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- Promenades philosophiques - 18 - L'Être est -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

Cette dernière et septième strophe est si riche , si dense,

 

que nous pourrions faire 15 articles sur elle.

 

Mais là, je me ferais trucider !

 

Alors je vais l'occire en une fois.

 

Après je vous promets d'être rigolo

 

ou au moins léger.

 

 

Allons, je vais parler,

 

et toi, prête l'oreille à ce que tu vas entendre de moi :

 

 

 

 

 

Pour atteindre à la connaissance de l'Univers,

 

il n'y a que deux voies.

 

 

L'une affirme l'existence de l'Être,

 

et dit qu'il est impossible que l'Être ne soit pas.

 

Voilà la route de la Certitude.

 

C'est la méthode qui accompagne la Vérité du même pas.

 

 

L'autre affirme l'inexistence de l'Être,

 

l'existence du Non-Être.

 

Je dis que cela n'est qu'un mauvais sentier

 

où l'on ne peut rien connaître.

 

On ne peut pas saisir le Non-Être,

 

puisqu'il est hors de notre portée,

 

on ne peut pas le définir.

 

   

 

 

 

Tandis qu'il n'y a pas de différence

 

entre l'Être

 

et sa pensée

 

 

 

 

 

           

 

 

 

 

 

La conclusion de ce poème va peut-être vous décevoir.

 

Et pourtant, cette affirmation de Parménide est extrêment apaisante.

 

Elle est une sorte de profession de foi dans l'être.

 

 

 

Les philosophes grecs n'étaient pas des "croyants"

 

au sens commun du terme

 

 

(et il se moquaient gentiment des élucubrations fantastiques,

 

de la religion de l'époque)

 

 

mais beaucoup, dont Parménide, croyaient en l'être.

 

 

Ce que nous pourrions résumer   en deux mots :

 

 

l'Être est .

 

 

 

 

promenades-phi-30.jpg 

 

 

Ce qui est évidemment  à l'opposé de la thèse,

 

absurde  aux yeux de Parménide,

 

que défendront ensuite les Sophistes :

 

 

 

l'Être n'est pas.

 

 

 

 

promenades-phi-31.jpg

 

 

Cette affirmation ( Rien n'est ) sera par exemple développée par Gorgias,

 

le maître incontesté  du "discours d'apparat",

 

jongleur d'idées sans principes,

 

auteur d'un " Traité sur le non - être".

 

 

 

Ce flatteur de la jeunesse dorée de la Grèce,

 

 deviendra immensément riche.

 

Ces   sophistes, virtuoses de la parole,  ont réellement perverti le langage

 

et quitté le domaine de la logique

 

pour celui de l'astuce et du prestige social.

 

 

 

 

Pour eux l'Être n'existe plus

 

mais seulement le paraître.

 

Et si vous regardez bien le monde d'aujourd'hui...

 

il y a toujours des sophistes,

 

des trompeurs,  qui ne recherchent que la puissance et la richesse,

 

et , comme dans la Grèce antique, ils continuent à tenir le haut du pavé.  

 

 

 

 

 

Parménide est, lui, le réprésentant d'une lignée de philosophes spiritualistes

 

 

dans laquelle se rangeront Socrate, puis Platon, puis Aristote.

 

 

 

 

 

La tentation est trop grande de développer.

 

Alors je m'arrête là.

 

 

 

 

Que diriez-vous d'une petite balade

 

dans une hêtraie ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Promenades philosophiques - 17 - Un chemin de solitude -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

Je vais aller plus vite

 

et survoler toute la sixième strophe

 

...pour pouvoir passer à autre chose

 

car j'ai assez abusé de votre patience !

 

 

" Ô garçon,

 

qu'accompagnent les immortelles meneuses de poulains,

 

Ô toi qu'ont emmené jusqu'à nous et conduit les chevaux,

 

je te salue bien !

 

Car ce n'est pas un sort funeste

 

qui t'a fait prendre la  route que tu as prise,

 

et qui est si éloignée des chemins frayés par les humaines entreprises,

 

mais c'est la Justice et le Droit,

 

et il faut que tout te soit révélé,

 

aussi bien le coeur impassible de la vérité

 

qui forme un cercle parfait,

 

que les opinions humaines,

 

auxquelles il ne faut ajouter aucune créance assurée.

 

 

 

 

Je te salue bien !

 

 

 

 

oh que j'aime ce salut !

 

Je le trouve admirable,

 

et je trouve tout à fait légitime,

 

que ce soit les dieux qui saluent les hommes !

 

Cela fait évidemment penser à la salutation que l'ange Gabriel

(personnage divin)

 

adressa à la jeune Marie vivant à Nazareth 

  

  

  

  

 

 

 

 promenades-phi-28.jpg

 

 

 

 

La route que tu as prise....

 

Quelle route ?

 

Où va-t-elle ?

 

Qu'a-t-elle de particulier ?

 

Elle est (dixit la déesse)

 

très différente des chemins que suivent habituellement les humains.

 

Ce n'est pas un chemin frayé, tout tracé, balisé, qu'empruntent les foules.

 

C'est l'aventureux chemin

 

que prend un individu seul

 

à la recherche de la vérité sur lui-même.

