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Une trilogie : un conte, une rencontre, un rêve - 4/... : la femme-renarde.... -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

Ne nous y trompons pas :

ce conte n'est pas une banale histoire un peu loufoque.

(Loup-Phoque ?)

 

C'est une porte, possible, entrebâillée, vers la profondeur de nos vies.

 

Un gribouillis évoquant nos amours.

Et la difficulté de les épanouir.

 

Un seul signe pourrait suffire à le montrer :

il faut à l'étudiant, pour parvenir jusqu'à TSEU,... trois jours.

 

Trois jours, c'est la clé des contes.

Et de toute évolution mystique.

Mort-résurrection.

 

Trois jours, symbole universel ?

 

Cela signifie que la démarche que ce garçon entreprend

est l'essence même de sa vie.

 

Trois jours...

cela veut dire, en pratique, peut-être trois ans, ou trente ans.

 

La bible nous dit que dieu a fait le monde en 2 fois 3 jours.

Ou en 6 milliards d'années... va savoir ....

 

Autre signe.

C'est un étudiant pauvre.

 

Mais c'est le prototype même de l'être humain !

 

Débarquant dans la vie, nous avons tout à apprendre !

Nous sommes à l'extrême de la pauvreté : nous ne savons rien.

Mais rien, ce qui s'appelle rien.

Et nos moyens d'apprendre sont infimes.

Tellement fragiles.

 

L'étudiant arrive dans cette vallée de la vie

où coule le fleuve du temps.

Il s'approche des autres "chercheurs".

Ceux-ci discutent, se montrent leurs trouvailles.

 

N'est-ce ce que font tous les hommes ?

Ils cherchent des cailloux, ou autre chose, peu importe.

 

Et si ces "fleurs de pluie", c'étaient les femmes ?

 

Ils se "montreraient" leurs conquêtes, discuteraient de leurs nanas !

Qui donc a trouvé la plus belle ?

 

Les cailloux que l'étudiant a trouvé semblent quelconques, sans éclat.

Est-ce si sûr ?  

 

Mais tout le monde n'a pas le bonheur (?)

de rencontrer Marilyn Monroe.

Ou Diana (!). 

 

Et après, qu'est-ce que cela fait ?

 

Bref, voici l'étudiant (chacun de nous) à la recherche du grand sage :

il veut voir TSEU

qui, lui, est sensé tout savoir, détenir la vérité.

Lui doit savoir ce qu'est l'amour !

 

Et justement l'étudiant fait un rêve érotique.

 

Érotique ?????

Et oui : le sexe est le piment de nos vies.

Non ?

Qui oserait le nier ?

 

Le matin, sont lit est défait, en piteux état.

Là, bien des hypothèses sont possibles.

 

 

S'est-il agité seul ?

C'est  peut-être un sagittaire dont la devise est probablement :

(s') agiter avant de s'en servir !

 

Ou bien il n'était pas si seul que ça....

Le papier sous les cailloux tendrait à le prouver.

 

La confusion dans l'esprit de ce jeune homme est telle qu'il ne se souvient plus très bien.

Ce qui me fait penser à la délicieuse chanson de Jeanne Moreau :

" J'ai la mémoire qui flanche "

 

Bref, réalité d'une rencontre, ou auto érotisme agrémenté de fantasmes....

là n'est pas l'important.

 

Le voici parti à la recherche de ce pont.

Le pont du rendez-vous !!!!!

 

Le pont : un puissant symbole s'il en est.

Sur le pont, ou sous le pont ?

Dans les deux cas : lieu captivant.

Sous ce pont coule le fleuve de la vie.

 

L'origine du monde, dit fort justement Courbet.

Passons !

 

Ils se trouvent.

Un couple se forme.

La formation d'un couple est toujours l'oeuvre du hasard.

Viens !

Le temps presse !

Ils partent sur le chemin.  

 

Le chemin, facile d'abord, se rétrécit, devient même très étroit, dangereux.

Et la marche commune est malaisée.

Souvent l'un a du mal à suivre l'autre.

 

Et puis passent des chasseurs, avec chiens et chevaux.

Quel surabondance de symboles !

 

Un cheval renverse la femme.

