- Un conte Chinois : Maïlane et le sculpteur de jade ***-

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé



               
Maïlane et le sculpteur de Jade


 

Ce conte nous introduit dans une vision du monde différente

de celle du conte  traditionnel en Europe, 

lequel se termine assez souvent par une formule du genre :  

« Ils furent heureux et vécurent très longtemps ».
 

Le conte est un peu long, je m'en excuse.

J'avais déjà publié ce conte le 24 08 2009

et j'avais eu d'intéressants commentaires

de Pascale, Aln et Sitelle.

Pour les curieux uniquement ,je les replace à la fin de cet article.

 Je ne crois pas qu'il convienne pour de jeunes enfants.

                     
 

                                                    



 

Un haut magistrat chinois avait une fille unique qui s’appelait 

                                               Maïlane. 

Comme il était très riche et vivait dans une grande maison,

de nombreux parents vivaient chez lui.

Beaucoup étaient instruits : des lettrés.

D’autres non : ceux-là jouaient le rôle de serviteurs.

Un jour est venu un garçon, qui s’appelait     
                                            
                                              Tchang-Po.
 

Il venait de la campagne, c’était un cousin de Maïlane.

 


On s’était demandé ce qu'on allait faire de lui,

car il n’était pas instruit.

 
On le fit travailler au jardin.
Et là, il fut heureux.

Depuis que le ciel et la terre marchent ensemble,

les hommes libres ont toujours aimé jardiner. 

 



Souvent sa cousine Maïlane venait le voir travailler.

 

Et ils restaient longtemps ensemble.

 
Ils étaient très jeunes.
Des enfants quoi.

 

 

 

 

                              fille-mailane.jpg

 

 

 


  

Mais...

il manquait quelque chose à Tchang-Po.


Un jour...

il a trouvé un petit bout de jade.

 

Il l’a sculpté.

 

Et il en a fait un très bel objet :
un chat endormi.

 

Alors il a regardé les objets de jade dans les magasins de la ville,

et il a vu un artisan.

Il est allé chez lui.

Bientôt il a passé la moitié de son temps dans le jardin,

et l’autre moitié dans la boutique de l’artisan.

 

Et il s’est mis à ciseler comme personne

cette pierre venue peut-être du ciel tant elle est belle et parfaite.

 

Il est devenu un artiste véritable.

 

 


                                                   

 

 



Un jour...

le père de Maïlane a voulu faire un cadeau à l’impératrice.

 

Il possédait un gros bloc de jade.

Il est allé à l’atelier de Tchang-Po

et lui a demandé de faire dans ce bloc

une statue de la déesse de la miséricorde. 

 

 

Tchang-Po l’a fait. 


Elle était d’une beauté indicible, 

d’une finesse qui dépassait tout ce qu’on avait fait jusque là.
Même les boucles d’oreilles étaient parfaites, et tournaient autour de l’oreille.
 

Mais quand le père l’a vue,

il est resté interdit ....
 

La déesse ressemblait à Maïlane !

 

 

 

 

                                                    


C’est alors qu’il a réalisé que Tchang Po

était beaucoup trop attaché à Maïlane,

et Maïlane à Tchang Po. 

Il dit à Maïlane qu’il n’était pas question qu’elle puisse aimer son cousin,

qu’il fallait qu’elle cesse de le voir,

et qu’elle devait se marier avec un homme riche et haut placé,

le fils d’un autre haut magistrat de la ville.

 

Maïlane a refusé tous les partis,

et elle a continué à voir, de temps en temps, Tchang Po.


Elle s’étonnait du calme qu’il gardait.


Il lui disait :

« Comme le ciel est fait pour la terre,

et la terre pour le soleil,

tu es faite pour moi, et moi pour toi.
Personne n’y peut rien.
Je ne sais qu’une seule chose,

c’est que je suis bien quand tu es près de moi ».

Mais pourtant, ils ne pouvaient plus se voir comme avant.

 

 

 

 

Tchang Po continuait à sculpter le jade, de mieux en mieux,

et ses œuvres ont été connues dans toute la Chine.