 

 

C'est un chemin qu'il invente

 

qu'il trace pour lui seul.

 

 

 

 

La vérité...

 

Alèthéia...

 

 

 

 

 

promenades-phi-29.jpg

 

 

 

Ce chemin là

 

ne suit pas les voies humaines habituelles,

 

ne se conforme pas aux  " opinions "  humaines,

 

aux idées toutes faites,

 

aux traditions,

 

dogmes,

 

règles morales imposées,  

 

habitudes,

 

catéchismes,

 

conditionnements de toutes sortes.

 

 

 

Ce chemin est individuel,

 

personnel,

 

unique.

 

 

Il est liberté.

 

 

 

 

 

Bonne route !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

....

 

 

 

 

 

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Promenades philosophiques - 16 - Dieu est-il un macho ? Ou a-t-il un coeur de femme ? -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

Quatre vers seulement, aujourd'hui,

 

cela va vous paraître peu....

 

Bon, bin....  ça va nous reposer, pas vrai !  

 

 

 

La Divinité me regarda

 

me reçut avec bienveillance,

 

 prit ma main droite dans sa main,

 

et  me dit les paroles suivantes :

 

 

 

ça y est !

 

Parménide est arrivé devant la divinité,

 

la déesse suprême.

 

C'est probablement la déesse  " Alèthéia ",

 

mot grec qui signifie "la vérité".   

 

 

 

On a souvent reproché au dieu des philosophes

 

d'être une abstraction, une idée, un concept.

 

Nous allons voir que, pour ce qui est de Parménide, il n'en est rien.

 

 

 

On peut faire le reproche inverse au dieu judéo-chrétien

 

car il est souvent représenté comme bien trop anthropomorphisé,

 

lié à des personnages historiques d'une façon outrancière.

 

Les croyants (catho) ne vont-ils pas jusqu'à se vanter que leur dieu

 

ne soit pas celui des philosophes

 

mais celui d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.

 

Je n'ai rien contre Abraham ni contre ses descendants

 

dont l'histoire est captivante, mais tout de même......

 

 

 

D'emblée un fait me frappe :

 

l'attitude de cette déesse Alèthéia

 

est très différente de celle du dieu de Moïse !

 

Rappelons-nous l'entrevue de ces deux derniers au Sinaï :

 

 

 

  promenades-phi-25.jpg

 

 

 

 

 

 

 

C'est en tremblant que Moïse fait la grimpette

 

pour rencontrer son dieu furibard et pétaradant,

 

si agité que la montagne en tremble !

 

 

Et comme Moïse est fait à l'image...

 

de l'image qu'il se fait de dieu,

 

il va, en redescendant, piquer une colère mémorable,

 

et casser en mille morceaux, en les jetant par terre,

 

les tables de la loi que son dieu vient juste de lui pyrograver.

 

Un vrai scénario de film catastrophe !

 

 

 

Quel contraste avec l'accueil de Parménide par sa déesse !  

 

Cet accueil est empreint de douceur, de tendresse, de confiance,

 

et disons le carrément : d'amour.

 

 

 

 

promenades-phi-26.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Il est vrai que ce dieu est mis au féminin.

 

Qu'est-ce qui autorise les chrétiens à prétendre que leur dieu, et lui seul,

 

serait un dieu d'amour,

 

et que les autres seraient froids, coupants,

 

indifférents aux joies et aux souffrances des humains ?

 

 

 

Relisons cette parole si belle :

 

 

La Divinité me regarda

 

 

 

Oh...   être regardé par une déesse, vous imaginez  ?

 

 

Non pas une déesse qui s'apprête à tancer,  à juger, à punir, à mépriser.

 

Non !

 

Car son regard est bienveillant.

 

Bien - veillant.

 

Le bien se lit dans son regard.

 

Et l'intérêt, et la considération.

 

C'est un regard chargé d'amour,

 

il est  bien - faisant : il fait du bien.

 

Il est apaisant, comme un air humide et doux

 

qui vient tempérer une journée trop ensoleillée.

 

 

 

Poursuivons :

 

 

 Elle prit ma main droite dans sa main,

 

 

Merveille encore !

 

Rencontre sublime, véritablement divine.

 

Il est vrai que les poètes d'Israël ... pardon, les prophètes,

 

(mals est-ce différent ?)

 

avaient de telles visions.

 

Ainsi dans Isaïe 45 déjà cité :

 

oracle du Seigneur à son oint

 

qu'il a pris par la main droite.

 

 

La main droite...

 

La main droite symbolise notre capacité d'action.

 

Si la divinité  prend un humain par la main droite 

 

cela équivaut à bénir ce qu'il entreprend.

 

Son action est reconnue, et comme élevée au rang d'action divine.

 

 

Mais la déesse va parler :

 

 

elle me dit les paroles suivantes :

 

 

 

Encore une fois c'est la même situation qu'en Isaïe 45 :

 

car le mot oracle  vient  du latin ORARE = parler, et os , oris = la bouche.

 

 oracle du Seigneur  = les paroles qui sortent de sa bouche.

 

 

 

Ces paroles qui sortent de sa bouche viendront dans mon oreille,

 

mais, symboliquement, c'est comme si elles venaient dans ma propre bouche

 

puisque je vais les redire. 