Ah pourquoi l'homme n'a-t-il pas bien serré la femme contre lui ?

 

Quel est donc l'accident qui est ici symbolisé ? 

Un écart extra-conjugal ? (une tentation, et l'on "tombe" dans le "péché")

Une maladie grave ?

Un accident de la vie, en tout cas.

Un accident qui brise la marche commune.

 

Cette marche vers un but totalement ignoré.

Viens... mais où ?

Là encore c'est l'image de nos vies.

On marche ensemble, un temps, mais pour aller où ?

 

La seule chose certaine est cette marche commune.

Le chemin.

Il n'y a que le chemin.

 

Il est parfois facile, parsemé de jolies fleurs, offrant de beaux paysages.

Il est parfois bien sombre.

 

La femme a été jetée à terre.

Un cri déchirant s'est fait entendre.

Un cri qui lacère le coeur.

La femme est devenue renarde.

 

 

 

                              renarde.jpg

 

 

Qu'est-ce que cela veut dire ?

 

Quand quelque chose nous irrite, on peut devenir "chèvre".

 

Quand on attaque les enfants d'une femme

il arrive qu'elle devienne tigresse !

 

Ici elle devient renarde.

 

C'est une spécialité dans la littérature chinoise, semble-t-il.

Une femme blessée, méprisée, rejetée, malheureuse,

qui s'estime injustement traitée,

peut se transformer en cet animal roux.

 

Elle peut alors vouloir se venger,

et va le faire d'une façon très rusée, et dangereuse....

Même revenir dans la vie de l'homme fautif sous la forme d'une sorte de fantôme.

Un fantôme malfaisant  qui peut surgir à tout moment !

 

Je ne connais pas le vieux film (dont on vient de me parler)

où une telle femme, blessée, se transforme en une panthère noire, qui,

à partir de là, va se mettre à dévorer ses amants, pour se venger.

Un peu le symétrique du sort de Shéhérazade.

 

Une curieuse thérapie !

Pour n'être pas abandonné en amour, dévorons nos partenaires !

 

Une question à explorer : qu'est-ce que l'amour ?

Serait-ce du cannibalisme ?

 

Curieux : je ne ressens pas la panthère comme dangereuse.

Plutôt sympathique.

Puissante certes, une forte personnalité, plus que respectable !

Le symbole d'une femme pleinement consciente d'elle même.

Mais douce et aimante.

 

Ma femme était une lionne.

Oh... une toute petite lionne !

 

Nous avions une petite chienne, une scottish terrier.

Parfois la nuit...

Mais non, je dévie !

J'ai écrit une mini poésie sur elle, un jour je la mettrai.

 

Je reviens au conte.

 

Le couple, ébranlé par cet accident, se disloque.

 

Le jeune homme prendra conscience, enfin, du tragique de la situation,

quand il verra le visage infiniment triste de cette femme

en découvrant le troisième caillou de TSEU,

caillou qui, pour lui, se transforme.

( encore le chiffre trois !)

 

Oui, cette histoire est infiniment triste.

Poignante.

 

Pourquoi tant de couples échouent-ils ainsi ?

Se défont....

alors que la "rencontre" ne s'est pas encore pleinement réalisée ?

 

Heureux le couple où chacun a eu le temps, avant qu'il se défasse,

de dire à l'autre : je t'aime.

En toute vérité.

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Une trilogie : un conte, une rencontre, un rêve - 3/... : Le rêve de la femme panthère -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

Le rêve de la nuit maintenant.

 

Je vois une femme et un homme.

Je suis moi-même invisible et ne participe à aucune action dans le rêve.

Mais totalement présent à ce qui se passe.

Je ne suis qu’observateur.

 

La femme est très soumise à son mari.

Manifestement elle n’a pas la parole, le craint.

Situation banale d’une femme qui ne se croit ni autorisée ni capable

d’être fière d’elle-même,

d’être une personne à part entière,

maîtresse de ses pensées, de ses sentiments, de ses actions.

 

Elle est dominée par son mari

comme elle pouvait l'être dans sa toute petite enfance

durant laquelle elle était totalement soumise au couple parental.  

 

Elle n’est donc pas une vraie partenaire pour cet homme

Mais la cinquième roue d’un carrosse : elle suit.

