- Le Mandala de Manduel me l'a dit : nos bonheurs sont éternels -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

Sept moines tibétains sont venus du Ladakh,

cette partie du Tibet qui fait maintenant partie de l'Inde.

 

De vrais moines.

Accueillis par la municipalité de cette ville, à quelques km de Nîmes,

ils ont entrepris la réalisation d'un mandala.

 

Comptant bien que leurs visiteurs leur laisseraient quelques sous pour faire vivre leur école.

 

Ce mandala, dont j'ai oublié le nom,

ils le réalisaient en 5 jours.

Quatre moines travaillant en même temps, sans relâche, huit heures par jour.

 

 

 

 

 

 

 2012_1002fabricolageseptembre0140.JPG

 

 

 

 

Quand nous sommes allés à Manduel, l'ouvrage en était à peu près à la moitié.

 

Dans différents bols, des poudres de pierre,

 

une pierre amenée de l'Himalaya, finement pulvérisée,

 

et colorée de différentes couleurs

 

 (traditionnellement avec des pierres semi précieuses).

 

 

 

Chaque moine dispose d'une sorte de long tube métallique, conique, en entonnoir.

 

Il prélève une poudre par le bout large.

 

Le bout fin est si petit que la poudre s'en échappe difficilement.

 

Le moine le positionne à l'endroit voulu,

 

et par friction d'une zone crantée, avec un objet métallique,

 

il provoque une vibration qui fait descendre la poudre.

 

Son geste est d'une précision extrême.

 

Les dessins sont minuscules dans leurs détails.

 

Et évidemment codifiés .

 

Les moines l'exécutent parfaitement et sans le moindre modèle.

 

La progression est lente.

 

 

 

2012_1002fabricolageseptembre0141.JPG

 

 

 

 

 

Navré que cette photo soit floue,

 

mais on devine l'objet (à droite) qui sert à déposer la poudre.

 

 

Ah, j'en ai une autre où c'est plus net :

 

 

 

 

 

 

2012_1002fabricolageseptembre0143.JPG

 

 

 

 

On voit même l'objet  avec lequel le moine frotte le tube pour provoquer l'écoulement de la poudre.

 

 

 

 

Voilà,

 

j'ai bu une tasse de thé (au beurre de yak ????)

 

mangé un gâteau, et je suis parti..

 

Mon hôte m'a expliqué la suite des évènements.

 

 

 

Nous étions le jeudi 27 septembre.

 

Le mandala allait être achevé le samedi 29.

 

A cette occasion une cérémonie.

 

Le lendemain, dimanche 30 septembre 2012, nouvelle cérémonie, très solenelle,

 

à laquelle mes hôtes devaient se rendre.

 

Le mandala est divisé en deux par un objet

 

puis balayé,

 

tous les sables réunis en un tas unique,

 

d'un sable désormais grisâtre,

 

et qui doit ressembler à la cendre d'une incinération.

 

 

 

Cette cendre, non, ce sable sera ensuite amené à la rivière la plus proche.

 

Ses eaux le mèneront finalement à la mer....

 

et le cycle se poursuivra .....

 

 

 

 

 

Le symbolisme d'un tel rite est évident.

 

 

 

 

Il existe de nombreux modèles de mandalas,

 

chacun à un nom et un thème particulier.

 

Mais le thème commun est l'écoulement du temps,

 

et l'impermanence de toutes choses.

 

 

 

 

 

En mon esprit cette pensée a poursuivi son chemin.

 

 

 

 

Il m'est apparu que cette réalisation, artistique, est l'image même de notre vie.

 

Nous avons à y établir, autant que nous le pouvons, le plus beau des dessins.

 

Avec patience, application, adoration.

 

Un jour viendra ou le vent balaiera ce mandala que nous sommes devenu.

 

Il n'en restera rien qu'un petit tas de cendres.

 

N'en soyons pas tristes : c'est la loi de toute vie.

