- Bonheur - Malheur - 1 - Qui l'emporte ? - Le conte de Pauvre JO -
Qu'est-ce qui l'emporte dans une vie ?
Dans la mienne... dans la vôtre.
Le bonheur ou le malheur ?
Les peines ou les joies ?
Comment faire le bilan ?
Connaissez-vous le conte du pauvre JO ?
Pauvre Jo.
Jo était pauvre.
Il n’avait qu'un cheval.
Ses voisins venaient le voir et disaient :
« Pauvre Jo, tu n’as q’un cheval !
Tu n’as vraiment pas de chance !».
Et lui répondait : « Bof Bof, on verra bien ».
Un jour son cheval est parti.
Il n’avait plus de cheval du tout.
Les gens sont venus le voir et lui on dit :
«Pauvre Jo, ton cheval est parti !
Tu n’as vraiment pas de chance ! ».
Et lui répondait : « Bof Bof, on verra bien ».
Un jour son cheval est revenu
et il ramenait cent chevaux sauvages derrière lui,
qui sont rentrés dans la cour.
Les gens sont venus le voir et lui on dit :
« Et bien Jo, tu as beaucoup de chance ! ».
Lui a répondu : « Bof Bof, on verra bien ».
Jo avait un fils.
Lui et son fils ont dressé les cent chevaux,
et ils sont devenus riches.
Les gens sont venus et ont dit :
« Et bien dis donc Jo, tu as vraiment beaucoup de chance ! ».
Et lui a répondu : « Bof Bof, on verra bien ».
Un jour, en dressant les chevaux,
son fils s’est cassé une jambe.
Et après, il boitait.
Les gens sont venus le voir et lui ont dit :
« Pauvre Jo, tu n’as vraiment pas de chance !
Tu n’as qu'un fils, et maintenant il boite
et ne peut même plus monter à cheval ».
Et lui répondit : « Bof Bof, on verra bien ».
Un jour la guerre a éclaté : Boum !
Boum Boum et Boum !!!!
Tous les jeunes hommes du village sont partis à la guerre.
Seul le fils de Jo est resté au village.,
On n’avait pas voulu de lui.
Les gens sont venus et ont dit à Jo :
« Et bien dis donc, Jo, tu as vraiment beaucoup de chance !
Tous nos fils sont partis,
et le tien est resté ! ».
Jo a répondu : « Bof Bof, on verra bien ».
Bon, chacun de vous peut continuer cette histoire...
car c'est un peu celle de chacun de nous.
Mais si vous voulez, je puis vous raconter une histoire vraie.
C'est celle d'un bien beau jeune homme.
Appelons-le Xavier.
Intelligent, joyeux, aimant la vie.
Toutes les filles étaient folles de lui
et ma foi... bon, je peux pas tout vous raconter !
A l'âge de 22 ans, un beau jour d'été...
il quitta la capitale pour descendre sur la Côte d'Azur.
En voiture : la voiture sport de son cousin.
Ah les belles vacances en perspective !
Arrivés sur la Côte...
il ne restait plus que quelques kilomètres à faire...
le cousin conduisait...
il a raté un virage.
La voiture est descendue dans un petit ravin.
Oh pas très profond.
Un petit accident en fait.
Seulement Xavier... ne pouvait plus bouger ses jambes.
Section de la moelle lombaire.
Paraplégie.
Définitive.
Fauteuil roulant.
Il n'y avait pas que les jambes qui ne bougeaient plus.
Avec les filles... ce n'était plus pareil non plus.
Ce qui n'empêche pas l'amour.
Xavier ne se découragea pas.
Il apprit à conduire une voiture.
Il vécu avec une femme un grand amour.
Ils désirèrent avoir un enfant.
Ils voulaient une fille, qu' ils auraient appelée Anna.
Mais voilà...
les petites graines, têtues, restaient dans leurs tabernacles.
Impossible de les en faire sortir.
Même en leur chantant :
ah tu sortiras, biquette biquette ...!
On leur parla d'une possibilité :
faire pour eux un peu ce que les insectes font pour les fleurs.
Mais ils n'osaient pas.
Une nuit il fit un rêve : il participait à une fête juive
et la foule n'arrêtait pas de chanter :
Hosanna, Hosanna !
Xavier compris qu'on lui criait : Ose Anna ! Ose Anna !
Le lendemain, il dit à son amie : on y va !
Ils firent le nécessaire, et vint une fille.
Et ce fut Anna
qui devint la plus jolie des petites filles !
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Bon... pourquoi je vous raconte tout ça ?
Parce que je ne sais comment le dire.
Mais le bonheur et le malheur, ça ne se comptabilise pas .
Il y a bien sûr des évènements terribles qui peuvent survenir...
et nul ne peut les minimiser.
Mais au delà de ces drames, la question reste posée.
Même frappés par de grands malheurs,
certains d'entre nous garderons un élan, un foi dans la vie...
on pourrait dire une joie de vivre.
Même s'ils sont crucifiés par la vie.
D'autres, avec ou sans grands "malheurs",
se lamenteront, se jugeront irrémédiablement malheureux.
Seront d'une humeur de charbon.
Pardon d'avoir abordé un tel thème, bien trop profond.
Mais voilà, c'est fait...
Alors je m'éclipse.
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