- L'intelligence des oiseaux - 1 - Un conte d'Esope : la corneille et la cruche -
Mon séjour dan l'île aux trois pins a été fructueux.
J'ai trouvé un parchemin, caché dans une vieille armoire.
Et je l'ai déchiffré...
j'y ai lu un conte d' Ésope : la corneille et la cruche.
Le voici.
Il était une fois une corneille.
Elle avait très soif.
Elle trouva une cruche qui contenait de l'eau.
Mais si peu, le niveau était si bas....
qu'elle ne pouvait pas même y boire une goutte.
Elle essaya de renverser la cruche,
mais impossible : elle était bien trop lourde.
Elle désespérait de parvenir à étancher sa soif
quand elle aperçut, autour de la cruche, des cailloux.
Elle en prit un dans son bec, et le fit tomber dans la cruche.
Puis un second.
Puis un troisième.
Elle continua et continua.
Finalement le niveau de l'eau s'éleva dans la cruche
et elle put boire et satisfaire sa soif.
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Que pensez-vous de cet animal ?
Peut-être que vous vous dites que c'est une histoire... inventée.
Qu' Ésope a voulu, en bon fabuliste,
nous rappeler la nécessité d'être inventif et persévérant.
Mais que les oiseaux, les corneilles en particulier,
ne sont pas aussi intelligents.
Et bien détrompez vous.
Des chercheurs actuels ont beaucoup étudié les oiseaux,
spécialement le comportement des corvidés,
( en particulier geais, corbeaux freux, corneilles )
( la pie est aussi un corvidé )
et leurs conclusions sont étonnantes.
Ésope ne raconte pas seulement "une fable" ,
comme on l'a longtemps cru .
Il avait très certainement observé ce manège qu'il a décrit.
Je vous rappelle qui était Ésope.
Un esclave qui vivait en Grèce voici 2.500 ans.
Il fut affranchi.
Il était laid, boiteux, bossu et bègue.
Mais il ne devait pas avoir les yeux dans sa poche !
Et bien nos chercheurs ont replacé des corneilles
dans la même situation que celle évoquée par Ésope
et à leur grand étonnement, ils ont observé le même comportement !
Leurs observations ont été encore plus fructueueses.
Les corneilles sont capables d'utiliser des outils,
et même d'en fabriquer.
En l'occurence de prendre de fins bâtons
pour aller chercher des vers ou des fourmis
au fond de leurs galeries, dans de vieux arbres.
Mieux, bien mieux encore !!!!
Si on dispose des vers au fond de trous de diverses tailles,
et que l'on met à la disposition de ces oiseaux, à proximité,
des tiges de fil de fer de diverses tailles,
les corneilles choisissent ....sans se tromper
le fil métallique qui sera de la bonne longueur.
Certaines mêmes sont parvenues à tordre l'extrémité de ces fils
pour fabriquer comme une sorte d'hameçon....
On savait que les chimpanzés pouvaient utiliser des outils,
on ignorait que les corvidés en étaient capables.
Si bien que certains chercheurs ont proposé d'appeler les corneilles
des " primates à plumes ".
Vous voulez mieux encore ?
Il y a mieux.
Comment faisons-nous pour savoir
ce que les autres pensent, désirent, ressentent ?
C'est de la "psychologie", allez-vous penser, et d'ajouter :
voilà que ça lui reprend !
Et bien nos corneilles réagissent comme nous.
A moins que ce soit le contraire.
Vous voulez en savoir plus ?
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