- Texte mystère N° 5 : le Paon * -
Curieux pouvoir du scanner :
sur le dessin du singe gris, on pouvait deviner un oiseau.
C'était un paon dessiné au recto.
Voici ce paon.
Mais on y retrouve le singe
avec la queue dans l'autre sens.
le paon
un paon sortit des bois
son brillant cou bleu étincelait au soleil.
il n'eut pas l'air de craindre l'auto
car il traversa la route avec une grande dignité
puis il disparut dans les champs.
***
Un instant banal pour un touriste ?
oui en effet.
Nous pouvons faire de telles rencontres là où nous habitons :
un lièvre ou un chevreuil dans les champs et bosquets,
un ragondin sur le bord d'un étang.
Des corneilles qui volent au dessus de nos têtes.
D'où viennent-elles ?
Où vont-elles ?
Que se racontent-elles ?
Se préoccupent-elles de nous ?
La même émotion peut jaillir alors,
en prenant soudain conscience que plusieurs mondes cohabitent,
avec des lois, des intérêts, des moeurs, des langages différents des nôtres.
Ces mondes peuvent se heurter, dans la violence,
ou du fait d'une volonté de possession de la part de l'humain,
comme le faisait remarquer Andrée.
Ou s'ignorer.
Ou se rencontrer amicalement,
avec curiosité, étonnement, sympathie.
Et parfois même entraide.
C'est le cas des dauphins, dit-on,
qui seraient venus sauver des hommes en grand danger.
Cette entraide entre espèces différentes est troublante.
Si nous pouvions la développer vis à vis du monde animal...
ce serait naturel, et ....merveilleux.
Entraide, mais sans ingérence, sans possessivité,
avec respect de l'autre, de sa vie, de ses intérêts.
Et même si les hommes pouvaient appliquer cela entre eux...
ce serait pas mal, non ?
On peut même aller plus loin :
notre propre corps est un monde complexe
qui ne se limite pas à nous même.
Nous abritons des milliards de vies autres que la nôtre.
Entre "nous" et "eux" existe un subtil équilibre.
Si nous prétendons "posséder" notre corps
et le contrôler (par de la chimie !) avec un esprit de conquistadores...
le danger est grand pour nos commensaux
mais aussi, par retour du bâton... pour nous même.
Mais cela est une autre histoire.
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