On ne disait plus  « Un jade »,
on disait  « Un Tchang Po ».

Pourtant le bonheur n’était plus dans le cœur de Tchang Po,

 

 

ni dans celui de Maïlane.

Ils ont décidé de fuir.

                                                
                                                 

 

 

Un soir ils sont partis.

 
Malheureusement un vieux serviteur les a vus

quand ils traversaient le jardin.

Il a compris et a voulu empêcher Maïlane de partir, car il l’aimait.

  

Il voulait aussi lui éviter de créer le scandale :

la fille d’un haut magistrat

qui fuit avec un homme qui n’est qu’un artisan

est une fille perdue !

 

Il a essayé de retenir Maïlane.
Tchang Po l’a repoussé.
Le vieux serviteur a fait une mauvaise chute,

sa tête a heurté une pierre, et il est mort.


Tchang Po et Maïlane ont compris que cette fois

ils étaient vraiment perdus.
Ce n’était plus seulement une fuite,

ils venaient de tuer un homme. 

 

 

Alors ils sont partis, loin, très loin.

 

 

                                                

 

 

 

Ils ont traversé toute la Chine.
Ils sont arrivés dans le sud du pays,

là ou l’on extrait le jade de la montagne.

Sans le savoir, ils avaient suivi la route du jade :  

 

ils étaient arrivés à sa source.

 

                                                  
Maïlane a dit à Tchang-Po : 

 

« Il ne faut pas que tu fasses à nouveau des œuvres en jade,

ou alors seulement de tous petits objets,

des pendentifs, de la petite bijouterie ».

 

Ce qu’il a fait, mais à contre cœur.


Ils ont pu vivre, avec peu.

 

Et toujours Maïlane lui disait : 
« Arrête ! Arrête ! C’est assez beau ! ».

Car elle avait peur qu’on le reconnaisse.

 

Mais parfois, en cachette, il faisait une pièce.
Et il la cachait.  
                                
C’est ainsi qu’il a fait un singe qui volait des pêches,

 

un chien qui dormait avec un œil ouvert et un œil fermé, 

 

un tigre saisissant une biche dans ses crocs, lui serrant la gorge.

 

Et il gardait ces objets , bien cachés.

 

 

                                                                

 

 

Un jour il s’est dit qu’il aimerait bien s’acheter un atelier.  


« Sois prudent ! » lui dit Maïlane. 

Mais quelque temps après, un homme est venu,

qui lui demanda s’il n’avait pas un objet à lui vendre.

  

  

Il lui montra le singe.


L’homme était prêt à acheter cet objet un tel prix

que cela aurait permi à Tchang Po d’acheter un atelier.

Il le lui vendit.
L’acheteur fut ravi.

Mais cet objet était tellement extraordinaire

qu’il fut montré partout, partout on en parla.

 


La nouvelle de cette œuvre,

qui fut reconnue comme étant un Tchang Po,

fit son chemin jusqu’au père de Maïlane. 

 

Il envoya un officier qui vint enquêter dans le village où Tchang Po était installé. 
Mais Tchang Po en fut averti à temps :

ils décidèrent de fuir au plus vite. 

 

 

Maïlane attendait un bébé et le voyage ne fut pas facile,

mais il fallait partir. 

 

Ils partirent en pirogue,

descendirent un fleuve très dangereux.

 

 

 

 

 

montagne-jade.jpg

 

 

 

 

 

Et c’est dans un tout petit village que Maïlane accoucha d’un bébé très fragile.

Ils se fixèrent là,

et pour vivre, il décidèrent que Tchang Po, cette fois,

ne toucherait plus au jade, mais ferait de la poterie. 


                                                  

 

 

                                                  

 

 

 

 

                                         

Mais Tchang Po fut très malheureux.


Il ne pouvait pas se passer de la présence de Meïlane,

mais il ne pouvait pas non plus se passer de travailler le jade.

Ses mains souffraient de devoir ne travailler que de la boue

et d’être privé du contact de cette matière divine,

qui diffuse la lumière comme une chair vivante. 

