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17 articles avec sete

- Sète - 6 - Les Salins de Villeroy - Le sel et la vigne -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

Nous allons entrer aujourdh'ui dans cette vaste zone sauvage

qui constitue la  bordure sud de l'étang de Thau

et semble abandonnée au soleil et au vent.

 

C'est le domaine de prédilection d'une faune ailée riche

mais bien difficile à approcher,

et donc à photographier !

 

 


 

Salins-1-2012-septembre-.JPG

 

 

 

Dès qu'ils ont détecté notre approche

 les oiseaux s'enfuient.

Ici ce sont des aigrettes,

lesquelles prenaient tranquillement leur bain avant notre arrivée.

 

 

 

Salins-2-2012-septembre--.JPG

 

 

Une retardataire s'éloigne,

pour rejoindre ses compagnes.


D'autres espèces sont présentes :

hérons cendrés, huitriers-pies, flamants roses,

canards de plusieurs espèces (tadornes de Belon, et autres),

échasses blanches, gravelots, avocettes....


Je n'ai ni le matériel ni les connaissances nécessaires

pour en parler,  ou  vous les présenter,

mais le seul fait de les apercevoir procure une émotion :

ce pays est habité par la vie

et de bien des façons.

 

 


 

En progressant vers le nord, on rejoint l'étang.


De petits ports de fortune, installés ici et là,

 sont  utilisés par des pêcheurs ou des chasseurs. 


 


 Salins-de-V-2012-12mai.JPG

 

 

 

Pas de marée en Méditerranée

(ou plus précisément une si faible qu'elle n'est pas repérable)

Pourtant le niveau de l'eau varie. 

C'est évident par exemple ici.

 

 

 

       Salins-de-V--2012_mai.JPG

 

 

     

 

La cause en est le régime des vents.


Viennent-ils du Nord ? (Mistral)

S'ils sont assez forts, et durent plusieurs jours,

 ils vont repousser vers le large les eaux de la Méditerranée,

et le niveau dans l'étang va baisser,  

découvrant ici une zone sableuse encombrée d'algues.


      Viennent-ils du sud ? (le Marin)

(Et ils peuvent être violents et persistants , souffler en tempête)

les eaux de la mer vont refluer vers la côte 

le niveau de l'eau va monter dans l'étang,

et les vagues vont venir frapper ses berges avec force.

 

 

Mais laissons l'étang.

 

 

C'est l'intérieur même de la zone émergée

que nous allons explorer aujourd'hui.


Des sortes de chemins semblent nous inviter à les suivre.

 

Mais pourquoi sont-ils là ?

Où vont-ils ? 

 

 

 

 

Salins-4-2012-septembre.JPG

 

 

 

En les suivant, de cette position relativement haute,

nous dominons de chaque côté des zones déprimées,

où ne pousse aucune plante ,

d'allure plus ou moins rectangulaires

et où des flaques d'eau se forment. 

Il a plu il y a peu.

 

Voici une indication intéressante :

le sol de ces zones semble imperméable.

 

Mais pourquoi sont-elles libres de végétation ?

Sont-elles stériles ? 

 

 

 

Salins-3-2012-septembre.JPG

 

 

 

Ici ou là, cependant, d'importantes étendues d'eau demeurent.

Elles sont encore reliées à l'étang,

lequel se trouve au-delà des digues couvertes de broussailles

qui les bordent au Nord.

 

On aperçoit dans le lointain la rive Nord de l'étang.

(l'étroite bande bleue sombre)

 

 

 

 

 

Salins-6-septembre-2012-.JPG

 

 

 

 

Des sortes d'îlots ont été aménagés à l'intérieur de ces pièces d'eau

par les protecteurs des oiseaux :

ils constituent des lieux parfaits pour leur nidification.

Nul ne viendra les y ennuyer !

 

 

Mais le mystère demeure.

 

Pourquoi tout cela ?

Ces chemins,

ces bassins,

ces buttes,

ces pièces d'eau ?

 

 

Le pourquoi... 

c'est le secret du passé,

si proche...

et si lointain à la fois !


Quelques photos jaunies vont nous le révéler !

 

 

Regardez bien ces hommes...

ils ont travaillé ici !   

 

 

 

 

Récolte du sel Salins du Midi Cette (2ème en partant de d

 

 

   Et regardez l'homme qui est au milieu,

béret bien à plat sur la tête.

Nous reparlerons de lui.

 

 Poursuivons notre exploration.

 

 

 

Salins-7-septembre-2012-.JPG

 

 

      Regardez ces curieuses rangées de piquets de bois  

qui bordent cette pièce d'eau. 

 

Quelle était leur fonction ?


 

 

J'ai cherché sur le Net

et j'ai trouvé un document concernant un autre site :

celui des Salins des Pesquiers, sur les îles d'Hyères.

 

Le lieu est équivalent : même région, même période.

 

Il semble bien que des rangées de piquets soient présentes.

Quel rôle jouaient-elles dans la récolte du sel ?

Et ces rangées sont-elles comparables ?

 

 

 

salins les piquets

 

 

 

 

Comment obtenait-on ce sel ?

 

Au début du printemps on faisait rentrer l'eau de l'étang dans ces bassins.

Que l'on fermait.

Tout l'été le vent et le soleil provoquaient une évaporation intense.

Des cristaux de sel apparaissaient et se déposaient sur le sol

      sur ce que l'on appelait des " tables salantes ".

Fin septembre, on rassemblait ce sel en tas.

 

      On en chargeait des wagonnets.

 

 

 

Salins-de-Villeroy---Chargement-sel-sur-wagon.jpg

 

 

En contemplant aujourd'hui ces zones un peu désolées

il est difficile de se représenter l'activité intense qui régnait ici ! 

