- Que deviennent les blessures ? - Un conte satanique qui m'a fait sortir de mes gonds -

Publié le par kasimir, dit pinson déplumé

 

 

Je connais certains contes très durs que j'hésite à publier.

Je pourrais cependant le faire

car ils représentent une fenêtre, cruelle mais véridique,

sur l'âme humaine, ses ressorts,

et tous débouchent sur l'espoir, sur la vie.

 

Or je viens de lire un conte, ou qui se prétend tel,

et qui échappe à cette règle que je croyais intangible. 

 

Je l'ai trouvé sur le blog de Gazou (lien ***) et il m'a horrifié. 

 

Gazou émet un doute sur le bien fondé de l'attitude du père. 

 

Curieusement des commentaires sur son blog vont dans le sens du conte :

ils semblent "comprendre" l'attitude de ce père, et même la justifier.

 

Cela m'a profondément choqué. 

Je trouve qu'il s'agit là d'un problème fondamental. 

 

Du tort nous a été causé dans le passé,

particulièrement dans notre enfance. 

 

Nous mêmes avons commis tel ou tel acte

qui a provoqué une injuste souffrance

et que nous regrettons. 

 

Je vais replacer ici  un autre conte,

tiré lui d'un livre qui a 2000 ans d'âge.

 

Je l'avais mis en janvier sur mon blog.

Lien ***

Il sonne tout autrement,

c'est l'antithèse de celui-ci :

 

 

Ce conte,

que l'on désigne comme une "parabole"

se trouve dans l'évangile de LUC,

chapitre 15, versets 11 à 32.

 

 

  

 

Un homme avait deux fils.

 

Le plus jeune dit à son père :

 

"Donne-moi la part du bien qui me revient."

 

Le père leur partagea son bien.

 

Peu de temps après, ce plus jeune fils ayant tout amassé,

s'en alla dans un pays éloigné,

et il y dissipa son bien en vivant dans la débauche.

 

Après qu'il eut tout dépensé, une grande famine survint en ce pays-là.

 

Il commença à être dans l'indigence.

 

Alors il se mit au service d'un des habitants de ce pays,

qui l'envoya dans ses possessions pour paître les pourceaux.

 

Et il eût bien voulu se rassasier des caroubes que les pourceaux mangeaient

mais personne ne lui en donnait.

 

Étant donc rentré en lui-même, il se dit :

 

Combien y a-t-il de gens aux gages de mon père,

qui ont du pain en abondance

et moi je meurs de faim !

 

Je me lèverai, et m'en irai vers mon père, et je lui dirai :

 

Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi,

et je ne suis plus digne d'être appelé ton fils ;

 

traite-moi comme l'un de tes domestiques.

 

 

 

evangile-fils-perdu.jpg

 

 

 

 

Il partit donc, et vint vers son père.

 

Comme il était encore loin, son père le vit,

et fut touché de compassion ;

et courant à lui, il se jeta à son cou et l'embrassa.

 

Son fils lui dit :

"Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi,

je ne suis plus digne d'être appelé ton fils".

 

Mais le père dit à ses serviteurs :

 

"Apportez la plus belle robe et l'en revêtez ;

et mettez-lui un anneau au doigt et des souliers aux pieds ;

amenez un veau gras et tuez-le ;

 

mangeons et réjouissons-nous ;

 

parce que mon fils que voici était mort,

et il est revenu à la vie ;

il était perdu,

mais il est retrouvé.

 

 

 

Je sais que plusieurs parmi vous ont contracté une violente intolérance

à tout ce qui se qui se présente comme lié à la religion.

 

Oh que je comprends cette prévention !

 

J'ai mis 40 années à me dégager totalement

du carcan mensonger de la religion catholique,

de son dogmatisme studipe et meurtrier.

 

Mais voyez-vous, les textes évangéliques.... c'est autre chose,

ils nous offrent des trésors qui, justement, nous libèrent de cette religion.

 

De cette religion qui tire sa substance même de cette notion de "péché".

 

Relisez cette parabole ,

 

qui est un conte véritable, et admirable.

 

Que dit là le père ?

 

Réjouissons-nous !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Se plaint-il que des trous sont restés dans sa table ?

 

Remarquez encore ceci :

 

il ne pardonne pas à son fils !

il n'a rien à lui pardonner : il l'accueille seulement

et crie : réjouissons-nous !

