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le petit chemin tout fleuri

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

Quelle douceur ce matin, dans le petit chemin

Il sentait la rosée, et la mousse, et le thym 

 

Deux chevreuils déjeunaient des herbes les plus tendres

Un pic, percussionniste, son rythme faisait entendre.

 

Le ciel semblait promettre une calme journée

De nuages en dentelles, il était tout paré.

 

Quelle incroyable chance de vivre ce moment !

Hélas tous les vivants ne peuvent en dire autant.

 

 

 

 

 

 

 

                             recolte-matinale2.jpg

 

 

Voici un tout petit échantillon  des fleurs

que les petits nains jardiniers font pousser.

 (on ne les voit jamais car le jour, comme les chevreuils,

ils rentrent dans le bois)

 

De gauche à droite :

 

linaire vulgaire,

compagnon blanc,

aigremoine,

serpolet,

scabieuse,

mauve (à grandes fleurs ???)

mûre frutescente

carotte dentellière

laitue sauvage

pantoufles du petit Jésus

séneçon (?)

brunelle (en bas, au milieu)

 

Les champipis,

je les mange à midi !

 

 

Bon dimanche à tous les amis.

 

 

 

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Aubrac 3 - Les boraldes -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

Comment évoquer en quelques lignes

l'histoire géologique mouvementée de l'Aubrac ? 

 

 

 

Essayons.

 

Il nous faut remonter loin dans le passé.

De 300 millions d'années.

Jusqu'aux temps, immémoriaux, de la Pangée.

 

Sur cet unique continent s'est édifié une grande montagne,

dans le genre Himalaya.

C'était la chaîne hercynienne.

Pourtant cette énorme montagne va être rabotée,

entièrement détruite par l'érosion, ou presque. 

 

Il ne va en rester que son socle de granit,

plus ou moins malmené, parfois aminci, fracturé,

recouvert d'une épaisse couche de sédiments.  

 

Les choses auraient pu, comme on dit, en rester là,

si la fée Orogenèse   n'avait pas provoqué, sciemment,

la collision de la plaque continentale africaine avec l'européenne.

 

Cette collision a entraîné le surgissement des Alpes,

toujours en cours.

 

Sous l'énorme poids de la chaîne alpine, monstrueuse surcharge,

le socle granitique hercynien s'est encore plus fracturé qu'il n'était,

et toutes les régions avoisinantes ont été déséquilibrées,

en particulier celle, toute proche, du centre de la France.

 

De très longues fissures méridiennes vont s'ouvrir,

s'étendant du sud au nord,

et dans ce réseau de failles le magma brûlant va monter.

 

 

**********************

 

Zoomons sur cette région qui deviendra l' Aubrac.

 

Le magma qui monte là est rarement épais.

Quand cela se produit, il donne lieu à un volcanisme explosif.

Mais pour l'essentiel, le magma n'est pas épais

et vont donc se produire des coulées incessantes de lave fluide,

un peu comme dans l'île de la Réunion.

 

C'est un véritable fleuve de roche en fusion

qui va se déverser pendant plusieurs millions d'années,

une lave liquide qui va se répandre comme une boue brûlante,

comme une marée de métal en fusion.

 

Les coulées succèdant aux coulées,

les nouvelles recouvrant les anciennes déjà solidifiées.

 

Leur accumulation va créer une grande chape de basalte,

la lave devenant pierre.

 

Ainsi s'est formé un immense plateau : l'Aubrac.

 

Mais la même question se pose là encore :

l'histoire va-t-elle s'arrêter ?

Le passé se trouvant comme enterré

sous une immense et très épaisse pierre tombale ?  

 

Bien sûr que non !

 

La terre ne cesse pas un instant de vivre.

Tout ce qui se fait se défait un jour.

 

L'érosion va entrer immédiatement en jeu.

 

Vous savez, cette modeste force qui, en prenant son temps,

avait abrasé jusqu'à la faire entièrement disparaître

la gigantesque chaîne hercynienne.

 

L'eau, si fragile, a donc entrepris de creuser la roche :

cette lave vitrifiée qui semble inaltérable tant elle est dure.

 

Et la puissante carapace, qui semblait invincible,

a reculé devant l'eau du ciel.

 

Des vallées se sont creusées.

Des torrents furieux se sont mis à détruire la roche,

à la déchiqueter,

la réduire en cailloux, en gravillons, en minuscules fragments,

et ont entraîné tout cela vers des rivières et des fleuves.