 

Le couple s’engage sur une route

et rencontre une femme noire.

Belle, bien vêtue, souriante…

Elle accueille le couple.

 

Le contraste est frappant entre la femme blanche,

timide, pas sûre d’elle-même,

et la femme noire dont la liberté intérieure éclate comme un soleil.

 

La femme noire parle (aucun souvenir de ses paroles)

Et chacune de ses paroles est comme une baguette de fée :

La femme blanche se transforme (intérieurement) à toute vitesse.

Il est évident qu’elle est en train de se libérer de toutes ses inhibitions.

De devenir autre, radicalement autre.

 

C’est alors que l’homme s’avance.

Manifestement la transformation de sa femme ne lui convient pas.

Il veut la garder telle qu’elle est, soumise, timide, à sa merci.

 

Il s’avance vers la femme noire d’un air menaçant.

On sent qu'il pourrait la tuer.

Qu'il veut au moins la faire taire.

La situation est tendue, presque angoissante.

 

La femme noire, que l’on croyait seule,

donc sans défense,

donc en grand danger,

appelle son compagnon.

Je ne me souviens pas du nom.

D’ailleurs elle parle un langage inconnu

Même si ce qu’elle dit est parfaitement compris.

 

On entend la voix de son ami qui dit lui envoyer tout ce qui est nécessaire.

Tout arrive en effet en un instant, par des sortes de canaux le long des murs.

(Cela  me fait maintenant penser à la rapidité avec laquelle,

dans le conte d’Aladin, le génie opère dès qu'il est appelé)

 

Ce que le génie, non, l’ami, envoie, ce sont des sortes de seringues.

Des seringues très fines (comme des crayons très allongés)

ultramodernes, brillantes, d’une finition parfaite.

Comme de petites fusées.

On les sent redoutables de précision.

Un peu magiques.

Elles sont maintenant dans les mains de la femme noire.

Laquelle est toujours très souriante,

ne manifestant ni  peur ni agressivité.

 

L’homme est impressionné. 

Tellement impressionné qu’il recule,

puis s’en va...

puis disparaît complètement.

 

Alors la femme blanche, qui semble totalement guérie,

transformée, autre,

libérée de toute ses peurs,

de toutes ses inhibitions,

de tous ses doutes sur elle -même,

ses doutes sur sa "valeur",

se jette dans les bras de la femme noire,

pleurant de rire, pleurant et riant à la fois,

bouleversée d’émotion par cette éclosion soudaine de tout son être.

 

En fait cette femme noire est seule dans cette caravane.

 

La voix de l’ami, entendue,

les canaux , invisibles, par lesquels arrivaient les seringues,

tout cela est comme créé par la seule pensée de cette femme.

 

 

 

                                 panthere.jpg

 

 

 

 

 

C’est alors que la femme noire (panthère noire !) se tourne vers moi

et me fait un grand sourire.

 

Je reconnais alors le sourire que cette femme noire

m’avait fait sur le parking du magasin LIDL

(alors que pas un seul mot n’avait été échangé entre nous).

 

 

 

 

Premières réflexions.

 

Femme blanche, femme noire…

non pas deux femmes distinctes, telles que les met en scène le rêve,

mais il s’agit là, à mon avis, d’une seule femme,

avec, comme Janus, ses deux visages possibles :

 

la femme qui n’a pas confiance en elle,

qui est bloquée, humiliée, paralysée, honteuse,

qui se sent coupable de tout,

de ses pensées, de ses désirs,

et tout simplement de vouloir être une personne par elle -même,

et non en référence constante à quelqu'un,

 

et l’autre qui a confiance en elle-même,

qui avance dans sa vie, pleine de dynamisme.

 

Les deux sont présentes dans toute femme.

Laquelle va gagner ?

La femme fière d’elle-même ?

Ou la coincée, la châtrée, la dépendante ?

 

Cela dépend peut-être de la présence d’un mystérieux ami,

totalement fidèle,

présent bien qu’invisible,

présent au fond de son cœur,

qui est son garant,

qui donne à la femme toute l’assurance nécessaire.