 

Où sont les blessures,les cicatrices ?

Il n'y en a plus.

On en parle même pas.

 

Parle -t-il de péché ?

 

Non, non et non !!!!!!

 

Cet homme , lui, vit dans le présent.

 

Et le présent c'est l'amour.

 

L'amour et la joie, et rien d'autre.

 

C'est cela un conte ouvert vers la vie.

 

J'ai eu bien trop de mal à m'extirper des barbelés de la religion,

qui voulait m'enfermer dans la culpabilité

en me menaçant de l'enfer

pour expier, disait-elle, mes "péchés mortels"....

 

Il m'est devenu impossible de supporter un telle attitude.

 

Cette attitude est une perversion satanique.

 

Or c'est ce dont est porteur ce conte que nous donne Gazou.

 

Il veut nous remettre dans cette monstruosité  du "péché mortel" !

Ces actes qui ne pourraient jamais être "pardonnés".

 

Alors, mes amis, nous serions tous damnés,

dépouillés de tout espoir.

 

Loin de nous cette pensée perverse et mortifère.

 

 

La vie ne peut s'épanouir qu'au soleil de l'amour.

 

 

J'ai choisi.

 

 

Je ne reviendrai pas sur ce choix.

 

 

 

 

Publié dans conte

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rejane 05/03/2012 22:28





extra!!!

kasimir, dit pinson déplumé 06/03/2012 09:46



bonjour Réjane.


Je te souhaite une bonne journée.



rejane 05/03/2012 17:52





pourrave: qui veut dire pourrie, foutue, bonne à jeter...adjectif sorti du vocabulaire des ados année 1990 (peut-être avant, qui sait), utilisé pour décrire des objets abîmés où qui ne leur
plaisaient pas... étendu aujourd'hui, par les ados nés des ados de 1990, pour qualifier une idée, une émotion etc...


exemple: mes vacances sont pourraves... t'as pas plus pourrave comme idée...


 voilà kasimir, pas vraimant du patois de ch'nord... mais utilisé couramment dans le nord et en normandie...plutot de l'argo je pense...et comme tout mot d'argo, qui sait d'où et de quand il
vient...


bisous kasimir

kasimir, dit pinson déplumé 05/03/2012 19:14



J'ai bien enregistré tout ce que tu nous apprends


enfin à moi, au moins


et je m'aperçois qu'il m'en vient quelque fois, des idées pourraves !


bises pour toi


si tu édites un jour un dictionnaire, j'en retiens un


je trouve que ce serait bien de l'appeler :


" Le petit Réjane".



rejane 04/03/2012 20:18


hello kasimir....


très interressant, tout ce que je viens de lire...


pour ma part j'ai aussi reçu une éducation catho.... baptême... catéchisme... communion... et tout le tralala... et pourtant maman est socialo et papa communiste et athée... j'ai donc passé mon
enfance dans des idées contradictoires... aujourd'hui je trouve ça très amusant, car contrairement à ce que l'on pourrait croire, dans certaines de ces idées l'on retrouve des points communs et
pas toujours si contradictoires que ça.... ça n'a pas empêché mes parents de divorcer (papa était plutôt volage)
ce qui est contraire aux "lois" prônées dans les deux camps...


ceci dit le résultat c'est môa...qui n'aurait pas attendu que ma table soit remplie de clous pour aller chercher mon fils pas la peau des fesses, pour qu'il arrête ses conneries et qu'il les
répare....bien entendu, je lui aurait pardonner, car je pardonne tout, à mes enfants, ou presque...et que de toute façon, même si je leur gardais rancoeur pour quoi que ce soit, ça ne
m'empêcherait pas de les aimer et de le leur dire...(ma rancoeur et mon amour)


de toute façon, sa table est devenue "pourrave" et il ferait bien de la jeter, ou alors de se poser la question: "pourquoi ces trous dans ma table, me marquent telles des cicatrices?"...je pense
que quoiqu'il arrive, il faut nous poser cette question: "pourquoi, est-ce que je réagis comme ça?"


en bref j'ai bien aimé le com que t'a laissé gazou et ta réponse...


bises

kasimir, dit pinson déplumé 05/03/2012 16:32



ah ....!!!!


ton commentaire est hautement savoureux


et je remercie Gazou d'avoir mis ce conte puique, de cascade en cascade, cela  t'a amenée à écrire ces lignes jubilatoires de vérité !


et j'ai appris du vocabulaire : "pourrave".... ????


est-ce du vocabulaire Chti ????