 

 

  promenades-phi-27.jpg

 

 

 

C'est cela que l'on appelle la communication "orale",

 

la tradition orale.

 

Elle est un bouche à bouche. 

 

 

Ce poème  a été écrit en vers

 

(ce dont on ne se rend pas compte avec la traduction)

 

et il était destiné à être appris par coeur et récité.

 

 

Un peu comme le prologue de l'évangile de Jean.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Promenades philosophiques - 15 - Tu veux... ou tu veux pas ? -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

Aujourd'hui, on fonce  :

 

la quatrième strophe en entier !!!!!

 

 

 

 

Les Vierges l'ont abordée,

 

avec des mots pleins d'adresse et bien doux,

 

et elles ont obtenu d'elle

 

qu'elle retirât le verrou du pêne qui maintenait la porte,

 

et les battants s'ouvrirent tout grands

 

et firent glisser les ronds

 

dans les écrous garnis de cuivre

 

et munis de chevilles et d'agrafes.

 

Et tout droit à travers l'ouverture,

 

les Vierges menèrent vite le char attelé et leurs montures.

 

 

 

 

 

promenades-phi-24.jpg

 

 

Thémis serait-elle "irréductible " ?

 

Pourtant elle va se laisser fléchir, amadouer,

 

pour peu qu'on lui parle

 

avec des mots pleins d'adresse et bien doux,

 

 

A nouveau suit une description mécanique, de serrurerie cette fois,

 

ce qui souligne (pour la troisième fois) l'importance des "mécanismes" psychologiques.

 

On ne les force pas par une action violente,

 

en donnant un coup de poing sur la table,

 

mais par des mots justes, précis, bien choisis,

 

et prononcés avec douceur.

 

 

 

Puissance de la parole,

 

de la parole vraie :

 

de la parole chargée d'intelligence... et d'amour.

 

 

 

 

 

Que ce passe-t-il alors ?

 

 

 

Les portes s'ouvrent  toute grandes.

 

Ce n'est pas un petit passage étroit, difficile à emprunter,

 

qu'il faudrait encore forcer.

 

Non, c'est un large espace.

 

Là où était une porte fermée, s'ouvre maintenant une large avenue.

 

 

Ceci est important.

 

 

Parmenide ne nous décrit pas une transformation progressive,

 

un lent processus.

 

La transformation se produit d'un seul coup.

 

Ce n'est pas une évolution laborieuse qui s'inscrit dans le temps.

 

C'est atemporel.

 

 

 

***************

 

 

 

Les deux derniers vers sont magnifiques :

 

 

Et tout droit à travers l'ouverture,

 

les Vierges menèrent vite le char attelé et leurs montures.

 

 

 

 

 

 

Les mots importants sont : tout droit et  vite.

 

Car si l'ouverture est instantanée,

 

la fermeture peut l'être aussi.

 

La décision  (de passer) est à prendre dans l'instant.

 

La réflexion, à ce moment là, n'est plus de mise.

 

 

Il se peut que de telles occasions se soient présentées dans nos vies.

 

Mais nos âmes craintives ont hésité, douté, tergiversé, supputé, suspicionné.

 

Or l'ouverture instantanée et toute grande de la porte

 

n'est pas compatibles avec nos atermoiements.

 

 

Peut-être même que la porte ne peut s'ouvrir

 

que si nous sommes prêts à la franchir,

 

et à la franchir d'un seul bond.

 

 

 

Il y a bien là dedans une logique, 

 

et une logique "irréductible",

 

aussi impérative que la table de multiplication.

 

 

Car la déesse devine tout, sait tout.

 

Pourquoi ouvrirait-elle la porte si elle sait

 

que nous resterons derrière nos masques,

 

derrière nos barbelés défensifs,

 

derrière notre orgueil, notre prétention à tout savoir,

 

à tout comprendre, à tout contrôler ?

 

 

Cela me rappelle certaines guérisons opérées par Jésus.

 

Voulez -vous que je vous en évoque une ?

 

 

 

Ouvrons Jean 5.

 

 

 

Jésus va faire un tour à la piscine de Bethzatha.

 

Il y remarque un homme malade.

 

(pourquoi celui là : il y en a des centaines d'autres ?)

 

Celui là est malade depuis 38 ans !

 

Jésus lui pose une question que l'on pourrait trouver stupide :

 

"Veux-tu être guéri ?"

 

La question se justifie pourtant,

 

car en fait les gens ne sont pas là pour guérir,

 

ils sont là pour se plaindre,

 

de soi et des autres,

 

et se faire plaindre par les autres.

 

Ils sont accrochés à leurs maladies comme les berniques à leurs rochers.

 

 

 

Aussi l'homme ne répond-il pas à la question

 

mais il en profite pour raconter un fois de plus sa petite vie merdique

 

qu'il aime tant !

 

qu'il n'envisage pas plus de quitter qu'un fumeur ne veut quitter sa pipe.

 

 

 

Malgré sa réponse dilatoire, Jésus lui accorde une autre chance.

 

Mais cette fois il ne pose plus une question : il lui donne un ordre :

 

 

 

" Lève-toi, et marche ! "

 

 

 

Cette fois, c'est à prendre ou à laisser.

 

Il n'y aura plus rien après.