 

C'est ainsi, pas autrement.

 

Et c'est très bien ainsi.

 

 

 

 

 

Mais nos bonheurs, alors, où sont-ils ?

 

 

 

Ils sont dans le fait de les vivre avec une joie profonde.

 

 

 

Mais me direz-vous, ces moments heureux sont extrêmement brefs.

 

 

 

Plaisir d'amour " ne dure    qu'un-un instant  "

 

et pas seulement les plaisirs de l'amour.

 

Celui aussi de nous rencontrer.

 

De nous regarder, de nous parler, de nous sourire.

 

Nous nous rencontrons, nous restons un moment ensemble,

 

un jour, deux jours, trois jours,

 

puis nous nous quittons.....

 

 

 

 

Et bien non , nous ne nous quittons pas !

 

Nous habitons désormais l'un dans l'autre.

 

Cela est mystérieux, mais cela est.

 

 

 

 

Et le coucher de soleil sur l'étang de Thau, qui n'a duré que quelques minutes,

 

et la splendeur des falaises calcaires des gorges de la Dourbie ou de la Jonte,

 

et la souplesse des chats de mes hôtes Nîmois,

 

et la croûte dorée et prometteuse d'une fouasse ou d'une croustade aveyronnaise,

 

bref, tous ces minuscules éclats qui brillent un instant dans nos journées,

 

demeurent à jamais dans nos ciels intérieurs.

 

 

 

Il faudrait évidemment mettre en premier lieu la joie de nos échanges.

 

 

 

Tout cela ne dure que très peu, matériellement.

 

 

Mais en nous cela dure pour toujours et nous illumine de l'intérieur.

 

 

 

 

Alors le balai du temps pourra bien effacer le mandala que nous sommes,

 

il demeurera pour l'éternité.

 

 

 

A condition que nous ne cherchions pas à figer l'instant,

 

à posséder l'objet qui se présente à nous, dans sa grâce,

 

à posséder l'autre comme un objet,

 

comme une propriété.

 

 

 

 

Ô temps suspens ton vol !

 

c'est  la parole à ne pas dire.

 

Parce qu'elle est vaine,

 

et aussi parce qu'elle nous plonge dans la détresse de la frustration

 

dans l'enfer de l'envie, de la jalousie,

 

dans la désespérance de la solitude.

 

 

 

 

Notre bonheur n'est pas dans la possession

 

mais dans le fait d'épouser, ensemble, le mouvement de la vie.

 

 

 

 

C'est la leçon que j'ai reçue du mandala de Manduel.

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans évocation d'un vécu

Commenter cet article

clovis simard 27/08/2013 13:45


LE MANDALA DES MATHÉMATIQUES EST COMPOSÉ DE COMBIEN DE
FONCTIONS ?fermaton.over-blog.com

kasimir, dit pinson déplumé 27/08/2013 20:09



je sais pas



cagou 16/10/2012 17:14


nos bonheur son éternels!


explique moi ça?


je ne comprend pas cette phrase....!


bizam

kasimir, dit pinson déplumé 16/10/2012 18:42



Hummm....


c'est bien compliqué


mais je vais songer à la façon dont je pourrais illustrer la chose.



annielamarmotte 11/10/2012 15:15


Sage Kasimir!!!!!

kasimir, dit pinson déplumé 11/10/2012 19:35



tu crois ?



L@urence 08/10/2012 16:19


coucou Kas


hors sujet mais je viens te passer un petit coucou


pas mal occupée ces derniers temps avec les vendanges à Boudes qui vont se terminer demain


pas pu faire de photos cette année, je ne pouvais pas tout faire !


et j'ai des problemes de connection avec mon blog que ce soit sur le blog ou sur l'administration du blog ... ça m'agace


bisous Kasi et à bientôt

kasimir, dit pinson déplumé 10/10/2012 15:09



ainsi tu t'es laissée emporter par les " vents d'anges " ....


après ton voyage en ULM au dessus des volcans


voilà qui complète bien ton aventure


j'espère quand même que tu n'as pas trop abusé du ballon


car à partir de trois, ils ne sont plus dirigeables....