 

 

 

Salins-8-septembre-2012-.JPG

 

 

De même on se représente difficilement

combien ce travail devait être dur.

 

Le soleil brûlant la peau,

l'effort musculaire intense, en pleine chaleur,

la morsure du sel lui même...

la moindre éraflure se transformant en crevasse douloureuse.

 

 

 

Sete---Salins-de-Villeroy---Cette-Annees-1910.jpg

 

 

 

 

Il fallait entretenir les canaux qui amenaient l'eau salée.

Entretenir les digues qui délimitaient les bassins,

en construire de nouvelles,

et c'est peut-être à cela que servaient ces rangées de piquets :

à retenir le sable utilisé pour les édifier.

Je crois qu'on appelait ces petites digues des " Quérels ".


Salins-11-septembre-2012-.JPG

 

 

 

 

      Il fallait transporter tout ce sel avant que les pluies 

d'arrière saison ne surviennent.

 

 

 

Sete--Les-Salins-de-Villeroy-en-1909--Cette-jpg

 

 

Tout cela est inscrit dans le sol.

 

 

 

Salins-13-septembre-2013-.JPG

 

 

 

Tout alors se faisait à la main,

à la force des bras.

 

 

 

Sete---Les-Salins-de-Villeroy-en-1909-Cette.jpg

 

 

 

 

 

L'eau qui reste maintenant dans les zones non ou peu reliées à l'étang

est  pour partie (variable) de l'eau de pluie.

 

Pourtant elle garde le souvenir du sel

car le sol en est encore imprégné.

 

 

 

 

 

Salins 17 septembre 2013

 

 

 

 

 

Et c'est la raison pour laquelle la végétation ne peut pas encore pousser

sur l'emplacement des anciennes " tables salantes ".

 

 

 

Sete---Salins-de-Villeroy---Cette-en-1922.jpg

 

 

 

 

Bien sûr je suis descendu

pour goûter cette écume blanche...

 

 

 

 

Salins-16-septembre-2013-.JPG

 

 

 

C'est bien de la mousse de sel !

Un vrai délice ! 

 

 

 

Derrière ce paysage

le souvenir des travailleurs du sel demeure.

 

 

 

Sete---Salins-de-Villeroy---Cette--.jpg

 

 

Sur cette zone immense...

abandonnée.

 

 

 

 

Salins-5-septembre-2012-.JPG

 

 

 

 

 

L'extraction se poursuit non loin d'ici,

vers Aigues-Mortes,

mais cette fois avec des machines puissantes,

et à une échelle industrielle.

!


Ici, ce n'était que des hommes,

armés de pelles.


Des hommes qui formaient des équipes solidaires.

Des hommes qui étaient fiers de ce qu'ils faisaient !

 

 

 

 

 

Recolte-du-sel-Salins-du-Midi-Cette--2eme-en-partant-de-d.jpg

 

 

 

Revoici  l'homme au béret : c'est la même photo.

Il est le deuxième à droite.


C'est le Papé de Danielle.

 

 

 

.........

 

 

 

Aujourd'hui, peu à peu,

des grues se dressent à l'entrée de ces territoires

où ces hommes maniaient la pelle

et poussaient les brouettes.

 

 

 

 

Salins-19-septembre-2013-.JPG

 

 

Des lotissements vont être construits,

et faire disparaître une partie de ces anciennes pièces salines...

chargées de souvenirs.

 

 

 

Un mot encore.

 

Ces hommes n'étaient pas que des travailleurs du sel.

Ils soignaient aussi la vigne

avec amour, passion même.

 

Ici une équipe d'hommes et de femmes

pendant les vendanges.

 

Et le Papé est encore là, avec son éternel béret !

 

 

 

Salins-de-Villeroy---Vendanges---A-droite-Pape-BIAGI.jpg

 

 

 

Ces mêmes hommes, et femmes, 

étaient aussi agriculteurs :

ils cultivaient les asperges,

plantes qui aiment beaucoup le sable.

 

 

En fait, ils travaillaient tout le temps :

ce sont ces travailleurs qui ont construit notre pays.

 

 

 

Salins-vignes.jpg

 

 

 

Sur cette photo jaunie

je vous quitte pour aujourd'hui.

 

 

 

***

 

 

 


Publié dans Sète

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- Sète - 5 - La Pointe Courte : petit port à l'ancienne - Refuge des chats et de Brassens -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

brassens

 

 

 

 

La " Pointe Courte " est un minuscule quartier de Sète, 

situé dans sa partie nord, et donc face à l'étang de Thau.

 

Elle se trouve au centre de cette petite carte.

Je vous explique.

 

 


pointe-courte-carte.jpg

 

 

 

Nous voyons ici l'entrée du canal qui fait communiquer l'étang avec la mer.

Ce canal est en somme le grau de Sète.

J'espère ne pas dire de sottise !

La Pointe Courte mérite bien son nom : 

regardez-la :


 

 

pointe-courte-la-pointe.jpg

 

 

 

Elle s'avance dans l'étang  de Thau comme la proue d'un navire.

A gauche (Ouest) un quai rectiligne, qui borde le canal.

A droite (Est) une petite digue se détache : elle protège le mini port.


Car la Pointe Courte est un port :

port de pêche, uniquement ouvert sur l'étang.

Or ce port a conservé presque intact

l'aspect qu'il avait il y a un siècle !

 

 

Voyez cette carte du vieux " Cette " :

l'orthographe du nom de la ville indiquant

que cette carte est antérieure à 1927.

Années 1920 donc.

     

 

sète pointe courte 1 carte ancienne

 

 

 

      En 1935-40, l'aspect des lieux n'avait pas changé.

Le nom de la ville, si.