Je te fais la bise, Réjane.



Swiss Life Mutuelle 01/03/2012 05:11


Super intéressant.

kasimir, dit pinson déplumé 01/03/2012 15:18



c'est vrai ?


en quoi ????



l`etranger 29/02/2012 01:00


le conte de gazou nous decrit la reaction d`un etre humain,la parabole de luc nous parle de la reaction de dieu ! rien a voir ..... on ne peut comparer ......

kasimir, dit pinson déplumé 29/02/2012 15:17


rien à voir ? entre le dieu qui nous aurait créé et nous il n'y aurait rien à voir ? ah bon.... alors c'est encore pire que ce que je pensais !!!!!!!


anti 28/02/2012 22:51


Reste le problème des traces que laissent les blessures, des cicatrices.


Vont-elles demeurer éternellement comme des lésions douloureuses et handicapantes ?


C'est la pensée habituelle (que les 2 versions de ce conte corroborent).


Je mets en doute cette affirmation.


Mais ce serait trop long de poursuivre cette piste de pensée.


Une autre fois peut-être.


Merci , à plus !


___________________________________________________________________



kasimir, dit pinson déplumé 29/02/2012 23:22



où est passé ton comm ?


aux anti-podes ?


alors tu t'es transformée en vahiné 


youppppi !!!!



ramon 28/02/2012 21:14


Merci pour ces prises de position sur le péché mortel.


C'est quoi, au fait?


Et l'enfer?


Si Dieu est amour, je ne vois pas comment il pourrait condamner ses fils au malheur absolu!


C'est aberrant, non?


Un père qui agirait de la sorte, serait aussitôt déclaré par l'Eglise en état de péché mortel! Sûr.


Bonne soirée ami Kasimir.


 

kasimir, dit pinson déplumé 29/02/2012 23:11



je trouve en effet que c'est aberrant


autant que révoltant


mais c'est avec ça qu'on  fait marcher les... nom au choix...


la menace et la promesse : ce qui est reprendre les peurs ancestrales, leur donner une forme, une apparence de rationalité. 


l'orgueil des maîtres romains, des "théologiens", est incommensurable !!!!!!!!!!!!!!



hélènz 28/02/2012 19:29


Suis dépassée par ta réponse trés documentée, mais pour moi, pas du tout compliquée, il est évident que j'aurais dû éviter une  explication  "simplette"...


 


 A l'avenir, je REFLECHIRAI....


Bises de LN, pas savante....


 

kasimir, dit pinson déplumé 29/02/2012 22:22



mais non LN, ne va pas te mettre des idées pareilles en tête


répond selon ton coeur et selon ta première pensée


nous ne sommes pas là pour passer un exam


nous bavardons entre amis.


Je vais te dire ce qui s'est passé.


Tu as, comme beaucoup d'entre nous sans doute reçu une éducation religieuse.


Elle s'inscrit très profondément en nous car elle vient de loin,


de plusieurs siècles en arrière certainement.


Des réflexes de soumission nous "formatent".


Alors on a appris qu'il faut pardonner.


Et comme on a du mal, on se juge mauvais. 


Si tu es chrétienne, relis un peu les évangiles, et réfléchis, ce n'est pas ce que dit Jésus.


La parole des prélats a submergé le message originel.


Mais ce travail tu ne l'as pas fait :


il est difficile, il prend les "choses" dans un sens qui ne nous est pas habituel. 


Si nous avons le temps nous en reparlerons.


Mais je t'en prie, continue d'être spontanée : c'est la seule façon libre et agréable de parler.


Nos blogs sont joie et liberté : rien d'autre !



fan 28/02/2012 17:46


...  j'ai pardonner et pardonnerai toujours tout à mes enfants, et mes parents, et à leurs tour, ils m'ont pardonner. Mais certains faiblesses et injustices que j'ai eu envers eux, je ne les
pardonne pas à moi-même! Est-c'est de l'orgueil? Surement, mais je veut essayer de m'aimer un peut pour pouvoir m'enlever ce poids. Pardonne-moi Kasimir, pour ce français... :-)

kasimir, dit pinson déplumé 29/02/2012 21:27



ce n'est pas de l'orgueil


c'est de la tyranie intérieure.