 

Le « mari » du rêve, mari de la femme blanche, est lui-même fictif :

il représente, non pas un compagnon réel,

mais ce qui, dans la femme, au fond de son être,

la maintient dans cet état humilié d’impuissance.

 

En termes analytiques, on dirait que ce « mari »

représente son surmoi, ou une imago ,

un « objet » interne interdicteur,

qui joue le rôle d’un censeur, d’un juge exigeant et sévère,

méprisant et cruel.

 

C’est pourquoi il disparaît purement et simplement.

Il ne représente pas un compagnon réel, aimé.

Mais une fonction.

Une sorte de fantôme.

 

Cette fonction est supprimée,

comme on efface un vulgaire virus informatique.

 

Cela était ma première réflexion.

 

La seconde est qu'évidemment, d'autres restes diurnes sont présents dans ce rêve.

Ils sont relatifs à telle ou telle personne...

qu'il m'est évidemment impossible de nommer.

 

Il me reste à dire encore deux choses.

 

Ce que signifie la renarde :

ce symbole souvent utilisé dans les contes chinois.

  

Et des pensées plus personnelles

(qui ne sont pas nécessairement celles du conteur)

relatives à la fin de ce conte.

 

Que peut-il bien signifier, dans nos vies concrètes ?

Son contenu sexuel est évident.

 

Pour l'instant je m'arrête.

 

 

 

 

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Une trilogie : un conte, une rencontre, un rêve - 2/... : la rencontre d'une femme noire -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

Je dois maintenant vous rapporter un fait.

 

Il s'est produit dans la journée du 27, jour où j'avais écrit le conte.

 

Ce jour là je suis allé chez LIDL, faire quelques achats.

 

A la caisse une femme noire, 45-50 ans, est juste après moi.

  

En plaçant la séparation elle me fait un franc et large sourire.

Je le lui rends.

 

 

 

                                                  femme-noire.jpg

 

 

 

 

En quittant la caisse nous nous faisons encore un sourire,

comme pour nous dire au revoir, ou adieu : peu importe, 

disons comme un signe de fraternité. 

 

Sur le parking, alors que je range mes achats, elle arrive à son tour.

 

Sa voiture, par un hasard étonnant, est garée près de la mienne.
Une grande et belle voiture noire.

Nous nous sourions encore largement, en riant de cette coïncidence.

  

Je pars.

Nouveau, quatrième et dernier sourire, d’adieu cette fois.

 

Nous n’avons pas échangé un seul mot, seulement des sourires.

 

Je ne sais pas alors que je vais la retrouver dans la nuit même,

la nuit du 27 au 28 juillet..

 

Je précise tout de suite.... dans un rêve !

 

 

 

***************

 

 

Là je voudrais préciser ce qu'on appelle "un reste diurne".

 

Au cours d'une journée il nous arrive une multitude d'évènements.

Des rencontres, des discussions, des émotions, des actions, des lectures.

 

L'activité psychique, qui persiste la nuit,

( mais qui est alors, pour l'essentiel, inconsciente )

a pour rôle de classer, ranger, et parfois "digérer",

ce qui s'est produit durant la journée.

 

Imaginez un super marché qui recevrait, durant la journée,

une grande quantité de marchandises.

Le personnel n'aurait pas le temps de les mettre en place dans les rayons.

La nuit, alors que le magasin est fermé, les clients partis,

une autre catégorie de salariés viendrait mettre en place,

ici les yaourts, là la lessive, ailleurs les cahiers d'écoliers....

 

C'est ainsi que fonctionne le cerveau.

 

En passant, c'est pour cela qu'il est très important

qu'un jeune écolier dorme suffisamment.

Dans la nuit, durant son sommeil, il "classe", engrange, assimile,

tout ce qu'il a appris la veille.

 

Pas assez de sommeil ?

Il n'apprendra rien d'une façon correcte, durable.

 

 

Mais revenons au fonctionnement du cerveau de chacun.

 

Parfois, durant la nuit, il élabore un "rêve",

c'est-à-dire une construction imaginaire, 

et celle-ci, tel le monstre du Loch Ness,

peut apparaître à la surface,

je veux dire à la conscience.

 

C'est ce que nous appelons un rêve,

dont nous pouvons nous souvenir plus ou moins.