 

 

 

pointe-courte-vers-1935-1940.jpg

 

 

 

 

 

Nous voyons là l'entrée du canal.

Sur la première carte, des hommes dans des barques :

ils pêchent, je crois, des coquillages,

mais je ne saurais vous expliquer comment.

 

Cette pêche se pratique encore maintenant,

mais à une bien moins grande échelle.

Bien trop fatigante.


Sur la droite nous voyons le quai qui borde la Pointe Courte.

 

Son aspect actuel est un peu différent :

les petites maisons se sont modernisées.

Mais elles gardent un charme fou !

 

 

 

pointe-courte-quai-copie-1.JPG

 

 


 

Là règne un calme étonnant

alors même qu'on y sent palpiter la vie.

Toutes les portes sont ouvertes ! 


Comme il doit faire bon vivre ici,

y jouer aux cartes

au soleil de l'après midi.

 

 

 

pointe-courte-le-quai-bis-.jpg

 

 

 

 

 

A une certaine époque de l'année,

les daurades, en bancs serrés, quittent l'étang où elles ont bien grossi,

pour rejoindre la mer.


 Alors, sur ce quai,

une forêt de gaules les attendent au passage :

c'est la folie !  

 


 

 pointe-courte.jpg

 

 

 

      Le port, lui, est bien tranquille, 

du moins quand les pêcheurs sont partis sur l'étang.

 

 

 

 

pointe-courte-port---320x200-.jpg

 

 


Il a gardé son aspect ancien.

Avec seulement des bateaux plus modernes.

 

 

 

Voici l'entrée de la digue Georges Brassens.

Une mini digue avec les baraquements des pêcheurs.


En explorant ce lieu, on fait un saut dans le passé !

 

 

 

 

2012 1020fabricolageseptembre0089

 

 

 

On appelle cette digue la "digue aux chats"

car une multitude de chats s'y prélassent.


Des dizaines et des dizaines...

Entre pots de fleurs et cordages,

sur des chaises ou des bancs,

sur les toits des cabanes,

sur des rebords de fenêtres, sur des tonneaux,

ou dedans.....


Ils attendent le retour des pêcheurs.

 

 

 

 

 chat-de-la-pointe-courte.jpg

 

 

 

Ils ne sont pas les seuls à attendre.

 

Les aigrettes aussi.

 

 

 

sète pointe courte 2 entrée une barque

 

 

 

Un calme étrange règne.

 

Tout est là comme en un temps suspendu :

rien ne bouge.


Pour l'instant !

 

 

Même les filets se reposent.

Enfin, ceux que les pêcheurs n'ont pas emmenés cette fois.

 

Ce sont des " capéchades ".

 

 

sète pointe courte 3 les capéchades

 

 

 

      Ils sont étendus pour sècher.

 

 

 

pointe courte séchage des capéchades

 

 


 

Et bien, puisque tout est calme, promenons-nous.

 

Chaque petite baraque traduit la personnalité de son propriétaire.

Et cela ne manque pas de pittoresque !

 

 

 

 

 

      2012 1020fabricolageseptembre0094

 

 

 

 

Plus loin, les goélands attendent aussi, posés sur l'eau.....

 


 

 

2012 1020fabricolageseptembre0091

 

 

 

 

ou perchés sur la digue qui protège le petit port

contre les vagues furieuses qui se forment

quand souffle le mistral.

 

 


      2012 1020fabricolageseptembre0093

 

 

 

Ah...

regardez ...

on dirait bien que le peuple des oiseaux commence à s'agiter.

 

 

Sentiraient-ils  que les pêcheurs vont bientôt arriver ?

 

 


2012 1020fabricolageseptembre0092

 

 

      Oui, ils arrivent !


Un piaillement général s'élève.

C'est la joie !!!

 

 

 

pointe-courte-arrive-des-pecheurs.jpg

 

 


 

Les jabots vont se remplir

avec les petits poissons que rejetteront les pêcheurs.

 

 


 

      2012 1020fabricolageseptembre0090

 

 

 

 

      Leurs barques sont arrivées pleines à ras bord.

Leur  visage s'éclaire de bonheur !

 

 

 

2012 1020fabricolageseptembre0096

 

 

 

Ils trient les poissons selon leur taille.    

 


 

2012 1020fabricolageseptembre0097

 

 

 

 

      Des dizaines, des centaines de bacs se remplissent.

Tout cela va partir vers les commerces, 

vers les restaurants locaux, 

 

 

 

pointe-courte-daurades-.jpg

 

 


mais si vous êtes là vous pouvez encore en acheter quelques uns.

C'est là tout le charme des petits ports à l'ancienne.

 

 

 

 

2012 1020fabricolageseptembre0098

 

 

 

 

C'est une promenade étrange.


A tout instant on s'attend à croiser Brassens.

Son sourire franc et amical est porté par la brise.

 

 

 

 

 

brassens

 

 

 

 

 

Il adorait les chats de la Pointe Courte

et... c'était réciproque.

 

 

 

 

brassens-3-bis.jpg


 

 

 

 

La Pointe Courte....

 

un coeur discret

chargé de poésie

de simplicité

et de gentillesse.

 

 

 

 

 pointe courte ^p

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

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- Sète - 4 - Tout le tour de l'étang de Thau ! -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

 

Aujourd'hui, nous allons faire...

tout le tour de l'étang de Thau.

 

 

 

thauuu.jpg

 

 

 

Notre point de départ : le Mont St Clair.

Nous allons partir vers l'ouest , tout le long du Lido.

A gauche (derrière le tronc du pin) la petite plage de Sète

qui se prolonge par celle du Lido.... jusqu'à Agde ! 

 

Que dites-vous de ce petit arc de cercle ? 