 

L'Aubrac est de ce fait sillonné de nombreuses vallées,

où affleurent des masses rocheuses diverses

qui nous racontent toute cette histoire

que j'ai en l'audace d'ébaucher.

 

Les torrents sont toujours en action :

on les appelle des "BORALDES".

 

Leur eau, née des pluies, continue de tarauder la roche,

de la déliter, de l'entraîner dans ses remous,

creusant toujours, provoquant des effondrements,

aménageant ainsi des vallées étroites, pentues,

parsemées de cascades...

 

Ainsi cette boralde, près de Nasbinals et de Saint Urcize,

la boralde de ... (help !).....

 

 

 

                           aubrac2011-1-boralde.jpg

 

 

 

 

L'eau, prenant son temps, semble s'amuser à ce jeu,

chanter sa joie,

et nous révéler,

de sa voix cristalline,

tout en traversant une forêt enchantée,

toute l'histoire que je viens de vous conter.

 

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Aubrac 2 - Rochers et burons -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

Ces montagnes sont-elles belles ?

 

Je ne sais pas trop.

 

D'où vient leur pouvoir sur l'esprit ?

 

Non de leur hauteur.

 

Rien de prodigieux, de vertigineux, de grandiose, d'inaccessible.

 

De leur ampleur peut-être...

de leur dépouillement.... ?

 

Prairies d'altitude qui déroulent leurs draperies jusqu'à l'horizon,

qui descendent dans les vallées,

ou montent entre  des rochers isolés,

entre des morceaux de forêt,

parfois interrompues par des falaises basaltiques qui, en s'effondrant,

ont créé des pierriers, des éboulis de roches....

 

Impression parfois d'être sur une autre planète,

ainsi près de Nasbinals, en ce lieu nommé "la lune".

 

 

 

                 aubrac2011-3-la-lune.jpg

 

 

 

Impression que ce ne sont pas de vraies montagnes.

Plutôt une plaine bouleversée,

égarée pour une raison mystérieuse,

propulsée dans le ciel,

plus proche de l'espace que de notre planète.

 

 

Tout n'est pas volcanique dans ce paysage.

On trouve aussi du granit :

vestiges de l'ancien socle  hercynien.

 

Par exemple ici, dans cette zone dite "la lune",

où les glaciers quaternaires ont raboté les rocs,

en ont adouci les formes,

leur donnant l'aspect d'un immense troupeau de moutons.

 

Que ces prairies, disons plutôt ces zones herbues,

plutôt maigres et austères en général,

malmenées par les vents,criblées de rochers,

parsemées de tourbières où officient les plantes carnivores,

drosères, grassettes,

et où les sphaignes font des prodiges pour retenir l'eau,

 

que ces zones soient devenues des pâturages

où de gros animaux mènent une vie totalement sauvage

pendant 5 mois chaque année,

ajoute sans doute une touche de mystère à la région. 

 

Ces troupeaux, en apparence paisibles,

mais il ne faut pas trop s'y fier,

évoquent pour  nous, visiteurs occasionnels,

d'une façon symbolique,

une autre façon de vivre.

 

Une façon de vivre qui serait centrée sur des gestes simples,

dans une ambiance de repos, de silence, de contemplation.

 

C'est tout à fait subjectif, mais on pourrait même imaginer

que ce mode de vie génère une certaine jouissance d'être,

tout simplement.

 

Les burons, isolés,  nombreux, répartis sur tout le territoire,

mais ayant tous cessé d'être utilisés selon leur vocation primitive,

la fabrication de la fourme,

font désormais partie de l'histoire.

 

Un seul semble-t-il tente de perpétuer la tradition :

traite des vaches, fabrication du fromage,

et culture de la pomme de terre,

la réunion finale de ces deux éléments

aboutissant à la confection de l'aligot.

 

L e voici, "protégé" par son arbre. 

Plus loin, le troupeau qu'il faudra aller chercher pour la traite.

 

 

 

 

                   aubrac2011-4-buron.jpg

 

 

 

 

 

Les normes hygiéniques modernes ont fait disparaître cette pratique.

Mais pas seulement :

la vie des "buronniers" était particulièrement rude.

Ces temps sont bien révolus.

 

Les troupeaux ne sont plus traits.

Les veaux s'en chargent.

Et la production est maintenant centrée sur la viande.

 

 

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