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5 articles avec texte remarquable

- Texte mystère N° 17 - Il avait plu cette nuit là -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

Manque de temps , ces derniers jours

 

pour mettre en forme ce qui est prévu.

 

 

Je vous mets un texte mystère

 

histoire de vous faire un petit coucou.

 

 

Et il se trouve que, ce matin,

 

la nature se réveille toute mouillée.

 

 

 

 

 

 

 

 

kri-paysage-calme.jpg

 

 

 

 

 

 

Il avait plu cette nuit là....

 

 

 

 

 

Il avait plu assez abondamment  cette nuit là....

 

et maintenant, tôt le matin, alors que vous vous leviez,

 

il y avait un fort parfum de sumac,

 

de sauge et de terre humide.

 

 

 

C'était une terre rouge,

 

et la terre rouge semble dégager une odeur plus forte que la terre brune.

 

 

 

Le soleil était sur les collines.

 

 

Elles avaient une couleur extraordinaire de terre de Sienne brûlée,

 

et chaque arbre

 

et chaque buisson

 

scintillaient,

 

lavés, nettoyés par la pluie de la nuit précédente,

 

et tout éclatait de joie.

 

 

 

 

Il n'avait pas plu depuis six ou huit mois,

 

et vous pouvez imaginer combien le terre se réjouissait,

 

et non seulement la terre,

 

mais tout ce qu'elle portait :

 

les arbres énormes, les hauts eucalyptus,

 

les poivriers et les chênes verts.

 

 

 

Les oiseaux semblaient chanter autrement,

 

ce matin-là,

 

 

et comme vous observiez les collines

 

et les lointaines montagnes bleues,

 

vous étiez en quelque sorte

 

perdu en elles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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- Texte mystère N° 16 : la joie des écureuils -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

Nous visionnons souvent de somptueux PPS.

 

Ils nous montrent des spectacles époustouflants.

Des dauphins qui se prennent pour des poissons volants,

des baleines qui manifestement ne portent pas de corsets,

des geysers qui propulsent de l'eau bouillante jusqu'aux nuages,

des plongeurs qui vont chatouiller les murènes....

 

Vous n'avez pas vus ces pays ?

Vous n'avez pas "fait" les Seychelles ?

Qu'attendez-vous ? 

Précipitez-vous dans une agence de voyage

et vous verrez tout ça, 

et les Pyramides,

et les palais des Maharajahs.....

 

Et bien ce que j'aime particulièrement , dans certains blogs,

c'est qu'ils nous font pousser un oh d'admiration

devant un arbre dans le brouillard,

devant un escargot équilibriste sur la vrille d'une herbe grimpante. 

 

L'extraordinaire est à notre portée. 

Nous vivons dans un monde féerique,

ouvrons les yeux. 

Et comprenons qui nous sommes. 

 

 

 

 

kri-joie-des-ecureuils.jpg

 

 

 

 

 

Deux écureuils rouges,

avec leurs longues queues touffues,

dégringolèrent d'un pin,

et vous entendiez leurs bavardages

et leurs griffes sur le bois.


Ils se pourchassèrent en un carrousel autour du tronc,

en haut et en bas,

dans un délire de plaisir et de joie.

 

Il y avait entre eux une tension,

l'accord du jeu,

du sexe,

du divertissement.

 

Ils s'amusaient vraiment. 

 

Celui haut perché s'arrêtait brusquement,

observait celui du bas,

qui était encore en course,

puis celui-ci s'arrêtait à son tour

et ils se regardaient, 

avec leurs queues en l'air

et leurs nez froncés pointant l'un vers l'autre. 

 

Ils se mesuraient de leur regard aigu

et enregistraient tout ce qui se passait autour d'eux.

 

Ils avaient grondé l'homme

qui les observait, assis sous l'arbre,

et l'avaient maintenant oublié. 

 

Mais ils étaient très conscients l'un de l'autre

et l'on pouvait presque éprouver

l'extrême joie qu'ils avaient à être ensemble. 

 

Leur nid devait être très haut sur cet arbre.

 

Bientôt ils se lassèrent,

l'un d'eux grimpa,

et l'autre, par terre,

disparut derrière un autre arbre. 

 

 

Le geai bleu, attentif, curieux,

avait observé à la fois les écureuils

et l'homme assis sous l'arbre. 


Il s'envola et disparut lui aussi,

en appelant à haute voix. 

 

 

Des nuages montaient

et dans une heure ou deux

il y aurait probablement un orage.

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

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- Texte mystère N° 15 : une région où la vie se fait rare -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

La vision d'un pays

que l'on offre aux touristes

cherche l'exceptionnel, le grandiose, 

le glorierux, le bruyant. 

 

Le texte qui suit n'ira pas dans ce sens. 

Il montre une vie qui se cache,

et qui a bien du mal à se maintenir.

 

La vie ne va pas de soi.

Bien fous sommes-nous de n'en pas percevoir l'extrême fragilité.

Nos conflits humains,

notre goût pour le luxe,

et pour nos orgueilleuses réalisations,

palais, temples,

tout cela est d'une totale stupidité.  

 

 

 

 

kri-le-pays-sauvage.jpg

 

 

 

 

La lumière, en cette partie du monde, 

a une qualité de pénétration et d'éclat qui n'aveugle pas.

 

Il y avait un parfum de sumac,

d'oranges et d'eucalyptus.