 


Lido-1-.JPG

 

 

 

 Une route la longe.

Dans le passé  elle était directement en bordure de cette plage,

et ce devait être bien agréable d'y rouler.

Mais des aménagements ont eu lieu pour, je crois, deux raisons :

l'afflux des touristes l'été,   

les tempêtes venues du sud.

Celles-ci submergeaient souvent la route ,

la recouvrant de sable,

la détruisant parfois. 

 

 

sete-plage-lido-tempete.JPG

 

 

 

Des  barrières de piquets solidement tressés  ont été plantées

sur plusieurs rangées entre la route et la plage

(on dit je crois des ganizettes ... ?)

avec, entre les barrières,

introduction d'une flore adaptée (et pour moi inconnue)

 

 


sete--la-plage-du-Lido-2.JPG

 

 

 

Flore qui comporte ses petits trésors.

Par exemple ces plantes qui semblent être des sédums ...

 

 


sete-lido-barriere-avec-ganizette.JPG

 

 

 

 

Cette barrière n'est pas dérisoire.

Elle devrait jouer le même rôle que les fagots de sarments

qui furent déposés là il y a bien longtemps ... avec succès.

 

 

Evidemment, de la route, on ne voit plus la mer,

mais ce dispositif... canalise la foule des touristes en été !

 

Elle est doublée d'une large piste cyclable, que voici :

 

 

 

sete--la-plage-du-Lido-3.JPG

 

 

 

Hummm, là il était un peu tard

et les touristes vélocypédiques rentrés, depuis longtemps,

dans leurs métropoles !

 

Nous retournant vers notre point de départ, vers l'Est,

nous allons comprendre pourquoi Sète s'appelle ainsi.

 

Regardez le Mont St Clair :

son profil évoque une baleine sortant son dos de la mer.

 

 

 

      sete-vue-du-lido-copie-1.jpg

 

       Toutes mes excuses : la photo est bien sombre !

 

 

 

      En latin, baleine se dit " Cétus "

(pensez à " cétacés ")

et l'on a d'abord appelé la ville bâtie à son pied  " Cette ".

 

Cet orthographe avait quelque inconvénient, paraît-il. 

 

Alors en 1927 le nom est devenu " Sète ". 

 

On retrouve le nom ancien de Cette sur les vieilles cartes postales,

aussi sur quelques spécialités locales.

 

 

 

2013-gentiane-de-Cette.JPG

 

 

 

 

       ***

 

 

 

 

      La foule est partie...

la plage est restée,

immense.

 

 

 

sete--la-plage-du-Lido-4.JPG

 

 

 

 

 

       Couverte, comme toutes les plages, de mille petits trésors.

 

Suffit de les chercher.

 

 

2013-sept-plage-lido-9-.JPG

 


 

Si vous aviez de très bons yeux...

voici ce que vous verriez !

 

 

 

sable-X-250-dnl.jpg

 

 

 

Avec nos yeux ordinaires,

elle réserve tout de même de bien belles découvertes !

 

Jugez plutôt...

 


 

2013_1008fabricolageseptembre0001.JPG

 

 

Pourquoi ces coquillages s'étaient-ils ainsi rassemblés ?

 

En s'approchant, la raison devenait évidente :

 

 

 

2013_1008fabricolageseptembre0002.JPG

 

 

 

Toutes admiraient la nouvelle perle fabricolée par une petite huître.

 

Cette perle devait valoir une fortune !

Je voulus la saisir.

Hélas...une vague déferla

et quand elle se fut retirée, l'huître était vide !

 

J'ai cherché, cherché... 

 

 

 

2013-plage-lido-3-.JPG

 

 

 

mais n'ai pas retrouvé la perle.

 

 

 

 

2013-plage-lido-4-.JPG

 

 

Qu'importe.

 

Car la mer était là, pailletée de lumière.


Et le temps passait, passait,

comme l'eau et le sable s'échappent de nos mains....


Et on ne voyait pas passer les heures.

 


 

Oui, la mer, près de nous, demeure ... 

infinie...

mystérieuse... 

 

En se promenant près d'elle,

on côtoie non seulement une immensité spatiale 

mais aussi une immensité de temps.

 

Comme si la première ouvrait sur la seconde.

 

Le temps, celui que l'on compte en heures,

semble alors s'abolir,

pour donner place à une autre durée,

une autre réalité,

qui n'a plus aucune limite,

qui ne peut être fractionnée. 

 

La mer nous emporte au-delà du présent,

hors du temps.

 


sete--la-plage-du-Lido-6-la-plage-.JPG

 

 

 

 

Le temps se dilue dans l'espace,

comme le ciel, à l'horizon,se confond avec la mer,

comme le sel se dissout dans l'onde mouvante.

 

D'où cette impression curieuse

de se sentir transporté dans un monde différent, atemporel.

 

 

***


 

On pourrait dire que cette côte, toute droite, est  sans charme,

si on la compare par exemple à la côte bretonne,

avec ses rochers, ses criques.

 

Son charme est autre...

et d'une grande puissance.

 

Il est invisible, presque immatériel.


Il est fait de silence,

à peine habité par l'écoulement du vent,

par la respiration immense de la mer.

 

Il est parfum léger :

est-ce celui du sel ? de l'iode ? des algues ?

je ne sais.

 

Il enivre comme une drogue.

Il s'empare de toute notre sensibilité

 

 

 


 

***

 

 

 

 

L'extrémité Ouest du Lido, je la connais peu.

Nous y reviendrons à cause... d'un volcan !

 

Cette fois nous allons retourner vers Sète par la rive Nord de l'étang.

 

Plusieurs localités y possèdent de petits ports de plaisance :

 

ici ... Marseillan, ou Mèze, je ne sais plus. 