Maïlane, elle, lui disait :


« Maintenant tu as un enfant,

tu ne peux quand même pas aimer le jade plus que nous ».


Mais travaillant sans goût à la poterie,

il gagnait difficilement la vie de sa famille.


Parfois même il avait une crise de colère, de désespoir, 

où il brisait et piétinait des  pièces qu’il avait faites.

 

 

C’est alors qu’un marchand passa

et lui  proposa de lui acheter une belle pièce

s’il en avait une à vendre. 

 

Quelle tentation !

Il lui  vendit le chien qui dort en n’ouvrant qu’un œil. 
Le marchand  partit avec son trésor.

 

Mais encore une fois,

cet objet  fit son chemin en suivant la route du jade.
Et cette fois Tchang Po ne fut pas prévenu à temps. 


Un commissaire se présenta dans l’atelier de l’artiste,

s’assura de son identité,

et  déclara à Maïlane et à Tchang Po

qu’ils devaient le suivre, qu’ils étaient arrêtés.


Alors Maïlane dit qu’ils allaient le suivre,

mais qu’il leur fallait un peu de temps pour préparer leurs paquets. 

Pour obliger le policier à leur accorder ce délai,

elle mit dans ses bras le bébé !


Et elle dit à son mari de partir.


Il partit.


Pour lui donner le temps de s’éloigner,

elle fit durer la préparation des paquets,

et le temps fut si long qu’à la fin le policier exigea que l’on parte.


Mais Tchang Po n’était plus là.

On le chercha partout. 

En vain : il était déjà loin.



                                                  

 

 

Ils  emmenèrent Maïlane et l’enfant.

Quand elle fut arrivée, sa mère était morte.

Son père ne lui a ni souri ni parlé.

Et il n’a pas regardé son enfant.

Elle a vécu là, sous surveillance,

  

et dans la plus grande tristesse.


Le temps a passé. 

   

 

                                                                 
                                                  

 

  

   

Un jour, un collègue du père de Maïlane, un haut fonctionnaire,

est venu en visite. 

Il a dit qu’il se rendait à la capitale

et qu’il allait faire un magnifique cadeau à l’impératrice :

une déesse de jade blanc, et il a dit : 

 


« Cet objet est la réplique exacte

de la déesse de la miséricorde que vous lui avez vous-même offerte ». 

 

Le père de Maïlane ne voulait pas le croire.

 


Alors le visiteur a montré l’objet. 

Et en effet c’était bien la réplique exacte de la première pièce offerte,

avec, peut-être, une expression plus tragique.

 

On a demandé au visiteur comment il avait eu cet objet.


Il a dit :


« C’est tout à fait par hasard.


Ma femme avait un bracelet de jade de grande valeur,

et il a été cassé.

Je n’ai trouvé personne qui puisse le réparer.

J’ai fait une annonce dans toutes les maisons de thé, les commerces.

 

Un jour un homme s’est présenté.
Un homme étrange, qui paraissait traqué, effrayé.
 

J’ai eu beaucoup de difficultés pour lui faire comprendre

que je ne lui voulais aucun mal,

et il a parfaitement réparé le bracelet. 

 

  

Si bien que je lui ai montré un morceau de jade blanc

que j’avais depuis longtemps,

sans avoir osé le faire travailler jusque là. 

Quand il a vu ce morceau de jade, il a été terrifié. 

Puis il l’a caressé. 

Très longtemps. 
Il était perdu dans ses pensées. 

 

Je lui ai dit : « Il ne vous plaît pas ? ». 

 

Il m’a répondu : 

 

« Ce n’est pas cela. 
Mais je n’ai jamais vu un si beau morceau de jade ! ».

 

 

Je lui ai demandé : 

 

«  Voulez-vous me faire dedans une pièce ? 


– Oui, mais à une condition :

je ferai la pièce que je voudrai, 
et il ne faudra pas me payer ».