 

Il n'avait pas plu depuis de nombreux mois

et la terre était racornie, sèche, craquelée. 

 

On voyait à l'occasion des cerfs dans les collines,

et une fois on vit, errant sur la hauteur,

un ours couvert de poussière et dépenaillé. 

 

Sur le sentier passaient souvent des serpents à sonnettes

et l'on pouvait voir de temps en temps un crapaud à corne. 

 

Sur la piste

vous ne rencontriez presque personne.

 

C'était une piste poussiéreuse, rocheuse,

et son silence était total. 

 

Juste devant vous était une caille avec ses petits.

Ils devaient être plus d'une douzaine, immobiles,

qui faisaient semblant de ne pas exister. 

 

Plus vous grimpiez,

plus le site devenait sauvage

car il n'y avait pas d'eau,

donc pas d'habitations. 

 

Il n'y avait aucun oiseau non plus,

et presque aucun arbre. 

 

Le soleil était très ardent,

sa morsure vous pénétrait.

 

 

 

 


 

 

 

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- Texte mystère N° 14 : la vieille forêt -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

Il est des "maladies" inconnues.

Qui ne sont peut-être pas des maladies.

Mais des périodes de transformation

engendrant des anomalies, des désagréments.

 

Le moi antérieur n'est pas content : il va devoir mourir, et il n'est pas d'accord.

Il se raccroche, comme un sénateur à son fauteuil

 

La chenille est-elle d'accord quand l'heure est venue de devenir un papillon ?

 

Mystère de la mort.

 

L'enfant est un double exemple.

Parfois il ne veut pas grandir, mais rester dans les jupes de sa mère.

Parfois il veut ardemment grandir !

 

Pardon à mes amis de ma perturbation actuelle.

Je me sens un peu comme l'aiguille de la boussole,

quand elle hésite,

et semble chercher où se trouve le Nord, 

son étoile.

 

Alors, pour vous montrer que je ne suis pas mort, 

pas encore,

je vais vous mettre un texte mystère,

pour gagner du temps :

le temps que ma petite aiguille se stabilise. 

 

Aujourd'hui, je vous emmène dans une forêt,

avec un dessin de 2003. 

 

 

       kri-la-foret.jpg

 

 

 

 

 

 

La vieille forêt  

 

 


 

 

La forêt était très vaste

avec des pins, des chênes,

des buissons et des séquoias.

 

Un petit ruisseau y coulait le long d'une pente,

en murmurant sans arrêt.

 

Il y avait de petits papillons, bleus et jaunes, qui, 

ne trouvant apparemment pas de fleurs où se reposer,

s'envolaient vers la vallée.

 

La forêt était très vieille,

et les séquoias étaient encore plus vieux.

C'étaient des arbres énormes, extrêmement hauts,

et il y avait cette atmosphère particulière

qui se produit lorsque l'homme,

avec ses fusils, ses bavardages

et l'étalage de ses connaissances,

est absent. 

 

Il n'y avait pas de routes dans cette forêt.

On devait quitter la voiture à une certaine distance,

et marcher le long d'une piste couverte d'aiguilles de pin.

 

Il y avait un geai

qui avertissait tout le monde lorsque l'homme approchait.

L'avertissement avait de l'effet,

car toute activité animale semblait cesser

et l'on avait le sentiment d'une intense surveillance aux aguets.

 

Il était difficile au soleil de pénétrer là-dedans

et il y avait une immobilité que l'on pouvait presque toucher.

 

 

 

 

 

 

 

 

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- Texte mystère N ° 13 : un homme en prière -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

Ce fleuve était ancien et sacré

 

et les gens venaient de très loin

 

pour mourir sur ses berges

 

et pour y  être brûlés.

 

 

Il était l'objet d'un culte,

 

on l'exaltait dans des chants

 

car il était très saint.

 

 

 

 

Toutes sortes d'immondices étaient déversées en lui.

 

Les gens s'y baignaient, buvaient de son eau,

 

y lavaient leurs vêtements.

 

 

On voyait sur les berges des gens en état de méditation,

 

les yeux clos, assis très raides et immobiles.

 

 

C'était un fleuve qui dispensait abondamment,

 

mais l'homme le polluait.

 

 

A la saison des pluies, il avait une crue de près de dix mêtres

 

qui emportait toute la saleté

 

et qui couvrait la terre d'un limon fertile

 

grâce auquel  les paysans sur ses bords parvenaient à s'alimenter.

 

 

 

Ce fleuve dévalait en grandes courbes

 

et l'on voyait parfois flotter à la dérive

 

des arbres entiers, déracinés par le fort courant.

 

 

On voyait aussi des animaux morts

 

sur lesquels étaient juchés des vautours et des corneilles

 

qui se querellaient,

 

et à l'occasion un bras ou une jambe,

 

ou même le cadavre entier d'un être humain.

 

 

 

Le moine le connaissait intimement,

 

il avait passé de nombreuses années sur ses bords,

 

entouré de ses disciples.

 

 

 

                       kri-hindou-en-priere.jpg

 

 

 

 

Il s'était habitué à lui

 

et c'était grand dommage.

 

Il le regardait maintenant

 

avec des yeux qui l'avaient vu des milliers de fois.

 

 

On s'habitue à la beauté et à la laideur,

 

et la fraîcheur du jour n'est plus là.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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