Il y a en toi un juge sévère, exigeant, impitoyable.


Pour ce juge despotique, tu dois être parfaite.


Parfaite ... à ses yeux : selon un modèle qui s'est construit dans ta petite enfance. 


Comme tu n'es pas conforme au modèle, ce juge te méprise, te retire son estime, et peut-être même te menace. 


Le travail que tu as à faire est de comprendre qui est ce juge, et de t'en délivrer, non pour devenir mauvaise, mais pour sortir de ce monde de menace
intérieure.


C'est alors que tu seras vraiment libre.



michelle 28/02/2012 17:18


Bonsoir, Pinson,


Pardonner, ce n'est pas trop difficile, mais OUBLIER ......

kasimir, dit pinson déplumé 29/02/2012 21:03



pourquoi veux-tu oublier ?



Florentin 28/02/2012 16:45


Je suis catho et de la génération de ceux à qui on parlait beaucoup de la notion de péché. Bizarrement, je ne me suis vraiment jamais laissé embarquer dans cette manière d'envisager la religion.
L'idée d'enfer avec ses diables cornus me faisait plutôt sourire. Peut-être manquais-je de naïveté. J'avais par contre bien compris que Dieu était amour. Et que ce qui sous-tendait l'enseignement
chrétien (de Christ), c'était la fraternité entre les hommes. J'en suis resté là et je m'y sens bien. Ce qui me fait admettre l'attitude de ce père retrouvant son fils. On "m'accuse" chez moi de
refuser presque sytématiquement les conflits. Ce qui serait, paraît-il faiblesse. Mais, m'en fous ! Florentin.

kasimir, dit pinson déplumé 28/02/2012 18:07



J'étais catho, mais ne le suis
plus.


Toi, tu dis l'être.


Mais ça veut dire quoi ?


La notion de péché demeure la pierre angulaire du catholicisme.


Si tu la retires, si tu retires
l'enfer et le diable, tout l'édifice dogmatique s'effondre.


Le catholicisme n'est pas un monothéisme comme on le croit :


il y a deux dieux, le bon et le mauvais, le gentil papa, et le méchant diable.


Alors tu peux sourire et trouver commode de continuer les rites que nous ont légués nos ancêtres,


c'est sympa, et de cette façon on ne fait pas de vagues (pas de conflits !!!),


mais, excuse-moi, c'est une apparence de religion,


et en fait, sur le plan de la pensée, tu habites une coquille vide :


il n'y a plus rien de valable là dedans.


Les prélats romains, actionnaires et gestionnaires de leur vénérable multinationale,  


sont des marionnettes de leurs propres illusions.


Et tant que ça marche, en voiture Simone, on continue la procession


en jetant des brassées de pétales de rose. Oui, c'est sympa.


Quant à "l'enseignement" chrétien.... il est toléré tant que tu acceptes tout ce qu'on te dit.


Tu vois, je me croyais vraiment chrétien, et pour mieux essayer de comprendre,


j'ai appris le grec biblique et l'hébreu biblique à l'institut catholique de Paris,


 afin de lire la bible dans sa langue d'origine.


Et là j'ai fait d'incroyables découvertes, en particulier celle-ci,


c'est que dans le texte grec du nouveau testament, rapportant les paroles de Jésus...


 tiens-toi bien...


le mot péché n'existe pas.


C'est une invention de nos traducteurs.


Jésus n'avait rien à foutre de ce
mot.


et de cette notion
!!!!!!


Or il est à la base même de tous les sermons qui dégoulinent des chères.


OK, tu t'en fous, et en souris.


Moi pas, car j'ai vu les dégâts que cela provoque, et ça m'a révolté.


Je ne veux plus de cet enseignement biaisé, mensonger, et malfaisant.


Amicalement à toi, ami Florentin.


 


 


 



sounick 28/02/2012 10:00


J'ai lu les deux .... beau sujet de réflexion sur la tolérance ... ce qui fait avancer le monde ! Comme je dis souvent "mettre son mouchoir sur les offenses et oublier" Choisir de préférence un
kleenex à jeter et jeter le tout ! Dans chaque âme humaine il y a toujours quelque chose de bon ... ne voir que le bon et avancer ! Merci Kasimir pour cette belle réflexion ! Bonne journée et des
bisoux !

kasimir, dit pinson déplumé 28/02/2012 17:52



ne rien oublier, amie, rien à jeter, surtout pas !!!


mais comprendre et ainsi transfigurer.