 

Il s’est enfermé dans un atelier que je lui ai prêté.
Il a travaillé plus de trois semaines.
Il mangeait à peine, dormait à peine, ne parlait pas.
Personne ne pouvait voir son travail.

 

Un jour il est venu.

Il a dit : « C’est fait ».

 

L’objet était … celui là.

  

Il a dit : 
 
« Je vous remercie :
cet objet résume ma vie ».

J’étais perdu dans la contemplation.
Puis je me suis retourné.
 
Il était parti.
 
Je l’ai fait chercher dans ma maison,
dans la ville,
dans les environs.
J’ai mis des annonces,
des promesses,
fait des enquêtes,
mais je ne l’ai jamais retrouvé ».



                                                      


 

Au moment où le visiteur terminait cette phrase,

on a entendu un cri d’horreur derrière le paravent.


Le père a écarté le paravent,

et derrière le paravent était sa fille,  Maïlane,

et tout le monde a vu que Maïlane et la statue

était une seule et même personne.
                       

La statue avait la même expression tragique

qu’avait le visage de Maïlane à cet instant même.

 

                        

Elle s’est avancée,

a pris la statue,

l’a serrée contre sa poitrine, en silence.


C’était comme si elle tenait Tchang Po lui-même.


Comme s’il lui avait envoyé un message,

un message qui lui était enfin parvenu.

 

 

 


                                                        

 

 

 

 

Alors le père de Maïlane a été frappé par le chagrin de sa fille.

Il a fait faire des recherches dans toute l’étendue de la province du visiteur,

mais jamais on n’a pu retrouver Tchang Po. 

 

 
                                                    

                                                        

 

 

Le temps a repris son écoulement.
L’enfant de Maïlane est mort lors d’une épidémie.
Il avait toujours été fragile.

Alors Maïlane s’est fait couper les cheveux,

et elle est entrée dans un monastère. 

Elle non plus, jamais personne ne l’a revue.

 

                                   

                                                           

 

 

 



 

  Pardon à ceux que j'ai peut-être fait pleurer.

 

 

 
 

 

 

Commentaires (du mois d'août 2009)


Je reçois de Pascale ce commentaire,
mais qui, pour une raison inconnue, n'est pas arrivé dans cet espace.
Je l'y place car il a trait directement à cette page.

Le conte de Maïlane et de Tchang Po
Pascale
Bonjour,
Comme tu le demandes dans ton préambule au conte, voici ma contribution...
et voici donc les quelques petites fautes que j'ai relevées après relecture.
Ci-dessous la version corrigée de ces passages.

- D’autres non : ceux-là jouaient le rôle...

- et il a vu un artisan. Il est allé chez lui.

- Il est allé à l’atelier de Tchang-Po...

- Il dit à Maïlane qu’il n’était pas question...

- « Sois prudent ! » lui dit Maïlane.

- L’enfant de Maïlane est mort...

Voilà c'est tout !
Avec toutes mes amicales pensées,
Pascale

Un grand merci à Pascale !
Elle va recevoir un premier prix de "correctrice".
Car c'est bien un métier, n'est-ce pas Sittelle ?
Or Pascale m'a signalé plusieurs fautes, une non concordance de temps ("il dit", et non pas "il a dit")mais surtout celle-ci, très importante, que je fais souvent : j'avais écrit deux fois : "il a été" (chez lui - à l'atelier de Tchang-Po) alors que l'expression correcte est "il est allé".
Quel plaisir d'être enseigné par une maîtresse à qui l'on peut faire un bise ! 
Rien que pour ça, je crois que je vais faire encore quelques fautes, exprès !


 

Les enfants préfèrent qu'on leur lise ces contes plutôt que de les lire eux-memes ou qu'on leur raconte.Ils se sentent plus en sécurité, Mais ils adorent se faire peur entre eux.