 

Ports endormis à cette saison.


 


      meze-ou-marseillan-portplaisance.JPG

 

 

 

Mais l'activité essentielle de la rive Nord de l'étang,

c'est la conchylicuture :

élevage des moules et des huîtres.

 

 

Du Mourre Blanc ...

 

 

sete-vu-de-meze-ept-2013.JPG

 

 

 

ou de Mèze ...

 

 


sete-vu-de-bouzigues-sept-2013-.JPG

 

     ( *)

 

l'île de Brassens est toujours visible, inévitabe.


Des pontons avancent vers le large pour faciliter l'accostage des bateaux

en partance vers les installations, ou en revenant.

 

 

 

De Bouzigues, on domine les immenses parcs à huîtres,

dont les tables semblent s'avancer vers l'île de Sète,

plus proche cette fois,

comme une escadrille de Martiens.

 

 


      sete-vu-de-bouz--parcs-a-.JPG

 

 

 

 

      Mais regardez sur la photo que j'ai notée   ( *)


 à l'extrémité  proche du premier rail se trouve une plante.

Je l'ai repérée en plusieurs points de la côte,

en grande abondance au Mourre Blanc.

      C'est une petite cucurbitacée bien facétieuse !

 

Son nom est " Ecballium Elaterium ". 

 

Plante typique du midi, surtout dans l'Hérault,

mais que je connaissais

pour l'avoir découverte au Breuil sur Couze, en Auvergne,

dans le merveilleux jardin d'Ernest Grenier. 

 

ecbalium--fleur-Mourre-Blanc-sep-2013.jpg

 

 

Et évidemment il m'a fait voir les fruits.. ovoïdes, très poilus,


 

ecbalium--fruit-Mourre-Blanc-sep-2013.jpg

 

      qui jaunissent en mûrissant...

et il m'a incité à en cueillir un.  

C'est la blague inévitable !

 

 

ecbalium fruit Bouzigues sep 2013

 

 

      car le fruit explose, littéralement,

en se propulsant, par un effet de réaction, 

 et en projetant partout son contenu mucilagineux.

 

L'effet est saisissant.

Et je n'ai pas hésité à proposer la même chose ...

 

Le nom français de cette plante est  " Ecbalie Elatère"

mais on l'appelle plus souvent : "Cornichon d'âne",

ou "Concombre d'attrape", 

ou encore "Momordique-à-ressort".

En allemand : "Echte-Springgurke"

En italien : "Cocomero--asinino"

En anglais : "Touch-me-not".

 

Attention !

Le contenu de ce cornichon explosif 

est un purgatif très violent !

Si vous en mangez un, vous risquez fort de...

faire comme lui : d'exploser ! 

 

 

      Bon...

le jour s'écoule, il faut rentrer.

 

Ce yacht nous fait rêver.

Rêver d'une croisière aux Antilles.

 

Et ma foi... cette île pourrait être Saint Martin,

ou une des îles Vierges

avec les riches villas en haut de la colline.

 

 

sète et un yatch seot 2013

 

 

Alors je rêve

...

et mon rêve m'emporte...

      et se transforme en tableau.

 

 

sete--etang.jpg

 

 

 

Prochain article sur Sète le 16 octobre.

 

Samedi 12, je vous montre quelques fabricolages. 

 

 

***

 

 

 

 

 

Publié dans Sète

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- Sète - 3 - Le Lido de Sète et les vignes de Listel -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

plage-john-lavery.jpg

 

 

 

Dans le passé, l'étang de Thau n'en était pas un :

le cordon littoral ne s'était pas encore formé.

A sa place s'ouvrait une large baie : 

le " Golfe de Thau", annexe du Golfe du Lion,

où pénétrait librement la mer...

et ses tempêtes, quand soufflait " Le Marin"..

 

Puis le cordon s'est formé, fragile,

vite emporté par les plus grosses vagues, puis reformé.

Il reliait Sète à Agde, mais constituait un passage incertain, périlleux.


Des hommes sont venus,

et, au XV me siècle, ils ont planté des vignes 

 sur les rives du Golfe du Lion, 

 dans les zones sableuses les plus solides,

surtout au niveau de la petite Camargue,

et à l'Ouest de Sète.

Ils sont devenus vignerons.


Entre Sète et Agde, ces vignerons,

sur ce long cordon sableux instable formé par la mer,

ont déposé des fagots de sarments

pour la consolider.

Le résultat a dépassé leur espérance !

 

Les sarments ont retenu le sable, et le cordon littoral a prospéré,

s'est élargi, renforcé !

La mer, joyeuse, sympa, a coopéré,

en apportant une incroyable quantité de sable.

Le Golfe de Thau s'est fermé : l'étang était né.

Pour le plus grand bonheur des poissons

et des pêcheurs.


La vigne aussi a prospéré, sur ces terres nouvelles, gagnées sur la mer,

qui formaient comme une digue naturelle.

 

Au XIX me siècle, quand le phylloxéra a dévasté tout le vignoble français,

ce sont même les seules vignes qui ont résisté, et survécu !


Ainsi s'est constitué le "Lido de Sète",

qui s'étend de Sète à Marseillan.

 

 


sete-5-la-ville.JPG 

 

 

      Quelques explications concernant cette photo.

Sur la gauche (vers le Sud) : la mer

et la plage de sable fin qui s'étend sur une douzaine de kilomètres.

Au fond le Mont Saint Loup  (Agde).

Au centre les vignes et les bâtiments du domaine de Listel.

Plus à droite, entre le vignoble et l'étang, les salines

et beaucoup de zones encore sauvages, dont nous reparlerons.

