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- Sète - 16 - Présence du volcanisme près de Sète : Balaruc, Maguelone -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

Nous avons vu, à Agde,

c'est-à dire à moins de 20 km  à l'Ouest de Sète,

une très importante série d'évènements volcaniques,

relativement récents (ils ont commencé il y a un million d'années)

qui se sont déroulés pendant 250.000 ans, et même plus

si on y ajoute la montée silencieuse et invisible du magma

qui ne s'est révélée que plus tard

quand l'érosion marine (qui se poursuit) a dégagé les dykes. 

 

C'est donc dans un paysage comparable à celui ci

que tout a commencé à Agde.

 

 


      2013_0923fabricolageseptembre0074.JPG

 

     

 

 

Un paysage de lagunes, 

d'étangs côtiers séparés de la mer par des cordons littoraux.

 

Le Golfe du Lion, entre Agde et la Camargue,

est entièrement bordé d'étangs de ce type.

 

 

 


 

sete-agde-maguelone.jpg

 

 

 

Si, partant de Sète, nous allons maintenant vers l'Est,

à moins de 20 km nous trouvons un autre site volcanique :

Maguelone.

 

      C'est une petite île volcanique qui a surgi dans un étang côtier,

l'étang de Melgueil,

à l'occasion d'un éruption surtseyenne

et nous savons désormais ce que c'est.

 

La création de cette île volcanique

est très antérieure aux événements d'Agde.

Il y a eu deux phases éruptives :

la première il y a 5 millions d'années,

la seconde il y a 3,8 millions d'années.

 

Ces éruptions se sont produites en plein milieu de l'étang.

 

Il en est résulté la formation d'une petite île,

uniquement formée de tuf volcanique,

sans aucune présence de basalte.

 

(C'est donc une histoire beaucoup plus simple qu'à Agde.)

 


 

Cette île a très tôt été habitée par les hommes,

car c'était un site facile à défendre.

Les Wisigoths y ont fondé une cité.

 

 

Jusqu'au XI me siècle, pour accéder à cette île,

il fallait  prendre une barque et traverser l'étang.


Mais à cette époque le cordon littoral a reculé

et de ce fait l'île s'est trouvée rattachée à ce cordon littoral

et par lui au continent..

 

 

Au XII me siècle y fut construite une église :

une église forteresse.

 

 

 

2013_0923fabricolageseptembre0082.JPG

 

 

 

 

Elle fut le siège d'un évéché pendant plusieurs siècles

puis abandonnée, pillée, mutilée, privée de ses tours, ruinée.

 

 

 

2013_0923fabricolageseptembre0084.JPG

 

 

 

Elle a depuis été réinvestie par le culte (partiellement ?).

 

 

 

 

2013_0923fabricolageseptembre0086.JPG

 

 

 

 

 

 

C'est la cathédrale St Pierre St Paul :

un immense vaisseau de pierre, assez impressionnant.

 

 

 

 

2013_0923fabricolageseptembre0083.JPG

 

 

 

Ce n'est que plus tard que fut construite, sur le continent

la ville de Villeneuve-Lès-Maguelone,

dont Maguelone est maintenant un lieu dit.

 

 

 

Le Site attire quelques touristes.


On peut venir de Palavas, en suivant le cordon littoral.


On peut venir depuis Villeneuve-Lès-Maguelone 

et cette fois en partie en voiture

par une petite route surélévée qui traverse l'étang,

puis il faut, laissant la voiture, continuer à pied,  

franchir sur une passerelle le canal du Rhône à Sète...

 

 

2013 0923fabricolageseptembre0075

 

 

et marcher un peu...

 

 

 

2013_0923fabricolageseptembre0081.JPG

 

 

      

 

Si l'on dépasse l'îlot sur lequel se dresse la cathédrale,

pas grave : on rejoint la mer.

 


 

 

maguelone-plage-soir.JPG

 

 

 

Ah... les touristes sont rentrés chez eux !

 

 

 

 

***

 


 

Si donc maintenant nous réfléchissons    

nous nous rendons compte que Séte,

au centre d'une région dont la largeur est de l'ordre de 30 km

 se trouve située à égale distance de deux volcans.

 

Manifestement la croûte terrestre est plus faible dans cette zone.


Y a-t-il d'autres signes qui confirment ce fait ?

La réponse est oui.

Et c'est la remontée d'eaux chaudes.

Elle traduit la proximité de poches magmatiques.

 


 

Cette remontée se produit, à Balaruc, en plusieurs points,

grâce à des failles profondes dans le sol.

 

 

plage-chiens-balaruc-bains.jpg

il est bien  difficile de trouver maintenant un petit coin sauvage comme celui-ci

sur la presqu'île occupée par Balaruc-les-Bains  !!

L'urbanisation les a presque tous fait disparaître.....

 

 

 

Ces eaux chaudes sont connues depuis fort longtemps :

Phéniciens, Carthaginois et Romains sont venus,

et se sont installés sur la presqu'île

pour utiliser les vertus de ces eaux dites "thermales"

(ce qui veut simplement dire "chaudes").

 

Elles sont toujours utilisées pour les mêmes raisons :

surtout pour les douleurs articulaires.

 

Je dirai un jour tout le bien que je pense de ces eaux.

Elles ont des pouvoirs bien plus larges que ceux qu'on leur attribue

et qui sont très loin d'être pris en compte.

 

Mais je poursuis.

 

La montée de ces eaux chaudes ne  se produit-elle qu'à Balaruc ?

Bien sûr que non.

 

Il est probable que des sources d'eaux chaudes

débouchent directement dans l'étang de Thau,

ce qui contribue à la richesse de la flore et de la faune de celui ci.

 

Mais aussi autour de l'île de Sète.

Elles ne sont pas utilisées.

 

Une de ces sources révèle son existence en hiver.

Elle se situe dans le petit canal qui sépare l'île de Thau de l'île de Sète.

En effet cette arrivée d'eaux chaudes trahit sa présence 

par des vapeurs qui se forment là où elles émergent.

 

Signe modeste certes.

Mais éloquent.

 

Il nous dit :

" moi, le magma, je ne suis pas loin de vous "

 

Menace ou promesse ?

 

Les deux mon capitaine.

 

 

***

 

 

 

Voilà :

c'est sur ce message venu des profondeurs de la terre

que je vais clôturer  (provisoirement ?) cette série d'articles 

consacrés à Sète et à sa région.

 

Région au charme étrange

où vous apercevrez peut-être ces merveilleux Flamants roses :

 

 

 

 

 

 

2013_0923fabricolageseptembre0088.JPG

 

 

 

***

 

 

 


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- Sète - 15* - Présence du volcanisme près de Sète : le spot de plongée des Grandes Tables -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

 

sar-commun.png

 

 

 

 

      Etes-vous plongeur ?

Alors vous connaissez ce qui va suivre sans doute mieux que moi.

Vous ne l'êtes pas ?

Alors rêvons ensemble.

 

Car le spectacle se poursuit en mer au large de la Grande Conque.

 

Les déferlantes basales ont projeté jusque là leurs tufs

en épaisses couches

et plus tard sont parvenues jusque là les coulées basaltiques

venant du Mont St Loup...

 

 

Résultat : 

à 300 mètres au large de la Grande Conque

on trouve des sortes de langues volcaniques sous marines ,

dalles irrégulières, creusées de failles,  

 présentant divers plateaux entre 3 et 10 mètres de profondeur.

qui sont bordées de grands "tombants" ( falaises sous-marines),

ces tombants étant formés par l'épaisseur des coulées de lave,

lesquelles, telles des boucliers,

ont préservé les couches de tuf qu'elles recouvraient.


 

 

 

tata.JPG-1.jpg

 

 

 

Cette structure complexe crée un milieu exceptionnel

qui abrite une faune abondante et variée.    

 

 

Aussi ce lieu est-il mondialement connu des plongeurs 

 sous le nom de

"Spot de plongée des Grandes Tables",

et c'est la gloire du littoral agathois ! 

 

Ce spot possède donc une grande richesse

et de la faune et de la flore,

et une biodiversité remarquable.

 

 

 

 

tata.JPG-2.jpg

 

 

 

 

Là peuvent s'observer, à une faible profondeur (moins 5 mètres)

des espèces que l'on ne peut observer dans d'autres sites

qu'en descendant à au moins 20 mètres.

 

Certaines espèces étant, de plus, spécifiques au Cap d'Agde.


De nombreux poissons viennent du large.