Nos blessures ne s'insrivent plus alors en négatif, mais sur la ligne des crédits.


Les "cicatrices" deviennent lumineuses.


Alors comme tu le dis : avancer, et même bondir...


bondir de joie !


Bonne semaine, pleine de lumière intérieure.



hélène 27/02/2012 23:09


Pardon et Amour, deux mots qui se conjugent ensemble.


J'admets que cela n'est pas facile parfois, mais quand on aime tout est possible,


En résumé, je préfère les paroles de LUC, l'évangéliste...depuis l'eglise, les religions nous ont enfermés dans des principes  que leur doctrine leur imposait...


Lorsqu'on se libère de ces sermons sentencieux...on respire...on voit le monde autrement...avec plus d'indulgence...


Je t'embrasse pinson indigné!!!!


 

kasimir, dit pinson déplumé 28/02/2012 17:25



Pardon et amour vont-ils ensemble ?


De prime abord, oui.


Et en pratique, cela semble se confirmer.


Mais le rapport ente l'amour et le pardon est comparable au rapport entre le fer pur et la rouille.


Le pardon n'est que l'ombre du mal qui est en nous (tellement mystérieux !!! )


Le pardon est le fruit de l'orgueil du moi.


L'amour dans sa pureté et sa force n'a aucun besoin du pardon.


Il balaye le pardon comme le grand vent disperse la poussière.


Réfléchis :


un être humain, dans sa faiblesse, traversé lui même par toutes les pulsions de son moi avide,


comment peut-il même oser dire à un autre : "je te pardonne" ?


Mais pour qui se prend-on quand on ose dire cela ?


Pour un dieu ? Un dieu que l'on aurait offensé ?


Celui qui dit à un autre "je te pardonne" semble prendre un ascendant définitif sur le pardonné,


et se faisant il oublie complètement qui il est vraiment.


C'est pourquoi je pense que le pardon est une notion qui disparaît


quand s'établit un authentique amour, comme la brume disparait quand se lève le soleil.


Bisous, belle Hélène.



anti 27/02/2012 23:06


Bonsoir,


Si je puis apporter une contribution à ces réflexions : je connaissais une autre version de ce "conte", très différente dans le fond et que j'aime beaucoup car elle pose la question de la
responsabilité de ses paroles et partant de ses actes :


 


«Il y avait une fois un petit garçon qui avait un tempérament explosif. Un jour, papa lui donna un sac plein de clous et une
planche en bois.


- Plante un clou dans la planche chaque fois que tu perds la patience avec quelqu’un - lui dit-il.


Le premier jour, l’enfant planta dans la planche 37 clous. Le jour suivant 25. Au fur et à mesure qu’il arrivait à contrôler son
irascibilité, le nombre de clous plantés diminuait.


Il découvrit que le fait de contrôler sa colère lui donnait moins de travail et que cela était moins fatiguant que d’aller planter
chaque fois les clous dans la planche.


Il parla avec papa de son succès. Et il lui confessa qu’il se sentait meilleur et qu’il n’explosait plus avec les autres comme
avant. Papa lui suggéra alors d’extraire tous les clous de la planche et de boucher les trous. Le petit garçon arrangea la planche et la rendit à papa.


Papa lui dit: -Tu as bien fait, mon enfant. Mais saches que la planche ne sera plus comme avant. Quand tu te laisses emporter, tes
paroles laissent des traces. 


Si tu blesses quelqu’un avec un couteau, peu importe le nombre de fois que tu demanderas pardon, la cicatrice sera toujours là.
Une agression verbale est aussi violente qu’une agression physique. »

kasimir, dit pinson déplumé 28/02/2012 17:05



merci de cette autre version :


                                             


elle est totalement différente !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


C'est une leçon hautement constructive, et instructive.


Il y a un tas de façons de réagir à ce qui nous déplait.


Elle ne sont pas toutes aussi adaptées les unes que les autres.


Autant choisir la meilleure.


ou la moins mauvaise.


Reste le problème des traces que laissent les blessures, des cicatrices.


Vont-elles demeurer éternellement comme des lésions douloureuses et handicapantes ?


C'est la pensée habituelle (que les 2 versions de ce conte corroborent).


Je mets en doute cette affirmation.


Mais ce serait trop long de poursuivre cette piste de pensée.