 

 

 

Jésus aurait pu lui dire :

 

"Décide-toi !

 

 La porte, tu la passes, ou tu la passes pas ?

 

 Tu veux, ou tu veux pas ? "

 

 

 

Supposons que l'homme ait répondu : Bof, vaut voir.....

 

Alors c'était fini.

 

Il est impensable que Jésus ait pu répondre :

 

" ça ne fait rien, prends ton temps, je repasserai demain "

 

 

 

 

 

Ce que je veux dire c'est qu'il est, dans nos vies, des instants -clés

 

ou il faut dire, sur le champ :

 

 oui, je fais ça,

 

je me lance !

 

Pas le lendemain.

 

 

Alors on change sa vie !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Promenades philosophiques - 14 - L'illusion vue par la Torah et par l'évangile -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

 

Revenons à Parménide.

 

 

Nous étions parvenu à cette image énigmatique :

 

 

"Les verrous à double mouvement"

 

 

Que signifie ce "double mouvement" ?

 

Est-ce seulement pour nous dire que ces verrous peuvent s'ouvrir ou se fermer ?

 

Ce serait de peu d'intérêt.

 

 

 

C'est bien plutôt pour indiquer que la Justice (l'ordre du monde)

 

qui est une déesse " irréductible "

 

peut décider de faire passer un être humain

 

aussi bien dans un sens que dans l'autre.

 

De faire passer l'homme de l'obscurité  (de l'ignorance)

 

à la lumière (à la connaissance)

 

ou l'inverse,

 

c'est-à-dire qu'elle peut, aussi,  provoquer l'illusion.

 

 

 

promenades-phi-22.jpg

 

 

 

 

 

 

Aucun progrès n'est définitif.

 

 

 

 

L'homme ne peut pas s'établir d'une façon stable dans la vérité.

 

Le "chemin" est à parcourir sans cesse.

 

On ne "possède" pas la vérité

 

pas plus qu'on ne "possède "  une femme , et son amour,

 

c'est un chemin à reprendre sans cesse.

 

Si un jour on croit que ça y est, que l'amour est devenu une institution stable

(garantie par la loi !)

 

ce jour là, l'amour meurt.

 

C'est comme le faisant que le chasseur a tué en plein vol :

 

il n'est plus qu'un cadavre à ses pieds.

 

L'homme ne peut "posséder" que des cadavres.

Il ne peut en aucun cas posséder la vie.

 

 

 

Il en est de même pour la connaissance :

 

elle est dynamique, pas statique.

 

 

 

Les chrétiens, imbus de leur foi (et de leur puissance temporelle)

ont décidé que les dieux non chrétiens n'étaient pas "bons":

 

seul leur dieu ( d'Abraham, de Moïse et de Jacob) est bon,

 

sa bonté est absolue,

 

ce n'est pas lui qui tromperait l'homme.

 

 

 

On voit bien par là que les chrétiens n'ont lu ni la bible ni l'évangile,

 

et que, s'ils en ont lu des passages (quelques-uns),

 

 ils ne comprennent que ce qu'on leur a dit de comprendre.

 

 

 

 

Ouvrons la Torah.

 

 

Nous voyons dans le récit de l'Exode

 

que le Seigneur  " endurcit le coeur du Pharaon "

 

de  telle sorte qu'il ne se laisse pas convaincre par Moïse,

 

ce qui déclenche toutes les catastrophes que l'on sait.

 

 

La lecture de l'évangile est tout aussi instructive.

 

En Matthieu 13, 10-15, nous entendons de Jésus lui même

 

une déclaration qui peut surprendre :  

 

 

 

 

promenades-phi-23.jpg

 

 

Il y a quelque chose de révoltant dans cette attitude de la supposée divinité,

 

décrite par Isaïe, et reprise pas Jésus.

 

Mais cela rejoint Parménide (qui parlait 3 siècles avant Jésus).

 

 

Il me semble que cette idée,

 

selon laquelle la divinité peut

 

soit créer l'illusion et y maintenir l'humanité,

 

comme la MAYA des hindous,

 

soit accepter que les hommes y vivent,

 

quitte même à les y pousser un chouya,

 

il me semble que cette idée n'est pas présente chez les philosophes grecs,

 

en particulier chez Parménide.

 

 

En tout cas est présente chez euxl'idée

que l'homme peut échapper à ce Dieu là

et sortir de l'illusion.

 

 

C'est ce que nous allons voir dans la suite du poème :

 

de quelle façon, presque ludique, la difficulté va être contournée, 

 

et ce que cela indique sur la façon pratique de se comporter.

 

 

 

Le travail des philosophes grecs (  de beaucoup d'entre eux  )

 

a été de tourner en dérision tous ces personnages fictifs qui peuplaient l'Olympe,

 

en quelque sorte de démythologiser la pensée,

 

et de chercher à percer, à découvrir  les mécanismes  à l'oeuvre dans l'illusion,

 

pour s'en libérer.

 

 

 

En ce sens le juif  Sigmund Freud est dans la droite ligne

 

de ces penseurs grecs, 3 siècles avant notre ère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 .

 

 

 .

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Promenades philosophiques - 13 - Récréation mathématique : le théorème de Pythagore -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

Allons, nous avons bien mérité un petit temps de repos.