 

Des Sars :

 

sar-commun.png

sar commun

 

 

 

 

 

sar-tete-noire.jpg

      sar à tête noire

 

 

 

 

 

sar-tambour.jpg

sar  tambour    

 

 

 

 

 

 

des Mandoules : 

 

 

 

mandoule.jpg

 

 

 

des oblades :

 

 

 

oblade-2.jpg  

 

 

 

      des congres :

 

 

agde-congre.jpg

 

 

 

 

 

des saupes :


agde-saupe-toxique-600x289.jpg

 

 

 

 

des mostelles :

 

 

agde-mini-046-mostelle.jpg

 

 

 

des rougets :

 

 

agde-rouget.jpg

 

 

 

 

des bogues :

 

 

agde-bogue.jpg

 

 

 

 

 

des daurades :

 

 

agde-Daurade1.jpg

 

 

 

 



Sont présents également de nombreux invertébrés :

 

éponges multicolores :

 

 

éponges

 

 

 

 

des gorgones blanches et jaunes

(ce sont de petites limaces de mer, très colorées)

 

 

 

de nombreuses familles d'anémones de mer (actinies)

 

dont  les anémones bijoux :

 

 

anemone-bijou.JPG

 

 

 

 

 

 

des étoiles de mer :

 

 

 

 

 

etoile-de-mer.jpg

 

 

 

 

 

  des langoustes :

 

 

agde-langouste.jpg

 

 

 

 

 

des poulpes :

 

agde-poulpes.jpg

 

 

 

 

 

 

 

bon, je m'arrête

car je sens que vous n'y tenez plus

et que vous allez vous ouvrir une boîte de sardines !!!

 

 

 

***

 

inutile de le préciser :

pas une seule de ces photos n'a été prise par moi !

je n'ai jamais plongé.


De plus je ne suis pas sûr qu'elles aient été toutes prises à Agde.

 

Mais je ne voulais pas quitter le volcanisme agathois

sans évoquer cette richesse sous-marine.

 

 

***

 

 

 

 

Il me reste, avant de refermer, provisoirement j'espère,

le dossier Sète et le dossier volcan,

à vous parler de Balaruc et de Maguelone.

 

Ce sera pour mercredi.

 

 

***

 

 

Portez-vous bien !

 

 

***

 

 

 


 

 

 

 

 


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- Sète - 14 - Présence du volcanisme près de Sète - Complexe volcanique d' Agde : l'épisode filonien -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

Aprés la phase strombolienne

qui se termine il y a 750.000 ans

et qui a vu se dresser 3 cônes voisins

 

(lesquels ont fait presque totalement disparaître

l'anneau de tuf qui entourait  le cratère du maar)

 

après cette phase strombolienne donc,

va survenir, il y a 500.000 ans, une phase  dite " filonienne "

 

Qu'est-ce que cela veut dire ?

 

 

Ceci : 

que le magma a cherché à nouveau à monter .

Il n'a réussi que partiellement

en ce sens  qu'il n'a pas pu s'extérioriser.


Ce qui a eu une conéquence importante :

il est resté compact,

et que, refroidissant dans le sol même,

il est devenu une roche très dure.

 

Ce qui s'est formé dans le sol , ce sont des "filons" de basalte"

d'où le nom de cette phase.

 

 

      Ces filons de basalte sont de deux types :

les dykes et les sills.

 

Pour les dykes : le magma monte dans le sol à la verticale.

Pour les sills, il dévie (ayant peut-être rencontré des obstacles)

et progresse à l'horizontale, comme le rhizome d'un sceau de Salomon.

 

Or dykes et sills existent ici, à Agde,

car c'est au niveau de la plage de la Grande Conque

que ce volcanisme filonien s'est produit, il y a 500.000 ans.

 

Nous ne verrons pas les sills ici : ils demeurent souterrains.

 

Nous verrons par contre leur effet sur le côté Est de la plage :

ils ont redressé le feuilletage des tufs

(lequel feuilletage descendait régulièrement vers la mer)

par endroit jusqu'à 45 ° :

 

 

 

agde falaise à la G C

 

 

 

Les dykes, eux, sont visibles

dans la mesure où l'érosion marine les a dégagés. 

 

Voyez : on dirait des  têtes de dragons :

 

 

 

 

agde dykes

 

 

 

 On voit bien sur cette image la différence

entre le basalte dense, compact, solide, qui constitue le dyke

et la falaise de tuf, feuilletée,

dont on devine, visuellement, le caractère friable.

 

      La mise en place de ce système filonien

a eu une conséquence importante.

 

Il a constitué un bouclier de protection

pour certaines parties  des dépôts de tuf.

 

Ce tuf est friable, facile à pulvériser.

Il nous semble que la mer, gentille,

joue avec

comme un enfant sur la plage, avec le sable :

 

 

 

 

 

Agde la grande conque

 

 

 

C'est ignorer la puissance des vagues qui peuvent surgir :

 

 

 

agde la G C table-volcanique-

 

 

et souvent d'une façon encore bien plus violente.

 

Rien ne peut résister longtemps à ses assauts.

 

Mais voici que, pour certaines zones,

se dressent des dykes sauveurs, de véritables brise-lames !

 

A l'Est, ce sont les sills qui ont joué le rôle de blindage.

 

 

 

agde grande conque partie Est

 

 

 

 

A l'Ouest, ce sont les dykes.

 

 

 

agde les deux-frêres

 

 

Impressionnants !

Majestueux ! 

 

 

Entre ces deux lieux fortifiés, pas de protection.

Et la mer a creusé librement le rivage,

détruisant le tuf, 

formant cette anse concave 

qui continue à se creuser inexorablement.

 

 

 

agde gande conque vue

 

 

 

 

A l'Ouest, la falaise prend l'aspect d'un crocodile géant,

dont le  nez, basaltique, est un dyke protecteur.

 

 

 

 

2012_1002fabricolageseptembre0118.JPG

 

 

 


Il semble, ce crocodile, au nez de buffle,

se tapir derrière deux dykes : 

les rochers des Deux Frères.

 

 


 

      2012 1002fabricolageseptembre0130

 

 

 

 

 

A l'Est, pas de basalte visible,

mais les dépôts de tuf, soulevés, défient la mer,

et dressent face à elle comme des visages moqueurs

qui semblent dire :

Ah Ah ! redressés comme nous sommes, tu ne peux rien contre nous !

 

 

 

 


agde gande conque visages

 

 

 

Ils résistent.

Mais pour combien de temps ?

Qui gagnera ? 

 

 

 

 

Le jour béni où je suis descendu sur cette plage,

j'ai bien cherché à faire le tour de la falaise Est,

mais la mer m'a interdit le passage ! 

 

J'ai dû renoncer. 

 

 

 

2012_1002fabricolageseptembre0127.JPG

 

 


 

Que faire contre l'avancée de la mer ?    

 

Un barrage comme l'imaginait Marguerite Duras ?


Elle attaque les falaises à leur base, affouille leurs fondations;

menace de les faire s'effondrer par pans entiers.

 

Construire des murs là où l'attaque est la plus violente ?

Couler du Béton dans les fissures qui apparaissent à leur sommet ?

Ces deux possibilités sont étudiées.

 

Il est vrai que les maisons ne sont pas loin,

 

 

Agde plage de la conque les hauts de baldy

 

 

 

et que des promeneurs passent au bord des falaises.

 

 

 

agde-falaise-chemin.jpg 

 

 

 

 

Oh, je vous avais promis de vous parler du sixième diatrème.

Je tiens toujours mes promesses

(sauf quand je les oublie !).

 

Et bien, il se trouve assez loin du complexe strombolien du Mont St Loup,

en dehors des 5 autres.

Il se situe à 30 km du Cap d'Agde

donc immergé au large.


Ce qui laisse penser que la manlfestation toute initiale

du volcanisme en ces lieux

a été, tenez vous bien,

une explosion " surtseyenne"

 

Vous savez que j'adore ces mots, pleins de poèsie,

et qui font voyager gratis !

 

Surtsey est un île volcanique au sud de la côte de l'Islande. 

Elle a jailli en 4 jours, du 10 au 14 novembre 1963. 

Il y a 50 ans à un mois près ! 

 

 

 

agde-volcan-surtseyen.jpg

 

 

 

On dit aussi qu'il s'agit d'une explosion " cypressoïde "

car le panache volcanique  fait penser à des cyprès.

 

Une telle explosion se produit quand la lave jaillit à fleur d'eau.

 

Avouez, franchement,

que la vulcanologie, c'est drôlement chouette !

 

 

***

 


Le problème, par contre, c'est de retrouver cette putain de plage !

 

En 2013, honte, nous avons échoué.

Il est vrai qu'Anilou et Nono, nos guides indigènes,

n'étaient pas avec nous.

 

Alors j'ai imprimé une petite carte,

pour une future tentative ! 

 

 


agde carte simple

 

 

 

 

 

 

 

Demain...

on plonge !

 

***

 

 

      Voici l'itinéraire que propose ALN

pour se rendre facilement à la plage de la Grande Conque.

Merci ALN !

 

 

agde-l-itineraire-G-C-de-ALN.JPG 

 

 

***

 

 

 

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- Sète - 13 - Présence du volcanisme près de Sète : ce qui s'est passé à Agde durant 250 mille ans -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

maar.jpg

 

 

 

 

Je reprends ces 2 photos (de 2012) :

qui me fascinent :


 

2012_1002fabricolageseptembre0112.JPG

 

 

 

 

On connait bien maintenant la succession des évènements

qui ont conduit à la formation de cette étrange plage,

plage concave de sable noir, fait de débris basaltique.  

 

 

 

 

 

2012_1002fabricolageseptembre0115.JPG

 

 

 

 

 

Je vais vous conter ces évènements dramatiques

avec une certaine... partialité.