Une autre fois peut-être.


Merci , à plus !


 



eMmA 27/02/2012 21:39


Kasi, ce que j'aime par-dessus tout ce que tu as écrit, c'est :


" J'ai choisi.


Je ne reviendrai pas sur ce choix."





 

kasimir, dit pinson déplumé 28/02/2012 16:54



merci eMmA


j'ai eu trop de mal à conquérir ma liberté


(je parle de liberté intérieure, et de penser selon mon jugement,


et pas en me mettant à genoux devant un crédo  élaboré en "haut lieu")


pour supporter même le soupçon d'une compromission.


C'est un fait.


Par contre je ne sais pas tout, et suis prêt à me laisser éclairer par d'autres intelligences.


Mais nous sommes des égaux, pas des enseignés.


Bisous toi.



ozymandias 27/02/2012 21:22


je trouve qu'il n'est pas bon d'être trop répressif (chez Gazou)


 le jeune homme prodigue revient par besoin, inutile de tuer le cochon ou autre bestiole, un pardon suffit bien


je t'embrasse mon Pinson

kasimir, dit pinson déplumé 28/02/2012 12:26



mais as-tu remarqué :


le père ne dit pas : je te pardonne


pourquoi ?


parce qu'il représente une autre façon de vivre


 cet autre monde est celui de l'amour


donc de la joie : c'est pourquoi il faut faire la fête, avec ou sans cochon !



H2O 27/02/2012 19:22


Il peut aussi y avoir un juste milieu... si j'étais le fils j'aurai refusé ce retour glorieux.. si j'étais le père, la porte resterait ouverte mais sans réjouissances exagérées... l'important
n'est-il pas d'être en accord avec soi-même avant d'être en accord avec son père ?


Ce qui me gêne dans le conte chez Gazou c'est aussi cette impression que le fils n'a réparé ses erreurs que pour avoir la reconnaissance de son père...


Si la rancune est inutile et même destructrice, la justice ne doit pas être exclue... de mon point de vue


Bises ami pinson-penseur.

kasimir, dit pinson déplumé 28/02/2012 11:02



c'est bien cela le hic


que le fils s'interroge lui même sur le mal qu'il a pu faire, d'accord


mais c'est son problème : pas celui du père


le fils n'a pas à changer pour plaire au père


il a à changer pour lui même, et pour tout le monde.


La table du père percée de clous, on s'en fout  ! ça ne regarde que lui.


c'est sa table, et il en fait ce qu'il veut



Danielle 27/02/2012 17:49


Je viens de lire le conte qui t'indigne sur le blog de Gazou mais je n'ai pas pris connaissance des commentaires pour ne pas me laisser influencer et livrer mes impressions librement. Le roi n'a
donc pas pardonné à son fils puisque de son changement d'attitude il n'a retenu que les traces, les blessures, l'offense qu'il ne peut effacer. Donc on en revient à la notion de pardon que
nous avions déjà évoquée il y a quelques mois. On ne trouve l'apaisement qu'après avoir trouvé la force d'effacer les blessures, la rancoeur, pour arriver soi-même à survivre. Le chemin à
effectuer n'est pas facile pour arriver au pardon, il faut d'abord retrouver la paix du coeur, une libération intérieure et arriver à laisser la porte ouverte à l'espoir, à la vie, à la lumière.
Tout ça est dit très maladroitement, je le reconnais, mais c'est ce que je pense. Alors, tant pis ... et je t'embrasse pinson ! Danielle

kasimir, dit pinson déplumé 27/02/2012 18:30



Notre pensée, dans ces domaines difficiles, ne peut-être que maladroite, tatonnante.


moi je trouve que tu t'exprimes au contraire avec beaucoup de clarté. 


Quand tu  parles de "chemin à effectuer", il s'agit bien d'un chemin en soi même.


Le fils a fait un chemin personnel (qui est sans doute à poursuivre)  et c'est bien.


Mais le père a lui aussi un chemin à parcourir, et c'est lui qui est en retard !!!!


C'est lui qui est enfermé dans sa rancoeur


peut-être a-t-il peur de la mauvaise image qu'il donne de lui au travers de son fils,


auquel cas il est dans un mouvement très égocentré. 


Alors on peut dire que le fils est en bonne voie sur le chemin de la libération personnelle,


mais pas le père !


Merci Danielle de ton comm dans ce sujet difficile.


je te fais des bisous pour la peine. 