à bientôt la Combelloise


biz de pinson.



gazou 07/10/2012 10:34


"Nous sommes un mandala qui un jour s'envolera dans le vent"


J'aime bien cette idée, cela nous remet à notre juste place


et j'aime vraiment beaucoup cet article dans son entier

kasimir, dit pinson déplumé 08/10/2012 19:25



merci


ça me fait plaisir


nous  n'aimons pas, en occident, parler de la mort.


Dans cette autre conception, qui ne nous est pas vraiment spontanée, la mort  (la fin de toute vie sous la forme que nous lui connaissons)  est
naturtellement présente.


C'est probablement la différence essentielle entre les pensées "religieuses" de l'orient et de l'occident.


Or, curieusement, la joie domine dans cette visoin asiatique.


Pas chez nous : nous avons de la mort une trouille pas possible


et la refoulons parmi les choses dont on ne doit pas parler.


Pourquoi ?



ramon 05/10/2012 18:35


J'ai été davantage impressionné par ton commentaire que par le  travail des moines tibétains.


Ce que tu dis est si vrai et si profond, que l'on ne peut s'empêcher de te relire...


Le message du mandala est très fort.


A bientôt, ami Kasimir.


Ramon

kasimir, dit pinson déplumé 06/10/2012 19:23



je vais t'avouer quelque chose.


J'ai longtemps été attiré par la pensée bouddhiste


mais maintenant je me méfie beaucoup de la pratique de ceux qui s'en réclament


et j'ai complètement perdu mon désir d'imiter qui que ce soit.


J'ai envie seulement d'être moi même, et pas bouddhiste ni autre chose.


Mais là, il y avait un contexte amical, et j'ai éprouvé une réelle joie à m'approcher de ces personnes venues de si loin, vivants ordinairement à plus de
4000 mètres d'altitude, dans des conditions réellement difficiles que nous ne pouvons qu'à peine imaginer.


Leur foi est certainement une des forces qui les aide à vivre


et c'est assez émouvant de la pressentir.


mes pensées amicales vont vers toi.



Jackie 05/10/2012 17:42


Je crois vraiment que le bonheur n'est pas dans la possession .Mais j'ai des doutes que nos bonheurs soient éternels.


Très bonne soirée Pinson fabricoleur...

kasimir, dit pinson déplumé 06/10/2012 19:12



Tes doutes sont inévitables


et tout dépend de ce que nous voulons dire par éternel.


Cette éternité nous inonde quand nous sommes submergé par le beau.


Nous pénétrons alors , comme par effraction, dans cette autre façon d'être


et c'est ça le bonheur... si fragile,


car nous retombons bientôt dans notre pesanteur temporelle.


Si nous sommes tellement attiré par la possession


(matérielle, ou de la personne de l'autre)


c'est sans doute pour tenter de fixer ce bonheur qui sans cesse passe,


et semble être perdu.


Le dogme chrétien, dont parle Florentin, est une tentative comparable :


fixer l'insaisissable dans le filet des mots et des formules.


Tentative bien vaine elle aussi.


Mais bon , chacun cherche comme il peut.


Bon dimanche... peut-être en peinture


(autre piste possible pour saisir cette éternité qui se cache si bien !).



erato:0059: 04/10/2012 18:42


J'aime beaucoup ce billet et tes explications .Le bonheur est de vivre pronfondément ces moments heureux . Notre bonheur n'est pas dans la possession.


Un enseignement magnifique que ces moines avec beaucoup d'humilité.Merci Pinson pour ce beau partage.


Douce soirée, bisous

kasimir, dit pinson déplumé 06/10/2012 18:47



La possession est la négation même du mouvement incessant de la vie.


Elle va jusqu'au désir de retenir le temps.


