s'accrochent des oliviers plusieurs fois centenaires.

 

Puis s'étagent des collines enfin verdoyantes

 

où des pins et des ifs se balancent avec grâce

 

dans la brise tiède venue des Golfes de Salerne et de Naples.

 

 

Cette brise est chargée des senteurs fleuries de l'île de Capri,

 

et d'autres senteurs....

 

poivrées et soufrées celles-là,

 

nées de l'haleine du Vésuve.

 

 

Et oui...

 

vous ne vous en n'êtes pas rendu compte ....

 

mais nous voici remontés bien avant le début de l'ère chrétienne,

 

et le Vésuve est en activité.

 

 

Cette région du Basilicate a repris son ancien nom de Lucanie.

 

 

 

ça y est  !

 

nous arrivons !

 

Nous arrivons dans une petite bourgade.

 

 

Elle  s'appelle de "nos jours " Castellamare della Bruca "

 

mais là elle a repris son nom de  " Elée ".

 

 

Vous vous demandez bien ce que nous venons faire

 

dans ce petit bled perdu parmi les cailloux ?

 

 

 

C'est que je vais vous dire demain .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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- Promenades philosophiques - 1 - La leçon des abeilles - Acacia et droits d'auteur -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

 

 La leçon des abeilles

 

 

 

 

 

Comment les abeilles font-elles leur miel ?

 

Elles vont de fleurs en fleurs

 

et y prélèvent le nectar,

 

ce jus sucré que concoctent les plantes

 

pour l'offrir aux insectes butineurs.

 

 

 

 

 

Ainsi nos amies les abeilles prélèvent ici ou là,

 

ici, dans la grappe hérissée d'une vipérine,

 

ou là, dans les petits grelots citron d'un lotier corniculé,

 

dans le fond des  verts cornets de l'euphorbe épurge,

 

ou encore dans les grappes parfumées des acacias.

 

 

 

 

 

arbre-en-fleur.jpg

 

 

 

 

 

 

 Ah... les acacias !

 

Il faudrait plutôt dire : les robiniers pseudo-acacias

 

puisque, selon Linné, cet arbre n'appartient pas au genre " acacia "

 

mais au genre " robinia ".

 

Les véritables acacias sont très nombreux de par le monde.

 

Notre mimosa des quatre saisons est un acacia à fleurs jaunes.

 

 

Mais il faut dire que robiniers et acacias sont de la même famille : les fabacées.

 

 

Notre " faux acacia " , lui, a été nommé  " robinier " par Linné

 

en l'honneur de Jean Robin, botaniste du roi Henri Quatre,

 

qui a été le chercher dans le Nord du Canada

 

et l'a introduit en France, d'où il s'est répandu à travers toute l'Europe.

 

 

Nous avons encore deux spécimens  d'origine à Paris.

 

J'ai revu cette année  celui du square Viviani,

 

Il est là, à deux pas de Note-Dame, depuis ... 1.601       !

 

 

Cet arbre s'appelle Akazienbaum en Allemand,

 

black locust en Anglais,

 

robinia en Espagnol et en Italien.

 

 

 

Ah les fleurs de l'acacia !

 

(car nous continuerons à l'appeler ainsi !)

 

Leur parfum magique évoque celui des fleurs d'oranger,

 

aussi celui des fleurs de jasmin,

 

et celui, véritablement divin, du mimosa, délice du Sud !  

 

 

 

 

Mais revenons à nos abeilles.

 

 

Elles ne marquent jamais le nom des fleurs qu'elles visitent

 

sur les alvéoles où elle stockent le nectar qu'elles vont transformer en miel.

 

Le miel est bien différent du sérum sucré des plantes d'où il provient.

 

 

 

Pourquoi je raconte tout ça  à propos des abeilles ?

 

D'abord parce qu'il est agréable de se souvenir de la belle saison

 

quand on est au mois de novembre.  

 

 

Mais aussi parce que je ferai de même à propos des idées.

 

 

Les idées n'appartiennent à personne.

 

Peu importe qu'une idée ait été exprimée par Socrate,  par Descartes,

 

ou par Kant, ou par Alain....

 

Si vous la trouvez et si elle vous plaît, elle est vôtre.

 

C'est pourquoi, par principe, je ne ferai pas, ou très rarement, de citations.

 

Même si je les ai trouvées ici ou là.

 

Je ne considère pas qu'elles appartiennent à ceux qui les ont dites avant moi.

 

Je ne verserai donc de droits d'auteur à personne.

 

 

 

 

Par contre il m'arrivera de lire, et de m'attarder,

 

sur certains textes que je trouve particulièrement intéressants, exemplaires.

 

 

C'est ce que je me propose de faire la prochaine fois avec vous.

 

Et pour ce faire, je vous emmènerai en Italie....

 

 

Départ imminent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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