ALN 27/02/2012 17:12


"Indignez-vous!"c'est le mot à la mode.


Si les parents ne pardonnaient pas les con...de leurs enfants, quel boulet il faudrait trainer...


J'ai cassé les pieds à mon pére ( 93 ans)et nous avons réglé nos comptes ensemble et tout est Ok...


Les c....de mes enfants , je leur ai pardonné il y longtemps.Pas rancuniére.Comment vivre dans un monde sans amour paternel ou filial?Les enfants devraient pardonner aux parents et les parents ne
pas se remettre en question?Ouah ouh!


Cette parabole de Luc, je l'aime beaucoup


Bisous Kas....j'ai les Petits loups parisiens at home, mais j'ai vu le dessin de ta P.E


.Bisous


 

kasimir, dit pinson déplumé 28/02/2012 10:52



accuser, se plaindre, se défendre...


c'est le monde horrible soumis à la peur et à la haine


le monde de l'amour naît quand tous ces cauchemars se dissipent ,


n'existent même plus.


Bonne semaine ALN



harmonie37 27/02/2012 15:37


Je viens de lire le conte chez Gazou et le tiens, ou le tiens d'abord et celui de chez Gazou après !!!!


 


Je pense qu'il manque une suite au conte chez Gazou mais le pardon n'est pas une chose inné, il se cultive et il faut du temps pour poncer et rafistoler toutes les blessures.


 


Un pardon trop facilement accordé n'est pas à mon sens un vrai pardon.


 


Je me souviens de cet ami que nous avions.


Un jour, il a pété un cable et c'est mis à envoyer des lettres anonymes qui laissaient planer la suspicion, la peur.


Dans sa dernière lettre il menaçait d'enlever des enfants.


Nous avons voulu pardonner parce que péter un cable ça peut arriver à tout le monde. Mais ce pardon n'avait pas fait son chemin et nous nous en sommes aperçu quelques années après.


 


Non pardonner ce n'est pas juste ouvrir ses bras et ne plus en parler.


Pardonner c'est d'abord soigner son coeur pour continuer d'aimer et cela peut prendre un peu de temps.


 

kasimir, dit pinson déplumé 28/02/2012 10:46



il faut du temps pour comprendre ce que sont nos blessures


et pourquoi les paroles des autres nous blessent à ce point


on découvre alors que...


mais il ne sert à rien de le dire : chacun doit le découvrir par lui même


à ce moment là ces fausses notions de "blessures", "pardon"... sont pulvérisées


et la peur n'existe plus.



gazou 27/02/2012 14:56


Je viens juste de poster mon dernier article où je reviens très légèrement sur ce conte...J'ai été surprise , en effet, que certains  approuvent le père ..mais il en est qui , comme toi,
sont indignés...


Ce n'est pas le mal que son fils lui a fait  que le père n'arrive pas à pardonner, ce sont les blessures qu'il a infligées  aux pauvres gens de son peuple  qui, eux, n'avaient pas
eu la chance de naître  "roi" ou "prince"...Que le père veuille faire prendre conscience à son fils du mal qu'il a causé à d'autres, cela est juste...C'est un peu grâce à lui que son fils
change d'attitude..et le père ne peut pas pardonner , à la place des autres, le mal qui leur a été fait mais, bien sûr, il aurait pu, il aurait dû se réjouir que son fils soit devenu enfin
compatissant et juste


Ceci dit je suis d'accord avec toi:  maintenir les gens dans la culpabilité ne peut rien amener de bon et de désirable


Bonne soirée Kasimir

kasimir, dit pinson déplumé 27/02/2012 15:42



tu as raison, et fournis là une explication plus acceptable de l'attitude du roi


mais cela n'est pas dit dans le conte


ce roi  a plutôt l'air de se plaindre des trous qui restent dans sa table


or ces trous, c'est lui qui les a faits


il me semble complètement coincé dans sa propre méchanceté.


Qu'il incite son fils à consider le mal qu'il a infligé à d'autres, et à essayer de le réparer si cela est possible, O K ,


mais continuer à faire la gueule à son fils a quelque chose de réellement pervers : du moralisme pervers on purrait dire.


Si j'avais écouté ce conte avec toi, ou j'aurais explosé,ou j'aurais quitté la salle et claqué la porte.


Mais à toi je fais une bise !!!!