 

Les vulcanologues hésitent sur des points de détails

entre plusieurs scénarios possibles. 

Je vais en choisir un qui ne sera pas trop compliqué

tout en étant hautement probable.

J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop !

 

 

      ***

 

 

 

Cric crac, plongeons dans le passé !

 

 

 

Voici un million d'années

juste avant les évènements que je vais vous relater

cette région était une lagune

comme il en existe tant tout le long du Golfe du Lion.

 

Avec une tranche d'eau de faible épaisseur :

ce fait est certain et explique ce qui s'est passé. 

 

Par une des fêlures qui fragilisent la croûte terrestre en ce lieu

  le magma est monté 

et a fait irruption dans cette mince lame d'eau.


S'est produite alors une très violente explosion,

dite "phréato-magmatique"

(comme il s'en est produit beaucoup en Auvergne

et que l'on appelle un " MAAR ").

 

 

 

 

maar.jpg

 

 

 

Ce type d'explosion est d'une extrème violence !


Elle projette des matériaux solides à plusieurs kilomètres de haut

au sein d'un énorme panache de framents solides et de vapeur.

 

Elle projette aussi horizontalement ce qu'on appelle des 

"déferlantes basales"

qui détruisent tout sur leur passage

et recouvrent le sol  d'une épaisse couche de matériaux

(que l'on appelle le "matériel volcanique")

matériaux que nous allons justement observer ici.

 

La photographie ci dessus n'est pas celle de l'explosion,

je suis arrivé, excusez-moi, une heure après, sniff,

et je n'ai pu saisir que le panache de vapeur, bien plus réduit,

qui a succédé à celui de l'explosion.


      Il y a eu  6 explosions successives :

6 fois le magma est monté, en des points voisins mais distincts,

et a rencontré l'eau,

la transformant à chaque fois instantanément en vapeur,

et ces explosions, se succédant,

ressemblaient à une monstrueuse quinte de toux.

 

Pourquoi la montée de la lave s'est-elle faite en six points différents ?

Parce que chaque explosion, par sa puissance inouïe,

obturait hermétiquement la cheminée par laquelle le magma montait, 

par un "bouchon" violemment enfoncé que l'on appelle un "diatrème",

et on a , par des méthodes magnétiques, localisé six diatrèmes.

 

 

 

Pourquoi ces explosions furent-elles si violentes ?

Cela tient au fait que le volume d'eau présent

ne dépassait pas le volume de la lave qui surgissait.

 

Retenez cela si vous voulez reproduire ce phénomène :

 ne mettez pas trop d'eau, 

sinon ça pétera moins fort.

Ou même pas du tout


et c'est (pour les curieux) ce qui se passe en permanance au fond des océans :

la lave qui jaillit forme gentiment des "coussins" : "pillow-lavas"

(Ceux d'entre vous qui iront en Slcile pourront observer  des pillow-lavas

au nord de Catane, à Aci Castello)

 

 

Mais revenons à Agde.

Ces explosions ont été très violentes

et ont déposé un "matériel" typique de ce genre d'explosion :

du  " tuf jaune ".

 

(pour les curieux : pourquoi est-il jaune ?

du fait que se produit alors une altération des verres volcaniques en palagonite)


Et justement nous observons des tufs jaunes

dans les falaises de la grande Conque :

voyez ce millefeuille : il contient des couches de tuf jaune

(et d'autres... que nous allons voir).

 


 

2012_1002fabricolageseptembre0126.JPG

 

 

On imagine, en voyant ces dépôts ( pourtant très érodés),

quelle pouvait être la puissance  des "déferlantes basales" ! 

Mieux valait ce jour là n'être pas sur la plage.

 

 

Ces explosions gigantesques  ont fini   (très vite)

par combler la lagune

enfin... presque.

Donc la quantité d'eau a fortement diminué

et les explosions qui se sont produites ensuite 

(car la lave continuait à monter) ont été moins violentes.


De ce fait le tuf produit a changé d'aspect :

il est devenu un tuf gris.

 

(Pour les curieux uniquement :

Dans ce tuf gris, le verre volcanique ne se transforme pas en palagonite)

 

Sur la photo précédente, ou bien sur la suivante,

vous pouvez observer un empilement alterné de tuf jaune et de tuf gris. 

 

      Qu'est ce que cela signifie ?

 

(Soulignons que le tuf, qu'il soit jaune ou gris,

ne se produit qu'en présence d'eau,

c'est à dire uniquement lors d'une explosion phréato-magmatique.) 

 

 


 

2012_1002fabricolageseptembre0123.JPG

 

 

 

Cette alternance signifie que la quantité d'eau présente variait ! 

Tantôt il y en avait plus, tantôt il y en avait moins. 

De là à imaginer que la mer, furieuse, a dit son mot,

il n'y a qu'un pas.

On peut imaginer que d'énormes vagues  montaient parfois 

et se mêlaient au jaillissement du feu de la terre.

Quel spectacle dantesque ce devait être !


 

 


 

2012_1002fabricolageseptembre0121.JPG

 

 

 

      Quoiqu'il en soit, 

de par l'accumulation des matériaux comblant la lagune,

l'éruption volcanique s'est progressivement isolée de la phase aqueuse,

et a donc changé de type.

 

On dit (cela fait savant !) que s'est instauré

un "dynamisme strombolien". 


Ce qui signife que les explosions phréato-magmatiques ont cessé

et ont été remplacées par un fonctionnement analogue à celui

que nous observons de nos jours sur le Stromboli

 

 

 

 

Stromboli-20040928-1230x800.jpg

 

 

 

Comment fonctionne le Stromboli ? 

Il émet une lave basaltique suffisamment fluide

pour qu'elle ne s'accumule pas au point de sortie, 

mais forme des fontaines de lave

et des coulées qui peuvent se poursuivre sur des kilomètres.

 

Il se produit parfois des explosions,

qui projettent de la lave déchiquettée dans l'atmosphère,

mais elles sont rares.

Le Stromboli, et donc les autres volcans dits "stromboliens", 

sont des volcans " effusifs " (ou volcans "rouges") 

 

      tels ceux de la Réunion ou d'Hawaï

 

 

agde-volcan-rouge-.jpg

 

 

 


bien différents des terribles volcans "gris"

qui eux sont " explosifs "

(comme le Vésuve ou la Montagne Pelée de la Martinique). 

 

 

Nous arrivons donc, pour Agde, dans la troisième phase

après la phase de tuf jaune puis la phase de tuf gris )


Le cratère du maar primitif est alors totalement rempli de lave, 

et le volcan, complètement isolé de l'eau, 

poursuit son activité autrement,

en édifiant, par la répétition de ses coulées,

un cône basaltique caractéristique. 

 

Et ce sera le Mont Saint Loup.

D'une altitude faible , il est vrai : 113 mètres. 

 

 

 

 

agde-Entre_Marseillan_ville_et_M._Plage.JPG

(Le Mont Saint Loup vu de Marseillan)

 

 


 

 

 

Au sommet du Mont Saint Loup

on peut observer des " bombes volcaniques".

 

 

 

 

agde Mont Saint Loup bombe volcanique

 

 

 

Bombes "en fuseau"

qui montrent que l'on est près du point d'émission.

 

 

 

Mais aussi, sur ses pentes,

on trouve des restes de coulées basaltiques :

 

 

agde--Mont-Saint-Loup-carriere-stand-de-tir-.jpg

 

 

 

Celle-ci a été transformée en carrière...

et en dépôt d'ordures.

 

 

Le cône du Mont Saint Loup n'est pas resté seul. 

Deux autres cônes stromboliens se sont édifiés près de lui,

le tout formant un "complexe volcanique" !

 

 

 

 

agde-complexe-volcanique.png

 

 

 

 

 

 

les pointillés indiquent l'emplacement  de l'initial cratère de maar,

et les points rouges l'emplacement des diatrèmes repérés..

(je parlerai plus tard du sixième).

 

 

 

Le volcan Petit Pioc'h faisait initialement 80 mètres

mais il a été exploité pour en extraire de la pouzzolane  

(exploitation à ciel ouvert, comme, en Auvergne, 

le volcan Lemptégy dans la chaîne des Puys)

et il ne fait plus que 68 mètres.

 

 

 

 

agde-Petit_Pioch_facies_coeur_de_cone_et_coulee_de_basalte.jpg


 

 

 

Le Mont Saint Martin est encore plus petit : 55 mètres.

Il a complètement disparu,

recouvert par l'urbanisation.

 

 

L'histoire du complexe volcanique du Mont Saint Loup

ne s'arrête pas là.

 

Nous la poursuivrons demain.

 

 

***

 

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- Sète - 12 - Présence du volcanisme près de Sète : " le Rift Ouest Européen " -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

 

 

 

      Regardez !

 

Ouvrez grands vos yeux !

 

Vous avez devant vous un spectacle unique en France.