 

Au premier plan, de nouveaux lotissements

car bien sûr cette zone est convoitée par les promoteurs

et la municipalité ... cède parfois à la tentation

d'étendre la zone urbanisée vers l'Ouest,

ce qui menace la survie d'un monde de beauté,

de douceur,

de simplicité.

 

 


sete-vignes-4.jpg

 

 

 

Zone de labeur aussi,

construite, créée, par le dur et patient travail

d'hommes simples et courageux.

 

Oui  véritablement créée par ces hommes,

non pas contre la mer, mais en collaboration avec  elle :

une oeuvre commune, admirable.

 

Là vivaient, en pleine nature, quelques familles, 

des gens qui étaient, tout à la fois,

 fermiers (ils cultivaient des asperges), vignerons et ouvriers du sel.

 

Ce sont eux qui ont réellement fait ce pays.


 

 

 

 

sete-vignes-5.jpg

 

 

C'est cette vigne qui fournit encore maintenant " le Listel ",

ce vin qui porte aussi le nom de :

"Vin des sables"

ou plus précisément : " Vin des sables du Golfe du Lion ".

 

Vigne soigneusement entretenue.


Voyez le sol très sableux (presque blanc)

et au fond, vers l'Est,l'incontournable "montagnette" ! 

Sur la gauche on aperçoit une haute barrière de cannes de Provence.

Ces cannes constituent, pour la vigne, une protection contre les vents.


 

 

vignes-de-Listel.jpg

 


 

Mais savez-vous d'où vient le nom de "Lido" ? 

Et celui de  "Listel" ? 

 

 

Lido vient d' Italie, de Venise. 

 

Les Vénitiens appelaient Lido les îles étirées, broussailleuses, qui,

autour de leur cité, formaient comme un rempart :

leur seule protection contre les colères de l'Adriatique. 

Ce n'était, à vrai dire, là aussi,

qu'un cordon sableux bien fragile,

ouvert par des passes....

 

Lido désigne donc à l'origine les bancs de sable

protégeant la lagune de Venise.

 

Ce Lido vénitien a bien changé !

Il est devenu une station balnéaire ultra chic,

lieu de plaisir et de luxe, de tape à l'oeil et de fric.

 

Plus généralement "Lido" désigne maintenant

tout cordon sableux séparant une lagune de la mer.

 

On parle ainsi du Lido de Jaï :

cordon dunaire séparant de la mer l'étang de Berre.

Citons aussi (en France)

le lido des Aresquiers (nous y passerons !),

le lido du cap Ferret (?) (qui pourrait nous en parler ?).

 

On parle aussi de Lido en Italie pour désigner des plages aménagées.

Avec cette fois un pluriel : " Lidi ".

 

Enfin à Paris , Le Lido désigne un célèbre cabaret....

chut ! Passons.

 

 

Revenons à Sète.

 

et au nom de " Listel ".

 

Il désignait un lieu dit : " Isle de Stel " ,

petit ilôt sableux aux pieds des remparts d'Aigues-Mortes.

 

 

***

 

 

Voilà voilà....

j'ai encore beaucoup à vous raconter 

sur l'étang de Thau et sa région.

 

Mais nous avons, n'est-ce pas, tout notre temps.

 

En attendant (mardi 8 )

je lève avec vous mon verre de Listel ! 

 

 

 

***

 

 

      Je vous avais mis au départ un tableau de plage,

de John Lavery,

peintre irlandais ( 1856 - 1941).

 

Je voulais initialement vous montrer un tableau

qu'il a fait du lido de Venise en 1912 :

 

 

bain sur le Lido, venise, 1912 , John Lavery

 

      Déjà le chic faisait son apparition.

 

Mais j'ai craqué pour cette plage si douce.


En voulez-vous un autre du même, avant de nous quitter ?

Tiens, cette femme, contemplant la mer...

 

 

mer-john-lavery.jpg

 

 

 

 

Où finit le ciel, et où commence la mer ?

Avec elle, rêvons ....

 

Ciao ! 

 

 

***

 

 

 

 

 

 

 

 



 


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- Sète - 2 - Le Mont Saint Clair -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

sete-12-copie-2.JPG

 

 

 

Disposons, sur une carte schématique,

les noms dont nous allons avoir besoin.

 

La montagne de la Gardiole,

de nature calcaire

constituée qu'elle est des dépôts accumulés au fond d'une mer jurassique,

se trouve au nord de l'étang, plus précisément à son nord-est.

 

 


 

 

sète étang de thau

 

 

 

Mais regardons bien.

Les plis de la "tôle" n'ont évidemment pas la régularité

des tôles qui recouvrent votre poulailler.

Aussi la "Gardiole" se permet de descendre vers le sud

au niveau de l'extrémité Est de l'étang

et de surgir en une sorte de monticule,

comme l'ergot d'un coq. 

 

Cet ergot est une île

(était une île)

qui défie la mer :

c'est le Mont St Clair : 175 mètres,

au pied duquel s'est construite la ville de Sète. 

 

C'est du moins ce qu'il me semble.

Je ne sais si les autorités géographiques seront d'accord.

 

Mais le fait est là :

ce Mont a la même structure que le massif de la Gardiole.

Et moi j'ai besoin de m'expliquer pourquoi.

 

Grimpons en haut de ce Mont et regardons vers le nord.

Que voyons-nous ? 

 

 

 

Sete-barrou-bis-.jpg

 

  1-    à l'horizon, les Causses (le Larzac).      Nous en reparlerons

 

2- La Gardiole.     Nous en reparlerons aussi !

 

3- sur le bord nord de l'étang, la ville de Bouzigues.

 

4- Le bec d'une presqu'île où s'est construit Balaruc les Bains.