 

Je vous propose une récréation mathématique !

 

 

Pourquoi ai-je fait tenir à mon institutrice tant aimée

 

une table de multiplication ?

 

Voici.

 

Regardez bien le carré central de cette table.

 

Il représente exactement  "la table de Pythagore".

 

 

 

 

PYTHAGORE !

 

 

Il n'est pas né, lui, comme Parménide, dans la "Grande Grèce" ,

 

mais dans une île de la mer Egée, proche de la Turquie : Samos.

 

C'était en 585 avant JC.

 

Mais vers l'âge de 40 ans, il émigre à Crotone.

 

 

 

 

promenades-phi-21.jpg

 

 

 

Crotone se trouve dans la province de Catanzaro,

 

donc tout près du Golfe de Tarente.

 

Et là, lui aussi, fonde une école,

 

( qui se trouve donc proche de l'école de Parménide, à Elée )

 

et même une communauté que l'on peut qualifier de religieuse.

 

Il fonde cette école vers 530.

 

Or on situe la maturité de Parménide vers 500.

 

Ils sont donc proches dans le temps.

 

Pythagore est mort en 504, âgé de 81 ans.

 

( c'est bien un peu jeune, non ? ).

 

 

 

 

Son dada à lui, c'est le nombre.

 

On peut dire que c'est lui qui a fondé la mathématique.

 

Jusqu'à lui, les nombres n'avaient qu'un usage utilitaire, pour les commerçants.

 

Il en a fait un objet de contemplation.

 

Pour lui les nombres sont le principe et la racine de toutes choses.

 

 

 

 

Pourquoi cette évocation de Pythagore ?

 

Parce qu'une chose est très remarquable en mathématique.

 

Une idée très forte, incontournable  :

 

celle d'un ordre présent dans le monde

 

auquel il faut humblement se plier.

 

 

 

Du moins si l'on veut avancer dans le savoir,

 

si l'on veut avoir une chance de comprendre quelque chose à ce monde.

 

 

 

Cette exigence d'un respect absolu de la logique,

 

qui est déjà présent chez Parménide,

 

elle est présente dans le nombre.

 

Si vous dites n'importe quoi, par exemple que 3 X 3, ça fait 11...

 

vous n'arriverez à rien.

 

 

 

Au fait, vous rappelez - vous le théorème de Pythagore ?

 

 

 

 Le carré construit sur l'hypoténuse d'un triangle rectangle

 

équivaut à la somme des carrés

 

construits sur les côtés de l'angle droit.

 

 

 

Cette égalité , on va la retrouver dans les nombres  " pythagoriques " ,

 

lesquels vérifient la relation  :

 

 A2  =  B2  +  C2

 

Les nombres pythagoriques les plus simples étant  3, 4 et 5

 

puisque, si on prend leurs carrés, on a

 

 9 +  16 = 25.

 

 

 

J'espère que vous êtes maintenant reposés.

 

Nous allons pouvoir, demain, rejoindre Parménide.

 

 

 

Mais avant, il me faut aller voir ma pharmacienne

 

pour m'acheter de l'huile de foie de morue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Promenades philosophiques - 12 - Une "Justice" irréductible ? - Thémis : la bonne institutrice -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

  Oh....

 

aujourd'hui, programme allégé !

 

Nous n'avons que deux vers.

 

Mieux même...

 

nous ne verrons que le premier vers !

 

 

Et la Justice, irréductible,

 

garde les verrous au double mouvement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand nous, occidentaux, nous pensons  " Justice ",

 

nous voyons plus le glaive que la balance,

 

plus la rigueur d'une sentence, et  la condamnation qui s'en suit,

 

que ce qui est juste et bien.  

 

promenades-phi-18-.jpg

C'est probablement parce que nous sommes profondément marqués

 

,par le juridisme romain

 

qu'a relayé, et amplifié, avec une véritable rage homicide,

le christianisme,

 

lequel, pour assurer sa domination,

 

a terrorisé les gens par la menace de châtiments éternels,

 

allant jusqu'à les anticiper, par l'inquisition,

 

sans doute pour rendre plus crédibles les  feux de l'enfer.

 

 

 

Telle n'est pas la vision du monde grec.

 

 

 

Revenons à notre poème.

 

 

Jusqu'ici, nous n'avions affaire qu'avec des messagers du divin,

 

des "angelos" , en quelque sorte.

 

Maintenant, nous sommes devant la divinité elle-même,

 

ou peu s'en faut :

 

Thémis, la Justice !

 

 

Elle est l'une des épouses de Zeus.

 

De leurs amours naquirent (entre autres)

 

les trois Moires: Clotho, Lachésis, et Atropos,

 

qui ont en charge notre destin, règlent la durée de nos vies,

 

et deviendront, à Rome, les Parques.

 

Et aussi les trois Heures, trois divinités de l'ordre,

 

qui sont ainsi les soeurs des Moires.

 

Elles ont pour nom : Eunomia ("la discipline"),

 

Dicé, ou Diké (la  justice en tant qu'elle est appliquée, on dit aussi "le droit"),

 

et Eiréné (la Paix), de qui notre adjectif "irénique" tire son origine.

 

 

Ces trois demoiselles vivent dans l'olympe,

 

où elles veillent sur les portes de la demeure divine.

