- L'intelligence des oiseaux - 2 - Méfiance, entraide, réconciliation, consolation -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

Nous n'avons pas encore rencontré de Martiens,

ni d'habitants d'exo-planètes,

mais nous commençons à en savoir un peu plus sur les animaux.

 

Et ils nous stupéfient !

 

Nous savons depuis un moment maintenant

que les grands singes, les primates, nos cousins,

sont capables de réflexion, de déduction, d'inventivité,

de se servir d'outils,

et qu'ils sont même capables d'en créer.

 

Et de se transmettre leur savoir.

De s'apprendre les uns les autres à faire quelque chose.

 

Nous savons depuis peu qu'ils sont capables,

après un conflit qui les a durement opposés, de se réconcilier.

 

Et même qu'ils sont capables d'éprouver de la compassion

ce qui les pousse à venir consoler celui qui a été éprouvé.

 

Mais ce que nous ne savons que depuis très peu de temps,

c'est que les oiseaux, et plus précisément les corvidés,

sont capables des mêmes performances,

et on serait tenté de dire ... des mêmes sentiments.

 

 

 

 

                             geais-2.jpg

 

 

 

Les travaux de recherche qui établissent ces conclusions avec certitude

sont nombreux, et passionnants.

 

 

Ils ont même permis d'observer... chez l'animal !

ce qu'en psychanalyse nous appelons le processus de la " projection ".

 

C'est véritablement stupéfiant !

 

Stupéfiant de découvrir que les procédés les plus complexes

que nous pensions spécifiques de notre vie psychique,

sont utilisés , non seulement par des primates, mais par des oiseaux !

 

Je ne vais pas pouvoir vous exposer toutes les recherches, nombreuses,

qui ont abouti à ces conclusions.

 

Quelques bribes seulement.

 

Les geais ont l'habitude de cacher leur nourriture : noix , graines,

mais aussi des denrées périssables, mouches, gros insectes.

 

Des études très poussées ont été faites en particulier sur une espèce de geais :

les casse-noix d'Amérique, qui vivent dans les forêts de pins, en altitude,

depuis la Colombie Britanique  au Nord  jusqu'à la Basse Californie au sud.

 

 

                                cassenoix-d-amerique.jpg

 

 

Ces oiseaux, mangeurs de graines de pin, ont une mémoire fabuleuse.

 

Ils cachent des milliers de graines dans des milliers de caches différentes.

Mais leur mémoire n'est pas que spatiale.

Elle est aussi temporelle : ils mémorisent la date de péremption des aliments qu'ils ont cachés.

Consommant en priorité ce qui ne va pas se conserver longtemps.

 

S'ils ont été empêchés d'aller à temps prélever un aliment ,

ils l'abandonnent : ne se rendent plus à la cache.

 

Mieux : ils tiennent compte de la météo pour moduler les dates de péremption:

en cas de fortes chaleur, ils la raccourcissent, et dans le cas contraire l'allongent.

 

 

Geais, corneilles, sont capables de toutes ces performances.

 

Une corneille peut vivre 25 ans.

 

Elle se souvient de ses amis,

mais aussi du mal qui lui a été fait,

peut-être même plus longtemps que la mule du pape

qui décocha un coup de pied vengeur 7 ans après ce que lui avait fait subir un garnement.

 

Mais je m'égare : ce n'est pas ce que je voulais vous dire ! 

 

Cacher de la nourriture a un inconvénient.

Si quelqu'un vous a vu la cacher, il peut aller s'en emparer avant vous.

 

Les oiseaux qui se sentent observés alors qu'ils cachent quelque chose,

une noix par exemple, renoncent à la cacher à cet endroit,

et en cherchent un autre... que personne ne connaîtra.

Ou bien ils cachent un caillou dans la première cache.

 

On s'est demandé si ce comportement de méfiance était inné ou acquis.

 

Et bien.... il est acquis.

 

Au début l'oiseau dépose ses nourritures excédentaire sans méfiance,

même s'il est observé.

Il continue  à cacher sans méfiance même s'il a été volé.

 

Quand va-t-il commencer à devenir méfiant ?

 

Quand il aura volé lui même !

 

C'est alors, et alors seulement, qu'il va adopter le comportement méfiant.

 

Voyez-vous ce que cela signifie ?