 

5- Une presqu'île étirée qui semble vouloir rejoindre Balaruc :

c'est le Barrou (dont nous parlerons ).

 

6- Pente nord du Mont St clair.

C'est un quartier de Sète,

quartier résidentiel récent : la ville d'origine se limitait à l'Est. 

 

Voici pour le décor général.


Voyez-vous sur la carte la belle anse qui déroule sa courbe harmonieuse

entre l'île de Sète proprement dit et le Barrou ?

 

Une route  la suit.

 

 

 

C'est (je crois) ce que les Sétois appellent  "La Plagette".

Pour mieux nous repérer, descendons dans cette petite baie

et retournons-nous :

 

 

 

 

sete-la-plagette-copie-1.JPG

 

 

Nous voyons le Mont St Clair (ici au lever du soleil)

qui "culmine" (!) à gauche (on aperçoit un pylone). 

 

Regrimpons sur ce Mont.


Son sommet a encore un aspect sauvage.


Je suis toujours ému, oui, remué profondément,

quand je vois ces blocs de pierre, ici de calcaire,

vieux de peut-être 200 millions d'années ! 

 

Ils contiennent un nombre inimaginable de coquillages,

compressés par un super-César

qui pourraient nous parler des dinosaures marins : monstres des mers. 


 

 

sete-pierres-blanches.jpg

 

 

 

Cette zone boisée a été aménagée en un très beau parc :

" Les Pierres Blanches"



 

2012_06152012mai0084-copie-1.JPG

 

 

 

 

S'y promener, tranquillement, c'est, loin du bruit, sortir du présent

pour s'immerger dans l'espace et le temps.

 

 

 

 

2012_06152012mai0082.JPG

 

 

 

 

On descend lentement.

Les pins s'écartent parfois,

offrant au regard des fenêtres....

 

 

 

 

2012_06152012mai0083.JPG

 

 

 

qui s'ouvrent sur l'étang ...

 

On découvre ainsi l'île de Thau, 

et les parcs à huîtres, devant Bouzigues :

 

 

2012 06152012mai0080

 

 

 

...ou, vers le Sud, qui s'ouvrent sur la mer !

La Grande Bleue !

 

 

 

 

sete-12-copie-2.JPG

 

 

 

      Je réalise seulement maintenant que,

lors de notre balade dans les chemins de ce parc,

nous n'avons pas rencontré un seul promeneur !

 

Une autre fois je vous parlerai de la ville de Sète elle-même,

très peuplée, hyperactive : quel contraste.


La "montagnette", au pied de laquelle cette ville s'est construite, 

et qui est comme un belvédère entre mer et étang,

est bien une petite montagne, aux pentes raides :

c'est en tout cas ce que pensent les cyclistes qui en tentent la montée ! 

 

 

 

C'est tout pour aujourd'hui.

 

Ciao ! 

 

***

 

Prochain article le 5 octobre.

 

***

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- Sète (et sa région) - 1 - Le Golfe du Lion - La montagne de la Gardiole -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

      Je vais tout d'abord vous présenter le Golfe du Lion.

 

 

dinosaures.jpg

 


 

Attention !

La Méditerranée n'est pas une piscine gérée par un célèbre club

pour distraire des clients fortunés et oisifs.


Elle forme, dans la région dont je vais vous parler,

qui va des Pyrénées jusqu'à la région de Marseille-Toulon,

elle forme un immense golfe sablonneux 

qui a reçu le nom de "Golfe du Lion"

car des vents violents et extrêmement dangereux 

peuvent  soudain s'y mettre à rugir, comme un lion.

 

Vacanciers, soyez prudents !

 

 


 

pyrénées

 

 

 

      Tout au long de ce littoral se forment des cordons de sable

qui ont tendance à isoler des lagunes remplies d'eau de mer

lesquelles, en se fermant, deviennent des "étangs" :

étangs d'eau salée. 

 

Ces étangs restent reliés à la mer par des chenaux : les "graus"

(En Polynésie, on les appelle des "passes").


Ces étangs sont innombrables, et forment comme un chapelet :

 je ne les représente ici que par des pointillés bleu clair.

 

Le seul auquel nous allons nous intéresser ( cette fois ! )

est le plus grand d'entre eux

et à vrai dire il est très particulier : c'est l'étang de Thau.

 

 

C'est de loin le plus grand :  75 KM carrés.

 

Pour vous donner une idée de sa taille comparons le :

il est beaucoup plus grand que le lac du Bourget ( 45 KM carrés)

et même que le lac du Der-Chantecoq, en Champagne ( 48 KM carrés).

Il fait presque le triple du lac d'Annecy ( 28 km carrés).

 

 

C'est donc bien plus qu'un lac : c'est une petite mer intérieure,

qui peut avoir ses tempêtes.

 

 

 

 

Sete-Etang10---23.02.2013-Mistral.jpg

 

 

 

 

Ce qui (je crois !) peut se produire quand le Mistral, vent du Nord,

souffle fort.

 

Les lames viennent éclater sur les rochers,

l'eau en reste toute vibrante.

Pas le moment d'aller se baigner !

 

Si le vent est plus fort, pas même question de photographier ! 

 

 

 

Sete-Etang8---23.02.2013-Mistral.jpg

 


 

Il est remarquable aussi par sa profondeur :

il descend jusqu'à 32 mètres (au Trou de la Bise).

La raison en est qu'il n'est pas un simple étang lagunaire.

 

 

 

Pour comprendre ce qu'il est,

il nous faut remonter dans le temps de ...

150 millions d'années.

 

 

 

Nous sommes alors à la fin du Jurassique,

l'ère des dinosaures.

 

 

 

 

dinosaures.jpg

 

 


De formidables dépôts calcaires se sont accumulés à cette époque

au fond d'une vaste mer appelée " Téthys ",

peu profonde en cette région.