C'est une sorte de pesanteur de l'âme.


Il nous faut constamment nous remettre dans ce mouvement.


Bon dimanche demain, heureuse ardéchoise


bisous de pinson.



Florentin 04/10/2012 16:58


10 sur 10 pour la leçon donnée par ces moines thibétains. Je l'ai reçue avec recueillement. Je la trouve même facile à retenir, car on retient aisément les choses que l'on comprend et
auxquelles on veu adhérer. Mais, il est vrai aussi que l'on s'accroche à l'idée de durée et d'éternité. Des concepts qui nous rassurent et nous angoissent à la fois. Pour ma part, peut-être
contre toute évidence, je veux croire à l'éternité. A celle des chrétiens, puisque ce sont (presque) les seuls à la promettre. La source de mon inscription dans la cohorte catho ? Qui lo sa ? A
plus (puisqu'on est toujours là). Florentin.

kasimir, dit pinson déplumé 06/10/2012 18:42



La croyance en l'éternité "temporelle", je l'ai comme toi reçue par l'enseignement chrétien dont je fus , moi aussi, nourri.


En fait c'est une "forme" proposée pour un concept, une vision, un pressentiment, qui justement n'a pas de forme.


Après tout, cette croyance en l'éternité n'est pas sotte.


Ce que j'ai rejeté, personnellement, c'est cette forme rigidifiée imposée à mon imagination par une
"église" aux visées hégémoniques évidentes.


Et cette croyance, transformée en dogme, je l'ai ressenti comme , pour moi, stérilisante.


Mais c'est seulement ma propre histoire.


Si tu éprouves qu'elle te vitalise, alors pas de problème pour toi.


A plus, ami, en attendant de se retrouver dans les parvis éternels !


Enfin... si j'y suis admis ....



héléne 04/10/2012 14:28


la vacancière campagnarde.....a tout lu, note, coms y compris.


ebonheur éternel n'existe pas, ce serait monotone, ce mandala le prouve, tout s'envole comme lesable, profitons de la lueur qui psse éclairer notre vie. Jelis  en intermittence Michel
ONFRAY,l'hédoniste et Mathieu Ricard le boudddhiste,  parfois leurs idées ont des similitudes, rares il est vrai ela m'aide à méditer tout en admirant ce splendide automne encoure rougeoyant
de couleurs...C'est çà la vie, ne pas chercher trop loin ce qui est évident..


 


 


Bises au pinson pensant


L N

kasimir, dit pinson déplumé 06/10/2012 18:04



là encore tu comprends le mot éternité comme désignant un TEMPS qui n'en finirait pas de finir.


Alors tu n'as pas compris ce que j'ai essayé de dire


et peut-être que je me suis mal expliqué.


L'éternité ce n'est pas du temps.


C'est ce dans quoi nous pénétrons quand, pour notre conscience, se déchire le voile du temps.


Ou, pour reprendre une autre phrase de CB :


quand surgit un oiseau aux ailes d'or qui fracasse les murailles du monde.


Je te soiuhaite un bel automne, LN.



telos 04/10/2012 06:55


bonheur éternel..ah.. ça se saurait. mais y croire c'est déjà un premier pas

kasimir, dit pinson déplumé 04/10/2012 11:24



Pour le savoir, et pouvoir en parler, ma chère, il faudrait y être passé
Ce n'est encore ni ton cas ni le mien.


Comment peut-on parler d'un pays, d'un état dont on ignore tout ?


Ne pas savoir n'est pas savoir.


Je sais seulement que je ne sais pas.


Cela ne m'autorise pas à nier ou à affirmer quoi que ce soit.


Il faut avoir l'humilité de dire : je ne sais pas,


et, dans ma situation actuelle,  je ne puis pas savoir.


Si les chenilles avaient la parole,


crois-tu qu'elle pourraient nous expliquer ce qu'est un papillon?