Si vous voulez voir quelque chose de comparable, 

il vous faudra aller aux îles Galapagos,

ou sur d'autres îles volcaniques dans le monde

ou à Onirikou

 

 

Nous sommes ici simplement au cap d'Agde,

plus précisément au sommet de la falaise

qui borde à L'ouest la plage de la Grande Conque.

 

 

 

 

 

      2012 1002fabricolageseptembre0112

 

 

 

Là, nos regards sont dirigés vers le sud, vers le large.

 

Si nous nous tournons maintenant sur notre gauche

et donc dirigeons nos regards vers l'Est,

la plage de la Grande Conque nous apparait :

 

 

 

2012_1002fabricolageseptembre0115.JPG

     

 

 

 

 Prodigieux ! 

C'est la seule plage volcanique en France métropolitaine.

 

 

Je vais essayer de vous expliquer ce qui s'est passé ici. 

Pour cela il faut nous reculer (dans le temps).

 

***

 

 

Il y a 65 millions d'années, le socle de l'Europe

(comme un tissu qui commence à se rompre,

ou comme une vieille, très vieille assiette)

s'est fissuré du Nord au Sud

selon une ligne qui allait de la Mer du Nord jusqu'à l'Etang de Thau.


On a appelé cette longue fissure

le Rift Ouest Européen ".

 

 

S'il s'était ouvert, un fossé océanique s'y serait formé,

comparable à la Mer Rouge,

puis une grande partie Ouest de la France

serait partie en direction de l'Amérique,

séparée de la partie Est par un océan..


       Vous imaginez ce fossé s'élargissant entre Bordeaux et Lyon ? 

 

 

MerRouge.jpg

 

 

 

Ce "Rift" ne s'est pas complété.

Il en est resté à l'état d'ébauche :

un peu comme les pointillés dans une feuille de timbres,

ou plutôt comme une vieille pièce de tissus qui lâche,

mais tient encore..


Ce qu'on observe sur le terrain, ce sont donc plusieurs rifts

répartis sur un axe Nord/Est-Sud/Ouest.

 

Je vous les ai représentés grossièrement sur cette carte

(un peu ratatinée !)

par des plages jaunes (zones d'effondrement).

Les petits traits jaunes étant simplement des cisaillements

sans encore d'effondrement.

 

 

 

 

 rift-europeen.jpg

 

 

 

 

 Je ne vais pas détailler cette (horrible) carte !


Mais remarquez qu'à cette série de fossés d'effondrements

correspond  le sillon houiller, avec, du Sud au Nord : 


- le bassin houiller des Cévennes (dont Alès est la "capitale"),

les bassins houillers d'Auvergne, jusqu'à St Eloy-les-Mines,

- le bassin du Creusot,

- beaucoup plus haut le bassin houiller allemand...

 

Et surtout (c'est ce qui nous intéresse aujourd'hui)

ce rift (à l'état de projet) correspondant

à un amincissement de la croûte terrestre,

c'est dans cette zone fragilisée que va monter le magma.

 

 

 

Nous avons en effet , du Nord vers le sud :

- Les volcans d'Allemagne  +++ ( Eifel - Vogelsberg...)

(certains très dangereux)

- Le fossé rhénan (effondrement qui sépare Vosges et Forêt Noire)

- le fossé de la Bresse

- Le fossé d''effondrement de la Limagne 

- Les volcans d'Auvergne +++

(un jour j'en parlerai)

et... c'est là où je voulais en venir  aujourd'hui (!!!)

les nombreuses manifestations volcaniques plus au sud

dans les Causses, 

l'Escandorgue

le lodévois

...le languedoc,

en particulier la basse vallée de l 'Hérault.

 

Dans la carte suivante les taches jaunes

sont des manifestations volcaniqes dans l'Hérault :


 

volcanismeen-Herault.JPG

 

 

dans celle-ci, elles sont en bleu foncé.

 

 

 

carte-geolo-de-l-herault-copie-1.JPG

 

 

 

J'abrège, j'abrège ...

 

Les volcans d'Agde représentent donc l'ultime manifestation

vers le sud de ce grand axe volcanique Nord-Sud.

 

Nous y voici !

 


 

 carte-plge-de-la-conque.JPG

 

 

 

La prochaine fois, j'essaierai de vous expliquer

ce qui s'est passé en ce lieu

voici un million d'années

et qui a duré environ (ne chipotons pas !)

250.000 ans.

 

 

 

***

 

      Noël approchant à grand pas,

je vais mettre rapidement les prochains articles concernant ce sujet.

 

Ensuite je ferai roue libre avec des choses plus légères !

 

 

***

 

 

 

 

 

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- Sète - 11 - Montagne de la Gardiole - Agave - Bauxite - Éoliennes -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

Mille excuses pour mon absence

j'ai fait roue libre quelques jours devant un feu dans la cheminée..

 

 

 

feu-novembre-2013-4-.JPG

 

 

 

 

 

 

Je reprends mon reportage dans la région de Sète,

reportage qui va bientôt s'achever.

Aujourd'hui, pouvoir de l'imagination,

 nous montons vers les monts de la Gardiole.


Les pentes sont modestes

mais nous voici en pleine garrigue,

rôtie par le soleil, inondée de chaleur,

et tout est si sec... 

je me demande :

où donc les plantes trouvent-elles l'eau nécessaire à la vie ?

 

 

Ah, voici une agave.

Les agaves ne manquent pas par ici.

Mais celle-ci se fait repérer par sa magnfique hampe florale. 

 

 

2013_0923fabricolageseptembre0035.JPG

 

 

Cette hampe réalise à elle seule un arbre !

C'est une fleur-arbre ! 

 

Elle est, dans sa magnificence,

comme une réponse à mon inquiétude.

Elle semble me dire :

l'eau est là.

Tu crois qu'il te faut une surabondance d'éléments pour vivre.

Mais non.

Peu suffit.

Simplement il faut aller chercher l'eau dans les profondeurs du sol

 et ne pas la gâcher comme tu le fais,

humain comblé et dépensier,

qui dilapide les trésors de la nature.

 

Je touche ses feuilles puissantes, aiguës comme des épées.

 

Cette agave,

dont la famille est très proche de celle des liliacées,

(et donc une sorte d'amaryllis géante)

m'impressionne : 

elle ne fleurit qu'une fois, 

puis elle meurt.


Il lui a fallu plusieurs années de patience

pour préparer cette superbe fleur

qui peut atteindre 8 mètres de haut.. 

 

Elle mérite bien son nom d'agave, 

qui vient d'un mot grec signifiant " admirable". 


Elle, et aussi toutes les plantes "grasses", 

nous donnent une leçon de sagesse qu'il nous faudra méditer.

 

 

***

 

 

Notre guide

a quelque mal pour reconnaître son chemin,

parmi les broussailles et les rochers.

 

 

C'est que nous avons décidé de retrouver ,

dans cette zone sauvage et quasi déserte,

que l'on peut même dire abandonnée,

( nous ne verrons pas un seul être humain

tout au long de la balade ! )

nous avons décidé de retrouver et d'explorer

 une ancienne carrière de bauxite. 

 

Nous sommes là, au dessus de Mèze,

dans le secteur de Loupian-Villeveyrac. 

 

 

      Ah, voici de la terre rouge.

Nous sommes sur la bonne piste.

 

 

 

2013_0923fabricolageseptembre0036.JPG

 

 

 

Un  petit rappel géologique s'impose.

 

La croûte terrestre sur laquelle nous marchons en ce moment

a, en moyenne, 45 km d'épaisseur.

 

Elle est faite essentiellement de deux sortes d'atomes : 

des atomes d'oxygène  : 47 %

et des atomes de silicium : 28 %

Oxygène et silicium sont deux métalloïdes.


L'oxygène étant très réactif, ses atomes vont s'unir au silicium

pour former un oxyde de silicium : Si O2

que l'on appelle la silice, ou si vous préférez, du sable.

 

Les éléments les plus abondants qui viennent ensuite

sont  deux métaux :

l'aluminium : 8 %

et le fer : 5 %.

 

Mais me direz-vous : c'est quoi la bauxite ?

 

Patience, nous y arrivons !  

 

Regardez d'abord la couleur variable de  la terre.

Elle est bien instructive.

 

La bauxite est une roche latéritique.

                                               

 

Qu'est-ce que cela veut dire ?


La latérite est une roche rouge qui se forme

par une altération des roches  sous les climats tropicaux

en milieu continental.

 

Et bien ce fut le cas ici.

 

Voici 500 millions d'années (c'était au Crétacé)

régnait dans cette région un climat tropical. 

Si bien que, sous l'effet conjugué de la chaleur et de l'humidité, 

les deux métaux, l'aluminium et le fer, ont été oxydés,

et qu'ainsi se sont formés deux oxydes :

de l'oxyde d'aluminium : Al2 O3, qui est l'alumine

et de l'oxyde de fer : Fe2 O3.

 

Ces deux oxydes sont donc mélangés. 

Plus il y a d'oxyde de fer et plus le mélange est rouge.

L'oxyde d'aluminium ( l'alumine ) est, lui, blanchâtre.

 

Pourquoi appelle-t-on cette roche bauxite ?