 

Elles sont de plus les servantes d'Héra : elles détellent les chevaux de son char.

 

Héra étant une autre des épouses de Zeus

 

mais un peu particulière puisqu'elle en est aussi sa soeur.

 

Quelle famille !

 

Les Heures sont aussi les bonnes copines du dieu Pan,

 

dieu que l'on reconnaît facilement car il a des poils aux pattes.

 

 

 

Si je donne toutes ces précisions,

c'est pour essayer de mettre un peu d'ordre

dans cette famille quelque peu brouillonne

dans laquelle je me perds facilement.

 

 

Revenons à Thémis.

 

Plutôt que cette  " Justice ", porteuse du glaive, ce qui fait oublier la balance,

 

je l'ai imaginée en institutrice,

 

une instit telle que j'aurais bien aimé en avoir une. 

 

 

 

 

 

 

 

" promenades-phi-19-.jpg

 

 

 

 

C'est qu'en effet, être la gardienne vigilante de la Loi éternelle, cosmique,

 

ce n'est pas surveiller hargneusement les êtres humains 

 

pour sanctionner avec sauvagerie toutes leurs incartades,

 

c'est s'assurer de la pérennité de toutes les lois qui fondent l'univers.

 

Par exemple la force de gravitation, ou la force d'inertie, et quelques autres.

 

Tout ce qui fait que les étoiles ne nous tombent pas sur le coin de la figure

 

et que le soleil revient nous éclairer chaque matin.

 

 

 

 

Bien sûr parmi ces "lois"

 

il y a aussi des lois psychologiques.

 

Elles s'imposent à nous comme un fait.

 

Elles sont un fait, aussi important que la loi de gravitation.

 

 

 

Si nous les transgressons,

pas besoin d'un coup de glaive pour nous faire expier notre erreur.

 

La sanction vient d'elle même, à son heure.

 

Elle est inévitable.

 

 

 

Mais le mot sanction n'est pas juste : il évoque jugement et verdict.

 

Mieux vaudrait dire :

 

les conséquences de l'acte que nous avons accompli

 

apparaissent inéluctablement.........comme se forme un fruit,

 

comme je me ferai mal à la main si je frappe un mur de mon poing.

 

 

 

C'est ce qu'il y a de juste dans la notion de KARMA des Hindous. 

 

Et aussi dans celle de DHARMA,  la loi du monde, l'ordre cosmique.

 

DHARMA, mot sanscrit, vient de la racine D H R , qui sigfnifie "tenir";

 

Le DHARMA, c'est ce qui fait tenir le monde debout.

 

 

 

C'est pourquoi cette loi est inflexible, irréductible.

 

Non par la sévérité d'un dieu punisseur  (la version chrétienne)

 

mais parce que, sans cette loi, le monde s'effondrerait.

 

 

 

 

Inutile de sacrifier des taureaux

 

pour amadouer un dieu supposé irritable.

 

 

 

 

 

 

promenades-phi-20.jpg 


 

 

 

 

Il faut obéir à la loi, c'est tout.

 

Et si vous vous donnez un coup de marteau sur le doigt....

 

ça va vous faire mal, à cela on ne peut rien.

 

Sauf éviter de se donner des coups de marteaux.

 

 

 

 

Aussi  je vois Thémis, mon institutrice, me dire :

 

 

"C'est ainsi que le monde fonctionne.

 

Avez-vous, élève pinson, une meilleure idée pour le faire fonctionner ?

 

Vous sentez-vous de taille ?

 

 

 

Heu... non , maîtresse ! " 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Promenades philosophiques - 11 - Je fracasserai les barres de bronze... Isaïe 45 -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

Voici la troisième strophe.

 

Rappelez-vous :

 

 

 les Filles du Soleil   

 

vers la lumière

 

m'ont conduit.

 

 

 

Allons-nous pour autant, aussi facilement,

 

accéder à la source parfaite de la lumière ?

 

Tout doux ......... un obstacle se dresse encore :

 

des portes,

 

et elles sont fermées ! 

 

 

 

 

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Parmenide nous les décrit  minutieusement :

 

 

C'est là que se trouvent les portes qui,

 

sur les chemins de la Nuit et du Jour, sont fermées,

 

avec en haut une poutre transversale,

 

et en bas un seuil dans la pierre façonné,

 

et les portes, dressées dans l'air,

 

sont fermées par de puissants battants.

 

Et la Justice, irréductible,

 

garde les verrous au double mouvement.

 

 

 

Nous allons réfléchir sur les six premiers vers.

 

Les deux derniers , ça sera pour demain.

 

 

 

C'est là que se trouvent les portes qui,

 

sur les chemins de la Nuit et du Jour, sont fermées,

 

 

Que signifient ces portes ?

  

 Pourquoi ne passe-t-on  pas insensiblement

du domaine de la nuit au domaine du jour ?

  

 Pouquoi cette frontière à passer ?

  

 Comment ces portes vont-elles pouvoir s'ouvrir ?

 

 

 

  

 Considérons d'abord comment elles sont construites.

  

  

 Voici donc, après celle des roues,  une deuxième description bien curieuse.









avec en haut une poutre transversale,

 

et en bas un seuil dans la pierre façonné,

 

et les portes, dressées dans l'air,

 

sont fermées par de puissants battants.