.


Plus tard, sous l'effet des forces intérieures à la terre,

( les forces "tectoniques" )

ces couches de roches sédimentaires vont s'exonder

et se plisser comme une tôle ondulée.

Un creux de cette tôle, on l'appelle "synclinal".

Un haut, on l'appelle "anticlinal".

 

Cette succession de plis descend vers la mer.

Le dernier pli en hauteur, émergé, de cette tôle

est la montagne de la Gardiole.

 

 

gardiole.jpg

 

 

 

Cette montagne, calcaire donc,

modeste : elle culmine à 236 mètres,

s'étend sur 18 km, entre Sète et Montpellier,

et plus précisément  de Balaruc le Vieux (à l'Ouest)

à  Villeneuve - lès - Maguelone (à l'Est).

 

 

L'étang de Thau s'est installé dans le creux (synclinal) qui la suit. 

D'où la profondeur inhabituelle de cet étang.

 

La prochaine fois, nous allons zoomer sur lui.

 

Et je vous expliquerai ce que l'on voit sur la photo qui suit.

 

 

 

 

 

 

Sète barrou

 

 

      à bientôt.

 

 

***

 

 

 

      Prochain article le 3 ctobre.

 

 

***

 

 

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- Sète 2 - Je vous emmène à Miami ! - Mimosas à Sète et Mistral sur l'Etang de Thau -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

Bonjour bonjour

 

et bonne semaine.

 

 

Ici nous sommes dans le vent froid

 

sous un ciel gris

 

et une couche de neige a enseveli le sol.

 

La lumière est si faible, si anémique, si glaciale

 

que la neige elle-même semble grise.

 

 

Alors, vous savez quoi ?

 

Je vous emmène à Miami !

 

***

 

Première étape, premier Mi....

 

celui des mi-mosas.

 

Danielle m'a envoyé ces photos :

 

 

Mimosa1 - Fév. 2013

 

 

Ainsi sont les haies à Sète !

 

Enfin, il est presque un peu tard : la floraison est sur son déclin.

 

Elles commencent à perdre de leur splendeur.

 

On croit rêver, nous les gens du Nord !!!!!

 

 

Ce sont, n'est-ce pas , des bouquets de soleil,

 

des cascades de miel.

 

Rien que les regarder réchauffe le coeur

 

 

 

  Mimosa4 - 16.02.2013

 

 

Et voici le mimosa

 

qui se dressait dans le jardin de Danielle il y a un an

 

mais le gel 2011-2012 (?) l'a tué.

 

Sniff !


Sète plante mimosa 2011 danielle

 

 

 

Ah....

 

Les gens du midi connaissent-ils leur bonheur ?

 

 

 

Danielle m'a envoyé aussi quelques photos de son étang.

 

Je vais donc vous dire quelques mots sur cet étang : l'étang de Thau.

 

 

Il est bien remarquable !

 

 

Il est grand.

 

75 km 2

ce qui ne dit rien du tout.

 

Alors pour nous représenter sa taille, comparons-le à d'autres lacs ou étangs. 

 

L'immense lac du Der-Chantecoq, en Champagne (arificiel), fait 48 km2.

 

Le lac du Bourget : 44.

 

Le lac d'Annecy : 27.

 

Le lac d'Orient (en Champagne) : 23.

 

Le lac de Gérardmer : 1,16. 

 

Conclusion, cet "étang" est bien plutôt une petite mer !

 

Il est le plus profond des étangs de la région :

en moyenne, certes, il ne fait que 5 mètres,

mais par endroit il ce creuse,

et descend jusqu'à 32 mètres  au "Trou de la Bise". 

 

Cette profondeur s'explique par le fait qu'il se situe

au niveau d'un plissement géologique.

Il correspond donc au synclinal de ce plissement (à sa concavité),

 

l'anticlinal correspondant à la montagne de la Gardiole.

 

Ceci a des conséquences  : la croûte terrestre présente là une faille

laquelle explique les remontées d'eau chaudes venant des profondeurs

qui sont par exemple exploitées avec les eaux thermales de Balaruc les Bains.

Ceci explique aussi le volcanisme à Agde et à Maguelone.  

 

On peut aussi le considérer comme une lagune (un lagon !)

qui communique avec la mer par des "graus" en deux zones :

à Marseillan (à l'Ouest)

et à Sète (à l'ouest).

 

Cette "lagune" est séparée de la mer Méditerranée 

par un cordon littoral sableux 

qui relie Sète à Agde.

 

Je vous le présente :    


 

 

 

sete-lido--bis.JPG

 

 

      Cette vue est prise du mont St Clair, à Sète.

 

En bas le Lido, et la plage de la Corniche. 

 

A l'horizon on aperçoit le Mont St Loup (un volcan), à Agde. 

 

A gauche (Sud) la mer Méditerranée.

 

A droite, l'étang de Thau. 

 

On aperçoit les Salines. 

 

 

Et nous arrivons à notre deuxième Mi ! 

 

Le Mi de mistral. 

 

Car il lui arrive souvent de souffler

 

et regardez cet étang... n'est-il pas une mer ? 


 

Sete-Etang1---23-2.02.2013---Mistral.jpg

 

 

Au fond on aperçoit (je crois...) Mèze. 

 

Gare à la vague qui arrive :

 

quand elle va éclater sur les rochers

 

la photographe aura intérêt à lui tourner le dos !

 

 


Sete-Etang9---23.02.2013.jpg

 

 

et à ne revenir qu'une fois l'eau retombée.

 

Sete-Etang8---23.02.2013-Mistral.jpg

 

 

Merci Danielle pour toutes ces belles photos !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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