 

Ceci :

 

Ce n'est que lorsque le désir de voler la nourriture que les autres ont cachée

que naîtra en lui la méfiance, qu'il aura conscience de cette possibilité,

qu'il pourra comprendre que les autres peuvent aussi avoir ce désir.

 

Avant il est innocent et naïf : il ne se méfie pas.

 

Et il est sans doute vrai que ses congénères ont envie de voler.

 

Mais lui ne le sait, ne l'imagine, que lorsqu'il perçoit ce désir en lui.

 

C'est ça la "projection".

 

Ce que j'éprouve, je suis amené à supposer que d'autres l'éprouvent aussi.

Et je me méfie (dans ce cas précis)

mais cela est vrai pour tout autre sentiment.

 

La projection de ce que j'éprouve

est une façon de connaître l'autre,

ou au moins une tentative pour le connaître :

j'imagine qu'il éprouve ce que j'éprouve.

 

J'ai été trop long

aussi je ne vais pas céder à la tentation

de parler de certains de nos comportements humains

qui ne différent pas de celui de ces corneilles.

 

Je ne vais pas non plus pouvoir vous parler

de ces comportements de consolation, ou de réconciliation,

lesquels montrent que ces oiseaux (observation sur des corneilles de Nouvelle-Calédonie)

sont capables de se mettre à la place des autres oiseaux de leur groupe,

de ressentir ce qu'ils ressentent ,

par exemple de la détresse,

sentiment qu'ils ont déjà éprouvé eux mêmes,

et à partir de là ils viennent aider celui qui en a besoin à surmonter son trauma....

 

alors ils s'approchent de lui

et posent leur bec sur celui qui a besoin d'être consolé....

 

ça fait réfléchir, non ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mari jo 13/06/2012 14:50


Bonjour pinson déplumé,


J'aurai fait comme toi pour cette brave corneille. Dans notre jardin, un jour, j'ai trouvé un petit écureuil mort et une autre fois aussi mais devant la masure.
Nous avions pensé que c'était notre gros chien avec sa grosse patte qui y avait été un peu fort. Et un autre jour, en observant ces petits écureuils sur le sol à la recherche de nourriture, nous
avons pu voir qu'en fait, ils étaient attaqués par les merles.


Je ramasse les fruits tombés mais j'en laisse quelques uns pour ces petits animaux et en fait les merles ne voulaient pas que l'écureuil approche du fruit qu'il
s'était approprié. Je partage avec eux les noix et autre...Après ils se débrouillent entre eux ; seulement le merle n'est pas partageur avec un autre animal autre que sa race. Ah !
L'égoïste.


Oui, ton texte donne à réfléchir et c'est pourquoi je dis souvent que certains êtres humains qui se disent civilisés feraient bien de prendre exemple sur
certains animaux ou encore sur certaines tribus de gens que l'on dit sauvages. Et c'est le pourquoi j'aime énormément les indiens d’Amérique et d'Amérique du sud car il en existe encore. Très peu
mais ils sont encore là.


Donc, la civilisation a du bon et du mauvais. C'est ma conclusion car je serai trop longue.


Bonne journée et bise à toi pinson déplumé.

kasimir, dit pinson déplumé 13/06/2012 17:45



sympa ce partage


mais apparemment les merles ne sont pas d'accord pour partager !


je ne les aurais jamais cru capables de tuer un écureuil !


un bec d'oiseu peut-être redoutable.


Je comprends mieux pourquoi ils vont très vite quand ils traversent un espace découvert.


Bravo : tu es une observatrice vigilante ! 



Mari jo 12/06/2012 15:16


Dis pinson, je n'ai pas le n° 1. Bise à toi pinsopn déplumé.

kasimir, dit pinson déplumé 12/06/2012 16:10



il est paru le 6 juin


cherche bien !


Quand j'ai fait ma balade en voiture tout à l'heure, pour aller à un village voisin (11 km)


j'ai vu une centaine de corneilles : sans doute un camion avait-il perdu une partie de son chargement, et ces oiseaux profitaient de l'aubaine.


A mon retour, c'était fini, mais une cornelle avait été tuée par une voiture.


Je me suis arrêté et l'ai ramassée avec émotion.


Elle était toute chaude encore.