Parce qu'elle a été découverte pour la première fois,

en 1821, aux Baux de Provence.

 

 

 

BAUX-DE-PROVENCE.jpg

 

 

 

Ensuite on en a trouvé dans les départements voisins : 

le Var, où l'exploitation a commencé en 1860.

Il y a des filons de bauxite dans le Massif de la Sainte Baume,

cher à notre ami Ramon.

On en a trouvé dans l'Ariège.

Et beaucoup dans l'Hérault, en particulier vers Bédarieux.

 

 

 

Cette fois  nous approchons de la carrière

car des falaises apparaissent.

 

 

 

2013_0923fabricolageseptembre0038.JPG

 

 

 

L'exploitation de ces gisements français de bauxite,

qui est donc un minerai d'aluminium,

s'est d'abord beaucoup développée.

Essentiellement dans des carrières à ciel ouvert.

Les galeries souterraines ont été très rares.


Mais d'autres gisements ont ensuite été découverts

un peu partout dans le monde,

surtout en Afrique (Guinée...)

en Amérique latine (Brésil...)

en Australie.


Une concentration de 16 % en alumine étant un seuil minima

pour qu'une exploitation soit possible et rentable.


Peu à peu les mines françaises ont été  abandonnées.

La dernière a été fermée en 1990.

 

 

 

Mais voyez,

nous arrivons maintenant près du centre de la carrière.

 

 

 

2013_0923fabricolageseptembre0040.JPG

 

 

 

 

L'extraction s'est faite jusqu'à la nappe phréatique.

 

Nous descendons jusqu'à elle par un chemin escarpé.

 

 


2013_0923fabricolageseptembre0039.JPG

 

 

 

 

 

 

Un lac étrange s'est formé au fond...

D'un bleu si soutenu qu'il en est inquiétant. 

 

 

 

 

 

 

 

2013_0923fabricolageseptembre0043.JPG

 

 

 

 Nous ne nous sentons pas bien à l'aise.

Comme si nous avions violé, là, les entrailles de la terre.

 

 

 

2013 0923fabricolageseptembre0046

 

 


 

 

 

Nous avons quitté cette zone

encore plus difficilement que pour y parvenir

car, espérant un trajet plus aisé,

 nous avons voulu prendre une petite route au nord.

 


Ce fut le contraire :

cette petite route était barrée en plusieurs  points

et sur toute sa largeur, par des élévations de terre 

afin de la rendre impraticable

et ainsi interdire l'approche de la carrière.

 

Site dangereux ?

Il en faut plus que ça pour nous arrêter,

même sans 4X4 !

 

 

 

      L'exploitation de la bauxite est-elle terminée en France ? 

Pas tout à fait.

 

C'est justement à Villeveyrac que se trouve, en France,

la dernière mine de bauxite.

Une concession de 25 ans ayant été accordée en 2012.

 

Même si la bauxite extraite dans cette mine

ne sera pas utilisée principalement pour la production d'aluminium

mais pour la fabrication de ciments spéciaux.

 

 

      ***

 


Se promener ensuite dans la montagne elle même

fut un vrai plaisir.

 

Une libération !

 



 

 2013_0923fabricolageseptembre0049.JPG

 

 

 

 

Comme ils sont beaux et apaisants ces paysages ! 

Ces arbres sont probablement des chênes verts,

des yeuses, en occitan,

mais je ne connais pas du tout la flore méditerranéenne.

 

 

 

 

 

2013_0923fabricolageseptembre0051.JPG

 

 

 

 

      Plus haut se dressent  des antennes.

 

Relais d'ondes ?

 

 

 

 

2013_0923fabricolageseptembre0050.JPG

 

 

 

 

Plus loin on aperçoit une ribambelle d'éoliennes.

Plusieurs dizaines.

Elles sont un peu au delà de la Gardiole,

plus précisément dans les Monts de la Moure,

lesquels font partie des Causses d'Aumelas.

 

 

 

 

2013_0923fabricolageseptembre0048.JPG

 

 

 

Certains voudraient nous persuader

que ces modernes moulins à vent sont affreux

et défigurent les paysages.


Ce n'est pas du tout mon avis.

J'admire au contraire ces constructions. 

 

Elles se dressent fièrement dans ces zones désolées.

On les voit depuis Sète

et leurs feux brillent dans la nuit comme des étoiles à l'horizon.

 

 

Je les trouve réellement belles par leurs lignes pures.

Aussi par la simplicité de leur fonctionnement.

 

 

Les regarder me fait le même effet  

que de lire un psaume écrit pas David il y a 3000 ans.

 

 

Ce sont des hommages humains dressés vers les vents.

 

Or, ici, ils soufflent fort et souvent, les vents...

 

Et il ne faudrait pas les utiliser ?

 

Décidément les écolos sont des êtres bizarres. 

 

Si on les écoutait

il ne faudrait ni centrales nucléaires, 

ni barrages...

il ne faudrait pas non plus d'éoliennes .....

 

Quoi alors ?

des centrales à charbon ou à fuel ? 

 

Quand on parle "production d'énergie",

ils répondent : économisons là.

 

Oui, bien sûr, il faut l'économiser.


Mais avant de l'économiser, il faut la produire.

 

Or, pour la produire, ils n'ont rien à proposer.

 

Absolument rien.

 

Ils sont contre tout.

 

A croire que nos " Verts "

bien qu'ils ne soient pas des haricots,

ne sont bons que pour " produire " des discours.

Et aussi pour se chamailler

comme des gamins à la puberté.

 

Je me demande : ont-ils jamais bêché un jardin ?

 

Ils n'ont jamais produit autre chose que du blablabla. 

Sinon quoi ?

Qu'on me le dise.

Merci d'avance, car j'aime apprendre. 

 

 

 

 

 

Pardon de terminer sur cette note polémique

mais j'avais envie de le dire :

 ils me hérissent les plumes.

 

 

 

***

 

 

      Ah... 

j'aurais pu vous en dire plus à propos de la flore 

 

Mais nous n'avons pas vraiment exploré la Gardiole,

qu'on appelle le poumon vert de la région.

 

Nous n'avons exploré (un peu) que son extrémité Ouest,

particulièrement aride.

Une autre fois peut-être, nous pénètrerons le massif forestier,

habité de chevreuils, de sangliers, de renards

 

 

 

      j'aurais pu vous parler d'un centre de Sauvegarde 

que la LPO a ouvert très récemment (en juin 2012)

et qui justement se situe sur la commune de Villeveyrac.

 

Ce centre a reçu 1600 pensionnaires depuis janvier 2013, 

de 120 espèces différentes.

vautours, faucons, aigles,

hiboux, petits ducs (très nombreux), chouettes,...

cigognes, flamants roses, aigrettes,

et de nombreux martinets 

(qui arrivent en mars , venant d'Afrique du Nord)

mais aussi des mammifères : 

renards, blaireaux, écureuils, genettes, chauves-souris...

 

 

J'aurais pu vous en dire plus à propos de la flore.

Mais c'est pour moi un domaine si important

que je me réserve pour une autre fois.

 

 

 

 

***

 

La semaine prochaine je vous parlerai des volcans dans cette zone.

 

 

***

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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- Sète - 10 - La ville des ponts à bascule, de Neptune et de Brassens -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

Vous l'avez compris,

mon intérêt se porte plus vers ce qui est autour de la ville

qu'à la ville elle-même,

et aux prouesses architecturales.

Je vous dois cependant  quelques mots sur cette ville de Sète. 

 

 

Il n'est pas inutile de rappeler qu'au départ, c'est une île,

 

 

 

Sete-blason.jpg

 

qui, curieusement est à la fois liée à la mer

et à un un immense étang.

 

Les deux communiquant par des canaux, la ville,

bâtie au départ sur le flanc Est d'une petite montagne,

maintient relativement son insularité.

 

 

sète vue générale

 

 

 

 

Ici vous voyez le canal principal : le Canal Royal.

 

 

 

sete-le-canal-royal.jpg

 

 

 

Mais il y a d'autres canaux

lesquels délimitent des quartiers.

 

Chacun de ces quartiers possède donc un quai

où les navires pourront venir s'amarrer.

 

 

Ainsi le quai Vauban :

 

quai-Vauban.jpg

 

 

ou celui-ci :

 

 

canal-2.jpg

 

ou celui-là :

 

 

quais---.jpg

 

 

 

 franchement, il y a de quoi se perdre  !

 

 

 

 

quais--jpg

 

 

de l'eau partout !

 

 

canal-6.jpg

 


Une double question se pose : 

la circulation des personnes et des véhicules

et le libre passage des bateaux.

 

Ce double problème s'est toujours posé.

 

 

 

canal-a-sete.jpg

 

 

 

Il se pose aujourd'hui avec des bateaux plus gros :

 

 

 

 

Sete-les-bateaux-dans-la-ville.jpg

 

 

ou avec le TGV

qui doit pouvoir entrer lui aussi :

 

 

 

sete-le-pont-SNCF.jpg

 

 

 

La solution a été la construction de ponts levants

et de ponts pivotants.

Les ponts levants sont appelés aussi ponts à bascule :

leur tablier se lève à la verticale

par un mécanisme de contrepoids.