 

Très souvent (peut-être toujours), pour élaborer un rêve,

le cerveau utilise deux types de "matériels".

 

Des éléments anciens, voire fort anciens,

qui peuvent même dater de l'enfance, parfois la plus reculée,

et du matériel récent, et souvent du jour même.

 

Ce qui provient de ce qui s'est passé la veille,

alors que le sujet était éveillé,

nous l'appelons "reste diurne".

 

Dans le rêve que j'ai fait durant la nuit du 27 au 28,

j'ai utilisé (au moins) deux restes diurnes :

le conte, qui me laissait insatisfait, perplexe,

et ma rencontre avec cette femme noire....

 

 

Ahahah !

Vous vous demandez bien ce que....

Je vous le raconterai si vous êtes bien sages !

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Une trilogie : un conte, une rencontre, un rêve - 1/... : le conte des fleurs de pluie -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

Les Fleurs de Pluie.

 

 

Savez-vous ce que sont les fleurs de pluie ?

 

Ce sont des cailloux,

des cailloux particuliers

que l’on trouve parfois dans les torrents

et sur les bords de certaines rivières.

 

Ils contiennent des oxydes métalliques,

de fer, de cuivre, de cobalt, de manganèse, de chrome.

Et cela détermine des images, des formes, des couleurs.

 

Ce qui n’apparaît pas toujours d’emblée.

Mais quand on polit ces cailloux,

ou qu'on les casse d’une certaine façon,

le dessin peut apparaître…ou être détruit.

 

C’est tout un art.

Il faut beaucoup de savoir faire, de patience.

De chance aussi.

 

 

 

 

Il y a en Chine une rivière où l’on trouve ces fleurs de pluie.

 

Au bord de cette rivière viennent en grand nombre

des chercheurs, des collectionneurs, des spécialistes.

Ils cherchent le spécimen rare.

 

Et quand une belle fleur de pluie est trouvée,

cela se sait dans toute la vallée.

Tout le monde veut la voir.

 

Certains collectionneurs cherchent à acheter les pièces qu’ils convoitent.

Il faut être très riche pour acquérir les plus belles.

Certains font des économies des années durant

pour pouvoir acheter l’une d’elles.

 

Un jour un étudiant, très pauvre, entendit parler de ces fleurs de pluie.

Il décida de tenter sa chance et vint au bord de cette rivière.

Il y rencontra un groupe de chercheurs qui discutaient entre eux

et qui se montraient les fleurs de pluie qu’ils venaient de trouver.

 

Il s’approcha pour voir

mais il n’osa pas se mêler à eux.

Il retourna au bord de la rivière.

Là, il ramassa quelques cailloux.

 

 

Les examinant un à un, il vit que certains étaient veinés.

La plupart étaient noirs, avec un centre rouge.

Il pensa que l’un des cailloux ressemblait à un œil qui le regardait.

 

Les jours suivants, il osa se mêler aux autres chercheurs.

Ils lui montrèrent leurs trouvailles.

Certains cailloux faisaient penser à des fleurs de lotus,

un autre, très beau, à un arbre aux mille racines,

un autre encore, superbe, à un chat endormi.

 

L’étudiant montra ce qu’il avait trouvé, mais cela n’intéressa personne.

Déçu, il fut sur le point de jeter ce qu’il avait ramassé.

Il n’en fit rien cependant.

 

Puis il entendit parler du plus fameux des chercheurs de Fleurs de Pluie.

Son nom était TSEU.

Il possédait trois pièces exceptionnelles.

Une représentait un arbre givré.

La seconde un serpent qui attrapait un papillon.

La troisième était la plus extraordinaire :

On y devinait une sorte de chien rouge à deux têtes.

 

L’étudiant décida d’aller voir TSEU.

 

Il devait pour cela marcher trois jours dans la montagne.

 

Pour passer sa première nuit, il trouva un petit hôtel le long d’un torrent.

Une fois dans sa chambre,  il installa ses cailloux sur la table.

Ils lui semblèrent bien ternes.

Même l’œil rouge paraissait triste.

Il se coucha, laissant les cailloux en tas sur la table.

 

La nuit, il fut agité par un rêve érotique.
Le matin il se réveilla… épuisé !