Quel superbe ULM vivant, et que sont riches ses plumes aux reflets violets !


finesse des rémiges, largeur des plumes caudales....


Poids : 450 gr


envergure : 90 cm


longueur bec >>> queue : 40 cm


un instant de vie dans la nature.....



Danielle 11/06/2012 14:04


Je viens de lire ta réponse et je voudrais te dire que tu as parfaitement compris ce que j'ai voulu exprimer. A mon avis certains animaux, et les oiseaux notamment, éprouvent envers l'humain qui
les a aidés, sauvés, une reconnaissance franche et sincère, un sentiment de gratitude qui n'est jamais intéressé, contrairement aux hommes bien souvent. Un jour que nous relachions une chouette
effraie après plusieurs semaines de soins, l'oiseau s'est envolé sous nos yeux ravis ... mais émus ... soudain il est revenu, a tournoyé trois ou quatre fois au dessus de nos têtes, en volant
doucement, d'un vol plein de douceur d'où émanait une espèce d'émotion, comme un dernier au-revoir, un ultime remerciement. Si on ne me croit pas, ça ne me dérange aucunement, j'ai la vision de
ce bel oiseau au plumage si soyeux, que l'on dit sauvage ... et ce moment inoubliable, absolument admirable. Cette image ne me quittera jamais ! Certaines relations humaines n'ont pas cette
intensité, cette pureté. Alors je suis d'accord pour persister, patienter dans une attitude de soutien, de réconfort ... un certain temps, mais si l'autre refuse de grandir, de s'en sortir, alors
il faut prendre une décision car ce n'est pas l'aider que de l'assister pendant des mois, des années et de trouver en face toujours plus de demandes, d'exigences. Tout n'est pas du, il faut
savoir arriver à se prendre en charge, on ne peut pas être assisté toute la vie car comme tu le dis notre vie est limitée dans le temps et on ne peut pas la sacrifier en vain, toujours se
soumettre ! Après il est trop tard ... Alors tu vois, le remerciement pour moi, je le trouve en scrutant les falaises où ces oiseaux ont reproduit, où les jeunes qui sont nés ont à leur tour
donné la vie, c'est une chaine ... et je trouve aussi la plénitude en perdant mon regard à l'horizon, là où la mer rejoint le ciel, loin des tensions humaines ... je sais que tu me
comprends. Je t'embrasse pinson. Danielle

kasimir, dit pinson déplumé 11/06/2012 16:28



Moi je te crois.


J'ai vécu quelque chose d'un peu semblable avec un pigeon de Paris


je l'ai peut-être déjà raconté, mais pourrai le faire encore.


Pour ce qui est de patienter, bien sûr qu'il doit y avoir des limites.


Et c'est un service à rendre à autrui de lui rappeler que le temps , pour nous, n'est pas infini.


C'est simplement la réalité, et il serait folie de n'en pas tenir compte.


De plus se soumettre sans limite dans le temps serait s'engager soi même dans un jeu sado maso, où l'on tiendrait le rôle du masochique qui se livrerait
au sadique sans même envisager de se défendre.


Dans ce cas la perversité serait des deux côtés, et la responsabilité partagée.


Bisous Danielle


bonne après midi.


 



Kodick 10/06/2012 23:44


oh la la ! C'est fabuleux ce que tu expliques là ! Et vraiment j'adore tes aquarelles ... tellement représentatives de tendresse ! Bravo Kasimir c'est beau