Ces ponts restent levés environ 25 minutes

pour laisser passer les bateaux.

 

 

 

sète les ponts levis

 

 

 

       Ce qui donne à cette ville une ambiance bien particulière.

En effet, lorsque, sur tous les canaux qui sillonnent la ville,

les ponts mobiles sont tous en position ouverte

(qu'ils soient basculants ou pivotants)

la ville est alors totalement isolée.

      

 

 

aaa-sete-le-grand-canal--blog-des-gps-mio--.jpg

 

 

.

 Ces ponts sont manoeuvrés plusieurs fois par jour,

au moins 3 fois, plus des ouvertures facultatives.   

 

Jusqu'à une certaine époque,

tous les ponts s'ouvraient sur le Canal Royal

et de la sorte les bateaux pouvaient rejoindre l'étang.

 

Maintenant des ponts fixes ont été établis sur ce canal

 

 

Sete-ponts.jpg

 

 

 

ce qui change un peu les possibilités :

seuls les petits bateaux sans mât peuvent passer dessous.

Pas question pour les plus gros !

 

 

 

sete-gros-bateaux-dans-la-ville.jpg

 

 

Ils ne pénétreront que sur une première portion de ce Canal Royal.


 

 

 

Sete-pont-levis.jpg

 

La levée des ponts est toujours un événement,

presque festif !

 

 

 

sete-2-ponts.jpg

 

 

Même si cela fait pester les automobilistes !!!

 

 

ponts-setois.jpg

 

 

 

 

C'est un des charmes de la ville.

 

Les ponts sont de plus des lieux de pêche,

très fréquentés à certaines époques de l'année.

 

La tradition est sur ce point respectée.

 

 

 

ponts-royal-h.jpg

 

 

Que vous dirais-je de plus sur la ville ?

 

Qu'on la nomme la Venise Languedocienne....

 

 sète Venise Langu...

 

 

 

 

Que de nombreuses célébrités sont enterrées ici,

particulièrement dans le bien connu cimetière marin :

Jean Vilar, Mario Roustan,Lemaresquier.

Et bien sûr le poète Paul Valéry.

 

Ici nous voyons Brassens se recueillir sur la tombe de Valéry.

 

      -

 

Sete---Brassens-sur-la-tombe-de-Paul-Valery.jpg

 

 

 

Les restes de Brassens  reposent, par contre,

dans un autre cimetière,le cimetière Le PY,

dit cimetière des pauvres.

 

 

Je puis vous dire  encore que, dans un petit square,

se cache une statue de Neptune...

 

 

 

800px-Sete_statue_Neptune.JPG

 

 

 

 

      Ah... vous le voyez mal,

perdu dans la verdure.

Je m'approche...

 

 

 

 neptune-plus-pres.jpg

 

 

 Il n'a pas l'air bien commode !

 

 

 

Et aussi qu'une zone rocheuse, qui s'étend sur environ 3 km,

depuis le Théâtre de la Mer jusqu'à la plage du Lazaret,

forme, vue de la mer, comme une petite falaise :


 

la-corniche-1.jpg

 

 

La roche, la même que celle qui forme le Mont Saint Clair,

s'avance ici dans la mer.

 

 

2012_06152012mai0092.JPG

 

 

 


Celle-ci y a creusé de nombreuses petites criques :

 

 

 

criques corniche

 

 


C'est le quartier de la Corniche. 

 

 

 

corniche-carte-postale-annees-50.jpg

 

 

 

Les villas construites là ont une vue sensationnelle !

Une promenade pour piétons suit toute cette zone. 

 

 

 

la-corniche-2.jpg

 

 

 

Mais il ne fait pas bon se promener là lorsque se lève le "Marin",

 

 

 

mer-forte.jpg

 

 

un vent venu du sud,

qui jette les vagues à l'assaut de ces rochers

et génère parfois de violentes tempêtes.

 

 

      Mieux vaut ne s'y promener que par beau temps.

 

2012_06152012mai0101.JPG

 

 

Voilà....

      Je fais un bien médiocre guide

pour vous présenter la ville elle même.

 

C'est que je ne l'ai pas vraiment explorée.

 

Oh, j'aurais pu vous parler aussi des bons petits restaurants

où l'on déguste les bonnes huîtres de Bouzigues,

ou les savoureuses daurades grillées :

 

 

 

 

2012_06152012mai0090.JPG

 

 

 

J'aurais pu vous parler de mon étonnement

en découvrant un restaurant... tenu par un Ch'ti

aux allures de Vercingétorix

 

 

 

P1000754.JPG

 


 

lequel propose, avec succès, de la cuisine Ch'ti !

 

 

 

***

 

 

 

Place au rêve !

 

 

 

4--mats-a-sete.jpg

 

 

La prochaine fois,

je vous invite dans la montagne.

 

 

Ciao !

 

 

 

***

 

 

 

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- Sète - 9 - Les voiliers : la part du rêve -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

Aujourd'hui, nous allons mettre les voiles !

 

 

 


Voilier à Sète 2012

 

 

 

      Les premiers marins à utiliser la voile, à Sète,

ont peut-être bien été les pêcheurs avec les bateaux-boeufs,

car il fallait une grande habileté pour réaliser la prouesse

que représente ce type de pêche.

 

Les pêcheurs ont maintenant abandonné la voile,

(comme les agriculteurs le cheval )

et ce sont les plaisanciers qui les ont remplacés. 

 

Regardez cette carte postale antérieure à 1927.

 

Ce sont, je pense, des régates.

 

Je ne connais fichtre rien à la voile,

mais je trouve que ces bateaux ressemblent un peu,

(qu'en pensez-vous ?) aux bateaux des pêcheurs.

 

 

 

voilier-Cette-.jpg

 

 

      Certes, la coque des bateaux-boeufs était plus large, massive,

alors que celle des voiliers était très effilée,

mais les voiles étaient très ressemblantes.

 

Les bateaux ("de plaisance") ont beaucoup évolué depuis.

 

Les plus petits d'entre-eux (ou disons de taille moyenne)

se sont abrités derrière le Môle. 

 

Ainsi dans les années 60.

 

 

voiliers-annees-60--.jpg

 

 

 

Et c'est toujours le cas.

Le " port de plaisance " est toujours au même endroit.

 

 

 

2012 06152012mai0063

 

 

      Même si les bateaux, eux, sont très différents.

 

Ces bateaux, déjà bien impressionnants,

ne sont cependant que de petites coquilles

comparés aux géants des mers qui abordent ici. 

 

Et là on entre d'un seul coup dans le rêve !

 

Ainsi ce bateau italien, le " Nova".

Ce n'est  pas un document ancien :

cette photo date de 2012.

 

On croirait un Turner !

Une vision de rêve.

 

 

 

 

Bateau Italien Nova Italia 2012

 

 

 

      Plus prosaïquement, et plus quotidiennement

on peut voir le long des quais de bien jolis voiliers.

 

 

Ainsi en 2013, quai de la République.

 

 

 

Sète Port 2 Bateau Quai de la République 2013

 

 

 

 

Ou celui-ci, toujours cette année.

 

 

Sète Port 3 les quais 13 07 2013

 

 

 

      Ou encore l'Amadeus ,

toujours quai de la République.

 

 

 

 

Sète Port 4 - Quai de la République Amadeus 2013

 

 

 

 

Le  " Star Clipper "  ( de passage le 24.10.2013 )

est lui carrément un quatre mâts.

 

 

 

star clipper le 24 10 2013

 

 

 

      Attention !

Ce petit joujou n'est accessible (pour une croisière)

qu'à des gens excessivement riches.

N'empêche    ... quelle allure ! 

 

 

 

Le " Gulden Leeuw "

n'est pas mal non plus.

 

 

 

Vous vous imaginez faire un petit voyage sur ce trois-mâts ? 

 

 

 

 

voilier-Gulden-Leeuw-10-10-2013-.jpg

 

 

 

Sète est si côtée dans le monde de la voile

qu'y est organisé tous les deux ans un évènement qui s'appelle 

" l'escale à Sète " :

c'est un rendez-vous  pour les plus beaux voiliers anciens

et c'est du monde entier qu'ils y viennent.

 

L'édition 2012 de cette manifestation a été un gand succés

ayant attiré plus de 200.000 visiteurs.

 

En fait un cauchemar pour les habitants du coin !

Sète a été prise d'assaut par une sorte de marée humaine, 

les rues plus qu'engorgées : totalement bloquées ! 

Avec d'interminables bouchons

envahissant même les communes voisines, comme Frontignan. 

 

L'attraction essentielle était un quatre-mâts russe :

 

le  Kruzenshtern.

 

 

voilier-Kruzenshtern-pour-2014-.jpg

 

 

Ce voilier est le second grand voilier au monde.

114 mètres de long.

 

En 2012, 11.000 personnes sont montées à bord pour le visiter.

Mais réalisez : 

les bouchons étaient tels (de 5 km) 

que beaucoup de gens ont dû abandonner leur voiture,

faire ce trajet à pied pour arriver jusqu'au bateau, 

et là ont dû prendre la file d'attente (4 heures)

avant de monter à bord !