Son lit était défait.

Il eut du mal à se mettre debout.

 

Il vint vers la table, et là ….

Surprise….

Les cailloux étaient bien rangés !!!

Ils semblaient former comme un chemin

qui grimpait dans la montagne,

en longeant le torrent….

Il était fasciné !

 

Le second jour, il explora la vallée où se trouvait cet hôtel.

Il finit par découvrir exactement le même chemin que celui qu’il avait vu sur la table.

Il décida de rester dans le même hôtel une seconde nuit.

 

La nuit suivante il refit le même rêve….

avec le même résultat.

 

Mais le matin, en allant vers la table….

il vit que les pierres avaient encore changé de position.

 

Elles étaient rassemblées en tas.

Et sous le tas, un papier.

Et sur le papier, un message…

 

« Viens !

   Viens ce soir sous le pont.

   Viens ! »

 

Un pont ?

 

Oui, il se rappela que la veille, en explorant la vallée,

Il était monté jusqu’à un pont sur le torrent.

 

Il pensa que c’était une femme qui avait écrit ce mot.

Mais il était écrit comme si elle le connaissait.

Pourquoi ?

Qu’allait-il faire ?

 

Toute la journée, il demeura inquiet.

Le soir, son cœur tremblait.

Il alla au rendez-vous.

Arriva sur le pont.

Personne.

 

Le torrent gazouillait sa chanson.

 

Parfois il n’entendait plus le torrent

et il était alors plongé dans un grand silence,

aussi vaste que la montagne elle–même.

 

Parfois le silence était brisé par la chute d’une pierre

et l’écho essayait de retenir le bruit de cette chute.

 

La pleine lune éclairait la vallée.

Des ombres immenses s’allongeaient.

 

Soudain elle apparut sur le pont !

 

Une femme vêtue d’une robe rouge.

Elle portait des chaussures vernies.

 

Elle vint vers lui,

lui prit le bras, et lui dit :

 

«  Viens ! »

 

Lui, effrayé, répondit   «  Non ! »

 

Elle reprit :

 

«  Si, viens !

   Viens vite.

   Vite, suis-moi. »

 

Il y avait un tel accent d’angoisse dans sa voix,

comme un appel désespéré,

qu’il la suivit.

 

Pourtant elle marchait si vite,

elle montait avec une telle agilité parmi les cailloux du chemin,

qu’il avait beaucoup de mal pour rester à son niveau.

 

Le chemin devint de plus en plus difficile,

Finissant par n’être qu’un étroit sentier entre,

à droite la paroi rocheuse,

à gauche le vide.

Et tout en bas le torrent.

 

 

 

                                    montagne-de-chine-fleurs-de-pluie.jpg

 

 

 

 

 

Soudain on entendit un bruit.

 

Était-ce une avalanche de pierres ?

 

Mais non : le bruit ne cessait pas de s’amplifier.

C’était….

 

C’était une troupe de chevaux qui galopaient

et qui arrivaient par ce chemin.

 

Alors lui et cette femme se plaquèrent contre la paroi

pour laisser la place aux chevaux.

 

Ils arrivèrent.

 

C’était des chasseurs, armés de fusils, avec des chiens.

 

Ils passèrent.

 

Eux étaient presque cachés dans un creux du rocher.

 

Mais le dernier cheval qui passa renversa la femme.

 

Lui se précipita pour l’aider à se relever,

et voici que....

voici que ce n’était pas une femme qui était là, à terre…

c’était maintenant une renarde, au poil roux.

 

En même temps que la renarde se relevait,

on entendit comme un cri désespéré, un appel,

qui lui serra le cœur.

 

À ce moment là un chien des chasseurs se retourna,

vit le renard, et bondit vers lui, suivi de tous les autres chiens.

 

La renarde se sauva, poursuivie par les chiens.

L’étudiant la perdit vite de vue.

 

À terre restaient la robe rouge et les chaussures vernies.

Il les ramassa, et rentra à l’hôtel.

Que devait-il faire ?

 

Il se rappela qu’il allait voir TSEU.

Il n’en avait plus envie.

Mais le lendemain il décida pourtant d’y aller

et il reprit son chemin.