 

 

Quel intérêt peut bien avoir cette description ?

 

 



Là encore il s'agit de nommer des mécanismes psychologiques.



Ceux là même que Freud s'efforcera d'élucider,



puis sa fille Anna, quand elle étudiera les "mécanismes de défense".







L'évolution de l'être humain,



son évolution psychologique, affective, ne va pas de soi,



elle ne coule pas comme un ruisseau tranquille.





Des forces s'opposent à l'avancée de l'être,



on pourrait dire à l'instauration du royaume de la Personne,



ou, en autre langage (mais cela veut dire la même chose)



à l'établissement du royaume de dieu.





Ces obstacles sont très puissants.



Si Parménide nous donne des détails si précis,



c'est pour nous montrer l'importance de ces forces qui barrent notre route.





Il n'est pas le premier à  décrire ces portes fermées.

 

Retournons au texte biblique : isaïe 45,



qui est à peu près contemporain de Parménide :







Oracle du Seigneur à son oint



qu'il a pris par la main droite



.........



pour que s'ouvrent les portes.

 



Moi, je marcherai devant toi



en nivelant les hauteurs.



Je fracasserai  les barres de bronze,



je briserai les barres de fer.







Formidable texte !

 

Le vocabulaire diffère.

 

Ici c'est "le Seigneur"

 

chez Parménide, ce sont les filles du soleil.

 

Mais l'idée est la même,

 

et le symbole est le même :

 

la route est barrée,

 

nous nous heurtons à des portes fermées.

 

Comment allons-nous pouvoir les franchir ?

 

 

 











  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Promenades philosophiques - 10 - L'importance de la féminité -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

Vous êtes toujours là ?

 

Ouf !

 

J'avais peur que vous foutassiez le camp !

 

O K .... nous allons essayer d'être plus rapides

 

et de relire, ce jour,  toute la seconde strophe !

 

 

 

 

 

 

 

Et elles menaient mon char,

 

et les Vierges m'indiquaient la route.

 

De chaque côté tournaient et m'entraînaient les roues,

 

et l'essieu dans les moyeux

 

chauffait

 

et criait comme crie une flûte ,

 

lorsque les Filles du Soleil  , pour me guider,

 

ont abandonné les demeures de la Nuit,

 

ont écarté de leurs mains leur voile sur leur tête,

 

et vers la lumière

 

m'ont conduit.

 

 

 

 

 

 

promenades-phi-15-.jpg

 

 

 

 

 

Et elles menaient mon char,

 

et les Vierges m'indiquaient la route.

 

 

 

Les vierges.

 

 

 

à nouveau des êtres féminins interviennent

 

pour aider à la progression de notre voyageur.

 

 

 

L'homme (masculin)  s'imagine volontiers que c'est lui le maître,

 

qui décide de tout,  et réalise tout par sa force virile.....

 

 

Pour un peu... c'est lui qui ferait tourner le monde.

 

En tout cas il se croit seul maître de son destin.

 

Quelle foutaise !

 

 

Ce n'est pas ce que nous laisse deviner Parménide.

 

 

 

 

 

L'escorte féminine qui intervient maintenant

 

établit comme une atmosphère de douceur,

 

de protection vigilante et tendre,

 

"d'attention bienveillante " (chère aux psychanalystes)

 

une attitude maternelle, en quelque sorte.

 

 

De plus ce sont des vierges,

 

ce qui est une façon de nous dire que la sexualité

 

ne joue pas de rôle dans l'affaire

 

et que cette réflexion s'établit bien au delà du sexe.

 

 

 

 

 

Arrive maintenant, étrangement,  une petite description mécanique.

 

Quel peut en être l'intérêt ?

 

Il est majeur.

 

 

 

Ce voyage que décrit Parménide (sur le dos des cavales)

 

n'est pas une spéculation purement "métaphysique"

 

qui se situerait dans le monde éthéré des idées abstraites.

 

 

 

Il  décrit l'aventure humaine la plus essentielle.

 

 

Or l'âme n'est pas séparée du corps.

 

Elle est le corps.

 

Elle et le corps ne font qu'un. 

 

 

Quand une personne s'engage dans cette aventure

qu'est la plongée en soi-même,

 

elle ne le fait pas avec son intellect seulement,

 

elle le fait avec son corps aussi.

 

Son "âme" va être bouleversée,

 

et bien son corps également !

 

 

 

Dans ce poème, le char, c'est le corps !

 

Et ça grince et ça crie !

 

 

 l'essieu dans les moyeux

 

chauffait

 

et criait comme crie une flûte. 

 

 

 

Les matérialistes nient le "spirituel.

 

Pour eux, tout n'est qu'échange d'électrons.

 

 

Les spiritualistes forcenés pensent que tout se passe dans "l'âme".

 

Le corps est sans intérêt.

 

 

Parménide, lui, sait que le corps est impliqué.

 

C'est avec son char qu'il va vers le "divin".

 

Je trouve la comparaison qu'il nous donne ici géniale !

 

Laissez-moi vous la répéter :

 

 

l'essieu dans les moyeux

 

chauffait

 

et criait comme crie une flûte !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 

 

 

Mais poursuivons.