 

C'est pour vous éviter ce genre de mésaventure (dantesque !)

que je vous raconte tout ça.

 

Il reviendra à Pâques prochain, 

du 18 au 24 avril 2014. 

Si vous êtes des fanatiques de la voile,

et si vous n'avez ni peur de marcher ni peur d'attendre, venez.

 

Car il n'y sera pas seul :

il sera accompagné par près de 100 voiliers historiques,

les plus beaux gréements du monde,

accostés entre le Môle et le Canal Royal

et dans ce Canal jusqu'au premier pont,

les plus grands de ces navires se répartissant  quai d'Alger

et dans les environs.


 

Je vais vous parler plus modestement du Belem.

 

Il est venu à Sète cette année.

Il y est resté du 9 au 13 octobre.

 

 

 


Voilier-Belem-13-10-2013.jpg

 

 

 

4000 personnes sont montées à son bord.

 

Comme vous n'en étiez pas, pas plus que moi,

je vais vous faire faire gratis une petite visite.

 

 

ça, ça s'appelle... humm

je sais pas. 

Si : la cabine de pilotage !

 


 Voilier---Le-BELEM---12.10.2013.jpg

 

 

( J'avais d'abord cru que c'était la cuisine )

 

 

 

ça c'est la cloche !

 


Voilier---LE-BELEM---Cloche-de-Bord---12.10.2013-jpg

 

 

 

 

ça... ça doit être pour les virages !

 

 

Voilier---LE-BELEM---Quai-d-Alger---12.10.2013.jpg

 

 

Heu ... non : c'est la barre du gouvernail.    

 

 Là...  pas mal de cordages... 

 

 

Voilier---LE-BELEM-Quai-d-Alger---12.10.2013.jpg

 

     

 

bon, impossible de vous le cacher :

 je n'y connais rien.

 

Mais voilà, 

de l'avis unanime, ce bateau, un Trois-Mâts de 58 m de long,

lancé en juin 1896, 

a une âme !


C'est le plus ancien voilier d'Europe en état de marche.

Ses fans l'appellent " l'étoile des mers ".

 


 

 

Voilier---LE-BELEM-Quai-d-Alger---Oct.-2013.jpg.jpg

 

 

 

Il ne viendra pas en 2014

car (paraît-il) il ne peut naviguer en Méditerranée...

que le années impaires... 

 

Pourquoi ? Je sais pas.

 

 

      Tiens je vous montre encore une vieille carte postale.

 

 

 

Voilier---Cette---Debut-siecle---jpg

 

 

 

 

Et encore celle-ci (de Cette)    

Avec beaucoup de grands mâts.... 

 

 

 

 Voiliers-dans-le-port-de-Cette---Debut-siecle----jpg

 

 

 

      Les voiles ont changé.

 

Elles ont pris de la couleur. 

 

Et la mer accueille toujours des régates....

 

 

regates.jpg

 

 

 

 

Si le Môle (la culée du Môle)

abrite toujours les bateaux de plaisance de petite taille,

il a été récemment créé un second port de plaisance (près de la gare)

pour recevoir les voiliers de taille moyenne à très grande.

 

 

 

      Que conclure ?

 

Que la vie d'un port tel que Sète a un caractère bien particulier.

 

L'espace maritime qui s'ouvre devant lui paraît

à la fois infini et vide. 

Et pourtant il rend proche le monde entier.

 

Quelle ville de l'intérieur des terres peut se vanter 

de recevoir ainsi des visiteurs,

même s'ils ne sont que de passage,

venant des quatre coins du globe ?

 

Et semble-t-il même...

du passé ?

 

Oh bien sûr ces voiliers ne rentrent pas dans le port

avec leurs voiles déployées,

mais au moteur.

 

 

N'empêche

ils sont une porte sur le rêve.

 

 

 Voilier à Sète 2012

 

 

 

 

Quand j'aurai plein de sous

j'en achète un comme ça

et je vous emmène de l'autre côté de la terre !

 

 

***

 

 

 

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- Sète - 8 - Un grand port de pêche -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

 

 

 

 

Sète, le saviez-vous?

est le premier port de pêche français en Méditerranée.

 

 

Il n'est dépassé, en France, que par deux ports sur l'Atlantique :

Boulogne sur Mer (le premier) sur la Manche

Lorient (le second) en Bretagne.

 

Les chalutiers pénètrent au port de Sète par son entrée Ouest.

 

Vous reconnaissez ici l'extrémité Ouest du brise-lames,

(avec son petit phare)

renforcée par d'énormes blocs de béton.

 

 

 

B-L-extr-ouest-entree-chalutier.jpg

 

 

Ces chalutiers parcourent avec élégance, et vélocité,

les avenues d'eau, 

s'approchant ainsi du coeur de la ville.

 

 

Azamara-bateau-crosiere-et-chalutier-copie-1.jpg

 

 

 

      C'est un ballet coloré. 

Attractif.

 

 

 

Sete-Port--13-chalutier-rentrant-au-port-apres-la-peche.jpg

 

 

 

    Leur retour est ô combien attendu ! 

 

Attendu et fêté.

 

 

Sete-Port--14--chalutier-rentrant-au-port-apres-la-peche.jpg

 

 

Une joyeuse troupe de mouettes  escortent le bateau,

l'encouragent de leurs cris,

lui font fête !

C'est véritablement un spectacle extraordinaire,

même s'il est quotidien.

Il porte en lui une telle ferveur, une telle joie de vivre,

qu'on ne peut s'en lasser.

 

La mort des poissons est liée à la vie des oiseaux.

L'équilibre de la nature n'est pas rompu.

La vie exulte de joie !

 

 

Ces bateaux chargés de poissons se dirigent vers le vieux port,

là où se trouve la criée.

 

 

 

sète le vieux port 

      

 

 

Certains chalutiers sont énormes.

 

Mais je m'y perds un peu.

 

 

Sète Port chalutier 2012

 

 

Car il y a aussi les thoniers,

 

 

 

Sete-Port--16-thoniers-amarres-a-quai.jpg

 

 

 

qui sont des bateaux plus importants, plus puissants.

 

 

 

      BL-2.jpg

 

 

 

      et je ne suis pas sûr de les distinguer les uns des autres.

 

 

 

BL-1.jpg

 

 

 

      Là ce sont je crois des chalutiers amarrés le long des quais.


Sète Port 15 chalutiers amarrés à quai 

 

 

 

      Mais là ce sont des thoniers,

que l'on reconnait car ils transportent, accrochés à l'arrière,

un ou deux "petits" bateaux.

 

 

carenage-2.jpg

 

 

Ils ne font pas le même travail.


Les chalutiers sortent le matin et rentrent le soir :

pêche journalière.

 

Les thoniers partent plusieurs semaines

et vont jusqu'au devant des côtes libyennes.

 

Avant que les quotas ne soient imposés

pour limiter la quantité de poissons capturés

ils partaient jusqu'à trois mois.


Ils reviennent maintenant plus vite,

ayant rapidement atteint le plafond autorisé.

 

Cette flottille de pêche génère une importante activité d'entretien.

Il faut parfois sortir les bateaux,

les mettre en carénage.

Et ce n'est pas une petite affaire !


 

carenage.jpg

 

 

 

 

Cette pêche en mer, avec des bateaux ultra modernes,

ne doit pas faire oublier la pêche dans l'étang

qui, elle, continue à utiliser des moyens plus traditionnels.

 

En témoignent ces clichés pris le 31 octobre 2013 (!)

quasiment sous les fenêtres de Danielle.

 

Les pêcheurs  immergent des filets (les capéchades)

lesquels se signalent par des bouées.

 

 

 

peche--etang-Capechades.jpg

 

 

 

 

        Quelque temps après ils viennent remonter ces capéchades.

 

 

 

peche-etang-capechades-2.jpg

 

 

 

 

La récolte est abondante 

car l'étang est très poissonneux.

 

 

 

pêche retour des barques à la P C

 

 

 

Qu'ils soient pêchés en mer ou dans l'étang,

tous ces poissons se retrouvent sur l'étalage des commerces.

 

La mer, corne d'abondance, est  encore  une réalité.

 

Ce à quoi s'ajoutent les crustacés et coquillages.

 

La photo qui suit est également très récente. 

 

Ce pêcheur utilise une " arseillère"

pour capturer des palourdes.

La photo a été prise dans l'étang de Thau,

non loin des usines Lafarge, entre Sète et Balaruc.

 

 

Pecheur-palourdes--arseillere-3.jpg 

 

 

 

A l'aide de ce long  manche, le pécheur cherche à capturer des palourdes 

mais à une certaine profondeur.

Il faut ensuite relever l'outil et ramener la prise.

Compe tenu de ses dimensions, cela demande une grande force physique.

 

 

 

 Pecheur-palourdes-arseillere.jpg

 

 

 

 

 

 Si les poissons sont toujours les mêmes,

si les techniques de pêche n'ont pas tellement changé,,

le matériel , lui s'est totalement renouvelé

en l'espace de guère plus de 50 années.