 

Il arriva devant une petite maison.

Il trouva TSEU sur le pas de sa porte.

 

« Ah te voici !

Je sais, je sais : tu viens voir mes trois fleurs de pluie. »

Et il les lui montra.

 

Il lui montra la première.

Il lui montra la seconde.

 

Mais quand il lui montra la troisième….

les deux têtes du chien rouge avaient disparu.

Il n’y avait plus qu’une tête, une seule.

 

Et l’étudiant reconnut la tête de la renarde,

avec des yeux infiniment tristes,

qui le regardaient.

 

 

 

              demain la suite... 

 

car ce conte m'avait troublé, quand je l'ai retrouvé.

Sa fin me paraissait curieuse,

trop douloureuse, tronquée...

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Aubrac 4 - Amédée Besset : aubrac-symphonie -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

Un dernier mot

 

peut-être pour l'instant,

 

sur l'Aubrac.

 

Je dois préciser que je ne connais pas vraiment l'Aubrac

Je viens seulement de le découvrir.

 

 

 

                    aubrac-7.jpg

 

 

 

Alors, pour vous permettre de mieux vous approcher de cette région

un livre pourrait vous  aider d'une façon bien plus profonde,

c'est le livre publié par Amédée Besset.  

 

Vous pouvez vous en faire une idée en visionnant une vidéo

que vous trouverez à :

 

 

                          http://www.aubrac-symphonie.com/

 

 

 

Le présent dessin, je le tire de ce livre.

 

Il représente un dyke :

une puissante montée du magma à l'abri d'un sol qui existait alors et qui a, cette fois, empêché la lave de se répandre.

Elle s'est refroidie et à formé des orgues basaltiques (que je n'ai pas représentées).

Puis l'érosion a dégagé les terrains meubles, et la masse volcanique est apparue.

 

Ailleurs ce sont des " moraines granitiques " qui restent sur le sol dénudé

 

 

On se rend compte, quand on voit de tels rocs,

de la puissance avec laquelle le feu de la terre et le rabot des glaciers

ont façonné le paysage.

 

On se rend compte aussi de la complexité des phénomènes qui ont contribués à former ce pays.

 

Pays de violence hier.

Pays de paix aujourd'hui.

 

Protégeons cette paix.

 

Inspirons nous d'elle pour notre vie

en mesurant la chance qui est la nôtre.

 .

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Promenade botanique du 01- 08 -11

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

Mon dieu, que le temps passe vite !

 

je me croyais le 31 juillet !

déjà le premier août

et en plus je me suis levé tard

je prends publiquement la résolution (hummmm....) de me lever plus tôt

je pourrais alors revoir les chevreuils déjeuner d'herbe fraîche 

 

ce matin je ne les ai pas vu

mais j'ai ramené quelques fleurs

pour expliquer à une hérissonne comment  je fais ça : 

 

 

                        recolte-310711.jpg

 

c'est ultra simple

il n'y a même rien de plus simple

pas besoin d'appareil photo

ni de pinceaux, peintures... rien !

sauf un ordi et un scanner.

 

Il suffit de poser (délicatement !) sur la vitre du scanner

les éléments de la récolte.

Pas la peine de fermer

c'est d'ailleurs impossible si les éléments posés sont gros.

et scanner

et ça donne ça.

 

on pourrait essayer de couvrir d'un papier, blanc ou autre

ou d'un tissu, noir, ou autre

bref, on peut chercher, pour trouver d'autres effets.

 

 

Ici, en vrac, et pour vous laisser chercher, il y a

outre des cailloux

les plantes suivantes :

 

millepertuis

centaurée jacée

fleurs jaunes d'une composée à déterminer

fougère mâle

carotte sauvage

mousse

plantain ("major" ou "media"... sais pas trop)

une ombellifère inconnue (trop compliqué !)

compagnon blanc

séneçon jacobée

scabieuse

salicaire

maïs (partie mâle)

une petite feuille de chêne qui, bien que "morte",

est venue toute seule là, pour se faire tirer le portrait !

 

bonne journée à tous

je vais me faire chauffer quelque chose,

et me faire une grosse salade de tomate,

avec basilic et huile d'olive : c'est le bonheur absolu !

 

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