- Un conte pour tous les humiliés de la terre : " Le passeur de lumière" - 4 : Je croyais que je n'étais rien -
pardon :
j'ai quelques ennuis avec ...la police (!)
je n'arrive pas à éliminer des lignes de pointillés qui sont venues je ne sais pourquoi.
« Euh…
Et vous, comment vous appelez-vous ? »
« Je m’appelle Jean » dit l’homme.
Drôle de surprise pour Jean-Jean.
Il réussit pourtant à bafouiller quelques mots.
« Et vous venez de loin ?
Je viens de nulle part et de partout.
En fait, je vis un jour ici, un jour là.
Un jour verra.
Je vais où le devoir m’appelle.
Ah bon » dit Jean-Jean, quelque peu étonné,
pendant que les mots continuaient à résonner dans sa tête :
« Un jour ici, un jour là…………..un jour verra… »
Tout ricochait sur un air de déjà entendu.
Pourtant il parvint à articuler :
« Mais quel est votre devoir ?
-Je suis le passeur de lumière.
Ton tour viendra…dit l’homme.
- Le passeur de lumière ? » répéta Jean-Jean incrédule.
« Mon tour viendra… ? » dit-il de plus en plus surpris.
Puis il aperçut de nouveau la lanterne.
« Alors la lanterne, c’est pour ça ?
En quelque sorte, répondit l’homme,
parce que les hommes ont besoin de symboles.
Mais la lumière dont je parle…
- Elle est cachée dans le cœur, répliqua Jean-Jean,
elle est là dans le cœur
et tu la fais jaillir. »
Jean-Jean était interloqué, il avait parlé sans savoir !
Et les mots s’étaient imposés sans qu’il sache comment ni pourquoi.
« C’est exacement ça.
Tu es donc bien celui que je cherche. »
Jean-Jean était abasourdi.
Il comprenait sans comprendre.
Il savait sans avoir appris.
Il savait que c’était un moment unique.
Comme un rendez-vous d’amour avec lui-même.
Il s’agenouilla aux pieds de l’homme et demanda : « Apprenez-moi ».
L’homme s’assit près de lui.
D’un geste digne et doux, il releva la tête de l’enfant et la tourna vers lui.
« Comment t’appelles-tu ? »
Les yeux de Jean-Jean se mouillèrent de larmes.
Entre deux sanglots il parvint à articuler :
« Jean-Jean, c’est moi Jean-Jean .
-Pourquoi vouloir fuir ton prénom ?
-Je…je croyais que je n’étais rien.
-Jean-Jean , c’est tellement...Unique, coupa l’homme.
Unique comme toi, comme chacun.
Car chaque homme a une destinée unique et remarquable.
Le rôle du passeur de lumière
est de révéler à lui-même celui qui a perdu sa foi en lui. »
Jean-Jean buvait ses paroles.
Il savait que l’homme disait vrai.
Pour la première fois il naissait à lui-même.
Il devenait celui qu’il avait refusé d’être : Jean-Jean.
L’homme reprit :
« Jean-Jean,
un jour verra,
ton tour viendra.
Toi, deux fois Jean, tu seras le prochain passeur de lumière.
Telle est ta destinée.
Le veux-tu ? »
Les yeux de Jean-Jean brillèrent d’une intensité nouvelle.
L’immensité de l’espace se refléta dans son regard.
Il regarda l’homme,
toucha le bâton et caressa la lanterne.
Son visage s’éclaira d’un rayonnement merveilleux
et il répondit :
« Oui, je le veux. »
Je le veux !
Texte de Janine Boutry, poète, artiste peintre.
Trouvé par ** dans optime, guide du mieux être septembre 2011.
Je tiens à féliciter Janine Boutry pour ce texte , excellent,
et la remercier si elle veut bien ne pas me tirer les oreilles
pour le lui avoir emprunté.
Et pour y avoir glissé quelques minuscules modifications.