kasimir, dit pinson déplumé 11/06/2012 16:09



oh merci Kodick, la cinéaste



Danielle 10/06/2012 19:20


Ce texte fait réfléchir, en effet ! On dit que les corvidés sont aussi intelligents que les singes. Cela parait incroyable mais leur comportement est assez identique. La corneille se souvent de
ceux qui leur ont apporté leur aide, leurs soins, leur amitié en quelque sorte et c'est assez impressionnant? Elles reconnaissent leurs amis, ça je peux l'affirmer pour l'avoir vécu, aussi
incroyable que ça puisse paraitre. C'est un peu comme un enfant : il a confiance, il croit ce qu'on lui dit car son coeur est pur, il est naïf et ne se méfie pas. C'est la vie qui lui apprend à
comprendre, à être prudent et clairvoyant et là c'est le rôle des parents qui est primordial. Les comportements humains ne diffèrent pas de celui des oiseaux dis-tu ? Je crois que si. Face à la
détresse, à la souffrance on est ému, on a envie d'aider surtout si on a souffert soi-même ! Alors on tend la main, on offre cette aide indispensable pour se reconstruire mais l'humain est
quelquefois buté, enfermé dans sa certitude et parfois fermé aux tentatives de celui qui souhaite aider. Alors la bonne volonté, la patience a des limites. Si l'autre veut bien accepter notre
aide, on prendra sa main avec bienveillance, on l'entourera, mais devant un mur d'hostilité ... inutile ! Personnellement, je tente, j'essaie spontanément mais la bonne volonté, la compassion
(est-ce bien le mot ?) ne sert à rien selon la personnalité de l'individu parfois tellement complexe. Alors faut-il persister dans ce cas ? Je ne le pense pas ! Mais bien entendu c'est mon propre
ressenti ! Je suis trop longue, il faudrait développer tellement pour être clair ! En deux mots : je souhaite t'aider, tu réponds par de l'agressivité, je patiente, j'insiste mais ... alors
je regrette mais je ne suis pas du genre à tendre l'autre joue en attendant que tu frappes !!! Tout a des limites ...il faut savoir les respecter !!! Gros bisous pinson et bonne soirée après une
journée que j'espère agréable pour toi (!). Danielle

kasimir, dit pinson déplumé 11/06/2012 12:53



C'est très impressionnant !


Toi qui a vécu de nombreuses expériences avec les oiseaux, ce serait bien si tu pouvais les décrire, avec le maximum de détail.


car ce sont véritablement ces observations, individuelles, souvent fortuites, qui font progresser notre savoir, notre compréhension du monde, dans ce
domaine précis comme dans beaucoup d'autres.


Dans nos relations humaines, ce sont, je crois, les même mécanismes qui sont en jeu.


Mais les forces psychiques sont bien plus difficiles à répérer que les forces physiques (chaleur, pesanteur, rayons électomagnétiques, etc)


Tu dis que les animaux réagissent d'une autre façon que les humains...


sans doute, mais les humains eux-mêmes réagissent différemment les uns des autres.


Faut-il persister dans une attitude (d'aide offerte à l'autre) si cet autre la rejette ?


Oui et non.


Il faut patienter, continuer à espérer, donner le temps à l'autre de changer, de comprendre son erreur, de grandir en somme.


Mais arrive un moment où l'on peut en effet considérer que ça suffit, et arrêter les frais, en quelque sorte.


Car notre propre vie est limitée dans le temps.


Celui qui s'entête dans une attitude de refus, de fermeture absolue, semble croire qu'il a l'éternité devant lui pour se décider.


Ce n'est pas vrai : ça vie s'écoule et va arriver le moment où il sera définitivement trop tard.


Il est normal et sain de le lui rappeler cette vérité.


Donc à mettre fin à une relation.


Quand... ? A chacun de décider.


Bonne journée Danielle, profite des beaux jours,


du vent qui fait des frisettes à son amie l'eau.


Cette compagle nous est précieuse pour nous dégager de certaines tensions humaines.


Gros bisous pour toi aussi.



erato:0059: 10/06/2012 19:07


C'est extraordinaire  ces comportements. Je n'avais pas réalisé que nous abordions l'autre avec nos ressentis. Mais ils peuvent avoir un regard  différent?


Un billet passionnant.


J'aime beaucoup tes dessins.


Belle soirée, bises Pinson

kasimir, dit pinson déplumé 11/06/2012 12:26



oui c'est certain


il arrive que je devine juste ce que l'autre pense, désire, ressent, ce qu'il craint, ce qu'il imagine lui même


et il arrive que je me trompe plus ou moins complètement.


On pourrait dire que le but de l'amour, dans une relation qui dure, se développe,  malgré les inévitables mésententes qui ne manquent pas de
survenir, c'est de parvenir à "connaître" l'autre de plus en plus profondément... et véritablement;


Dans le fond, quand on se marie, c'est bien pour faire ça


mais dans la suite, cela s'avère une entreprise bien plus compliquée que prévu.


Et dans les grandes mésententes conjugales, c'est toujours ces distortions d'images qui sont en cause.


L'image que A se fait de B est totalement déformée


et l'image que se fait B de A ne l'est pas moins.