Or, mine de rien, accepter (profondément) ce fait de mon ignorance,


et plus : de mon incapacité présente à savoir,


c'est extraordinairement libérateur !


C'est même une sorte d'illumination : un grand bonheur, un apaisement.


C'est simplement se mettre en accrd avec le réel.


Qui suis-je ?


Que suis-je ?


Je l'ignore.


Un grain de sable coloré qui prend sa petite place dans le grand mandala du monde....


Quel sera le devenir de ce petit grain de sable ?


Dans quelle image viendra-t-il, peut-être, prendre sa nouvelle place ?


Je l'ignore.


 


Quant à l'éternité, on se fait d'elle une image complètement fausse


car elle veut dire pour nous un temps qui dure sans arrêt.


Mais justement non !


L'éternité, ce n'est pas du temps. C'est hors du temps.


Alors, l'éternité, c'est maintenant.


C'est dans le coeur même de chaque instant.


Nous plongeons dans l'éternité quand nous traversons le miroir illusoire des apparences.


Quand nous sommes saisis par la beauté d'un paysage, d'un coucher de soleil,


par la beauté infinie d'une couleur, d'une toute petite fleur,


par le sourire d'un enfant, ou d'un amant,


par le plaisir de boire du muscat, ou de manger un chocolat,


nous échappons au temps grignotteur de nos vies


et nous sommes dans l'éternité !


 


Alors ceux que nous avons aimés, et qui ne sont plus "là"....


où sont-ils ?


Là où nous sommes, quand nous pouvons nous ressentir ainsi :


hors du temps : dans ce qui est plus vrai que le temps.


 


Zut, qu'est-ce que je raconte .


Je me sauve !


Salut Télos.



Danielle 04/10/2012 00:21


Ca doit faire quand même mal au coeur de voir réaliser cet ouvrage superbe avec une précision et une perfection rare, puis de le détruire à la fin, c'est un beau symbole du temps qui passe et du
cycle de la vie, mais c'est dommage de le voir ainsi disparaitre dans les eaux de la rivière pour rejoindre la mer. Ton analyse du bonheur est profonde et empreinte d'une grande sensibilité, il
est vrai que le bonheur est bref mais qu'il reste à l'intérieur de nous, qu'il nous relie et demeure dans notre coeur. Il peut être fait de mille choses, de mille splendeurs, le temps de
s'émerveiller d'un coucher de soleil sur l'étang, il faut connaitre cette vision pour en garder un souvenir ébloui et le découvrir chaque jour, ces reflets dans l'eau sont une merveille et le
ciel se colore de teintes superbes. Pas besoin de mots, on regarde, on emplit ses yeux de tant de beauté. Et ces barques sur l'étang, silencieuses qui complètent ce tableau admirable ! Vu de la
mer ce n'est pas moins beau, on entend seulement le bruit des vagues ... Chaque région a son charme et le découvrir nous éblouit. "Homme libre, toujours tu chériras la mer, la mer est ton miroir
..." j'adore ces vers ... et je te fais de gros bisous pinson. Danielle

kasimir, dit pinson déplumé 04/10/2012 10:49



Bien sûr que cela doit être impressionnant de voir détruit en quelques secondes ce patient et délicat travail,


cette oeuvre réellement splendide,


à l'égal d'une grande mosaïque, ou de la rosace d'une cathédrale.


C'est là le génie particulier de la pensée tibétaine


d'avoir imaginé de faire là une cérémonie


pour rendre plus évidente cette réalité du caractère passager de notre présence sur la terre.


Car c'est bien de cela dont il s'agit.


C'est une chose bien incompréhensible que de vivre aulourd'hui,


et de penser : demain, ou après demain, ou même ce soir...


 je ne serai plus "vivant"


et mon corps va même disparaître.


On a beau le "savoir", c'est totalement incompréhensible.


La pratique tibétaine du mandala n'explique pas ce fait bouleversant


elle se contente de le rappeler,


de dire que c'est comme ça et pas autrement.