Commentaire posté par Allier-née le 25/08/2009 à 20h59

 

Trois remarques intéressantes !
1-Les enfants préfèrent qu'on leur lise ces contes
Ils retrouvent ainsi la nature originelle du conte, qui est d'être une transmission orale : transmission de ce qui, sortant d'une bouche, vient à l'oreille.
Sans intermédiaire sophistiqué. C'est de toi à moi !
2-Ils se sentent plus en sécurité
la présence physique de celui qui parle permet à l'enfant d'explorer les choses les plus horribles sans danger, et d'enrichir ainsi son intelligence.
3-ils adorent se faire peur entre eux.
ça, il faudra se demander pourquoi... vous avez une idée ?

 

 

 

Magnifique conte......Je pense que des enfants occidentaux de 9-10ans peuvent le lire.Entre eux , ils se racontent des histoires bien plus horribles...et puis les contes ne sont pas pour les enfants.....à l'origine..
Barbe bleue est nettement plus horrible que ce conte ......Le petit Poucet aussi...Et le Chaperon rouge...... immoral......Et pourtant les gosses adorent.
superbes illustrations, Mister Kasimir.Bonne soirée 

Commentaire posté par Allier-née le 25/08/2009 à 19h40

 
 
Entre eux , les enfant se racontent des histoires bien plus horribles...
Tu as sans doute raison : c'est peut-être surtout nous, les adultes, qui sommes choqués, comme si nous nous sentions incapables de réécrire l'histoire d'une autre façon.
Si l'enfant le lit en même temps que ses parents, il peut se rassurer : mon papa ne ferait pas ça !
A chaque parent de voir !
J'ai aussi des contes esquimaux très cruels. Je les aime beaucoup, mais certains donnent froid dans le dos.
Un jour peut-être j'oserai....

 



Je trouve que ce conte est magnifique. Il a l'intérêt de "parler" de la vie, sans l'embellir, et on peut penser qu'un conte c'est aussi ça et pas seulement ne montrer que les beaux côtés de la vie..... Je suis d'accord pour dire qu'il vaut mieux éviter de le faire lire à des enfants, du moins occidentaux (en orient je ne sais pas ?)
Pascale



Les contes, à la différence des fables, n'énoncent pas une morale.  
Ce conte là ne fait que décrire une relation père-fille... possible.
Celui qui écoute un tel conte en tire les conclusions qu'il veut.
C'est peut-être la meilleure façon de nous faire changer : nous montrer où peut conduire tel ou tel comportement. Pas besoin de "dire une morale". L'horreur du résultat, si on en prend conscience, suffit à provoquer un changement radical.
C'est d'ailleurs la phrase clé du conte : celle où il est dit que le père, voyant le profond chagrin de sa fille, réalise enfin que...
Picasso n'agit pas autrement que ce conteur quand il peint Guernica : il se contente de nous montrer l'horreur d'un massacre.

 

 

Trop triste... c'est tout le poids de la société qui décide de nos vies; c'est encore vrai. Il faut du courage pour se démarquer et des moyens extra-ordinaires pour persévérer. C'est bien amer pour démarrer la journée... tu nous renvoies à nos failles, Kasimir !

(comm de Sittelle)

 


Pardon  princesse du Nord !
J'ai hésité à vous mettre ce conte, qui est d'une profonde tristesse en effet.
Mais réaliste en même temps.
Une lueur d'espoir : le père de Maïlane comprend enfin combien sa "volonté" d'être le maître de la vie de sa fille était mauvaise : il change enfin.

 


                                          

Trop tard c'est vrai.
On peut supposer que celui qui entend ce récit en sera peut-être touché, et changera à temps son propre comportement.
 

 

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sounick 18/02/2012 00:42


J'ai lu jusqu'au bout et jusqu'au bout je pensais une fin heureuse à ce magnifique amour mais non ... trop triste quand même ! Triste société aussi ces tirours où chacun doit être rangé ! C'est
malheureusement tellement vrai ! Mépris !!! non acceptation ect ... un peu ce que je t'ai raconté il y a quelques temps ! pff de pff ! Bisous Kasimir !

kasimir, dit pinson déplumé 18/02/2012 15:06



C'est vrai : j'y ai pensé


pff de pff !!!!!!!