 

 

 

Regardez ce bateau sur une carte de  ... 1907 !!!

Il est en train d'entrer dans le port en contournant le Môle. 

 

 

 

 bateau-boeuf-3.jpg

 

 

Ce type de bateau était omniprésent dans le port. 

 

 

bateau-boeuf-2-.jpg

 

 

  On les appelait des "bateaux-boeufs".

 

Pour quelle raison ?

 

 

 Bateaux-boeufs

 

 

 

 A cause de leur façon de pêcher.

 

Ils travaillaient à deux, 

chacun tirant un des bouts du filet.

Ils tractaient donc le filet (le chalut)

comme un couple de boeufs tirait une charrue. 

 

 

 

Une fois rentrés , les bateaux-boeufs se dirigeaient vers le vieux port

qui, lui, est toujours à la même place.

 

 

Quelle allure tout cela devait avoir !

 

 

Un petit air de régates.

 

 

 

le-port-ancien.jpg

 

 

 

Mais que ce métier devait être dur, et dangereux....

 

 


bateaux-boeufs-1.jpg

 

 

 

 

Nous en gardons, nous, une sorte d'image d'Epinal....

 

 

 

 

sete-voiliers-pecheurs.jpg

 

 

 

Et pourtant, tout cela n'est pas si loin

 

Regardez,  en 1956 : 

 

des pêcheurs étendant des filets sur le Môle, pour les faire sécher.

 

 

 

 

 pecheur-ravaudant-son-filet-sur-le-mole-1963.jpg

 

 

 

et, assis par terre, ils les ravaudaient .

 

 

 

 pêcheur ravaudant ses filets

 

 

 

  Ce spectacle là est terminé.

 

 

Les immenses filets que tirent maintenant des bateaux surpuissants

ne sont même plus réparés.

 

 

 

 

 Mais restons sur cette image :

 

 

Sete----retour-au--Port.JPG

 

 

les oiseaux nous disent d'espérer.

 

 

 

***

 

 

 

 

 

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- Sète - 7 - Le port de Sète -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

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Je vous ai déjà présenté la Pointe Courte.

J'espère que vous n'avez pas cru que c'était le port de Sète ! 

La Pointe Courte n'est qu'un quartier de la ville
avec un petit port de pêche ouvert sur l'étang. 

Nous allons voir aujourd'hui le vrai port de Sète
ouvert...sur la mer.


Une vue aérienne
prise de Gazelle Bondissante (!)
va nous en donner une idée.


sète port photo aérienne du port
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En bas à gauche s'avance le Môle Saint Louis.
Plus à droite nous voyons le début du brise-lames.

Entre les deux s'ouvre l'entrée Ouest du port.
.
Un mot sur ce Môle.
Il a été construit à partir de 1666
à l'aide d'énormes rochers extraits des falaises de l'île.

Il est à lui seul un véritable monument,
d'une masse impressionnante.


Le brise-lames, lui, est une puissante digue
qui commence là, et qui s'étend sur près de 2 km.

Il protège le port contre les assauts de la mer
lors des tempêtes venues du Sud. 

Sa construction a été une prouesse.

Elle a été réalisée au XIX me siècle, à partir de 1821.

Les premières tentatives, en arc de cercle
ont été régulièrement détruites par les tempêtes
et il fallait les reprendre, en ramenant d'immenses blocs de pierre. 

Finalement  le succés est venu,
mais avec une longue partie rectiligne.
Il a été achevé en 1869.

Ce brise-lames est essentiel pour le port de Sète.
Grâce à lui ce port est le meilleur abri possible,
en cas de gros temps, sur toute l'étendue du Golfe du Lion.

I
Vu de loin il paraît bien minuscule
mais c'est une muraille étonnante,
un rempart d'une incroyable hardiesse.



BL 5
.
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Voici son extrémité Est, avec un phare.
Cet endroit est l'entrée principale du port,
avec une passe d'une profondeur de 15 à 18 mètres.


B L extrémité 4
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Je ne sais si vous pourrez les voir,
mais une multitude d'oiseaux utilisent ce promontoire.
Sans doute pensent-ils qu'il a été construit pour eux.

Sur la photo suivante, on voit ce qui reste de 6 petites bâtisses :
c'était une... infirmerie ! On déposait dans ces pièces exiguës
les marins atteints de maladies contagieuses et mis en quarantaine...
un abri bien précaire...


BL côté port 3
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Je vais essayer de vous mettre un photo plus nette...

les 6 chambres de l'infirmerie sur le BAL
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De là ces pauvres gens pouvaient voir le port
dont l'entrée leur était refusée..... brrr...

Sète port

Aujourd'hui, je ne sais pas trop s'il est permis de s'y rendre...
alors je vous offre cette vue...
Chuttt !
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brise-lames-de-S.JPG


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Nous, n'étant pas contagieux,
nous allons entrer dans le port.


Sète 7
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Nous pénétrons ainsi d'emblée au coeur de la ville,

en pleine activité..

De vastes espaces s'offrent au bateaux. 
Ici deux thoniers.

sete-port.JPG
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L'accès est facile
ce qui rend aisé, par exemple pour les cargos, dans le port de commerce,
chargement ou déchargement
de nombreuses marchandises, industrielles, agricoles...
céréales, vins, animaux ...

Des secteurs se sont spécialisés.

Ici une bétaillère  quitte le port.

Sète Port 9 - Bétaillère partant pour l'AFN
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Il y a le secteur minéralier :

secteur-mineralier.jpg
.
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le secteur pétrolier :

secteur-petrolier.jpg
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le port céréalier,
un tapis roulant permettant de charger les silos :

secteur-port-cerealier.jpg
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De puissantes installations
ont été mises en place

sète grues du port
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D'étranges objets pénètrent parfois dans le port.

Sète Port 10 - grand cargo livrant un des plus grand port
.
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C'est simplement un portique dernier modèle

Sète Port 11 - port de marchandises (transport d'un port
.
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qui va servir au déchargement rapide des containers.


Cet aspect commercial et industriel est évidemment très important.
Il place Sète au tout premier rang des ports méditerranéens.

Sète 01.2013 Construction grue géante dans le Port
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mais je dois avouer qu'il a peu retenu mon attention.

Revoyons ce port depuis le ciel.

sete ensemble
.
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Nous voyons en bas,à gauche l'extrémité du Môle,
avec son phare.
En haut, à gauche, le Mont Saint Clair.
A ses pieds, sur son flanc Est, le coeur de la ville,
traversée par de larges canaux.

Le plus éloigné de nous,
le plus proche du Mont Saint Clair,
le plus ancien,
est le Canal Royal.

Il rejoint l'étang
et nous apercevons tout au bout la Pointe Courte.

Ce canal fait de cette petite montagne véritablement une île.

Plus loin dans l'étang nous apercevons 
à gauche : la pointe du Barrou, dont nous reparlerons,
à droite : Balaruc les Bains,
et plus loin on devine les parcs à huîtres.

Mais regardez maintenant le centre de la photo.
Vous apercevez un gros navire amarré sur la droite.

Les bassins qu'offre ce port sont en effet remarquables
par leur profondeur (qui doit être de l'ordre de 15 mètres)
ce qui leur permet d'accueillir les plus gros navires du monde ! 

Regardez celui-ci qui s'avance...
C'est un gros bateau de croisière, le "Thomson Dream"

Va-t-il pouvoir entrer ? 


Bateau de Croisière Thomson Dream quittant le por
.
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Mais oui, sans problème !

En fait, là, il doit sortir 
en contournant l'extrémité Est du brise-lames,
escorté par les pilotes du port.
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Bateau Croisière Thomson Dream quittant le Port
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Voici un autre bateau de croisière, 
amarré au quai d' Alger.

Bateau Croisière Azamara Journey Quai d'Alger
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Ou encore " l'Adonia ",
185 mètres de long,
aussi haut qu'un immeuble.

Sète - 04.13 - Escale ADONIA - 185 m L - 710 passagers - 3
.
.
.
Les plus grands paquebots peuvent se mettre à quai sans problèmes.

Voici " l'Oriana ", 260 mètres de long :

Sète - 04.13 - Escale Oriana 260M L - 1218 passagers
.
.
.
Ce sont presque de petites villes flottantes que Sète accueille.
Les passagers descendent un escalier
et ils sont arrivés !

Là, c'est " l'Azamara "

Sète Port 7 - Quai d'Alger- Azamara Quest - 04 04 13
.
.
.
En fait, tous ces gros mastodontes
destinés au tourisme de masse
ne m'intéressent guère.

Je voulais cependant vous les monter
pour que vous n'alliez pas penser
que la Pointe Courte était le port de Sète !!!!!!!!!!!!!!!!!

Dans une semaine je vous montrerai un autre aspect de ce port.

Aujourd'hui, quittons nous sur cette image :

Sète 2
.
.
.
La photo est prise depuis le haut du Mont Saint Clair.
Nous voyons le Môle
qui abrite le petit port de plaisance.

Le Môle étant lui même protégé par le brise-lame.
.
.
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à bientôt.
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***

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