Il arrive un moment où les images que chacun se fait de l'autre sont si déformées, et rigidifiées , que la rupture (sentimentale) est inévitable.


Ces images fonctionnent comme de vitres de plus en plus épaisses.


Mais... il faut que j'aille éplucher mes pommes de terre, alors j'arrête !


Bises, Andrée, et bonne journée.



hélène 10/06/2012 16:12


Sujet très bien traité, et les deux oiseaux du début...j'adore leur attitude.


Si on entre dans le comportement humain,je me demande si l'imagination ne joue pas un rôlr important dans le désir de comprendre l"autre", comme tu le dis çà peut dérailler parfois, et là
attention danger.


 


Bonne journée et bises


hélène


 

kasimir, dit pinson déplumé 11/06/2012 12:08



oui bien sûr : j'ai absolument besoin d'imaginer l'autre , c'est-à-dire de m'en faire une "image", en langage "savant", une réprésentation.


Si je "n'imagine " pas l'autre, c'est comme s'il n'avait pas d'existence pour moi.


Par le blog nous nous construisons une certaine image de plusieurs personnes que nous n'avons jamais vues.


Quand nous nous rencontrons physiquement , cette première image est bousculée, et remplacée par une autre image.


Mais cette nouvelle image est encore discutable.


Connaissons nous vraiment l'autre, même un conjoint ?


En partie, oui, mais ce n'est jamais parfait.


En plus  bien sûr, on peut grossièrement se tromper


et "projeter" sur l'autre nos propres images internes (nos désirs par exemple : désirs érotiques, désirs de voler, de tromper, de tuer même, et
autres)


ça c'est la pathologie de la "projection".


Don quichotte prenait les moulins à vent pour de dangereux ennemis.


Dans son cas, cela nous fait seulement rire à son détriment.


Mais dans le monde humain, ça peut conduire à des drames, des haines, des conflits conjugaux sur des bases imaginaires, des meurtres même.


Pourquoi les tueurs dont l'actualité nous parle ?


Qu'ont-ils "projeté" sur leurs victimes ?


Alors oui : danger ++++


bises, Hélène, et protège ton cou... même des courants d'air !!!!



telos 10/06/2012 13:25


zut!! moi qui me dis animale pour justement naviguer sans sentiment... que me reste-t-il?...l'ascèse


bon dimanche

kasimir, dit pinson déplumé 11/06/2012 11:53



Tu cherches en vain à t'affranchir des sentiments : c'est mon intime conviction.


Les sentiments en nous, c'est ce qui nous distingue d'un poireau


ou d'un grain de sable.


Quant à l'ascèse... c'est quoi ce truc là ?????



gazou 10/06/2012 08:14


 c'est vraiment époustouflant !


Une si petite tête et tant de sentiments!

kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2012 10:56



oui, c'est !!!!!!


poids d'une corneille : bien moins que le kilo


alors la tête, le cerveau... combien ?


même les pinsons, parfois, arrivent à réfléchir...


ouf !



eMmA 10/06/2012 00:55


Non, tu n'as pas été trop long, tu as été très intéressant.


Je ne suis pas sûre d'avoir compris avec finesse. Cela signifie-t-il que pour comprendre l'autre dans tout son ensemble, il faudra avoir vécu une vie riche et expémrimenté bien des sentiments
pour pouvoir se mettre en empathie avec lui?


 


 

kasimir, dit pinson déplumé 10/06/2012 10:50



bien entendu !


nous ne connaissons de l'autre que ce qui est en nous


sinon nous sommes totalement aveugle à son vécu, nous n'en avons aucune idée.


un exemple :


en été, en pleine journée, pas le moindre nuage


je regarde le ciel, et je dis : le ciel est bleu.


mais toi, tu le vois comment ? Quelle est TA sensation ?


J'imagine que c'est la même, que tu ressens la même chose que moi.


Mais je n'en sais rien, je ne suis pas dans ton cerveau


Simplement  j'imagine que tu ressens la même chose que moi.


c'est ça la "projection" : elle nous permet de ressentir ce que l'autre sent.


parfois elle déraille (c'est un autre problème)


un aveugle de naissance, peut-il savoir ce que c'est que le bleu ?


(je pose seulement la question)


Alors oui : l'empathie repose là dessus.