Des blessures furent infligées


mais notre vision va au delà de ces blessures


alors elles changent de statut : elles deviennent un élément de l'histoire


un élément objectif, mais passé


qui en réalité ne nous blesse plus.


Le passé devient réellement du passé.


l'oiseau s'est échappé, comme Wang Fo !!!


et la flèche du mépris, de la jalousie, flèche tellement médiocre,


ne l'atteint plus.


Elle tombe, cette flèche de la sottise, dans les brindilles de l'histoire.


L'oiseau est définitivement  libéré !


Il vole dans la brillante lumière de la vérité.


Bisous amie


bon dimanche.



erato:0059: 17/02/2012 23:39


Ce conte peut être transposé dans toutes les civilisations. Le matérialisme en concurrence à l'amour véritable ,  rend malheureux, fugueur, désespéré! La hiérarchie familiale qui
décide impérativement . Les jeunes qui se cachent pour aimer..... Et souvent , il est trop tard quand les yeux s'ouvrent à l'évidence . Ce conte pourrait être une chronique réelle d'un "
fait divers" . Bien triste et désolant!


Tes peintures sont en harmonie avec le conte.


Belle soirée, bisous Pinson

kasimir, dit pinson déplumé 18/02/2012 14:49



hélas oui, Andrée


et c'est bien pourquoi cette histoire nous touche en plein coeur


c'est un drame toujours très actuel


sous mille scénarios en apparence divers


(scénari ????)



hélène 17/02/2012 18:27


Aprés avoir lu TOUT le conte, très triste il est vrai, je suis revenue sur les dessins...Tu as su rendre l'expression angoissée de la jeune femme à merveille, et le paysage des montagnes avec le
flou du ciel sied à la mélancolie qui se dégage de l'histoire....On oublie le côté cruel....


Je t'embrasse


hélène


 


 


 

kasimir, dit pinson déplumé 18/02/2012 14:45



oui, oublions


et inventons leur un peu plus de bonheur


ah moins que le plus grand bonheur ce soit d'aimer


même si cela semble impossible à "RéALISER"


dans ce que nous appelons la vie réelle.



Jackie 17/02/2012 16:14


Terriblement tragique ce conte en effet... Mais n'est-ce pas souvent  comme cela dans nos vies ? Je pense à Van Gogh et sa soif d'absolu, d'Amour, son talent fou...et sa fin tragique...
Fréquent de s'apercevoir trop tard que l'on s'est trompé pour changer de comportement à temps.


Tes peintures  sont lumineuses et pour celle du paysage les plis dûs au mouillé du papier donnent du mouvement au ciel.


Merci Pinson


Je t'embrasse

kasimir, dit pinson déplumé 18/02/2012 14:25



ça, c'est une grande énigme


à quoi ça sert de comprendre qu'on s'est trompé


si on le réalise quand il n'est plus possible de faire autrement,


quand la vie se  termine,


quand les conséquences de nos actes ne peuvent plus être supprimées ?


Est-ce que cela peut servir aux générations à venir ?


Franchement je me le  demande.



Danielle 17/02/2012 16:04


Quel conte merveilleux malgré sa tristesse, je l'ai lu d'un trait et j'aurais continué longtemps encore, les beaux récits, même imaginaires, ne sont jamais trop longs. Ce haut magistrat aimait sa
fille unique égoïstement, peut-on dire que l'égoïsme est de l'amour ? Je ne crois pas car aimer quelqu'un c'est vouloir son bonheur. Or, le père brise la vie de sa fille simplement parce que
Tchang-Po n'est pas instruit mais  ses mains d'artiste contenaient le plus beau des trésors, la plus grande richesse, c'était un véritable prodige, un génie. Fille de riche, sa fille devait
épouser une homme riche, sans tenir compte de ses sentiments, de son amour profond pour Tchang-Po. Conclusion dramatique : une vie tragique de fuites permanentes, de peurs, un bonheur détruit, la
tristesse permanente ... le  père n'a conscience de la réalité que lorsqu'il est trop tard, tout n'est que ruines ! Bon, comme d'habitude je ne peux m'empêcher de commenter ... alors que je
voulais simplement dire que ce conte est réaliste car ce sont des histoires qui arrivent dans la vie réelle, moins de nos jours, mais combien d'amours détruits pour des "mariages de raison", il
n'y a pas encore si longtemps, pour posséder des terres, des domaines, toujours pour l'intérêt ... c'est triste ! J'ai beaucoup aimé ce récit et tes dessins, merci de ton partage et bisous
pinson. Danielle

kasimir, dit pinson déplumé 17/02/2012 21:39



C'est absolument ça.