 


Notre propre mort... est un peu inquiétante.


La mort de nos proches est bien plus terrible, car nous sommes encore là


et dévant cette béance du vide laissé par la disparition de l'autre,


nous sommes saisis comme d'un vertige.


Et tu sais bien à quoi je pense en écrivant cela.


Nous sentons se creuser en nous même ce vide.


 


L'autre leçon du mandala,


qui est apaisante,


c'est de nous rappeler que cette disparition de l'autre


est seulement un point de passage entre un moment et un autre.


Que nous ne sachions pas quel est l'autre moment


(les images qu'on en donne sont dérisoires)


n'empêche pas que la vie poursuit sa route,


comme ce sable jeté dans le courant de la rivière.


 


Alors nos bonheurs passés sont-ils perdus, détruits, anéantis ?


Non : ils nous ont construits.


Nous sommes ces bonheurs.


Nos souffrances aussi nous ont construits.


Et c'est en cela que nous sommes un mandala.


Un mandala de grande valeur.


 


Nous sommes un mandala.


Qui un jour s'envolera dans le vent. 


 


Gros bisous, Danielle.



Esclarmonde 03/10/2012 21:53


Merci à toi et à ces moines pour cette leçon de vie où l'essentiel nous est rappellé. Une sagesse que des gens en beaux costumes cherchent à nous faire oublier pour faire marcher la sacro-sainte
consommation... Et qu'importe que ces religieux soient d'obédience chrétienne, boudhistes ou autres, du moment qu'ils essayent de mettre en pratique ceux auquel ils croient peuvent nous apporter
beaucoup et je sens bien que pas mal de gens, autour de moi, et moi aussi d'ailleurs, cherchent ce genre de soutien et de réconfort ... BOnne soirée, bises

kasimir, dit pinson déplumé 04/10/2012 10:20



soutien et réconfort


nous en avons tous besoin


notre vie (perso) est une étrange aventure


comme la traversée d'un désert.


Alors nous nous y rencontrons, marchons un moment l'un près de l'autre


et échangeons nos réflexions, nos sentiments, nos expériences.


C'est en cet échange, fraternel, que nous trouvons soutien et réconfort


et parfois une lumière plus vive qui nous aide à comprendre


Ces moines nous éclairent, cela est certain


je n'ai pas (plus !) envie de leur ressembler


mais ils nous instruisent.


Bises pour toi, Esclarmonde.



Mari jo 03/10/2012 20:22


Bonsoir pinson déplumé,


Voilà que je sais maintenant comment ce fait cet art. Les moines tibétains me fascinent. Par leur méditation ce qui fait leur calme et leur grande sagesse. Quel plaisir j'aurai eu à les
rencontrer.


C'est super car tu expliques très bien ce qu'ils sont entrain de travailler.


Merci pour cette belle leçon.


Bonne soirée et bise à toi pinson déplumé et repose-toi bien.

kasimir, dit pinson déplumé 04/10/2012 10:13



la paix intérieure qui s'exprime dans leurs façons d'être est évidente, et en effet fascinante.


Je les suis moins dans leurs doctrines et croyances et pratiques


mais nous avons chacun notre mode de vie et c'est bien.


Ce sont des gens sympas.


Bises pour toi, Mari Jo.



héléne 03/10/2012 19:15


Un grand bravo pour cette note, emplkie de spiritualité    et de bon sens.


Je larirai ce oir devant le soleilcouchant  qui filtre a travers less arbres et donne une nouvelle vie aux fleurs sur le déclin.


 


Ft je reverrai cette mandel avant sonenvol en poussière,la patience est vraiment une vertu chez c'est ces moines, ilsss ont tout à fait compris le sens e l'existence, 


bISES DE LOTUS    h2


l;n

kasimir, dit pinson déplumé 04/10/2012 10:07



merci Hélène


bon séjour campagnard


c'est le moment d'engranger encore de bonnes choses avant l'arrivée des froidures.