 

 

 

 

 

 

lorsque les Filles du Soleil  , pour me guider,

 

ont abandonné les demeures de la Nuit,

 

ont écarté de leurs mains leur voile sur leur tête,

 

et vers la lumière

 

m'ont conduit.

 

 

Voici donc  qu'arrive un troisième élément féminin.

 

 

 

 

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Après les Cavales et les Vierges,

 

voici les Filles du Soleil.  

 

 

 

On se rapproche cette fois du foyer essentiel,

 

on monte en quelque sorte l'échelle des êtres :

 

il y a eu les Cavales, êtres encore immergés dans l'animalité,

 

puis les Vierges,  

 

maintenant les filles du Soleil !

 

 

Les tenèbres de la nuit  vont se dissiper.

 

 

La vérité va se dévoiler.

 

 

Et c'est précisément à ce  moment où la nuit

 

(c'est-à-dire où l'obscurité de l'inconscience 

va laisser place au savoir) 

 

ce moment où le voile de l'ignorance va se déchirer,

 

que se situe le passage le plus dramatique

 

durant lequel tout l'être va vibrer et  trembler dangereusement.

 

 

 

Comme a tremblé le bébé au moment de son passage

dans les voies génitales de sa mère,

 

comme tremble l'avion supersonique quand il passe le mur du son.

 

 

Le progrès d'un être n'est jamais linéaire.

 

Il ne suit pas une pente douce, progressive, régulière.

 

Il passe par des moments de crise, de rupture, de mutation.

 

Des moments où l'angoisse s'accroît d'une façon soudaine,

 

où des symptômes somatiques peuvent apparaître, menaçants,

 

des moments où les plus timorés feront marche arrière,

refusant de sauter l'obstacle.

 

 

 

Comme notre ami Parmenide décrit avec grâce ce moment périlleux !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Promenades philosophiques - 9 - Agir... ou Non -agir ? - Le psaume 126 -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

 

C'est par là que je fus mené,

 

c'est par là que les Cavales très habiles m'ont conduit.

 

 

 

 

 

 

Ici, à nouveau,

Parménide souligne sa passivité dans ce processus.

 

Il l’avait d’emblée décrite :

-         il était poussé par le désir de son âme…..

-         les Cavales l’ont emporté…..

 

Est-il alors totalement passif ?

 

Non pas : il nous a dit aussi ceci,

cette route ne peut s’ouvrir

que pour « l’homme qui réfléchit ».

 

 

De la même façon le vent ne peut faire avancer le voilier

Que si le marin hisse la voile.

 

La force vient du vent.

Mais la décision du marin est indispensable.

 

 

Ou, pour reprendre l’image des cavales,

pour qu’elles puissent l’emporter,

encore faut-il qu’il grimpe sur leur dos.

 

Là se situe la liberté de l’homme,

la liberté de son choix,

et, si l’on veut, sa responsabilité.

 

Une possibilité s’offre à nous    .

Nous pouvons dire oui, ou non.

 

Je ne sais si j’ai, cette fois ( !) été clair….

 

La vie nous pousse

= nous sommes passifs.

Mais nous avons des choix à faire,

des décisions à prendre

= nous sommes actifs.

 

Pour ce qui est de notre activité,

nous aurions plutôt tendance à la surestimer.

Nous imaginons que tout dépend de nous.

Alors que les évènements s'imposent à nous.

Nous nous imaginons choisir notre vie,

alors que toutes nos rencontres sont dues au hasard,

 absolument toutes.

 

Notre liberté

et notre part d’activité

réside dans notre possibilité de choix :

dans le fait de pouvoir dire oui ou non

dans telle ou telle circonstance.

 

C’est à la fois très important

et très limité.

 

Je n’ai pas choisi d’être homme ou femme,

de naître en Europe ou en Asie,

je n’ai pas choisi mes parents,

ni l’état de mes chromosomes…. etc.

 

Comment comprendre,

et  accepter,

cette part de passivité ?

 

 

 

 

 

 

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Cette question,

d’autres hommes se la sont posées

à la même époque où Parmenide écrivait ce poème.

 

En Orient : Lao Tseu, qui a loué le « non-agir ».

 

Au Moyen-Orient, l’auteur des psaumes juifs.

 

Je vous note un passage du prodigieux psaume 126 :

 

 

 

 

Si le Seigneur ne bâtit la maison

En vain peinent les maçons.

Si le Seigneur ne garde la ville,

En vain la garde veille.

 

 

  

En vain tu avances ton lever,

En vain tu retardes ton coucher,

Mangeant le pain des douleurs,

Quand il comble son bien-aimé qui dort !

 

 

 

 

 

Est à rejeter l’idée que nous pourrions totalement contrôler notre vie.

L’idée que tout dépend de notre activité,

que nous devrions entreprendre la recherche du « divin »,

ou de toute autre chose,

par une sorte de suractivité,

par une volonté inflexible,

par un prodigieux effort de la pensée.

 

Oh non !

Il n'est pas question de cela. 

 

 

Ce n’est pas notre volonté qui construit le monde.

Notre pensée elle-même n’est pas toute puissante.

 

J'adore cette idée : 

 

 

 

il comble son bien-aimé qui dort !

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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