Le but de cet homme, c'est l'argent, les honneurs, le rang social, une vie comme ci et comme ça


et chacun doit se mettre au service de ses ambitions.


L'amour ?


Pouahhhhh !


Ce qui est remarquable, et dramatique , tient dans les 3 dernières lignes


quelque chose d'essentiel se révèle à lui


hélas, trop tard.


Combien en ai-je entendu de ces cris : trop tard !


Je t'embrasse Danielle.


J'aime bien tes commentaires, toujours très attentifs


et j'espère bien que tu ne vas pas t'empêcher de commenter !!!!



fan 17/02/2012 12:41


Ce conte me laisse penser, que j'ai dû ressembler il y a quelques années, à ce magistrat chinois, avant  d'avoir vu ma belle-fille Meryem, mais pour "nous" le conte se termine malgré mon
côté "bélier" que j'ai eu, en beauté! Et Meryem (qui j'aime profondément) ressemble à Maïlane, mais épanouie.


J'ai beaucoup d'amies chinoises qui vivent à Péking, une entre elles ne trouve pas de mari parce que elle mesure que 1m57... ou l'ami d'une, qui à une tache brune sur l'épaule est consideré par
les parents de cette fille, comme non fréquentable...


Merci pour le coup de fil à la météo, le soleil brille... :-) et pardonne-moi mes fautes en orthographe, j'ai que le correcteur automatique qui souligne en rouge, merci!

kasimir, dit pinson déplumé 17/02/2012 21:28



Heureuse Meryem !!!!!


Que pleuve sur elle les pétales des cerisiers !


Tu ne fais pas de fautes : je n'en trouve pas une seule..


De toute façon les fautes ne sont pas plus des "fautes"


qu'une tache brune sur une épaule !


Merci Fan, merci beaucoup pour tout ce que tu nous dis.


Tu nous parles de la Chine... pays qui me paraît si loin...


et soudain, par toi, il est là !



harmonie37 17/02/2012 11:45


Un conte comme la vie ou contre la vie.


Empêcher d'aimer, c'est empêcher de vivre.

kasimir, dit pinson déplumé 17/02/2012 21:19



le conte n'est pas contre la vie !


pas plus que Picasso n'était contre la liberté en peignant Guernica.


Le conte décrit ce qui (souvent) est.


L'amour assassiné.


La vertu de ce conte ne tient pas dans une morale


Il se contente de nous faire percevoir le caractère mortifére d'une certaine attitude.


C'est tout.


Ensuite à chacun de voir.



telos 17/02/2012 10:42


finesse du dessin...

kasimir, dit pinson déplumé 17/02/2012 21:15



j'ai essayé de rendre deux choses


la douceur et la force mystérieuse du sentiment qui pousse tel être vers tel autre


mais aussi son extrême fragilité : à l'image donc de la fleur du cerisier


merveilleux et dramatique tout à la fois



lylytop 17/02/2012 10:06


oui il est vrai que c'est long alors je reviendrai plus tard car je passais te saluer et te lire un peu mais là tu as fait fort


a bientôt


lyly

kasimir, dit pinson déplumé 17/02/2012 10:33



c'est vrai, et je te prie de m'excuser


mais si un jour tu as un peu de temps, tu verras que c'est très fort et douloureux


mais tellement bien observé


Ho les occasions manquées pour s'aimer !!!!!


un jour je me rattraperai en mettant quelque chose de très court !


bonne journée Lyly